Exercice inédit d’écriture créative 254

paillassonUn paillasson avait pour voisine de palier
une serpillière jamais essorée dont
les effluves 
commençaient à lui monter au nez.
Un soir, n’y tenant plus,
il décida de lui dire ses quatre vérités.

Imaginez leurs échanges d'amabilités

16 Responses

  1. Françoise - Gare du Nord dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier une serpillère jamais essorée dont les effluves commençaient à lui monter au nez.

    « Quelle puanteur ! Vous pourriez vous rincer de temps en temps » attaqua le paillasson

    «C’est à se tordre de rire. Entendre cela de la part de quelqu’un sur qui s’essuient tous ceux qui ont marché dans la m… » répartit la serpillère

    « Mais je ne suis pas le seul. Il y a aussi l’escabeau. D’autres aussi marchent sur lui» se défendit le premier

    « Pas question pour moi d’endosser toutes les sales odeurs. Visez l’éponge double face » répondit le mis en cause

    « Ce n’est pas de ma faute si je récure vaisselles sales et sanitaires encrassés. En tout cas, ce n’est pas sur moi qu’on s’essuie les mains sales » pleurnicha celle-ci du ton de son côté doux mais avec l’énergie de son côté dur avec un regard appuyé sur le tablier

    « Oh là ! » s’insurgea l’incriminé. « Comme moi et peut-être même plus que moi, il y a le papier absorbant qui lui est jeté sans scrupule. Moi au moins je suis ménagé»

    « Peut-être que je suis jeté mais avec moi on prend des gants. » jeta l’intéressé en lorgnant vers les gants de caoutchouc

    « Depuis que nous sommes ici nous entendons évoquer les mauvaises odeurs, mais nous nous protégeons contre les microbes » se défendirent-ils d’une même voix

    « Mais moi aussi j’extermine germes et bactéries mais grâce à moi ils sont exterminés. répondit, se sentant visée l’eau de Javel. Nous avons parlé des odeurs et microbes. Mais qu’en est-il des poussières ? Si certains faisaient leur travail sérieusement! »

    « C’est de moi que tu parles ? Je fais mon boulot le mieux possible mais les acariens je n’y peux rien. Mais où est le seau d’eau ?» se défaussa, pris en faute, le chiffon à poussière alors que l’accusé se planquait

    C’est alors que la bombe désodorisante intervint :
    « Mes enfants, mes enfants ! Au nom de Dieu cessez donc vos chamailleries ! N’avez-vous donc pas compris que vous êtes tous en odeur de sainteté ? Seigneur ! Quel sacré remue-ménage ! »

    Ce texte a été interprété, par ordre d’apparition :

    Le tapis de prière musulman dans le rôle du paillasson
    Le saint-suaire du Christ  » de la serpillère
    La chaire protestante  » de l’escabeau
    Le yin et le yang taoïste  » de l’éponge
    La chasuble catholiqu  » du tablier
    Les rouleaux de la Torah  » du papier
    Les gants épiscopaux  » des gants de caoutchouc
    L’eau bénite  » de l’eau de Javel
    Le châle de prière  » du chiffon à poussière
    Le calice orthodoxe  » du seau plastique
    L’encensoir  » de la bombe désodorisante

  2. Smoreau dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier
    une serpillière jamais essorée dont
    les effluves commençaient à lui monter au nez.
    Un soir, n’y tenant plus, il décida de lui dire ses quatre vérités. Un, tu pues. Deux, tu es moche. Trois, tu es vieille. Quatre, ce n’est pas de ta faute !
    Moi, 1, je suis bien poilu. 2, je suis secoué tous les matins. 3, je suis utile mais 4 je m’ennuie !
    Quelle tristesse cet escalier sombre !
    Pourrait-on profiter du passage des enfants le mercredi pour glisser discrètement avec eux dans l’escalier puis s’aventurer dans la cour ?
    Je pourrais t’aider à te laver à la fontaine. Tu retrouverais ton beau gris d’antan.
    Puis, on se dorerait au soleil en bavardant.
    En analysant tous ces pieds qui se sont frottés sur nous. Les uns rapidement, les autres un peu mollement.
    J’accueille sur mes poils drus tous les clients de mon maître. A leur frottement, je devine leur humeur.
    La dame de 2 h du jeudi est toujours guillerette de sonner à sa porte. Le monsieur du lundi 19 h est depuis des mois, triste, courbé, ronchon. Il frotte ses chaussures lentement,discrètement pour ne pas me déranger. L’enfant du mercredi, à 4 h, est maussade et ne s’essuie jamais les pieds. Il ne me voit même pas.
    De ton côté, c’était la cata. Vu ta mine, tout le monde t’évite, sauf le chien du 4e. Une petite patte levée et hop ! Il s’est soulagé.
    Quelles vies !
    Je voudrais me transformer en brosse à relire.
    Au lieu de voir les semelles, j’aiderais les chaussures à briller. Un tout autre destin !
    Toi, ? serpillère tu es, serpillère tu resteras !

  3. saheb dit :

    Ce n’était pas un vulgaire paillasson en plastique!
    C’était un joli tapis, en demi-lune, en fibres de coco venu tout droit d’Indonésie!
    Dés l’entrée, il donne le temps :
    en fibres résistantes et imputrescibles ; il essuie les chaussures les plus boueuses;reçois toutes les pointures .
    il y a des jours où il n’en peut plus:
    les uns le percent le blessent, particulièrement les talons aiguilles ;les autres;talons carrés et autres l’écrasent, le piétinent et finissent par blesser son orgueil d’essuie- pieds en y déposant de la salissure, le tachant de cirage parfois même de crotte!
    Le soir venu, il est secoué , nettoyé, brossé.
    Ses fibres débarrassées de poussière, ses poils redressés!
    Il recevait les éloges de l’immeuble et des paliers car une grande partie de la propreté reposait sur lui .
    DE ses fibres de coco émanait une douce émanation, une agréable exhalaison.
    Mais ,depuis quelques jours, il eut une nouvelle voisine de palier:une serpillière jamais essorée dont les effluves commençait à lui monter au nez!….
    Une serpillère de bas étages embaumait tout l’édifice. A chaque étage , une trainée volatile désagréable se fit sentir…..
    A fleurs de fibres ,il manifesta son mécontentement.
    Il somma le morceau de toile grossier de faire ses ablutions de propreté quotidiennement .
    Il fit appel d’urgence au seau d’eau et y trempa cette dernière.
    Ouf,voilà un problème réglé:
    Pour peu tous les voisins auraient mis la clé sous le paillasson!

    .

  4. christophe dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier une serpillère jamais essorée dont les effluves commençaient à lui monter au nez. Un soir n’y tenant plus, il décide de lui dire ses quatre vérités.
    Jean, paillasson de la vieille école était en paille tressée, et n’en était pas à son premier palier.
    Charles, son propriétaire, militaire de carrière de renom avait en effet beaucoup voyagé, et ce n’était que depuis quelques jours qu’il était arrivé à Bayonne pour prendre son poste dans le fort-vieux ou siègeait le premier régiment de parachutiste d’infanterie de marine, faisant partie des forces spéciales. Julie, la femme de Charles, infirmière, avait trouvé un remplacement à la clinique ST Etienne dans les hauts de Bayonne. Certes cette clinque allait bientôt déménager, mais pour l’instant située presque en face du camp d’entrainement de son mari, elle était parfaite, ils pourraient quelques fois partir ensemble le matin.
    Ils avaient préféré prendre une location dans une commune voisine voulant êtres un peu au calme et pas tout près de leurs activités. Biarritz, ferait un joli compromis, à quatre kilomètres de leur travail et également proche de la mer avec ses plages très agréables. Le 42 avenue du golf, dans une rue tranquille d’où l’on pouvait tout faire à pied, courses et plage, offrait de grands appartements en duplex, deux en fait, dans ce petit immeuble discret encastré entre deux autres. On passait la porte d’entrée commune, quelques marches à monter et l’on était sur un palier assez large, à droite se trouvait la porte de leur appartement et en face celle des voisins qui ne devaient pas souvent être là, selon les dires de l’agence. Une petite fenêtre qui donnait sur le jardin de derrière éclairait l’espace.
    Juliette, serpillère issue d’une fabrique de wassingues du Nord se retrouva sur le palier à la suite d’un malentendu ou plutôt d’une maladresse.
    Éric Duret, créateur de parfum et donc dans le jargon, un nez, travaillait chez Christian Dior et en ce moment plus particulièrement sur une essence issu de la fougère. Ce nouveau parfum devait sortir en 2015 et était dans sa phase finale de création, la formule définitive était mise au point et on parlait maintenant de l’industrialisation. Il fallait encore trouver le nom qui irait bien et surtout un flacon. En fait, ce qui faisait le succès d’un parfum demandait trois critères, une senteur originale, un nom vendeur et un joli flacon. A ce stade, l’appel d’offre pour fabriquer le flacon était déjà lancé et, chose peu originale pour un parfum, le secret de son existence, était éventé. Les concurrents qui avaient leurs réseaux d’information étaient maintenant au courant de la sortie prochaine du dernier bébé de chez Dior. Dans un domaine aussi concurrentiel la lutte était féroce et sortir un nouveau parfum ferait toute la différence pour cette année. Cela boosterait aussi les ventes des autres produits de la marque, les rivaux ne seraient pas à la fête. La moindre information se paierait à prix d’or.
    La compagne d’Éric depuis trois ans, était Florence sa collaboratrice, c’est elle qui avait dégotté le duplex à Biarritz. Un peu éloigné du centre et pas trop luxueux il n’attirerait pas l’attention. Tous les deux venaient quelques jours par mois pour se reposer du tumulte parisien mais continuaient malgré tout à travailler. Ce weekend de septembre 2014 qui voyait une arrière-saison très chaude, était fort agréable. L’enfant se présentait bien et la renommée d’Éric allait s’accroitre, ils étaient heureux tous les deux.
    Charles et Julie avaient profité du beaux temps pour se promener, faire les courses au marché couvert, avaient dégusté quelques huitres puis s’étaient baladés sur la plage et étaient rentré en fin de journée. Charles avait pour règle de ne jamais ramener d’arme chez lui, mais comme toute règle qui se respecte il devait y avoir une exception. Et justement préparant une mission dangereuse à l’étranger que l’on qualifiera de secrète comme souvent dans les forces spéciales, il avait rapporté un pistolet d’un nouveau type (dont je ne peux d’ailleurs pas vous parler sous peine de représailles que je n’ose imaginer) et il devait s’y accoutumer, pensant d’ailleurs qu’en étant très discret, sa femme ne s’en apercevrait pas. Julie était repartie pour chercher une baguette de pain. C’était le moment idéal pour sortir l’engin de sa cachette et le manipuler. Lumière éteinte, volets fermés, Charles démontait et remontait son jouet dans le noir. Le meilleur moyen pour se l’approprier, selon lui.
    Éric et Florence avaient eux aussi musardé dans la ville, englouti un plat de Chipirons le midi, dont ils étaient friand, avaient digéré lors d’une promenade sur la corniche et après, ils étaient rentrés. Éric ne pouvait pas supporter de passer quelques heures loin de son parfum, surtout en ce moment, laissa Florence en retrait et accéléra le pas. Dès le seuil de l’appartement franchi il se rua sur les flacons qu’il essaya, cherchant déjà une forme, une couleur, qui correspondrait mieux qu’une autre à son petit bijou. Bien sûr pour ces tests les flacons examinés contenaient un peu de parfum. Il fallait être au plus proche de la réalité. Regarder le flacon, l’apprécier, l’ouvrir, humer l’odeur, tel était le rituel.
    Florence qui donc rentrait seule maintenant, rencontra Julie dans le couloir qui revenait avec le pain, elles se présentèrent puis se mirent tout naturellement à converser sur la ville, la région, et bientôt sur leurs activités. Elles décidèrent alors de prendre l’apéritif ensemble avec leurs conjoints respectifs, ce serait plus agréable que de discuter devant l’entrée.
    Un peu plus tôt à la gare de Bayonne, Igor, missionné pour un travail facile et bien rémunéré, soignait son apparence. Recruté dans une mafia russe exerçant ses activités en Europe, il devait se rendre à Biarritz en toute discrétion. Il était un peu comme en vacances en ce moment, il n’avait pas beaucoup à faire, aussi, quand on lui proposa une grosse somme d’argent pour un simple vol chez un particulier il accepta tout de suite. Loin des grandes villes, où la police le recherchait et où il demeurait toujours sur ses gardes, c’était une aubaine. Cela lui rappellerait sa jeunesse. Il trouva ensuite l’adresse sans problème. Rentrer dans une maison en plein jour où se trouvaient plusieurs personnes ne lui faisait pas peur et même l’excitait, et au moins les alarmes ne seraient pas branchées. De toutes façons son pistolet automatique ne le quittait jamais, toujours chargé et prêt à servir.
    Igor resta dans sa voiture de location pendant de longs instants. Trouver une place devant le 42 de l’avenue du golf ne posa aucun problème. Il avait fait le tour de l’immeuble, repéré un coin d’où il pourrait observer l’intérieur de l’entrée, d’une petite fenêtre qui donnait derrière, sur le jardinet, puis il était revenu dans sa Renault Clio.
    Quand il vu Charles accompagné de Julie, rentrer dans l’immeuble il eut des frissons dans le dos. Il reconnut au premier coup d’œil d’après sa démarche et son physique, un commando expérimenté et en parfaite forme. Il en était sûr. Reconnaître et savoir évaluer la force d’un adversaire avaient fait partie de son entrainement. Cinq minutes plus tard un autre homme arrivait, il reconnut Éric d’après la photo qu’il avait reçu avec son contrat. Puis les deux femmes qui rentraient à leur tour. Cela faisait beaucoup pour intervenir maintenant. Le soir serait bientôt en train de tomber. Il décida de retourné à son poste d’observation et se cacha dans le petit jardin.
    A ce moment Charles toujours avec son arme entendit du bruit et se rapprocha de la porte d’entrée. Florence qui n’avait pas ses clés pour rentrer sonna et Éric vint lui ouvrir. Il sorti avec un flacon à la main pour saluer Julie. C’est à ce moment que Charles qui terminait de remonter son arme enclencha les derniers pièces (je ne peux toujours pas vous en parler) et, bien qu’étant derrière la porte le puissant déclic fit sursauter tout le monde sur le palier. Julie lâcha son pain, Florence son sac à main, et Éric son flacon.
    Quelques instants plus tard les deux couples se retrouvèrent dans l’appartement du parfumeur qui venait de ramasser les morceaux de verres de son flacon explosé par terre, et avait négligemment jeté une serpillère sur le sol.
    Et c’est ainsi que Jean, paillasson de son état, la paille coupée court sur le dessus de sa tête, (il fallait en effet avoir le poil dru et bien dur pour supporter une paire de rangers cirée à la graisse de phoque), fit la connaissance de Juliette serpillère de première qualité.
    – Bonjour jeune serpillère je m’appelle jean.
    – Bonjour monsieur le paillasson, moi c’est Juliette.
    – J’ai tout vu, heureusement qu’il ne restait pas de morceau de verre, il vous a jetée furieusement !
    – ho ! Je ne lui veux pas, en ce moment il est un peu à cran, et ce parfum représente tant de choses pour lui.
    – En tous les cas vous sentez divinement bon !
    – Merci (elle rougît) ce n’est pas tous les jours !
    Et ils se racontèrent leur vie, Jean parla de son père qui avait vu le jour chez un fabriquant hippie de nattes en roseaux. Il avait beaucoup compté pour lui, et il se demandait ce qu’il penserait de lui s’il le voyait essuyer les bottes d’un militaire de la pire espèce, un para.
    – je suis sûre qu’il serait fier de vous, vous êtes toujours très disponible et faites très bien votre travail, de plus cette inscription « bienvenue » vous va à ravir.
    Jean se trouva très ému il s’était toujours posé des questions sur ce mot. Ne pouvant pas le voir il avait imaginé toutes sortes de dessins sordides.
    – Vous avez de votre côté, un fort joli tissage, je parierai que vous sortez de la très célèbre usine de Tourcoing.
    – En effet, dommage que mes amies ne puissent pas me voir, moi, Juliette, aspergée à souhait avec surement un parfum qui fera merveille dans tout le gratin de la bourgeoisie. Je ne suis pas prête de m’essorer !
    Puis portée par un doux élan, entendant la musique qui s’élevait de chez les patrons qui allaient surement prolonger l’apéro…
    – Vous dansez !
    – Avec grand plaisir !
    Ils se retrouvèrent donc enlacés pendant de longues minutes, se murmurant à l’oreille quelques bêtises sur leur patrons et partirent quelques fois dans de grands éclats de rire.
    Puis tout se passa très vite.
    Igor qui n’avait rien perdu des évènements des dernières heures, avait attendu sagement tapi derrière sa fenêtre. Les couples buvaient quelques verres. Maintenant, la musique allait masquer son action, c’était le moment idéal. Il refit le tour força la porte d’entrée avec une facilité déconcertante, il avait de la pratique à n’en pas douter.
    Puis il s’empara de la serpillère.
    Il avait trouvé dans la voiture un bidon d’essence vide n’ayant jamais servi, surement prévu en cas de panne éventuelle.
    Selon les consignes il devait rapporter, soit une copie de la formule du parfum, soit quelques gouttes, mais surtout sans que personne ne s’aperçoive de quoique ce soit.
    Son commanditaire allait être ravi il pourrait peut-être même demander une rallonge.
    Il pressa si fort, qu’il récupéra la moindre goutte.
    Il partit aussi vite qu’il était rentré ferma derrière lui la porte avec soin et personne n’en su jamais rien.
    Choqué Jean se précipita sur Juliette la serra contre lui et s’efforça de la réconforter.
    Igor cacha le bidon dans un sac de sport. Il avait prévu de repartir en avion mais ne pouvant se permettre d’être fouillé décida de rejoindre Paris en voiture.
    Charles et Julie prirent congés, ayant pris rendez-vous pour se revoir, la date était fixée et dans quelques semaines dès son retour de mission ils avaient projeté un aller-retour en Espagne. En fait il prétexta comme à son habitude un séminaire de formation intense. Julie retrouva son travail à la clinique et finalement fut embauchée.
    Éric et Florence repartirent vers la capitale pour concrétiser leurs recherches.
    La sortie du parfum explosa les ventes.
    Un chimiste clandestin dans une banlieue parisienne fut très étonné de trouver de la graisse de phoque dans la composition d’une formule d’un soit disant parfum. Inexploitable !
    Igor fut retrouvé la gorge tranchée dans une décharge à Belleville.
    Quant à Juliette et Jean oubliés sur leur palier, ils purent passer de longs moments tous les deux.
    Elle avait encore de ce parfum si délicat. Il s’en trouvait tout ragaillardi.

  5. Clémence dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier une serpillière jamais essorée dont les effluves commençaient à lui monter au nez. Un soir, n’y tenant plus, il décida de lui dire ses quatre vérités.

    C’est une aventure qui a commencé dans une belle demeure provençale.
    – Entrez, je vous en prie….

    Il fait sombre, mais un rayon de soleil s’écrase sur quelques tomettes patinées . Elles vous donnent envie de les caresser du bout d’un pied nu. Les murs sont ocre. Trois portes. Au fond, un escalier aux courbes sensuelles, une rampe de bois et des marches en tomettes bordées de bois qui emmènent sur le pallier du premier étage.

    Depuis peu, un psychologue et une artiste peintre s’en sont allés. Un jeune artisan-parfumeur (varois) et un œnologue (parisien) se sont installés dans les deux vastes appartements.
    L’œnologue, pour faire « authentique » a déposé, devant sa porte, un paillasson-couffin et un panier de vendangeur en osier.
    L’artisan-parfumeur a déposé une simple serpillière de coton blanc et une tourille verte.

    L’œnologue avait été sollicité pour la rédaction d’un guide des vins du Moyen et du Haut Var.
    L’artisan-parfumeur devait honorer une commande pour une maison qui commençait à se faire connaître.
    Tous deux travaillaient « d’arrache-nez ». L’œnologue avec rigueur et maniaquerie, le parfumeur avec fantaisie et maladresse.

    Tandis que l’œnologue testait les vins de Lorgues , le parfumeur s’essayait à la création d’un oriental fleuri. Son téléphone sonna, un flacon se brisa, un mince filet se sauva vers la porte…
    L’œnologue crut percevoir une touche imperceptible d’ambre. Il nota cette particularité.
    – Hmmmm, une nouvelle tendance….

    Un mois plus tard, l’œnologue approcha les vins de Correns. Le parfumeur composait un hespéridé-poudré. La sirène de midi le fit sursauter, sa main dérapa sur une fiole de néroli.
    L’œnologue souligna la particularité de ce blanc de Correns. Décidément, les vins « nouveaux » de Provence l’étonnaient de plus en plus…

    Le temps passait, indifférent. L’un et l’autre humaient jusqu’à s’enivrer.
    Le vin tournait dans les verres, les pages se remplissaient, le paillasson grattait la poussière. Les senteurs volutaient, les formules se précisaient, la serpillière se gonflait.

    Le parfumeur réalisa un joli assortiment de parfums et se réserva une idée de génie…
    L’œnologue mit un point final à son guide et repartit pour la capitale.

    Quelques mois passèrent.
    L’assortiment de fragrances fut accepté. Le jeune artisan-parfumeur fut consacré : « prometteur ».
    L’œnologue fut, par contre, la risée du monde vinicole….

    Il sombra dans une profonde dépression. En voie de guérison, il se rendit chez son ancien voisin et lui sortit ses quatre vérités :
    – vous m’avez fait passer pour un énergumène auprès de mes collègues.
    – vous m’avez induit en erreur avec les effluves qu’exhalait votre serpillière. Les blancs avaient des arômes de néroli, les rouges, des arômes d’iris, les rosés, des arômes de musc et les pétillants….des….des arômes de … de….. .

    Le jeune parfumeur, souriant, remercia l’œnologue. Les goulées de vins crachés, le soleil et la lumière l’avaient inspiré pour une fragrance originale ….

    Trois minutes plus tard, l’un, bouche bée, l’autre bouche en cœur, trinquèrent au nouveau concept qu’ils venaient d’imaginer….

    Leur innovation fit un tabac dans le « Monde Secret » de la Consommation.

    A ce jour, il m’est interdit de vous en révéler la teneur….

    © Clémence

  6. Stephanie dit :

    Un paillasson avait pour voisine une serpillère jamais essorée dont les effluves commençaient à lui monter au nez. Un soir, n’y tenant plus, il décida de lui dire ses quatre vérités.

    – Tu chnouffes comme une flaque de vomi ! Une véritable bouche pourrie !

    – Mais c’est ma nature, j’ai toujours senti comme une plaie infectée, faut s’y faire.

    – Mais respires-toi un peu! T’es pire qu’un oeuf pourri, une tranche de jambon périmée, une grosse merde de chien. Les chaussures de Mr Brise déposées chaque soir sur mon dos sentent la rose à côté de toi.

    – Oh ! ne te plains pas, il y a pire ! Tiens une vieille lotte de trois mois par exemple, les dessous de bras de Mme Olfacti la femme de ménage, la bouche pourrie de Mr Lavande, et ce vieux camembert sur la fenêtre parti en cavale.

    – Mais tu es bien en dessus de toutes ces effluves! Tu empestes le macabée, tu dégages des essences de tinette, un vrai clochard ! Tu chlingues la peste noire. Tiens ! De toute façon, je ne veux plus parler avec toi ! Face à toi, le PDG d’Air France, ou Mr Cahuzac sont des puanteurs bien plus douces à inhaler. T’as qu’à renifler. Moi, je m’en vais prendre l’air.

    Le paillason s’envola au dessus du jardin. La serpillière trop lourde pour le suivre, se tordit d’un coup tellement violent, qu’elle glissa de sa marche et tomba mollement dans la poubelle. Elle s’endormit anesthesiée par les odeurs de poissons et de viandes en décomposition.

    Au petit matin, une nouvelle serpillière rose toute pimpante trônait à droite du paillasson.

    Sa première parole fut brève.

    – Dis-donc le paillasson tu pues le cochon!

    Stéphanie

  7. Jean Marc Durand dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier une serpillière jamais essorée dont les effluves commençaient à lui monter au nez.

    Un soir, n’y tenant plus, il décida de lui dire ses quatre vérités.

    La première tomba comme un couperet, une suite de reproches, de dictes conseils éclairés, d’injonctions sommaires bardées du pouvoir du bon droit.

    Un palier appartient à tout le monde et à personne.
    C’est à chacun d’y mettre du sien en évitant qu’il chie partout.

    La deuxième plana autour des efforts qu’il concédait lui depuis tant d’années et que…hein, elle aussi elle pourrait faire un petit quelque chose, changer au moins de parfum.

    Le palier, on ne se l’était pas choisi. Fallait bien faire avec.Les gros propriétaires pourraient se soucier un peu plus de leur locaux.
    Sinon la structure de la bicoque, elle aurait jamais besoin d’ascenseur.Elle atteindrait naturellement le rez de chaussée, au raz du caniveau…enfin l’eau courante!

    La troisième voletait autour de solutions à réfléchir ensemble, plutôt que de s’aboyer mutuellement les responsabilités les plus contradictoires. Le paillasson reconnut se montrer un poil trop dur, la serpillière admit que trop souvent, elle laissait couler. Marre de nettoyer le caca des autres. Sans réelle conciliation , ils pourraient bientôt aller se brosser ailleurs.

    Un palier, c’est une plate forme pour tous. Il peut supporter et guider un arbre de transmission.

    Or quoi de plus sage qu’un arbre et d’apte à léguer une croissance possible, des bonnes racines à la juste cime.

    La quatrième vérité établit que chacun pouvait participer à l’entretien du palier, selon son âge, son sexe et ses compétences.

    Et que personne ne tenterait de changer de palier par le haut sans se soucier d’accueillir ceux venant s’installer d’en bas.

    A chacun d’interpeller de suite les très hauts placés.

    Il fallait que le climat change.

  8. AB dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier
    une serpillère jamais essorée dont
    les effluves commençaient à lui monter au nez.
    Un soir, n’y tenant plus,
    il décida de lui dire ses quatre vérités.

    – Depuis quand n’as-tu pas été serrée dans les mains de ton maître ? T’a- t’-il abandonnée, délaissée au point de te laisser à sa porte ? Te risquer en conversation avec moi, le paillasson, cela m’étonne. Il peste toujours contre moi, répétant à toutes ses allées et venues sur le palier que je suis un objet désastreux et laid, que je gêne son passage et que ma propriétaire au lieu de me laisser à sa porte devrait depuis longtemps me jeter à la poubelle, que je suis la honte de l’immeuble et surtout du palier.
    Je sais que sa haine envers moi est dirigée contre ma charmante Adeline dont je suis caressé chaque jour, gratté par ses petits pieds qui redressent mes pauvres poils usés. Comme il aimerait, j’en suis certain que ce soit à lui qu’elle réserve ce traitement de faveur. Je parierai cher qu’il se laisserait gratter avec délice. En plus, tu as vu, toi, la serpillière qui sent mauvais ce qui est inscrit sur moi malgré l’usure ? On le voit très bien encore puisque les nouveaux qui entrent chez ma maîtresse lisent tout haut : « Le bonheur, c’est ici ». Nul doute qu’il doit être super-jaloux le tien avec une si belle entrée en matière !
    Tu sais rien serpillière ? Sûrement, à vivre avec un célibataire ronchon et maniaque, tu déteins.

    – Je déteins, tu vas où, toi pour me parler de la sorte ! Tu crois que c’est tous les jours la belle vie avec lui ? Et puis je déteins pas, mais tu as raison, je crois bien que je sens mauvais. Cela fait huit jours qu’il m’a mise à la porte. Jamais il ne m’a traitée ainsi, mais c’est à cause de l’autre. Je commence à m’inquiéter pour lui.

    – L’autre ?

    – Oui, cette sale pie venimeuse qui l’a balancé l’autre jour, je l’entendais dans l’écouteur du téléphone, ça résonnait, elle lui balançait des « Je ne t’aime plus, tu es nul, je te quitte ». Dans l’autre main, il me trempait dans l’eau bouillante et me ramenait à la surface à moitié suffocante. Cela a duré l’enfer, J’ai cru que tous mes fils allaient fondre. Puis, il m’a jetée dehors et depuis, silence radio. Dis, tu crois qu’il est mort ?

    – Je sais pas moi, mais, par contre tu sens mauvais et ça, c’est sûr !

    – Mais on peut faire quelque chose quand même ? On ne peut pas le laisser comme çà ? Hé, toi le bon paillasson sur qui l’on peut compter, le fidèle serviteur, voudrais-tu m’aider ?
    Juste à ce moment, le locataire du deuxième passe en pestant contre l’odeur et ragaillardi, le paillasson de s’exprimer :
    – Je crois que j’ai une idée, elle vaut pas chère, mais le coup d’essayer et si ces deux-là sont pas faits l’un pour l’autre, « foi de paillasson ». Puis humant l’odeur nauséabonde qui arrivait jusqu’à lui, il surenchérit « et de serpillière » ! On va se les rapprocher nos deux cocos. J’ai juste besoin d’étirer un peu mes poils, de ce côté, j’ai l’impression qu’ils sont plus longs, là, encore un peu….
    La serpillière regardait ahurie le manège quand elle entendit.
    – ça y est, j’y suis, comme ça, je suis de travers, elle va se prendre les pieds dedans et paf le nez le premier sur toi petite serpillière ! On est voisin ou on ne l’est pas, pas vrai ? Et comme tu pus tellement, elle s’en prendra plein le nez ! Elle va sonner, sonner et sonner jusqu’à ce qu’il ouvre. Depuis le temps que tu es dehors, elle est obligée de s’inquiéter s’il ne répond pas.
    On parie la suite ? Je suis sûre que bientôt, tu seras à l’intérieur, mais de ce côté-ci, petite serpillière nauséabonde.

    – C’ que tu peux être chou, tout de même !!!

  9. Fanny dit :

    Un paillasson avait pour voisine de palier une serpillère dont les effluves commençaient à lui monter au nez.Un soir, n’y tenant plus, il décida de lui dire ses quatre vérités.

    – Salut !

    – Ah, tu me parles maintenant ! s’étonna Moppe. Je croyais que tu étais muet.

    – Hum ! Je voulais te dire que tu fais vraiment tache sur le palier.

    – Je fais tache, ça veut dire quoi ?

    – Ça fait huit jours que tu squattes ici. T’as pas vu ta dégaine ? Et puis, je ne sais pas comment te le dire mais, tu ferais bien de plonger dans un seau d’eau de javel.

    – Monsieur fait son délicat ! Je le sais bien que je pue mais qu’est-ce que j’y peux ? Si tu savais comme je m’ennuie, je voudrais tant retrouver mes amis dans le placard.

    – Ah ! Tu as des amis ? Tu as bien de la chance.

    – Ouais, j’ai une copine Balayette avec qui je discute à longueur de journée. Avec Pelle on ne s’entend pas trop bien. Quelle bêcheuse celle-ci ! Et puis, mon fiancé me manque tellement, soupire Moppe.

    – Tu as un fiancé ? Je ne sais pas comment tu as fait pour le séduire avec tes dreadlocks emmêlées.

    – D’habitude je n’ai pas cette allure. Madame Berthier prend bien soin de moi et me range tout contre Balai et c’est comme ça qu’on est tombé amoureux. Au fait, tu n’en n’a pas marre, toi, de te faire marcher dessus ?

    – C’est mon travail, soupire Paillasson. J’aimerais bien avoir une amoureuse moi aussi. Je m’ennuie comme un rat mort ici. Avant, il y avait de l’animation dans cet appartement mais, c’était avant…

    – Sans vouloir t’offenser, je te trouve mauvaise mine avec tes lettres tout effacées. Tu dis que je pue mais tu ne t’es pas reniflé ! C’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité.

    Soudain, les querelleurs furent interrompus dans leurs chamailleries.

    – Tiens ! J’avais oublié ma serpillère, s’étonna madame Berthier. On était tellement pressées de partir en vacances. On devrait faire ça plus souvent. On s’est bien amusées.

    – Dire que l’on restait à nous morfondre dans nos appartements, soupira madame Munier. Dans ces grands ensembles on ne fait plus attention à nos voisins. C’est bien dommage. Tiens, je vais me faire un plaisir de mettre cette horreur à la poubelle, dit-elle en empoignant son paillasson.

  10. Un paillasson beau gosse coiffé en brosse
    Recevait à chaque heure de la journée
    Des centaines de couple-pieds
    Dans son entrée ou sur le palier
    Des traîne-savates, des talon-aiguilles
    Des va-nu-pieds, des âmes en béquille,
    Consignataire de toutes ces Vies De M.
    Expert es-rainure de semelle,
    Il en avait tant supporté qu’il en était usé.

    Un soir, n’y tenant plus, il sortit se secouer
    Il avait depuis peu pour voisine de palier
    une serpillère jamais essorée
    Ses effluves lui montaient au nez.
    Il décida de lui dire ses quatre vérités.
    « Eh ! la voisine, allez donc vous moucher
    Et cessez donc de renifler
    Vous empestez tout l’étage
    Avec votre eau d’un autre âge! »

    La serpillère en fut toute secouée,
    Elle en avait tant supporté…
    Elle recevait à chaque heure de la journée
    Des centaines de coups de balai
    Dans son entrée ou sur le palier
    Jetée à même le sol
    Précipitée dans l’eau du seau
    D’un va-nu-pieds, d’un traîne-savate.

    Qui ne voulait plus l’essorer contre lui
    Qui la traitait comme un paillasson!

  11. Henriette Delascazes dit :

    Voila, c’est fait.

  12. Henriette Delascazes dit :

    Pol Hiasson vivait désormais au rez-de-chaussée d’un immeuble bâclé et squatté par une population hétéroclite.
    Il ne s’habituait pas à cette déchéance, car autrefois il était installé au 4e étage d’un immeuble chic dans le quartier bourgeois de la ville. Comment en était-il arrivé là ? c’est la bonne question, et une histoire que l’on vous contera plus loin, sans doute.
    Pour l’instant, plantons le décor.
    Imaginez un immeuble abandonné où les locataires se multiplient, changent de jour en jour. Les disputent dans les escaliers, les pleurs des bébés, les cris des enfants, les détritus qui s’installent jamais balayés, car personne ne s’en inquiète.
    — Qui c’est qu’a fait ça ? hurlait-il souvent d’un air outragé?
    — C’est pas moi, criaient ceux qui avaient la politesse de l’entendre et la tête pas trop embrumée pour lui répondre.
    S’il était là, le seul de l’immeuble, une chance dans sa déchéance me direz-vous, mais chance pour qui ?
    Pour sa propriétaire, mademoiselle Séraphine ?
    Mais qui est mademoiselle Séraphine ? Elle aussi venait des beaux quartiers. Elle était la fille d’un notable. Ses parents Sophia et Serge Pillière avaient une situation en vue sur la cité, recevaient du beau monde qui essuyait leurs pieds célèbres sur notre beau et fier Pol Hiasson.
    Séraphine un beau matin, ne supportant plus les remontrances de ses parents, et après une nouvelle dispute magistrale … elle refusait absolument d’utiliser le tapis-brosse avant de poser ses godillots crasseux et quelquefois boueux qu’elle s’obstinait à porter sur le parquet lustré par la femme de ménage de la famille.
    — C’est un manque de respect pour les paillassons, disait-elle
    Serge Pillière, en vieil encenseur en eu assez des disputes entre la mère et la fille et traita Séraphine de véritable wassingue. Superbe insulte dans la famille Pillière.
    Que fit Séraphine ? Elle commença à pleurer, mais on y était habitué elle pleurait tout le temps depuis que son adolescence avait commencé. Puis, prise d’une rage subite, s’empara de l’objet du litige et s’enfuit en le traînant sur son scooter. C’était décidé, elle ne remettrait plus les pieds dans cette maison si peu accueillante et chez des parents aussi coincés que les siens.
    Mais voilà, ils étaient partis, il leur fallait trouver un toit.
    La première nuit, ils la passèrent tous deux sur un banc. Ce fut sa tête et non ses pieds qu’elle posa sur Pol. Il était agacé, dormir à la belle étoile ne lui était jamais arrivé, et pourtant, on était en été et c’était le Sud !
    Il commença à la traiter de chiffe molle pleurnicharde !
    Elle répliqua vivement :
    — Espèce de larbin, fils de cocotier qui pègue…j’avais de l’amitié pour toi, du respect et tu te permets de m’insulter !
    — Ça m’espante que tu te permettes de m’humilier, j’étais bien tranquille sur mon palier, et voila qu’une espèce de piche décide de mon avenir. Je suis un essuie-pieds de luxe tel est mon métier et je le fais sérieusement.
    — Non, mais pour qui il se prend cet espèce de bulot hydrocéphale, de mouche drosophile, de ramasseur de crottes
    — Tu me gaves, arrêtes de rouméguer, sèches tes larmes et ramène-nous à la maison…
    — Tu veux passer ta vie à te faire piétiner espèce de couille molle, vieux laquais ramolli…
    — Espèce de serpillière mal essorée, ah ah ! je ris mademoiselle Pillière, ton nom est bien trouvé, tu coules de partout, ton nez, tes yeux, tes cheveux, tu es inondée, commence à pleuvoir et je me gèle !
    Un orage subit vint calmer le drame qui se dessinait.
    Qu’allait leur réserver le destin ?
    Un loubard passant par là, tomba en arrêt devant le tapis providentiel ! Il n’en avait pas chez lui, mais il en rêvait, cela faisait chic un essuie-pieds. Un paillasson et un en fille en prime ! Quelle aubaine. C’était son grand soir !
    Il l’emporta vivement, mais Séraphine en colère lui sauta dessus et lui cracha à la figure.
    Une empoignade commença.
    Que pouvait donc faire le pauvre Pol Hiasson ? Ben rien ! Il n’était là posé entre eux comme une larve inutile. Séraphine avait raison, il ne servait qu’à ramasser les crottes.
    Ils se calmèrent et prirent une décision. Personne ne voulant céder Pol, ils décidèrent de s’installer ensemble, et Séraphine suivit cet amas de glaire dans son antre.
    Ils posèrent cérémonieusement Pol devant la porte, à l’entresol gauche de l’immeuble. Porte n° 1.
    Il était là, seul dans cet antre à déchet, ce trou à rats, lorsque justement un chien passa, le renifla et lui pissa dessus !
    — Ah non ! les pieds et la poussière, c’est normal, c’est mon métier, mais la pisse jamais s’écria le lèche-cul !
    Séraphine et son nouveau pot s’écroulèrent de rire. Mais pas longtemps, car elle se prit une gifle magistrale que son magistrat de père n’osait jamais oser exécuter.
    Elle se remit à pleurer, assise sur le tapis-brosse qui ne savait plus comment éponger cette peille.
    Il avait eu un passé de béni-oui-oui, se laissant piétiner, il finirait pattemouille.
    Et voilà, l’histoire d’un paillasson jadis célèbre et d’une fille de famille appelée Séraphine Pillière.

    C’est du grand n’importe quoi ! Pascal, vous l’avez voulu, vous l’avez eu la fraîche rosée du matin !
    Bonne lecture et bon week-end à tous.
    Henriette

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