Exercice inédit d’écriture créative 255

Logo-tgvL’histoire  que vous allez écrire
commence dans les W-C d’un T.G.V.
et se termine dans ces mêmes lieux .

Elle ne sera pas du tout scatologique.

19 Responses

  1. AB dit :

    L’histoire que vous allez écrire
    commence dans les W-C d’un T.G.V.

    J’ai grave besoin d’aller aux toilettes. Je n’y tiens plus. Comment vais-je pouvoir me débrouiller ? Peut-être pourrai-je attendre encore? Le voyage ne compte pas plus d’une heure. Heureusement, je suis juste assise pas loin des toilettes, un pas en face et hop, ce serait vite conclu.
    Pourtant, cela me mine de laisser mon ordinateur sur le siège, il ne n’y a presque personne dans ce wagon, une chance ! Je jette un coup d’œil suspicieux, là, lui, il a l’air louche avec ses lunettes rondes et son menton rentré dans son foulard. Celui-ci ne parait pas mieux, je détourne le regard juste quand il me m’observe. Il y a bien cette fille aussi, mais c’est encore pire ! Une gothique, avec ça je suis bien avancée. J’ai honte, je sais bien qu’on ne juge pas et que l’apparence est trompeuse.
    Tout de même, celui qui insiste et qui me regarde encore m’impressionne. Un peu gros, les cheveux en brosse, un brillant à l’oreille et je n’ose pas encore le détailler plus mais je crois qu’il a une petite croix sur le col de sa veste.
    Ah, là, là…. Cette fois, je n’ai plus le choix, je cours, laisse toutes mes affaires sur place, me prend le pied dans mon foulard et saute sur la porte des toilettes, par simple pression j’ouvre et referme vite. La porte claque d’un bruit assourdissant que tout le wagon a dû sursauter. Bonjour la honte.
    Voilà, mes mains rincées et séchées à la vitesse TGV quand soudain, les lumières s’éteignent, je suis dans le noir complet et bien que d’autres petites loupiotes viennent en secours s’allumer, je saute vite sur la barre d’ouverture de la porte pour sortir de ce piège, mais, rien ne se passe. Mon cœur s’accélère.
    – Au secours, au secours, ouvrez, svp, ouvrez. J’ai toujours eu horreur du noir.
    Quand, une voix derrière cette maudite porte s’exclame fort,
    – Ne craignez rien, ce doit être un faux contact ou quelque chose comme ça. Je suis le monsieur qui était un peu plus loin, je, je.
    – Vous quoi ? faites quelque chose Monsieur, j’insiste.
    – Madame, heu, Mademoiselle, voyez-vous je,
    – Vous êtes le contrôleur ? Enfin, ouvrez, pour l’amour du ciel.
    – Je suis prêtre, Madame, prêtre et je….
    – Prêtre ? D’un coup, bien que mon esprit soit paralysé par le stress, je revois l’homme un peu gros, les cheveux en brosse et la petite croix, oui, la petite croix sur la veste.
    – Et bien, je vous en prie ardemment, si vous pouviez faire une prière pour que la lumière revienne, ce serait sympa et plutôt dans vos cordes, non ?
    J’imaginais la tête qu’il pouvait faire et malgré la situation grotesque et pénible j’eus envie de rire.
    – Mademoiselle, en fait, j’ai un problème moi aussi, vous comprenez ? La lumière et les prières, je veux bien mais il y a plus urgent, si vous pouviez essayer bien que vous soyez dans le noir complet, si vous pouviez trouver un taquet ou quelque chose comme ça, il y a sans doute une ouverture manuelle en urgence. Je ne peux plus attendre, vous entendez ?
    – Mais, moi, je ne suis pas magicienne. Quelle histoire !
    Et mon portable et mes affaires sur le siège ? Soudain, mes pensées se multiplient et l’autre de plus en plus insistant.
    – L’ouverture, cherchez, touchez, faites vite,
    – Y’a rien, rien je vous dis, essayez de résister, moi aussi je n’en peux plus mais d’une autre façon.

    Soudain, j’entends des bruits dans le couloir, puis comme par enchantement, enfin, la lumière revient et avec elle, l’automatisme de la porte qui se débloque.
    Tel un ouragan, une grosse forme m’extrait de ma prison et s’engouffre à ma place. Je me sens happée, déséquilibrée et tombe dans le couloir.
    A peine, revenue de ma sortie magistrale dont j’en comprends la nécessité vu l’extrême urgence de mon camarade, je me rue sur mon siège, à l’affût d’un inventaire précis, rien ne manque.
    Quelle aventure !

  2. Françoise - Gare du Nord dit :

    C’est un sacré b… de m. Mais toi tu ne vas pas me résister longtemps, je te le dis. Je sens que te lubrifier le c… ne suffira pas. Je vais plutôt te défoncer le v…, te pulvériser la cha…, te décoller le g…, t’atomiser le p…, t’exploser la p…, t’arracher le b…

    Mais tu vas finir par me céder, sale p…

    Puis le gros c… est arrivé. Je suis enfin déc… Mais à cause toi, s… g… je n’ai pas pu prendre mon p… au w….

    Oups ! Je m’aperçois que le ruban de ma machine à écrire vient de rendre l’âme. Après son changement, je vous livre le bon texte

    C’est un sacré bord de mer ! Mais toi tu ne vas me résister longtemps. Je sens que te lubrifier le chambranle ne suffira pas. Je vais plutôt te défoncer le verrou, te pulvériser la charnière, te décoller le gond, t’atomiser le pivot,t’exploser la paumelle, t’arracher le battant

    Mais tu vas finir par me céder, sale porte.

    Puis le gros contrôleur arrivé. Je suis enfin décoincé.

    Mais à cause de toi, satanée garde-chasse, je n’ai pas pu prendre mon petit-déjeuner au wagon-restaurant

  3. justfortry dit :

    Tout commencait bien pourtant. A toute vitesse je montai dans le tgv. C est parallele. Mais tout de suite le drame: des enfants parsemés dans mon wagon. A gauche, des petites voitures. A droite, des cartes uno. Partout, des cris. Je profite d une crise de pleurs pour m elancer dans l etroit couloir. Je manque de peu de pietinner un dessin ou devrais je dire un gribouilli. Dessus est ecrit en lettres bancales quelque chose qui ressemble a maman. La pauvre. Elle a trois doigts et 2 cheveux, le nez en face des yeux et des dents toutes cariees. Vite le coin détente. Des enfants a perte de vue! Je prends une grande inspiration: que faire? Un petit bonhomme vert me fait un signe en souriant: vite, les toilettes. Outre l odeur quelque peu neauseabonde- melange de désodorisant vieilli et d excrements recents- c est sympa comme lieu. Un petit miroir un peu tacheté surplombe un lavabo tout a fait honorable. Bon il n y a plus de savon. Je grimpe sur le trone le nez bouché, evitant de froler du pied le sol mouillé. Bonjour monsieur. Non, ne faites pas la tete. Pourquoi rougissez vous, on est pas bien tous les deux. Je fais marcher la chasse d eau pour chasser de mes oreilles les rires des enfants. Ca crie ces choses la. Monsieur est encore rouge de colere. Je crois que je suis sur une propriété privee. Pourtant je l aime bien sa bouille renfrognee, on dirait un dessin d enfant. Ha! Que dis-je! Le dos courbee la tete droite face au miroir embué, je me surprends a regarder de pres les détails de mon visage. Mon long nez, ma machoire carré. Les rides qui naissent aux coins de mes petits yex perçants. a peine ai je le temps de me retrouver qu on tambourine a la porte. Un gosse chouine: papaaaa je vaaaiisss vommmirrr. Sortir et mettre en peril ma vie ou rester et prendre le risque de ne plus jamais sortir a cause d une marre repoussante. Bon allez…1…2..3… Adieu bonhomme rouge. La porte s ouvre et le bonhomme rouge disparait. Une vert souriant se substitue. Le petit court dans mon antre suivi de pres par son pere apeuré. Mais alors souriant ou énervé tu restes content d etre seul et fâché d etre en compagnie. Qu est ce qui cause cette solitude? Meme moi, bonhomme rouge je commencais a t aimer. Mais on ne fait plus rien face au gris. On fait jamais rien pour les aigris

  4. Miclaire dit :

    Miclaire (c’était son nom d’artiste), n’avait que quelques minutes pour se préparer. Depuis plusieurs semaines, elle sautait d’un TGV à l’autre, pour chanter un peu partout en France.
    Elle commençait à se roder et s’amusait maintenant de la gymnastique qu’elle devait faire dans un si petit lieu, destiné à un tout autre usage…
    Elle entrait dans le train comme n’importe quel passager. Puis, lorsque le train se mettait en route, elle se dirigeait tranquillement vers les sanitaires, son cabas sous le bras, pour endosser son personnage.
    Elle avait de eu la chance, pensait-elle souvent, de décrocher un gros contrat avec la SNCF. On lui laissait carte blanche quant au répertoire, à elle de sentir le « public » certes très captif, voir empêché de sortir… hihihi, bien obligé de l’écouter. Elle avait préparé plusieurs répertoires et pouvait ainsi varier les plaisirs. Elle s’était d’abord approprié tout un répertoire Gospel, avant de s’arrêter sur le répertoire de Piaf (que sa mère adorait) et de certains de ses contemporains. Elle travaillait aussi un grand nombre de chansons Soul , mais aussi des hits des années 70 à 90 et quelques suprises très actuelles (pour les jeunes).Plus elle chantait, plus elle était heureuse, il en fallait donc pour tous les goûts. Elle adaptait ses tenues au répertoire qu’elle interprétait.
    Il lui arrivait de chanter jusqu’à 5 fois dans la journée mais sur de courtes périodes. Les consignes de la SNCF étaient claires : distraire, mais surtout, ne pas déranger les clients.
    Elle chantait très rarement en 1ère classe, les hommes d’affaires étant toujours très occupés par leur business.
    Parfois, des passagers la suivaient entonnant le refrain avec elle ou frappant dans leurs mains. Une ambiance conviviale et chaleureuse, qui rappelait celle des colonies de vacances se dégageait des wagons.
    La SNCF avait rapidement pu mesurer « une baisse significative de l’agressivité chez ses clients » (surtout lorsqu’un retard important leur était annoncé…).
    Sur la fin du trajet, elle retournait se changer dans les toilettes, toujours aussi exigües et pas toujours bien odorantes. C’était sa loge à elle, l’instant d’un voyage.

  5. Clémence dit :

    L’histoire  que vous allez écrire commence dans les W-C d’un T.G.V. et se termine dans ces mêmes lieux . Elle ne sera pas du tout scatologique.

    Non, mais elle sera pire encore !

    Après un long week-end classé noir, Emma s’engouffra dans le TGV pour rentrer chez elle. Elle avait pris soin de cacher ses yeux tuméfiés derrière de grandes lunettes solaires et son corps meurtri sous un jeans et un pull ample.
    – Il me le paiera, cher, très cher…

    La première partie du trajet se résuma en déplacements incessants entre les toilettes et son siège. Il lui semblait qu’elle allait se vider. De tout…
    Ensuite, dans un réflexe d’auto-défense, elle commença à passer en revue toutes les revanches possibles, de la plus drôle à la plus terrible. Par moments, elle frissonnait de l’audace des idées dont elle se laissait submerger.

    Elle se rendit compte, qu’à la suite d’un traumatisme profond, un être aussi pacifique qu’elle pouvait tout à coup imaginer l’inimaginable et se muer en … en quoi ?

    Elle se rendit encore une fois aux toilettes et reprit place. Elle fut étonnée de trouver sur son siège, une ancienne revue vantant les transports en commun. Elle tourna distraitement les pages, tomba sur un article qui l’interpella. Les « astuces » d’une star des années ’60. Elle venait de trouver sa vengeance….

    Dès son retour, elle mit en place son stratagème.
    Une nouvelle inscription sur un site de rencontre. Un autre profil, mais en accentuant ce qui attirerait l’attention de son bourreau.

    Les sollicitations ne tardèrent pas, une rencontre fut fixée. Un long voyage en TGV. Elle connaissait. Elle savait également qu’il fallait brouiller les pistes. Son opération devait être parfaite.

    Elle obtient, pour l’aller et le retour, l’assurance d’une place en première non numérotée.

    Elle monta à bord du TGV, tenue décontractée, cheveux libres et lunettes rondes.

    Pour le premier arrêt, comme pour les suivants, elles se rendit aux toilettes.

    Premier arrêt, elle étala un fond de teint très pâle, un léger voile de rose sur les pommettes. Elle ressortit, chercha une place assise. Personne ne fit attention à elle.

    Deuxième arrêt, elle maquilla soigneusement ses sourcils d’un noir profond, en arc parfait. Elle ressortit, chercha une autre place assise. Personne ne fit attention à elle.

    Troisième arrêt, un maquillage sophistiqué pour son premier œil. Elle ressortit avec de grandes lunettes noires. Elle se trouva une place assise et, comme d’habitude, personne ne fit attention à elle.

    Quatrième arrêt, maquillage du second œil. Lunettes noires, chevelure roulée sous un Panama.

    Cinquième arrêt. La bouche. Coups de crayon trompeurs et raisin mat écarlate. Suite, à l’identique.

    Sixième arrêt. Perruque noire à la Louise Brooks, robe moulante et hautes bottes noires.

    Emma était une autre femme. Elle était prête.

    Arrivée en gare.
    Il était là.
    Sans tarder, ils se rendirent à l’hôtel.
    Deux coupes de champagne.
    Elle apprécia et passa une langue gourmande sur ses lèvres.
    Il cligna légèrement des yeux.
    Eut un sursaut.
    S’effondra.

    Trois heures plus tard, elle prenait le TGV.

    Premier arrêt, elle retira sa perruque et fit glisser ses longues mèches blondes entre ses doigts.

    Deuxième arrêt, elle démaquilla ses lèvres avec sensualité.

    Troisième arrêt…

    Elle rentra chez elle, la vie reprit son cours.

    A plus de mille kilomètres de chez elle, un article parut dans la presse.
    Nul ne le pleurait….

    © Clémence

  6. Tissier mireille dit :

    L’histoire que vous allez écrire commence dans les toilettes d’un T.G.V et se termine dans ces mêmes lieux/
    .

    Tout comme l’avion j’avais une peur incontrôlée du train ( endroit trop confiné en ce qui trop concerne )
     » Vous êtes agoraphobe, chère madame m’expliqua t-il. Vous avez peur des lieux publics lorsque vous vous trouvez au contact de la foule. »
     » Oui, avais-je répondu et cela me provoque de terribles angoisses qui me font perdre mes moyens ».
    Compatissant, le médecin m’avait prescrit des pilules homéopathiques en me précisant que cela m’aiderait à surmonter mon handicap.
    Et pourtant, ce matin à 8 h 45, je ne pouvais me soustraire à ce voyage par le rail pour mon rendez-vous à l’autre bout de la France avec l’un de mes collaborateurs.
    Je trouvais sans peine ma place numérotée. Je m’installais et commença à regarder les gens se glisser entre les sièges à grands coups de pardon lorsque leurs bagages allaient se cogner contre les voyageurs déjà installés. Sourire aimable de ceux-ci qui replongeaient aussitôt dans la lecture de leur magazine.
    Le T.G.V démarra enfin et mon angoisse commença. Mon coeur s’accéléra. Je tentait vainement de calmer ses battements en respirant plus lentement. Les pilules que m’avait prescrit mon médecin n’avait pas l’air de faire de l’effet sur moi.
    N’y tenant plus je fonçais dans les toilettes et fermait vivement la porte.Prenant une profonde inspiration je fermais les yeux et réussit à me calmer.
    Le silence me fit du bien, je m’entendais plus que les moteur et des roues sur les rails fonçant à vive allure. Je senti que l’on virai légèrement à gauche et perdit un instant l’équilibre. Je fermais le couvercle des toilettes et m’y installais en serrant mon sac ç main que j’avais posé sur mes genoux.
     » Dieu que ce voyage va être long ! » pensais-je/
    Balancer par le doux tangage du T.G.V, je m’endormi sans même m’en rendre compte.
    Je fut soudainement réveillée par des appels et des battements contre la porte.
    Quelqu’un de l’autre côté criait :
    -Il y a quelqu’un ici? nous sommes arrivé au terminal. Ouvrez je vous prie!
    Reprenant mes esprits, je me levais en titubant.
    – Oui, voilà
    Je tournais le loquet et ouvrit . je me retrouva devant un jeune homme l’air faussement mécontent, répliqua :
    – Et bien! cela fait déjà un bon moment que vous êtes la-dedans, je pensais que vous aviez g fait un malaise.
    Très gênée, je me confondis en excuse et courut chercher ma valise puis descendit du train plus vite que je n’y était monté quelques heures auparavant.

    TISSIER Mireille

  7. Henriette Delascazes dit :

    Agacée, elle se leva d’un bond, prit son sac et décida de s’installer dans les toilettes du TGV. Curieux endroit pour essayer d’écrire une lettre de rupture ! Mais à peine avait-elle sorti de son sac son bloc de papier et son stylo, dès les premiers mots difficilement transcrits sur la page, elle avait eu la sensation désagréable que son voisin de siège se penchait vers elle avec une inquisition malsaine.
    « Quel malotru celui-là ! » Pour qui se prenait-il ?
    La vitesse fulgurante du défilement du paysage l’avait sorti de sa torpeur en lui rappelant son projet ! Cette histoire devait se terminer là, maintenant, et elle devait se décider à l’écrire cette fameuse lettre de rupture qu’elle remettait depuis quelques semaines. Sa décision était prise, et les phrases dites n’avaient absolument pas atteint ni même frôlé les neurones endormis de Jacques. Il n’y croyait pas, eh bien ! il allait voir, il aurait sous les yeux toute la rancœur qu’elle portait depuis tant de temps. Sa vie elle la poursuivrait ailleurs, sans lui.
    Installée sur la cuvette, son bloc sur les genoux, l’inspiration lui manqua, d’autant plus que la porte tentait aussitôt de s’ouvrir. On frappa. Le gêneur l’agaça.
    Elle relit les mots… non, ce n’étaient pas les bons, il lui fallait être plus stricte sur sa décision ne pas laisser d’espoir ni de porte entrebâillée. La poignée s’agita à nouveau, des coups de poing accompagnés d’un appel retentirent :
    « Madame, vous n’avez pas le monopole de ce lieu, sortez de là, d’autres en ont besoin … » rumina une voix de femme agacée. »
    Elle ne bougea pas, ne répondit pas.
    Les mots que l’importun lui avait fait perdre ne revenaient pas. Les appels et l’agacement des autres passagers l’énervaient, pourtant elle était toujours certaine de devoir l’écrire cette lettre vengeresse. Elle froissa une nouvelle feuille de papier, il n’en restait que deux, désormais. Seraient-elles suffisantes pour exprimer tout ce qu’elle avait emmagasiné depuis tant d’années ?
    La poignée de la porte bougea à nouveau, les coups frappés se multiplièrent et la panique semblait monter à l’extérieur.
    Elle enferma le bloc dans son sac, tira la chasse d’eau pour que les mots disparaissent, elle sortit enfin l’air serein.
    Une lettre, pourquoi une lettre ? Elle partait, tout d’ailleurs avait déjà était dit, l’indifférence ne serait-elle pas plus forte que les mots ?
    Henriette

  8. Nadine de Bernardy dit :

    Ce matin je me sens un peu terne,l’âme voilée par je ne sais quelle nostalgie irrationnelle.
    A 4h25 une ravissante Africaine en uniforme bleu,vient me caresser de sa lingette parfumée.Elle m’a fait une grosse grimace comique en soupirant :
    -moi aussi j’aimerai pouvoir partir loin d’ici.
    Puis elle va continuer son travail.
    7h02,le train sort du dépôt.Enfermé dans les toilettes, je ne vois rien mais sait reconnaître les tunnels, le moment où l’on passe sur un pont au-dessus d’un fleuve.
    Arrêt, Où sommes-nous cette fois?
    « Mesdames messieurs, notre TGV 3847 en provenance de Saint Malo vient d’entrer en gare de Paris Montparnasse son terminus.
    Assurez-vous de ne rien oublier à votre place.Nous espérons que vous avez effectué un agréable voyage. SNCF (comme ils disent maintenant, comme Air France. Snobinards!)vous remercie et espère vous revoir bientôt.
    Celui-là s’est levé très tôt,il va repartir au dépôt le 3847.
    J’entends des tas d’annonces dans un brouhaha incessant.
    7h33,des pas dans le couloir,des valises qui roulent.
    « On est bien dans la bonne voiture?
    -Attends moi enfin!
    -Tiens,prend le sac.Ca y est on a nos places.
    Une voix dans le haut parleur informe que ce TGV 4851 est à destination de Quimper, il desservira les gares de Rennes,Redon,Vannes Auray,Lorient et Quimper.Départ prévu à 8h02.
    Il se met en route mon 4851, pile à l’heure.Le défilé commence.
    Une femme entre, une trousse à la main ,elle ferme le
    verrou.
    Pas eu le temps de se maquiller ce matin dirait-on.Elle me fixe avec attention,,sort son mascara et colle presque son visage contre moi. Pas désagréable.
    Je suis toujours en admiration.Comment font-elles avec le mouvement du train maintenant lancé à belle allure.
    Rouge à lèvres,un peu de poudre.Elle recule,semble satisfaite et sort sans avoir accordé un regard à ma voisine pourtant très propre aujourd’hui car, parfois, ce n’est pas agréable !!! et nous avons droit à des remarques acerbes sur cette négligence.
    Je ne suis pas vraiment concerné mais ça fait mal quand même.
    Un homme.
    Il fait ce qu’il a à faire sans quitter son smart phone des yeux.Assis sur la cuvette, il tâtonne pour attraper le papier d’une main tout en faisant glisser l’autre main sur son écran.
    Dieu de ciel,c’est pas possible,même là il ne peut s’en passer.
    Un rapide regard dans ma direction,une main sur la mâchoire. Impeccable.
    Les visites se succèdent,une vieille dame s’asseoit péniblement.
    « Pourquoi n’ont-il pas prévu de poignée de confort-gémit-elle.
    On arrive à Rennes,un peu de calme.
    Trop vite parlé.
    Une jeune fille entre,en larmes.Elle vient se réfugier ici afin que l’Autre lui explique pourquoi il choisit justement le dernier moment pour lui annoncer qu’il ne viendra pas à Quimper la rejoindre comme prévu.
    Elégant! Ah!ces fichus téléphones.
    Elle me regarde,je vois ses yeux rougis ,son maquillage défait.Elle me fixe avec colère,prend du papier pour réparer les dégâts,se ressaisi avant de me quitter.
    Je commence à avoir un peu froid,mais nous sommes en automne et le chauffage ne concerne que les voyageurs.

    Le trajet se poursuit avec sa succession de visages. Indifférents,avenants ou moroses.Peu importe ,je suis content d’être leur reflet,d’avoir de la compagnie.
    Quand je m’ennuie un peu, je leur crée des histoires.
    Qui va venir les attendre,vont-ils travailler,est-ce un aller et retour,qui va aider la vieille dame à porter sa valise?
    Nous voilà à Qimper.Il est 13h47.
    Un peu de repos avant une nouvelle aventure qui,je le suppute,devrait nous ramener vers paris.
    Car il faut pas croire,je suis un type qui réfléchit beaucoup.

  9. Beryl Dey Hemm dit :

    Désolée pour le « train » en « train » de repartir!! non seulement je ne l’ai pas fait exprès mais après trois relectures je ne m’en étais pas aperçue!!! Un comble! Va peut-être falloir changer de tête avant de changer d’ampoule.

  10. Beryl Dey Hemm dit :

    Déjà deux jours que j’attends… Que fait-il donc ? Il est pourtant venu relever le problème et je les ai entendu dire qu’en effet il faudrait me changer. Mais depuis, plus rien. Aucun d’eux n’est repassé !. Ce n’est pas simple d’être placée dans un T.G.V à bas prix, mis là en supplément pendant la période de vacances. Mais justement ça me promet du monde, et donc une utilisation massive des locaux ! Ah ! Pourvu qu’ils arrivent à temps. Je me sens faiblir d’heure en heure. Pourtant je les ai alertés en temps voulu. J’ai exprès clignoté plusieurs fois pendant qu’ils inspectaient les lieux !…
    Mais voilà la porte qui s’ouvre. Encore un visiteur ! Le train est en train de repartir, ça ne fait donc que commencer. Allez, un peu de courage, je m’allume doucement. C’est que je suis vieille, je préfère ne pas me brusquer : je ne vais donner ma pleine puissance que progressivement. Et avec un peu de chance il n’en aura pas pour très longtemps… Voilà, il se rince les mains ! … Il ressort, je vais pouvoir me reposer un peu…Ah non !… En voilà un autre ! Et il appuie de nouveau sur l’interrupteur !… Il faut dire que c’est la nuit, impossible donc de faire autrement ! Et c’est une femme !! En général elles mettent plus de temps… Je me rallume encore, mais je suis fatiguée…Allez, vite, quoi ! … celle-ci prend vraiment son temps!! … Et va-z-y que je rajuste ma coiffure, et que je me remette un peu de rouge à lèvres !!… Elle n’en finira jamais !!… Je sens que je m’endors, j’ai déjà clignoté une fois et je vais recommencer… ouf ! Un peu de repos, elle est ressortie !… C’est que je ne peux pas flancher tout d’un coup, comme ça, on a sa dignité tout de même, qu’est-ce que les gens penseraient de moi ? … Vivement qu’il passe et qu’il me change pour une ampoule neuve. Moi j’ai fait mon temps, j’ai droit au repos, et on ne me fera pas croire que c’est l’entretien de l’éclairage qui creuse les déficits à la S.N.C.F. !!… Dormir ! Aah ! Dormir !…
    La porte qui s’ouvre en trombe, avec un coup de pied, cette fois pas de doute, c’est un enfant. Sa mère est derrière la porte à attendre. Et le voilà qui commence par inspecter les lieux et toucher à tout ! A tous les coups il va jouer avec l’eau et asperger toute la cabine ! Ah mais ! J’en ai assez, moi ! Je ne me vois pas tenir toute la nuit comme ça ! D’ailleurs j’ai le hoquet et je me mets à faire de l’alphabet morse. Ah ! ils comptent m’exploiter jusqu’à mon dernier photon !! C’est ce qu’on va voir ! Je m’éteins pour de bon ! Grève sur le tas ! Ils seront bien obligés de me changer, comme ça !
    Le gosse ne va pas tarder à brailler et ameuter tout le train. Pour ça on peut faire confiance aux enfants !… J’attends un peu….
    MAMAAAAAAN !!!

  11. billy elliots dit :

    Je n’y croyais pas. Je l’ai croisé dans le hall de l’ hôtel cette femme superbe que j’avais dèjà vu sortir des toilettes du TGV. C’est pas dans mon job que je croiserais une femme aussi extraordinaire, me dis-je. J’allais à mon rendez-vous en pensant à ça. Mon interlocuteur m’expliqua la mission qu’il me confiait et il rajouta
    -Vous ferez équipe avec Michèle pour cette mission, vous connaissez Michèle, non.
    – Non je ne connais pas Michèle
    – Justement la voici
    C’était elle. La présence, la séduction, l’intelligence et la finesse, le charme. Rien que ça chez cette femme.
    En dînant le soir avec elle à l’hôtel, elle se confia lorsque je lui dis l’avoir remarqué dans les toilettes du TGV. Elle me dit tout et aussi que c’était la première fois qu’elle trompait son mari. Elle laissa un silence et attendit ma réaction.
    – Ma chambre est plus confortable que les toilettes du TGV, on y va…
    Elle sourit, me regarda et répondit…
    – Eh ben ça sera la deuxième fois aujourd’hui

  12. Fanny dit :

    Pour la troisième fois depuis le début de son voyage, Justine se précipita dans les WC du TGV qu’elle avait pris de bonne heure en ce matin pluvieux du mois de mars. Elle avait passé la nuit à virer tant et plus dans son lit et maintenant ses intestins la torturaient.

    Après avoir enchainé divers CDD, elle s’était retrouvée à pointer à l’ANPE et ses droits aux ASSEDIC s’épuisaient lentement mais sûrement. Elle avait décroché un CDI inespéré en tant qu’AD au sein d’une SARL. Le PDG avait eu l’insigne bonté de la recruter pour ses connaissances en PNR. Depuis, elle était l’AP du RP et ce dernier l’avait chargée de le représenter pour une importante réunion du CCE.

    Son téléphone se mit à vibrer. Elle consulta l’écran et vit que c’était son boss.

    « Peut-être que la réunion est annulée », espéra-t-elle.

    – Justine, vous avez de quoi écrire ?

    Fébrile, elle farfouilla dans son sac et finit par dénicher de quoi noter.

    – Vous rajouterez un autre point à l’OD que vous n’oublierez pas d’intercaler au CR entre le CHSCT et les DUCS pour l’URSSAF. La DRH a oublié la TF et c’est très important pour les EFS aux 2R. Les DS vont vous mettre des bâtons dans les roues mais ne vous laissez pas faire. C’est bon ? Vous avez compris ?

    – Oui, oui, murmura-t-elle.

    – Comme convenu vous aurez deux jours de RTT supplémentaires. Bon courage !

    – Merci beaucoup, répondit-elle avant de raccrocher.

    Elle rejoignit sa place plus que dépitée. Depuis un mois qu’elle était embauchée, elle ne comprenait pas la moitié de ce fatras d’acronymes. Elle aurait dû faire chinois première langue, ça l’aurait peut-être aidée. La tête appuyée contre la vitre, elle se mit à cogiter.

    « Je crois bien qu’il ne va pas me garder après ma PE. Je lui demanderai une RC sinon je vais finir SDF avec le RSA et la CMU et je n’aurai plus qu’à faire une TS ».

    Le contrôleur de la SNCF la retrouva dans les WC en train de se refaire une beauté pour aller à la rencontre de son destin.

  13. Delphine dit :

    Je l’ai vu en ouvrant la porte.
    Minuscule, immobile,le regard droit. A peine ébouriffé.
    J’ai eu envie de rire, mais de rire!
    Planté sur le couvercle refermé des Wc,un… moineau !
    Il m’a demandé comment j’allais, j’ai failli m’ étouffer,je me suis reprise, j’ai répondu « très bien et…vous ? »
    Il y a eu un long silence, il a juste dît  » Sanaire ».
    J’ai mis un petit temps avant de réaliser qu’on arrivait à Sanaire justement.
    Je n’ai pas cille,lui non plus,le train s’est mis à rouler lentement et j’ai perdu la notion du temps.
    Le bruit du bar ambulant à côté m’a sortie de ma torpeur.J’ai un peu soupire,l’oiseau n’a pas bougé.
    J’ai eu envie de lui demander son nom mais au moment où je me suis décidée, il m’ a dit avec chaleur  » Billets s’il vous plaît « .
    Je n’ai pas pu faire autre chose que lui montrer le billet coincé dans ma poche.
    Il l’a parcouru des yeux en habitué et s’est envolé par la porte, l’air satisfait.
    Je suis restée les yeux dans le vide un instant. Le train s’est arrêté en pleine voie et j’ai regardé dehors.
    Je crois bien l’avoir vu plonger dans un bosquet.

  14. ourcqs dit :

    Web Conf pour Tuto Geek Virtuel.
    Tout avait bien commencé pour ce Week-end Création et formation. Après quelques clics, nette supériorité des Trackpad, les souris ont disparu.Pour quelques Giga , dopage de mes capacités Virtuelles. Importance des ghost, j’avais zappe les clones informatiques.
    La Web Cam surveillait. Térabit en rêve, mes Greylist en hausse, Virus dépisté, attaqué.

    Widgets, Cloud , Traductique Grande Vitesse

    Waouh !! super Go…

  15. saheb dit :

    Tout le staff de la scatologie s’est donné rendez vous dans un wagon du TGV pour discuter de la paix dans le monde:
     » on ne peut pas rester entre deux rives . Peu importe qu’on avance à pied, en cargo, en wagon scellé ou en pensée. »
    Ils décident de participer à la mémoire de l’histoire, à l’écriture de l’histoire .
    Une histoire qui ne sera pas du tout scatologique!
    Eh oui , ces gens -là, sont, eux aussi, propres, aux idées non polluantes ,nets , lavés de tout soupçon!
    Pour mémoire des wagons et trains célèbres :
    – 05 juin 1883 Mise en service de l’orient express
    – 11 novembre 1918 fin de la première guerre mondiale
    – 22 juin 1940 la France signe l’Armistice
    – 23 février 1944 Staline saigne la Tchétchénie
    – 29 avril 1945 massacre du Dachau
    – 18 février 2007 Attentat du Samjhauta Express!
    Pressés de se rencontrer , excités par leur noble tache, chacun d’eux omit de se munir d’un support pour rédiger,enregistrer leur compte rendu et leur suggestion!!!!!
    Que faire et comment faire, le train avait déjà commencé sa rapide course vertigineuse…..
    Une idée illumina l’un d’eux!!!!
    Vite aux w.c :
    A tour de rôle , chacun des membres se rendit aux toilettes rédigea son point de vue sur la question de la paix sur du PAPIER………….TOILETTES!
    C’était un va et vient incessant qui suscita parmi les passagers moult questionnements .
    Désemparés,inquiets, suspicieux , les voyageurs se liguèrent pour alerter le chef du train: ne dit on pas que »dans le train, un pervers réserve toujours sa place dans le wagon de queue  » et cela ce déroulait dans la dernière voiture !
    Dans l’intervalle ,l’assemblée a ramassé ses notes qu’elle mettra au propre aussitôt arrivée à destination.
    « Ici s’est achevé un pan de l’histoire » pourra-t-on lire dans les w-c du TGV .

  16. l’histoire que vous allez écrire
    commence par
    ABC
    elle ne sera pas du tout scatologique.
    mais bien plutôt alphabétique.
    ça sera plus prolifique
    comme l’aurait dit
    BHL en sortant son
    CCP
    le
    DRH de l’
    EDF nous aurait éclairé
    jusqu’à la
    FAC avec son
    GPS
    tandis qu’en bas du
    HLM
    on aurait passé un
    IRM
    copié sur une cassette
    JVC
    datant de l’époque du
    KGB
    LOL !
    MDR !
    cette semaine notre
    NRJ
    fera une
    OPA sur le
    PQ
    j’aurais préféré un
    QCM chez
    RTL
    plutôt que ce
    SOS dans le
    TGV
    pourquoi pas les
    USA en
    VTT !
    pour les
    WC en
    XXL, moi je dis
    YES
    ou
    ZUT !

  17. Sabine dit :

    L’orange m’avait poissé les mains et le menton. Je suis allée me laver dans les toilettes de ce TVG. A peine j’eus appuyé sur le bouton du robinet que quelque chose glissa sous la porte. Un petit bout de papier où il y avait écrit BONJOUR. En lettres majuscules. Au stylo vert.
    J’ai aussitôt ouvert la porte que je n’avais même pas verrouillée, la bouche encore collante d’orange. Il était là, adossé à la paroi du semblant de couloir, les bras croisés. Il n’était même pas beau.
    -Sensuel le coup de l’orange.
    -De quoi vous parlez?
    -De la sensualité que vous dégagez quand vous mangez une orange.
    Nous avons fait l’amour dans les toilettes. Non, pas l’amour. Une relation brève, bestiale, sale.
    Ce fut la seule fois que je trompais mon mari. Je n’ai jamais plus mangé d’orange.

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