Exercice inédit d’écriture créative 146

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On était au XXIe siècle,
mais, comme ses ancêtres les plus lointains,
il vivait encore de la chasse…

 

Imaginez la suite en partant à la chasse aux idées que cet exercice vous inspire

14 réponses

  1. Clémence dit :

    On était au XXIe siècle, mais, comme ses ancêtres les plus lointains, il vivait encore de la chasse…

    Quinze années riches de chasses en tous genres s’étaient ajoutées aux deux mille années précédentes. Calcul rapide : « on » était donc bien arrivé au XXI siècle !

    Dans la cité des Maldisants, à l’instar de ses ancêtres, chaque matin, il acérait ses crocs et affûtait ses flèches. Car il était terrible, notre bonhomme ! Chasseur féroce comme un tigre, jaloux comme une teigne et doté d’une langue de vipère. Et pourtant, tout un chacun, de temps à autre, aimait l’accompagner… de loin, de très loin de préférence !

    Tous les lundis, on partait à la chasse aux bobards. Plus ceux-ci étaient énormes et mensongers, plus on se réjouissait de voir la crédulité du public les gober goulûment. A peine les bouches bées refermées elles se mettait à cancaner aux alentours. On jubilait.

    Les mardis, on allait vendre ses calomnies sur le marché de la Grand Place. On ouvrait les enchères et les caquets cliquetaient à qui mieux mieux :
    – Savez-vous que la femme du…
    – Savez-vous que le mari de la …
    – Devinez chez qui j’ai vu…

    Les mercredis, on se rendait chez les imprimeurs réunis et la chronique scandaleuse croustillait dans tous les palais. On ne ratait personne : notables, aristocrates,bourgeois ou petit peuple, chacun avait droit à sa part de gâteau.
    Les jeudis, c’était à la Taverne du Borgne qu’on dégustait à la régalade : la clabauderie coulait à flot, le débinage de médisances remplissait les assiettes et bavait sur les serviettes ourlées de potins. En guise de dessert, on préférait les propos malveillants aux papotages divers.
    Les vendredis, jours de grande sortie, on rejoignait les commères sur les bancs du Parc Public. Et c’était comme un long roman dont les chapitres commençaient par « on-dit que …», « qu’en-dira-t-on  si…», « il me revient que… »
    Ainsi, de long en large et de bas en haut, chaque jour de la semaine, on se nourrissait avec délectation de vilenies et autres ignominies.

    Sans déroger aux coutumes, samedi était le jour du grand festin : on s’y goinfrait d’un avorton de laie. Un ragot, cuit à la broche et farci d’herbes provençales. Un fût de gros rouge laissait couler sa vinasse dans des calebasses bosselées et dans les gosiers de mines patibulaires.

    Dimanche on se réveillait avec la gueule de bois …
    On ne changera pas, le monde du « on » a la dent dure , la chasse aux ragots n’est pas prête de s’éteindre…

    Heureusement, non loin de là, un groupe de rebelles préparait en secret une riposte fatale.

    Le dimanche suivant, il se murmura au dessert qu’une découverte extraordinaire avait été faite au milieu d’un champ de betteraves. Une espèce de tombeau dans lequel dormaient, sous une couche de poussière hypnotique, une vingtaine de bouteilles de nectar aux vertus magiques. Quelques grognards étaient de garde en ce lieu censé être tenu secret.

    On y alla en douce avec ses amis, on soudoya les gardes et on s’enivra….on s’évapora dans les éthers…dans la déliquescence la plus totale…

    Lundi, aux premières heures, la douceur de vivre, bafouée depuis si longtemps, reprit ses droits dans la cité.

  2. Sabine dit :

    Mark Twain « Extrait du journal d’Adam », parmi d’autres contes et nouvelles délicieux à redécouvrir:

    http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/twain-mark-contes-et-nouvelles.html

  3. Sabine dit :

    On était au XXIe siècle, mais, comme ses ancêtres les plus lointains, elle vivait encore de la chasse aux étoiles. Chaque nuit elle ramassait de petits cailloux et visait les étoiles afin d’en décrocher quelques unes. De tous petits cailloux, il ne faudrait pas abîmer. Même avec le lance-pierres elle revenait bredouille. Elle ressortit son arc. Tant pis si l’étoile est blessée, elle la soignera. Et chaque nuit, elle s’obstinait en vain.
    Elle monta tout en haut du plus grand arbre, chevaucha mille et un oiseaux, vendit son âme au diable. Un jour elle attendit les étoiles assise tout en haut d’un arc-en-ciel. Bien entendu, quand la nuit fut venue, l’arc-en-ciel disparut.
    Un soir, elle interpella la fée des étoiles. Elles eurent beau faire tous les vœux que l’on peut imaginer, les étoiles restèrent suspendues au ciel. Mais un petit lutin savant qui passait par là eut une idée lumineuse :
    « Trouve un grand panier d’osier dont tu garniras le fond d’un beau velours rouge. Regarde tout là-bas, où la terre rencontre le ciel. Rejoins cette ligne, et tu n’auras plus qu’à tendre la main pour cueillir toutes les étoiles dont tu as besoin. »
    Mais la ligne était trop éloignée. Après des années de voyage, elle mourut d’épuisement, en songeant au beau collier d’étoiles qu’elle aurait pu porter.
    Les étoiles ne se décrochent que dans les rêves.

    Elle, on pourrait imaginer que c’est Eve. Eve qui voulait se faire belle pour séduire Adam. Mais on ne peut pas avoir une telle pensée : si Eve n’avait pas rencontré Adam, je ne serais pas là pour vous raconter son histoire…

    ©Margine
    Merci Mr Marc Twain

  4. PERLE dit :

    On était au XXIe siècle,
    mais, comme ses ancêtres les plus lointains,
    il vivait encore de la chasse…
    Il savait qu’il allait disparaître lui aussi,
    Mais espérait que ce fût après le chasseur.

  5. Françoise - Gare du Nord dit :

    On était au XXIe siècle, mais, comme ses ancêtres les plus lointains, il vivait encore de la chasse bien que celle-ci ait été éradiquée depuis la prise au pouvoir par les Ecologistes dans tous les pays du monde. De véritables dictatures avaient vu le jour destituant peu à peu les démocraties et même les régimes les plus autoritaires existants.

    Cela avait commencé en 2036 en Allemagne, nation toujours en pointe dans la protection de la nature, avec l’émergence d’un groupuscule qui avait remporté les élections législatives dans tous les lands du pays : les Chemises vertes.
    Les pays « propres » – à savoir les monarchies constitutionnelles scandinaves avaient suivi, imitées par les pays latins puis le reste de l’Europe. Les autres continents leur avaient emboité le pas.

    Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un régime politique unique gouvernait tous les états de la planète : celui de L’Internationale Ecologiste.

    La couleur verte dominait le monde et, au nom de la Déesse Nature, maints sacrifices furent imposés au genre humain : économies drastiques de l’eau qui n’était plus distribuée qu’au vu de tickets de rationnement ; coupures d’électricité dès 19h (été comme hiver), mesure qui imposa les couvre-feux ; suppression de la presse et des livres papier dans le but d’épargner les arbres ; suppression des moyens de transport motorisés terrestres, aériens et aquatiques etc. etc. etc…

    La chasse longtemps réservée – au temps de la désormais honnie démocratie – était interdite. Les milices, chargées de surveiller l’application des décisions gouvernementales, étaient constamment à l’affût des contrevenants.

    Mais il fut le seul à résister et continua d’exercer son activité de manière occulte et confidentielle. Peu de personnes étaient dans la confidence. L’époque était à la méfiance et les dénonciations étaient monnaie courante. La peine de mort fut même rétablie.

    Dès lors, son activité ne parvenait pas à les faire vivre lui et les siens. Leur vie n’était que privations et restrictions. Car sa clientèle était certes fidèle mais clairsemée : rebelle, celle-ci n’avait jamais pu se résoudre à l’utilisation des toilettes sèches.

    Il devait se rendre à l’évidence : la belle époque était bel et bien terminée. Le XVIIe siècle avait été l’âge d’or de la peinture flamande, le XVIIIe celui des idées des Lumières, le XIXe celui de la Révolution industrielle et le XXe celui de la chasse d’eau.

    Recueil de nouvelles « Fosses d’aisance »

  6. jaine dit :

    On était au XXIe siècle,
    mais comme ses ancêtres
    les plus lointains,
    il vivait encore de la chasse…

    Contre la vie, il s’arrimait.

    L’espérance, il réanimait

    Le doux malheur, il étouffait,

    L’anéantissant à jamais…

    Grand la fenêtre, il ouvrait

    Et à propos interprétait,

    Aidant celui qui s’empêtrait

    Dans un mal être qui l’habitait…

    Bon samaritain, il était,

    L’incertain alors se muait

    Dans un demain qui prospérait.

    Tel le levain, il s’obligeait…

    Une paillasse, il l’amendait,

    Une terrasse, il l’embaumait

    Au parfum cocasse, parfait.

    La classe, il en débordait…

    Comme ses ancêtres
    Les plus lointains,
    il existait à travers la chasse…

    Une chasse particulière,

    Au service des mots de lumière,

    Et fidèle à son compère,

    Il traquait l’éphémère,

    Une infortune coutumière,

    Et les idées de misère …

    Jaine

    ( Toutes et tous, bonne journée ! )

  7. DUMOUCHEL dit :

    On était au XXIe siècle,
    mais, comme ses ancêtres les plus lointains,
    il vivait encore de la chasse…de la cueillette, il subsistait grâce à ces petits riens que nous avons tous oublié. Il habitait aussi dans une cabane qu’il avait construite de ses propres mains dans la forêt près de chez nous, il allait chercher l’eau à la Seine et pour nous cela semblait sur humain car le trajet était long ! Lui ne comptait pas les kilomètres ! Car même son bois il allait le chercher avec sa petite brouette. Toute connexion avec l’extérieur, il l’avait bannit autant que possible, pas te télévision, pas de téléphone, On suppose qu’il n’avait pas de famille, car lorsque nous le croisions, il était seul. Avec nos regards d’enfants, nous le prenions pour un fou : Comment pouvait-il vivre ainsi ? Il avait la barbe poivre et sel, comme ses cheveux qu’il prenait soin d’attacher chaque fois qu’il venait à la ville, surement pour ne pas nous effrayer, il avait toujours la même gabardine attachée avec une ceinture en cuir (qui lui servait pour nous frapper d’après nos aÎeux : nos parents nous avait raconté un tas d’histoires à son sujet),son jean qui semblait tenir tout seul tellement il paraissait sale ainsi que ses chaussures genre « rangers » sans lacets : nous le surnommions le père Fouettard ! Il « surgissait » souvent dans les maisons lorsque les aînés, en panne de punition, nous menaçaient de l’appeler pour qu’il nous sermonne. Quelle peur nous avions !
    Jusqu’au jour, où notre oncle qui sortait de notre porche tomba nez à nez avec lui, le père Fouettard avait arrosé sa soirée et voulait la finir en beauté : il trébucha juste devant chez nous au moment où nous ouvrions la porte. Il était saoul… et mon père qui le connaissait apparemment très bien lui fit remarqué qu’il avait chu du « mauvais côté » pour pouvoir accuser notre oncle !
    Le vieil homme se redressa et s’excusa auprès de papa qui nous avoua que cet homme était en réalité milliardaire, et qu’il avait perdu sa femme bien des années auparavant. Dans sa détresse, l’homme s’était enfermé dans la solitude, et le désespoir, isolé de la société, et vivait comme nos ancêtres : la chasse, la pèche, mais aussi le vol et de temps en temps il faisait la « manche » pour acheter à boire. Il avait une fille, qui était avocate mais ne l’avait pas suivit dans son agonie. Il a disparu un jour, personne ne sait ce qu’il est devenu, même si on l’imagine très bien, jamais les journaux en n’ont parlés.

  8. Sylvie dit :

    On était au XXIe siècle, mais, comme ses ancêtres les plus lointains, Gaël vivait encore de la chasse à l’omblatifule inventifère, une libellule des marais, utilisée par toutes les civilisations depuis la nuit des temps pour fabriquer une potion miraculeuse. Les chasseurs d’omblatifules exerçaient ce métier de père en fils, selon des techniques ancestrales qui n’avaient pas ou peu évolué. Les nuits de pleine lune, les libellules dansaient par milliers au bord de l’eau, en battant leurs longues ailes couleur indigo à l’aspect de velours. Les chasseurs, tapis dans les joncs, se précipitaient aussitôt vers l’eau avec de grands filets à papillons où ils emprisonnaient les omblatifules. Ces dernières, prises de panique, battaient frénétiquement des ailes, et une épaisse couche de poudre indigo se déposait au fond du filet. Après séchage, cet or bleu était conservé dans des flacons de verre fumé, à l’abri de la chaleur, de l’humidité et surtout des curieux et des indiscrets. Puis la poudre était vendue à prix d’or à des apothicaires ou à leurs descendants, qui concoctaient, selon une recette millénaire, un sirop bleu-grenat au goût amer, remède miraculeux contre la décréativite aiguë, appelée aussi panne de l’écrivain. Les plus grands écrivains de tous les temps en avaient tous plus ou moins consommé aux heures vides de leur inspiration, mais le secret, qui ne reposait que sur la transmission orale, avait toujours été bien gardé. Et les chasseurs d’omblatifules amassaient une fortune.
    Cependant, depuis quelques décennies, Gaël, comme les autres chasseurs, avait remarqué que les omblatifules n’étaient plus aussi nombreuses ni aussi vives qu’avant, leurs ailes n’étaient plus aussi bleues, les filets se remplissaient de moins en moins et la poudre pâlissait. D’indigo elle était devenue bleu pâle et les clients commençaient à se plaindre : son effet n’était plus ce qu’il avait été, l’inspiration faiblissait, l’originalité des histoires en souffrait. Tout cela, disait-on, à cause du changement climatique. Les omblatifules inventifères avaient été découvertes en Amazonie, et au fil des âges, avec le réchauffement de la planète, elles migraient vers le nord, en Amérique du Nord et en Europe. Aujourd’hui, on en trouvait pratiquement plus qu’au bord des lochs des hautes terres écossaises, qui, du reste, commençaient sérieusement à s’assécher, et près des fjords de Scandinavie.
    La situation devenait désespérante. Que faire pour sauver l’omblatifule inventifère de sa pâleur et donc l’écrivain de son manque d’inspiration ? Les étalages des librairies faisaient peine à voir : il n’y avait que des histoires fades avec des personnages blafards. Les lecteurs plongeaient eux aussi peu à peu dans une morosité généralisée. Tout un chacun avait son opinion, mais l’inspiration étant au plus bas aussi chez les grands de ce monde, cela n’aboutissait à rien de concret. Les chasseurs d’omblatifules avaient tous peu à peu baissé les bras et ne sortaient plus. Tous, sauf Gaël. Une nuit de pleine lune, alors qu’il était posté au bord du Loch Kenwood, comme à son habitude, pour y piéger l’insecte millénaire , il se passa quelque chose d’étrange. Un essaim serré et très lumineux surgit du fond du loch. Gaël cligna des yeux. D’abord fortement ébloui, il s’habitua peu à peu à cette luminosité soudaine et vit des milliers de criquets se poser au bord du loch. Serrés les uns contre les autres, ils émettaient un son aigu qui devenait de plus en plus harmonieux, une musique… venue d’ailleurs. Gaël, tout d’abord agacé par ce bruit, se laissa peu à peu bercer et resta là quelque temps. Puis il partit mais ne dit rien à personne. Entre-temps, on avait constaté que les omblatifules inventifères avaient complètement disparu.
    Gaël allait cependant tous les soirs de pleine lune au bord du loch Kenwood écouter le concert des criquets. Un soir, il eut une idée : il décida d’en attraper quelques-uns dans son filet. Et là, les criquets, comme les libellules, furent pris de panique, entrèrent en transe dans un bruit assourdissant, et bientôt une poudre dorée se déposa au fond du filet, comme un amas de pépites d’or. Gaël s’en alla chez lui, tout fier de sa découverte. Il procéda exactement comme avec la poudre indigo, la fit sécher, et remit les flacons, en secret, à un ami apothicaire qui concocta un sirop de la même consistance qu’avec la poudre des omblatifules, mais de couleur or. Quelques écrivains désespérés se portèrent volontaires pour tester ce breuvage.
    Depuis ce jour, dans le nord de la planète, les livres chantent par milliers le sable rouge du désert et l’eau enchanteresse des oasis. La période de l’omblatifule inventifère est révolue, voici venu l’âge d’or du crickis auriféro-créativo-musicalis, appelé communément criquet de Gaël. Le climat a changé, les espèces ont muté, l’humain s’est adapté et voici sa créativité régénérée. Les chasseurs de criquets ont de beaux jours devant eux. Mais jusqu’à quand ?

    ©Sylvie Wojcik

  9. ourcqs dit :

    L’homo techno smartus pensait être bien loin de ses ancêtres érectus et sapiens, et pourtant …. Pour les besoins basiques alimentaires, toujours en cours la chasse aux bons prix, bas prix, et la traque aux rebus sur les marchés et m^me dans les poubelles.L’homo festibus est constamment en recherche de trésors, d’autres jeux,rires, gros rires, d’arts nouveaux?? ne contemple plus le ciel, les yeux rivés sur les écrans, à l’affût de scoops, de performances sportives disputées par ses congénères Il court après le temps, ne prend plus le temps et poursuit désespérément ses illusions …L’homo escrivarius piste les bons filons, les bons mots, jeux de mots, attendant, espérant le trophée d’automne.
    Avec ses multiples prothèses techniques il part toujours en chasse des idées noires, qui semblent éternelles, et Cupidon est toujours là avec ses arcs et ses flèches !

  10. durand dit :

    Tiens oui….bonne idée…bonne base! Ces Duran(x) doivent posséder des gènes

    littéraires…non ??

    Cordialement!

  11. Virginie Durant dit :

    On était au XXIè siècle, mais comme ses ancêtres les plus lointains, il vivait

    encore de la chasse.

    A l’aube, il répétait invariablement les mêmes opérations. Il cheminait à

    travers la pépinière d’écrits. Sous le poids de poncifs, trop

    usités, des branches s’effritaient et se brisaient sur sa tête. Rien ne l’arrêtait.

    Il poursuivait sa traque.

    Son instinct de prédateur le stoppait au pied d’un

    tronc. De là, il se hissait à la cime des phrases, d’où il observait la canopée

    des mots. Les correcteurs automatiques, il les désavouait. Avant de

    déployer ses armes destructrices qui pointaient tout barbarisme imaginatif, il

    se réservait quelques minutes de méditation. Le temps de 5 min, il respirait

    la tiédeur des liés et des déliés qui portait l’illusion d’un voyage vers le

    renouveau. Très souvent, une brise aux senteurs de mots fléchés la veille,

    flagellait son esprit. La chasse commençait.

    Il scrutait les expressions parasitaires.

    Quand sa proie s’approchait, il se jetait dans un corps à corps.

    Le verbe « faire » ou encore les mots de liaisons remplissaient sa besace. Au

    préalable, il les éviscérait soigneusement, de crainte qu’une de leur cellule

    se multiplia. Dans son arsenal de guerrier-correcteur, il disposait d’un filet qui

    piégeait les stéréotypes. Réguler l’écologie mentale du lecteur, voilà ce qui

    l’animait.

    Ces matinées se déroulaient ainsi, entièrement dédiée à l’anéantissement de

    particules qui polluaient la floraison de ses futurs romans.

    Quelque fois, lors de sa chasse, il flairait fortuitement le bon mot qu’il

    ramenait avec allégresse à sa belle plume !

    Amicalement,
    Bonne soirée Pascal !

    Virginie

  12. durand dit :

    Aie… »demeurait »..mon doigt a fourché!

  13. durand dit :

    La petite traque.

    On était au XXIème siècle, mais comme ses ancêtres les plus lointains, il vivait

    encore de la chasse.

    Tous les jeudis, il préparait soigneusement son matériel. Le terrain de chasse

    s’avérait plus calme ce jour là, le grand hutteau plus accueillant. On y prélevait

    un peu de tout, viandes rouge, rose ou blanche, quadrupède ou volatile. De

    quoi cuisiner pour toute la famille, daube bien étouffée, gibelotte parfumée,

    hure fraîche.

    Il s’éloignait du hameau, grimpait sur la colline. En arrivant tôt, il savait pouvoir

    éviter la bousculade. Le chasseur du matin était toujours le mieux servi.

    La traque demeurait bien codifiée. Il savait où passer exactement pour croiser

    le gibier souhaité. L’architecture de son parc à trophées n’avait plus de secrets

    pour lui. Avec l’expérience, il débusquait le meilleur du filet, le plus sauvage du

    saignant. Il restait le plus grand des carnassiers bipèdes.

    Parfois, il se laissait aller à une pauvre billebaude, rentrait bredouille, se faisait

    assaisonner par sa moitié, ouvrait une boîte de cassoulet.

    Mais, la plupart du temps, il se laissait couler le long de l’allée, piégeait les

    bêtes et bourrait sa sacoche. Il se croyait toujours le roi de la venaison.

    Un jour qu’il quittait la lisière de l’aire de chasse, il se retourna pour charger son

    véhicule.

    De grosses lettres rouges surplombaient les arbres, les poteaux. Un grand A,

    un grand U, un grand C, un grand H, un grand, A, un grand N.

    Tiens se dit il, le MAMMOUTH a disparu!

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