Exercice inédit d’écriture créative 209

journal

 

Rédigez le journal intime
que pourrait tenir un clavier
pendant une semaine.

 

Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer. Quand aucun défi n’est à relever, notre créativité somnole.

26 Responses

  1. Clémence dit :

    Rédigez le journal intime que pourrait tenir un clavier pendant une semaine

    Lundi
    Je ne sais pas ce que ma Douce a fait ce WE, mais elle semble rêveuse…. Elle caresse doucement chacune de mes touches, voletant de-ci de là…. Elle est à la recherche de je ne sais quoi ! Serait-elle à la recherche d’autres horizons, chercherait-elle à me remplacer dans son coeur ? Affaire à suivre…
    – Oh, arrête tes élucubrations bizaroïdes, elle est juste allée passé un WE sur le Côte et elle y a vu du monde….et sûrement qu’elle a dû enregistre quelques noms et numéros de téléphone sur son portable….

    Mardi
    Que cette journée m’a paru longue… à me poser tant et tant de questions et, ce n’est pas le tout, je ne vois pas comment je pourrais lui poser aussi quelques questions ! En absence de Douce, je suis allé jeter un coup d’oeil dans l’historique, mais je n’ai rien trouvé de neuf, rien de spécial….
    Vivement ce soir….
    – Bah, ne te tracasse pas mon vieux, c’est un passage à vide, elle bosse beaucoup et donc, tu passes au second plan ! Tu sais, si elle se trouve un « amoureux », tu le saurais tout de suite, tu chaufferais !

    Mercredi
    Ca y est, ma Douce m’est revenue comme avant ! Elle pianote allègrement sur toutes les cordes de mon corps… la voilà sur Youtube, sur Skype, sur Google … à une vitesse vertigineuse ! Ah, que j’aime ressentir le petit claquement de ses ongles en amandes et vernis des teintes les plus jolies…. Clic, clic, clic…. Et clac et clac….
    Mais que vois-je ? Que cherche ma Douce ? Un nom revient un peu trop souvent ! Mais elle cherche ;.. elle cherche des renseignements….
    – Et quoi, ce n’est pas parce que tu es amoureux de celle qui te tape dessus que la réciproque est vraie ! Tu as vu sa silhouette ! Tu as vu son look… et je ne te parle pas de son job…. Petit Azerty… même pas à la hauteur de la cheville de Clooney ….ni de Tom …. Et encore moins de Brad….

    Jeudi
    Moral dans les chaussettes, elle me snobe, je me languis… elle me cache des chose, la Vilaine, l’ingrate… et dire que c’est grâce à moi qu’elle a pu réaliser tant de projets : se trouver un job du tonnerre dans un cabinet de grande renommée, se trouver un magnifique appartement, trouver la petite robe introuvable, trouver les meilleurs plans pour ses voyages et hôtels, sans parler des restos… Ah, l’ingrate, la dona è mobilé… tiens, c’est bien vrai !
    Je crois qu’elle me cache des choses, elle est amoureuse, j’en suis sûre !
    – Pauvre pomme !

    Vendredi
    Depuis que j’ai écris mes derniers mots, elle est revenue près de moi…et que je te cours sur mes touches, je ne me sentais plus, ivre de bonheur…. Et Elle, Elle, tellement ivre aussi qu’elle a commencé à parler toute seule, tout haut… et puis son portable a sonné et j’ai tout entendu… oui, je crois qu’elle a un amoureux et oui, ils vont même passer un WE à Paris et mettre tout au point via Skype….
    – Bien vu, ah… oh rage, oh désespoir ! Il y a déjà quelqu’un qui a écrit cela avant moi ! Mais tu vas me le payer ! Autant je t’ai aimée, autant je sens la haine pointer le bout de son nez, accompagné de dame vengeance….
    Ah, par Skype… à peine besoin de moi….

    Samedi
    Na ! Je me suis mis en grève ! Plus de PC, plus de clavier… je ris dans mes puces….
    – Attention, mister Azerty, « Rira bien, qui rira le dernier…. », il ne faudrait pas que cela ne te retombe sur le coin de la figure….

    Dimanche
    J. .e s.i….. he ….. f….s ….. gbl….. val….dof s… ? !!!! gs …doc ….vs ….pa….
    -Tu te crois malin, hein, de te mettre en grève et puis de jouer le déboussolé pour attirer son attention….

    Lundi….ma vie est brisée, au tri sélectif….Elle m’a viré pour un neuf….un PC tout neuf….

  2. Delphine Burnod dit :

    Oups ,je rectifie :  » quoi qu’il se passe . »

  3. Delphine Burnod dit :

    LUNDI . Elle a mangé du chocolat, je le sens derrière l’odeur de savon . C’est bon , ça m’aide à supporter les documents administratifs et tout son touin-touin .

    MARDI Quelle forme ! J’ai eu droit à plusieurs vidéos , classique, jazz , electro . . . Quel repos en attendant ! Seul problème : le crachin de ses haut parleurs ! Elle pourrait fermer le clapet en partie , c’est vrai , quoi ! Brrr . . . si elle savait . . .

    MERCREDI Trop c’est trop . Elle tape trop fort . Je suis hyper sensible comme toute la dernière génération : quand le comprendra -t-elle bon sang ?
    En plus de ça , elle n’a pas arrêté de l’après midi . Le pire moment étant quand elle est passé à l’anglais : plus aucun coulé . . ça hésite, ça hésite . .
    J’aimerais juste être pris en main CALMEMENT . Et avec du toucher non mais !

    JEUDI Ca me dépasse . Cette fille me dépasse .Le stylo lui irait bien mieux j’en suis sur. Un crayon, un feutre , un morceau de suie, n’importe quoi . . Et en plus , l’odeur , le GOUT du fromage sur toutes mes touches maintenant ! Et même sur le % qu’elle n’utilise jamais ! Mais que lui arrive – il ?. .
    Je meurs, je veux dormir 48 heures .

    VENDREDI Alors là . . . je ne l’ai pas reconnue . J’ai même cru qu’elle m’avait prêté . Mais non, c’était bien elle . Quelle . . . quelle extrême douceur ou plutôt . . torpeur . . . J’ai finis par comprendre dans un mail : début de grippe . Dur dur . Mais je ne vais me plaindre de mon côté , oh non . . .

    SAMEDI J’ aime bien quand elle écrit un poème , je sens qu’elle est heureuse ( même si je ne comprend pas trop à vrai dire)

    DIMANCHE Rien ou presque . Je déteste le dimanche en fait .La compagnie a du bon!

    LE SOIR TRES TARD Ca y est , elle vient de me pouffer dessus . Pouffer , oui . Elle n’était pas seule apparemment et le nombre d’âneries qui les ont fait rire continue de me scotcher . La grippe est loin . . . Autant dire que je n’ai pas aimé : les postillons, tout ce laisser-aller . . . Il va falloir que j’agisse .Sérieusement.

    DANS LA NUIT DE DIMANCHE A LUNDI Je rêve ! 2 heures 18 de Facebook pour finir ! Ses smileys , ses abréviations . . . ça craint ;-( .
    Bientôt cinq de mes touches feront l’affaire si ça continue !

    Je DOIS trouver un moyen de communiquer avec elle , depuis le temps que j’y pense, ça urge . J’y arriverai quoi qui se passe .

  4. françoise dit :

    lundi : dodo toute la journée
    mardi : répétition du requiem de mozart
    mercredi : mixage d’une bande-son par Dominique
    jeudi : fa mineur, fa mineur crie Domi à son élève qui répète l’hiver de Vivaldi
    vendredi : en solo domi a joué jusqu’au coucher du soleil
    samedi : laborieusement Domi apprend un nouveau morceau
    dimanche : Sisyphe et Domi jouent à quatre mains

  5. geraldine dit :

    J’entame mon deuxième petit journal, je me présente une seconde fois pour celui qui n’a pas lu le premier, Clavier du foyer Azerty,je suis sur ma seconde année de vie en communauté et ce journal ne sera donc pas comme le précédent : je racontai chaque jour ce qui se passait mais aujourd’hui c’est décidé, je ne viendrai qu’une fois par semaine et le meilleur jour s’il vous plaît, le jour où la femme de ménage passe c’est à dire le vendredi soir…. Bien sûr, vous aurez un aperçu de ma semaine mais ce jour est précieux à mes yeux voilà pourquoi :
    Elle arrive avec son chiffon en microfibre et de sa main légère (enfin une !!) elle m’astique ! ensuite, elle prend sa petite bombe réfrigérante (pour me remettre les idées au clair, très certainement) et passe son jet entre chacune de mes touches puis revient ce moment délicieux du passage douillet de la lingette humide…. je crois que je suis tombé amoureux de cette femme. Je profite donc de ces quelques minutes avec elle et savoure cette instant, l’inscrit dans ma mémoire pour passer un week-end reposant, savoureux à la limite de la sensualité. Cette main si fragile et ses doigts si habiles rien de tel pour se remettre de ces cinq jours de durs labeur et surtout de tous ces doigts malfaisants : ceux du garagiste qui sont tout crasseux de graisse, puis ceux de la secrétaire avec ses grands ongles qui se trompe toujours de touche et m’aboie dessus comme si j’étais responsable de ces actes.
    Ah oui, j’allais oublier ceux du stagiaire en mécanique, lui il a les doigts carrés : une horreur : jamais un mot sans une faute, et la comptable qui me tape dessus comme une acharnée du clavier, m’en fou de toute façon je me rappelle toujours quelle lettre elle a tapée, si elle croit que je vais me tromper, elle peut se mettre les pouces dans l’oeil. La patronne, pas mal non plus, elle se lave les oreilles avec l’auriculaire : Chapeau Madame car c’est moi qui récupère les miettes !
    Il y en a une aussi qui est sympa, Sabine ou quelque chose dans le même genre, elle ne vient que très peu, sûrement une apprentie sauf que depuis qu’elle s’est mariée, je sais quelle a un annuaire gauche ! Pauvre fille, dans quelques années elle le regrettera son anneau !
    Oups, j’allais oublié notre handicapé du clavier ! Oui, je sais ce n’est pas drôle de ne plus avoir qu’un doigt mais bon, il est cool lui, il ne me tape pas dessus, il prend le clavier virtuel, pas de souffrance, pas de salissure, pas de mauvaise humeur, oui, Ernest est vraiment gentil.
    Et la gosse qui vient, elle a 11 ans, sûrement la fille du patron, alors elle, je la retiens : elle passe son temps à se curer le nez et comme si de rien n’était elle me tripote comme ça avec ses petits restes au bout des index. Non mais je vous jure !
    C’est à cause de toutes ces mains avec toutes ses vilaines « pattes » que j’ai craqué lundi matin, je n’en pouvais plus ! J’avais bloqué mon « e », ils étaient tous bien embêtés car cette lettre représente plus de 17 % de fréquence d’apparition, mais je me suis corrigé très vite, sinon, je ne sentirai plus mon incroyable et merveilleuse main affectueuse, salvatrice et surtout purificatrice.

    Vous comprenez mieux maintenant pourquoi Michèle est importante à mes yeux ? Je vais me laisser aller maintenant dans mes douces pensées, avec Michèle et penser à vendredi prochain, je vous raconterai encore mes aventures. Promis, je ne craquerai pas.

  6. Françoise -Gare du Nord dit :

    LUNDI : Sortie au night-club branché « La boîte à outils » où je fais une touche avec une sacrée souris. Un peu gothique sur les bords, un caractère spécial, une grande taille mais bien mise en forme et un port USB de reine. Je me connecte très vite et le lien est rapidement noué entre nous.

    MARDI : Nous nous revoyons au restaurant au bord du périphérique. Une curieuse configuration. Et le temps d’attente est long car le serveur est un peu lent au démarrage. Le menu défile sur un écran qui aurait besoin d’un rafraîchissement

    MERCREDI : Scène de ménage. Elle me hurle dessus en majuscules pour une histoire de tapis non brossé, de corbeille non vidée, de virgule mal placée, de mot de passe déplacé, une marge sur laquelle j’ai empiété. Après les cris, les larmes. Du haut débit en illimité! Je me barre ! Besoin d’espace ! Plus de retour en arrière possible.

    JEUDI : Je passe ma journée au bureau pour me consacrer à l’écriture. Je me sens en verve. Une véritable tuerie. Un assassin est on maïtre. Crimes et châtiments. L’assassin habite au 21. L’assassinat du Père Noël. Le crime de l’Orient-Express. Rien de vraiment nouveau. Du simple copier-coller.

    VENDREDI : Je marche au ralenti. Je n’arrête pas de me planter. Je me sens bloqué. Je perds la mémoire. J’ai dû être infecté par un virus.

    SAMEDI : Intervention, à l’heure légale de 6 heures du matin, de la C.N.I.L (Commission d’Interpellation contre les Illégalités Littéraires) venue pour une saisie de données et des fichiers corrompus. Je tente un saut de page pour fuir par Echap puis par la fenêtre Windows. Mais les flics parviennent à m’attraper lors d’une capture d’écran plutôt musclée. Une police de caractère !

    DIMANCHE : Maintenant, je suis enfermé dans une cellule verrouillée pour l’éternité. Et ce fichu sablier qui n’arrête pas de tourner, tourner, tourner….

    • Antonio dit :

      Voilà un texte avec du caractère, une fenêtre ouverte sur un écran noir d’Universal Computer, avec une fin Excel…lente !

      J’aime, comme on clique de nos jours ! 🙂 (dans ce contexte il a sa place, hein Pascal ? … petit clin d’oeil amical)

  7. Magali dit :

    Chouette c’est lundi (;-), les enfants vont enfin me lâcher les touches.
    Le week-end c’est infernal, de clavier harmonieux pour romancier bienveillant, sur lequel des doigts glissent comme sur un piano,
    je passe à amputé partiel et les enfants dudit romancier me tamponnent à donf les B, les C, les Ctrl et les Z et autres pour jouer à leurs jeux vidéo de combat.

    Alors ouais chouette c’est lundi…
    Mon auteur va pouvoir me caresser les L, les O, les A et les Hi Hi Hi…
    Le lundi, il est plutôt de bonne humeur et on rigole bien. Ça me chatouille toutes ces blagues qu’il raconte pour remonter le moral de ses personnages.

    Le mardi, heureux de voir que ses drôles de caractères se sont remis de leurs fous rires, il laisse ses doigts voler, sous le soleil doré qui filtre au travers des stores.
    Ils enchaînent des phrases méandreuses, qui traînent, langoureuses, le long des lignes.
    Ah si solement… la la la la la…

    Mercredi, passons aux choses sérieuses. Mais pas facile, les touches Suppr., Retour arrière s’activent. Et j’en prends un sacré coup sur le cockpit.
    Mais l’histoire a l’air d’avancer tant bien que mal. Il l’a rencontrée, ils se sont parlé. Ctrl+S, sauvé…
    Et voilà maintenant Ctrl+Alt+Suppr. Faut se réinitialiser, tous les cerveaux en simultanée. Allez pause-café… même pour moi.
    Ce n’est pas que j’aime ça, le café. Ça me remue plutôt les entrailles. Du coup, la pause a duré plus longtemps.

    Jeudi. Où en étions-nous. Reprenons : aujourd’hui, symphony grecque. La secrétaire de Môssieur l’écrivain m’a retourné la config. et voilà que je danse le sirtaki.
    Et jusqu’en nocturne en plus. J’ai parfois du mal à suivre le fil de l’histoire, entre l’alpha et l’oméga, il s’en passe des choses.
    Inspiré, il avait dicté ses idées fantasques des heures et des heures durant, et Charline retape prestement au son de ses musiques préférées.
    L’affaire avance à grands pas, et à grandes mains. Des mains qui couvriront plusieurs octaves un autre soir, au fond du salon.

    Vendredi matin, pas envie. Je buggue. Forcément, je ne peux pas faire les 3/8 à mi tout seul, alors qu’eux se relaient. S’ils pouvaient me tapoter à quatre mains, ils ne s’en priveraient pas d’ailleurs. Vers 11 heures, je résonne enfin de nouveaux cliquetis. Secs, saccadés. L’action s’accélère. Ça sent la fin de semaine, l’épilogue. Il va bientôt l’embrasser. Ou alors c’est elle qui va se lancer. Ralentissement, musique dramatique, Dvorak. Symphonie d’un nouveau monde cette fois. On voyage loin en clavier.

    Samedi matin, grasse matinée, les enfants sont devant la télé. J’ai quelques heures de tranquillité et des envies de grands espaces avant de devoir me frapper tous ces mômes. La journée va être longue, et le dimanche pas de répit. Heureusement, après-demain c’est lundi (;-)

  8. Antonio dit :

    (autre idée, comme ça m’est venu)
    Azerty accepte de remplacer sa colocataire malade, Qwerty, pour un voyage d’affaires avec le richissime PDG, Christian Grey. Le jeune homme, aux doigts longs et fins, l’intimide.

    Dimanche.
    A ma grande surprise, Christian vient me voir chez moi où je repose, prétextant de consulter ses mails en urgence. Je suis très attirée par ses membres sensuels et m’ouvre aussitôt à lui, me laissant prendre sur la table.
    Dès le lendemain, je deviendrai sa soumise.

    Lundi.
    Christian me demande s’il peut me frapper sur tout le corps. J’accepte, non sans gémir de légers cliquetis à chaque touche.

    Mardi.
    Il recommence de plus belle avec un caractère spécial que je ne me reconnais pas. J’accepte toujours et commence à voir plein d’étoiles.

    Mercredi.
    Je ne peux plus m’assoir sur le Q, trop enfoncé. Christian me fera découvrir le point G à coup de shift majuscules, aussi jouissif que douloureux.

    Jeudi.
    Je voudrais me sauver mais n’en trouve plus le contrôle. Laisse-moi faire, me commande Christian qui enregistre son jeu pervers de touche-touche qu’il partage avec ses partenaires en réunions interminables.

    Vendredi.
    Christian est seul avec moi dans notre chambre d’hôtel. Avec un cutter, il soulève chaque touche une à une, avant de les arracher violemment et de caresser ma peau à vif. J’hurle. Personne ne m’entend, il a coupé le son.

    Samedi.
    Je gis sur le lit, les membres en vrac et le corps meurtri. Christian a quitté l’hôtel. Une femme me glisse dans un grand sac noir. J’ai envie de couiner. J’air peur.
    Je pense à Christian, parti à la recherche d’un autre clavier en état de jouer, sans doute.

    Reviens, mon amour ! Je t’appartiens.

  9. 1ER JOUR :
    OUVERTURE, CLIGNOTEMENT, BARRE d’espace et martèlement de touches ! Eh ! oooh ! on est dimanche ! J’pourrai p’t être faire la grass’ mat’ pour une fois ?
    Alors, C’est quoi, aujourd’hui ?
    « Rédigez le journal intime que pourrait tenir un CLAVIER pendant une semaine ».
    Mais des CLAVIERS, il y en a de toute origine, la famille est grande, va donc faire des recherches ailleurs et laisse mes lettres faire la semaine du Blanc…
    2EME JOUR :
    Blanc et noir, couleurs du CLAVIER des orgues, des accordéons, des pianos et des CLAVECINS. Ivoire et Ebène, yin et yang, paix et tourmente, lent et rapide, joie et peine, été et hiver. On peut tout jouer. En fa en sol, en do peu importe la CLE.
    3EME JOUR :
    CLE ou CLAVIS ou CLAVIER qui a d’abord signifié PORTE-CLE, c’est ce qu’indiquent les ancêtres latins par la branche étymologique. Voilà un nouveau registre.
    4EME JOUR :
    Registre de voix d’un chanteur. Autre extension du mot CLAVIER tout comme l’est le thème et genre qu’un auteur est capable de traiter, par exemple pour une pièce.
    5EME JOUR :
    Pièce fermée à CLE ou CONCLAVE. Ce que se disent les cardinaux pendant 7 jours : « nomine nomina numérus »
    6EME JOUR :
    Numérus CLAUSUS, quel que soit le nombre de postulants, tout le monde ne pourra partager le gâteau.
    7EME JOUR :
    Gâteau dont les fruits dépassent de la pâte et qui a l’apparence d’un morceau de porte CLOUTEE : CLAFOUTIS (CLAVO FIGERE) (fixer avec des CLOUS)
    8EME JOUR :
    La semaine du blanc s’achève, mes lettres reposées accueillent ce récit et; grâce à sa TOUCHE MAJUSCULE, tous les membres de la famille CLAVIER.

  10. Antonio dit :

    Lundi.
    Arrivée. Assinie, Côte d’Ivoire.
    – Bienvenue à Galaswinda, darla dirladada !
    Y’a du soleil et des nanas, darla dirladada !
    On va s’en fourrer jusque là, darla dirladada !
    Pousse la banane et mouds l’kawa, darla dirladada !
    – Salut ! Jérôme. Je vous ai amené le soleil !

    Mardi.
    – Occupée ! Ma case est occupée, qu’est-ce que je fais ?
    – Mais non, ça c’est les sanitaires !

    Mercredi.
    – Azur ! nos bêtes sont bondées d’un cri ! Je m’éveille, songeant au fruit noir de l’amibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée… Saint John Perse.
    – Tu te mets toujours les fesses à l’air pour citer Saint John Perse ?
    – Ca aide !

    Jeudi.
    – Et la chinetoque, vieux, la p’tite hôtesse, elle est maquée ?
    – Ouais, elle est avec moi.
    – Et sa copine, la frisée ?
    – Elle est maquée aussi avec moi.
    – Ah bon, bon bin j’attaque l’infirmière.
    – Ah non dit, elle est avec moi.
    – Ah bon, excuse moi vieux, autant pour moi.
    – Ecoute, « vieux », y a 500 G.M. ici, alors t’as le choix.
    – Ouais.
    – Alors tu lâches le coup des G.O.
    – Y a quel pourcentage de filles pour un mec ?
    – Ca dépend des mecs !

    Vendredi.
    – Popeye, je peux inviter une de tes copines ?
    – Oui, justement ça m’arrange bien. Anna !

    Samedi.
    – Bonsoir, nous allons nous coucher.
    – Bonsoir, nous allons les niquer.

    Dimanche.
    – Coupez ! C’est dans la boite !

    Journal intime d’un rôle sur mesure pour Clavier, tourné en une semaine.

  11. Kacyne B. dit :

    Lundi:
    Rien!
    Le silence noir a englouti le tac-tic de l’horloge.
    Elle est ailleurs!

    Mardi:
    Retour!
    Le clac-clac de ses talons réveille la maison.
    Elle m’ignore.
    Elle est fatiguée!

    Mercredi:
    Joie!
    Journée de travail.
    Journée d’écriture.
    Clic-clic effréné de mes lettres.
    Création d’une cinquantaine de pages.
    Son roman est achevé.
    Elle est inspirée!

    Jeudi:
    Ouf!
    Quelques effleurements de temps en temps.
    Les douleurs de mes touches sont apaisées.
    Elle est heureuse!

    Vendredi:
    Patatras!
    Par maladresse, elle bouscule sa tasse de thé vert parfumé à la cannelle.
    Elle est nerveuse!

    Samedi:
    Sapristi!
    J’ai passé la nuit à me sécher, me brosser, m’aseptiser.
    J’ai fait clavier neuf.
    Elle est époustouflée!

    Dimanche:
    Aïe!
    Il parait que mon « a » est absent, que mon « e » est muet, qu’elle ne peut plus fermer les guillemets, ni s’interroger, encore moins s’exclamer.
    Elle est furieuse!

    Lundi:
    Elle…
    Elle…me…
    Elle …me…débranche.

  12. ourcqs dit :

    Quelle semaine !! Dès le lundi matin changement de rituels annonçant de fortes perturbations, tasse de café au ras de mes touches, miettes incongrues dans mes interlignes, que se passe-t-il donc ?? Toute la journée elles est restée seule avec moi, activant ses longues mains, son coupé, les .org et .fr neutralisés, même mon arobase si tentante n’était pas sollicitée. Une frénésie d’écriture, pas de tableaux, pas de dessins, et la nuit je n’ai pas fermé l’oeil, elle m’a laissé en veille …. Au bout du troisième jour, au même rythme, épuisé, j’avais des envies de bug qui me chatouillaient dangereusement. Je m’inquiétais vraiment de ce retrait du monde, même le chat n’osait plus s’approcher, Skype ne répondait pas, les BAL allaient bientôt saturer, que faire ?
    Dans la nuit un intrus a pris la main, je ne bronchais pas et pourtant je me sentais manipulé, espionné, mais impossible de réagir, complètement bloqué, je n’osais imaginer la suite …

  13. Smoreau dit :

    Rédigez le journal intime que pourrait tenir un clavier pendant une semaine. Il avait assisté à une formation d’écriture. De l’écriture émotive, disait la formatrice. De quoi alimenter son blog perso, une auto biographie ou des écrits sur un journal intime.
    Au stage, il avait été surpris, il s’était imaginé que tous seraient comme lui, nostalgique.
    Tous identiques, avec les mêmes besoins, attentes et les mêmes émotions.
    Eh bien pas du tout, il était le seul de son espèce.
    A côté de lui, fanfaronnait le clavier d’un piano à queue. Il avait des tonnes d’histoires à raconter, aussi émotives les unes que les autres.
    Les claviers d’ordi étaient majoritaires. Leurs émotions, leur paquet de jérémiades prenaient beaucoup de place. Ils râlaient contre les mains sales, les frappes violentes sur leur touche, etc. En revanche, il se vantait de leur liberté, leur « sans fil ».

    A cette formation, il y avait un vieux clavier, discret, le clavier des orgues de Notre dame ! Mazette ! Il m’impressionnait ! En face de moi, silencieux, écrivait le clavier d’une calculette. Sa vie était carrée, rationnelle, un peu triste. Il venait pour se changer les idées, explorer les émotions absentes de sa vie.
    Bien sûr, bavards et bruyants, les claviers de téléphone et surtout de smartphone (je savais à peine qui ils étaient) abondaient d’anecdotes.
    Quand je me suis présenté, ils m’ont tous regardé tristement comme une antiquité. Et pourtant, je me suis décrit, raconté d’une façon joyeuse. je n’avais rien de la souplesse des autres claviers. Moi, il fallait me frapper énergiquement.
    Parfois, mes articulations se coinçaient. Mais comme j’étais heureux à cette époque.
    On me retrouve plus souvent dans une broc que chez Apple, c’est sûr. Mais j’ai du charme.
    je suis un objet de déco. Je ne crois pas que dans 20 ou 30 ans, un ordi trône sur un buffet.
    On m’appelait « MACHINE À ÉCRIRE ». J’étais au summum du progrès. High tech.
    J’en ai vu défiler des pages et des pages. Des carbones et des gommes. J’avais du style. C’est décidé je vais écrire ma bio avec émotions.

  14. ROBERT MARIE PIERRE dit :

    laissé à l’abandon depuis des années, oublié au centre du salon du château de LASIDORE, toutes fenêtres closes, un drap de soie blanche sur le dos, seul le tic tac, tic tac, de l’horloge remonté chaque soir m’apportait un peu de réconfort et le souvenir de sa présence, quand elle entrait dans les lieux, au sixième gong de la Comtoise tous les soirs de la semaine.
    Dès le cinquième, je m’apprêtais pour elle et frissonnais déjà de ses futures effleurements Sur ma peau laquée de blanc et noire.
    Ses pas sur le sol du jardin, le froissement de son jupon dans les escaliers, sa précipitation à ouvrir la porte m’avertissaient de ses choix musicaux: ce soir ce serait la sonate de Lizt en si mineur, elle la rendait agile , gaie et gracieuse et je cueillais quelques fois, comme le matin la rosée, ses perles transparentes.
    Une fois jouée, la musique suspendue à ses lèvres, elle me quittait brusquement et me laissait haletant épuisé et triste.
    Elle revenait le lendemain, ponctuelle et bruyante, le souffle court d’avoir hâté le pas pour me rejoindre, se débarrassait de son châle et sans plus d’égards laissait courir ses doigts avec force d’un bout à l’autre de mon corps, je pressentais la force du morceau choisi , l’Appassionata de Beethoven, nous sortions épuisés de ces étreintes et déjà elle me manquait avant d’être partie, car, langoureuse de cet autre qui l’attendait je lui donnais la force de le rejoindre pour la revoir seulement plus tard; des pas menus, une douceur nouvelle, un parfum que je ne lui connaissais pas m’invitaient à la tendresse.
    Nous partagerions ce soir là, la même émotion, moi, l’absence de sa présence et elle la présence de l’absent.
    Elle me laissait sur la touche, un doigt, en suspens, des pensées que je savais ailleurs et la partition de son corps fermé, quelques notes étonnées pointaient le bout de leur rondeur, d’une feuille écornée.
    De sa lenteur gracile, je m’émouvais pourtant et tentais de la ramener à moi par quelques réticences à exécuter ses ordres; des fausses notes, il y en eut ce soir là, mais elle ne les perçut point, elle me laissa ainsi choir trois soirs durant, avant de réapparaitre en chantant accompagné de son galant.
    ce soir là, je mis mon tallent à son service et nous fîmes un duo dont je sortis mélodieux et heureux, j’avais touché son âme et fait vibrer son corps, oublié, l’autre s’éclipsa de ses pensées, étranger à la musique de nos sens.
    Assailli de ces souvenirs lointaine, je ne vis, ni ne sentis la présence qui fit jaillir de mon coeur, la vie.
    Un air frais s’engouffra dans l’espace, s’infiltra sous le drap de soie qui me découvrit offert; la lumière éclaira ma peau laquée de poussière et la débarrassa des miettes de ces sombres années.
    la Pastorale s’ébruita des bourgeons du jardin, une volée de pétales de roses bruissa autour de moi accompagnée de rires joyeux d’enfants;
    Elle était là de nouveau et le gong sonna.

  15. Durand Jean Marc dit :

    Drame chopinien en sept scènettes.

    Lundi matin, Mr Lempereur , sa femme et le Petit Prince sont partis de chez moi

    sans me serrer la pince. Ils ont claqué le couvercle et m’ont coincé deux

    touches. (fond musical:Les Sauvages….extrait des Indes Galantes de Rameau)

    Mardi matin , Mr Lempereur sans sa femme et sans le Petit Prince est venu avec

    un mètre et une pince. Il a mesuré mon embonpoint, s’est gratté le sommet du

    crâne…a dit Merde à plusieurs reprises (fond musical: 1er mouvement de la 5

    ème symphonie de Ludwig van Beethoven).

    Mercredi matin: Rien…ni le Petit Prince, ni l’impérarice, ni son mari ?? (fond

    musical: Rien!)

    Jeudi matin: Grand branle bas! Une troupe de bretons a déménagé tout mon

    voisinage. Un grand escogriffe m’a tripoté la serrure. Avec un doigt, il a joué la

    première mesure de « J’ai du bon tabac. » Ses copains ont rigolé. Il a allumé une

    boyard et en me regardant d’un air bizarre, il a annoncé: « Ah ben ça, c’est un

    putain de cendrier » (fond musical: « Du gris »)

    Vendredi matin: le Petit prince est venu tout seul. Il m’a caressé le dos. On

    sentait bien qu’il se serait volontiers fendu d’un petit galop de sonate. Mais

    Maman est intervenu: » Allons Oscar, pas de jérémiades! Vous avez entendu

    votre père! Ce sera de la trompette…ou rien… »( fond musical: Adagietto de la

    5ème symphonie de Gustav Malher).

    Samedi matin: Un grand baraqué m’a expliqué: « T’es trop gros, mon pote…tu

    passes plus ni par les portes, ni par les fenêtres, t’as pu ta place dans les

    salons étroits. On peut même pas te recycler en bar à Martinis.

    T’inquiète, y m’ont payé pour ne pas trop te faire souffrir  »

    Et il a levé sa grande hache! (musique de fond: mort d’Isolde de Richard

    Wagner)

    Dimanche matin: Le petit bois coupé, ça réchauffe aussi les gens du voyage.

    Ca me change de décor…faut s’y faire!

    Mais là, sur la chaise, un petit prince de la guitare caresse de la musique, aussi.

    (fond musical:une plainte d’espoir en forme de flamenco)

  16. Tissier mireille dit :

    Lundi : mon réveil est un peu brutal, je n’ai pas pour habitude que l’on caresse mes
    touches de si bonne heure de surcroit pour rédiger une lettre de réclamation. Je
    sens des doigts nerveux taper sur mes touches en gestes saccadés. Je passe un
    moment bien désagréable. Suis-je obligé de subir cette mauvaise humeur?

    Mardi : Je sens un poids sur mes touches, quelque chose de lourd m’empêche de
    faire des choses cohérentes. Les lettres défilent sur l’écran de façon incompréhensible. Je n’y comprend plus rien. Le poids se déplace sur ma gauche, soudain je me sens libérer. Ce poids si lourd est celui du chat de la famille. Je peux enfin reprendre mon souffle.

    Mercredi : Aujourd’hui, je sens une grande effervescence : je doit commenter un
    match de foot. Suivant la vitesse ou les doigts enfoncent mes touches je peut
    ressentir le soulagement ou la colère du virulent supporter.

    Jeudi : ça y est nous y sommes, le jour du grand nettoyage est arrivé. Je sens quelque chose de doux et humide qui passe sur mes touches. J’avoue que cela me plait.

    Vendredi : étrange aujourd’hui j’ai passé une journée tranquille. M’aurai -on oublié?

    Samedi : oups ! aujourd’hui est une autre histoire. Je suis sollicité une grande partie de la journée, tout cela à cause d’une rencontre faite sur le ne net. Mon bourreau tape et tape encore et encore. Je n’en peut plus. Enfin tout s’arrête. Mon bourreau à trop mal aux doigts. Et alors ? Il y a
    bien une justice quand même?

    Dimanche : cette semaine se termine dans la douceur et le calme. Des doigts d’enfants ont fait place à celui de mon tortionnaire d’hier. Dessin et jeux sont à l’honneur. J’aime.

  17. DOAN Marie-Ange dit :

    Lundi : do… oui, do-do, ça me convient, pour un lundi, moi qui ne suis pas vraiment en forme, ça va !
    Mardi : ré… résurrection, je me sens (un peu) revivre, mieux qu’hier en tout cas !
    Mercredi : mi… mi-semaine, oui, c’est correct, peut mieux faire, mais… bon…
    Jeudi : fa… facile, là, on a dépassé la moitié, ça sent bon, déjà !
    Vendredi : sol… solitude, avant le week-end, un peu de zénitude aussi, ça peut faire du bien… le calme avant la tempête !
    samedi : la… oui là, on y est, en plein dedans, ça commence bien, lalalala, oui, tout va bien !
    dimanche : si… si, si, tout va bien !!! Finalement je suis très content de ma semaine, si… elles pouvaient toutes être comme ça, mais il ne me reste plus qu’à trouver la… clé !!

  18. Journal intime d’un clavier, Pascal Perat
    22 novembre 2014-27 novembre 2014

    Fourbu, je suis fourbu, il me tape dessus, m’engueule dès qu’il fait une erreur, il n’écoute jamais quand je lui indique coquille et élégance narrative.

    Aujourd’hui j’ai eu droit à un coup de chiffon, se réveillerait-il ?

    Ah que ça fait du bien une journée off

    Elle me manque, elle savait me regarder amoureuse de mon clic-clic. Aie le voilà, adieu félicité, repos et rêveries

    Il a pleuré, ses larmes m’ont touché

    Quelle journée, il ne m’a pas lâché mais quelque chose à changer en lui. Il était plus doux, il s’est arrêté longtemps devant mon point d’interrogation. Espoir.

    Mais où m’emmène-t-il ?

    Catherine Lamarque

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