818e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
Dimanche…

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42 réponses

  1. jean-pierre jouandet dit :

    À la réunion calendaire du lundi 3 août 2026, l’orage était dans l’air. LUNDI guignait la place de MARDI. VENDREDI, celle de SAMEDI, quant à JEUDI, il n’avait pas digéré l’entourloupe que MERCREDI lui avait faite la semaine dernière.

    Ces réunions existent depuis longtemps, bien avant la création d’internet. Toutefois, l’informatique avait déjà sévi, puisque les archives gérées par un logiciel de comptabilité avaient été perdues à la suite d’un bug. On avait préféré revenir aux écritures d’autrefois, ce qui n’était pas mieux.

    SAMEDI, le plus bricoleur de la bande, habitué à découper le gâteau familial en 6 tranches égales, et habitué des fêtes foraines, avait installé sa propre « roue de la fortune » pour tirer au hasard le jour de le réunion suivante et le nom du président de séance. Système bien plus efficace que des élections houleuses et contestées. Et ça marchait très bien à la satisfaction de tous.

    Depuis quelques mois la canicule, les incendies et les incidents avaient échauffé les esprits des 6 participants des réunions calendaires qui sentaient bien que la nuit du samedi au lundi était trop longue. Et aussi pourquoi la reprise du boulot du lundi matin était aussi difficile ?

    Seul MERCREDI, qui quittait sa chambre vers 22 h le samedi soir pour sortir en boîte à l’insu de ses parents, et où il pouvait boire et fumer des substances interdites, savait que cette nuit était spéciale. Il n’en avait jamais parlé aux 5 autres jours, qui n’avaient pas pardonné cette entourloupe.

    Et pourtant, ce septième jour existait. Il avait été appelé DIMANCHE. Il est entré sans frapper dans la salle de la réunion calendaire, en apportant une chaise-longue et un sac de plage. Puis il s’est installé juste en face de MERCREDI et a posé sur la table un paquet de Gauloises dont il tira une cigarette qu’il fuma voluptueusement en rejetant un énorme nuage de fumée sur l’assistance.

    LUNDI (président de séance ce 3 août 2026, et de très mauvaise humeur) : « MERCREDI, j’exige que vous m’expliquiez la situation. »
    MERCREDI. (après avoir toussé pour s éclaircir sa voix) : « Je savais déjà qu’il existait un septième jour caché appelé DIMANCHE, qui assistera désormais à toutes les réunions calendaires en tant qu’auditeur libre. Il n’a normalement pas le droit à la parole, mais peut répondre aux questions si la situation l’exige. Les réunions pourront continuer comme par le passé. C’est un jour chômé, et il n’est pas concerné par notre travail. »
    LUNDI : « La prochaine réunion aura lieu le mardi 12 août et MERCREDI sera présiderait de séance. Des objections ? »
    SAMEDI : « Je sais qu’il y aura une éclipse totale de soleil qu’on peut considérer comme une nuit suivie d’un nouveau jour. Je souhaite connaître l’opinion de DIMANCHE à ce sujet. »
    DIMANCHE : « La seule chose que je sais, c’est que je peux m’éclipser totalement et définitivement, mais à condition que le vote soit effectué dans un lieu et au moment d’une éclipse totale (qui dure au mieux une minute et demie). Ce lieu n’existe pas en France, et vous devrez déménager en Espagne avec toute la logistique de la réunion calendaire, ce qui ma paraît difficile. Je pensais m’amuser lors de ces réunions, mais finalement elles m’emmerdent. Alors je vous propose la chose suivante : Je cesse de vous enfumer avec mes clopes, mais j’aimerais que la prochaine réunion soit consacrée au spectacle en direct de l’éclipse ici-même sur un grand écran depuis un site internet (par exemple une chaîne youtube) entre 19h30 et 21h30 ».

    Applaudissements et vote à l’unanimité pour accepter la présence de DIMANCHE lors des prochaines réunions.
    LUNDI : « MERCREDI sera chargé de la logistique. La présente séance est levée. Bonsoir à tous (et à toutes). »

  2. Mary Poppins dit :

    Ce matin-là, une fois de plus, la conversation était animée dans la salle à manger.
    Monsieur Charles-Octave SEMAINE et son épouse, la pointilleuse Marie-Séraphine SEMAINE, née Bâtonnier, avaient des idées très différentes sur leur progéniture.
    – Je vous l’avais dit et redit, il ne fallait pas lui donner ce prénom. Appeler un enfant « Dimanche » c’est aller au-devant de tous les problèmes. Nous avons fait une erreur monumentale ! Et c’est de votre faute !
    – Oui mais, Marie-Séraphine, vous savez bien que j’ai une véritable passion pour les prénoms originaux. C’est d’ailleurs pour cette raison que vous m’avez charmé dès le premier jour.
    – Oui, je ne le sais que trop… Hélas…
    – Alors, vu que ses six frères et sœurs se prénomment Lundi, Mardi, Mercredi, etc…, il était parfaitement logique que Dimanche s’appelle ainsi puisqu’il occupe la septième position.
    – Je vous dis que notre fils a quelque chose de bizarre.
    – Vous trouvez… ?
    – Oui, il n’est pas comme les autres.
    – A quel sujet ?
    – Tous les matins, il se lève à 7 heures 7 minutes 7 secondes précisément. Puis dans la journée, il fait toutes ses actions sept fois ou en fonction du chiffre sept. Il compte toujours 7 secondes avant de répondre à une question. Il met exactement sept miettes de pain dans son assiette avant de commencer à manger.
    – Mais, Marie-Séraphine, vous en êtes sûre ?
    – Oui, absolument certaine. Il faut être aussi bête et « bas de plafond » que vous pour ne rien voir ! Il est complètement obsédé par ce chiffre et croyez-moi, cela va bien lui compliquer la vie.
    – Pourtant, lorsqu’on montre sa carte d’identité et que dessus, on peut y lire : « Dimanche SEMAINE », je trouve que cela vous donne un certain standing.
    – Mon pauvre ami, vous vivez vraiment dans vos rêves et vos illusions. C’est impressionnant !
    – Vous exagérez
    – Il se trouve que, dans la réalité, les mots « dimanche » et « semaine » se détestent depuis toujours. Ils n’ont jamais pu se supporter. Les coller, si près l’un de l’autre, ne peut donc amener que des ennuis et des difficultés de toutes sortes.

  3. Urso dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche…

    Lui il se tient dans un coin.
    Bizarrement cette fois il n’y a personne qui réclame sa chère place.
    Les autres jours de la semaine continuent leurs simagrées comme s’il n’existe pas.
    Dimanche se demande ce qui se passe.
    Il se sent même un peu dévalorisé.
    Ouais, les choses ne vont pas de soi. Peut-être que depuis la dernière réunion calendaire qui date d’à peine six mois, le monde a brusquement changé. Et que la journée du dimanche est devenue sans valeur.

    Alors d’un sac de sport il sort une casquette de flic américain, qu’il pose à l’envers sur sa tête.
    Il pense qu’avec cette casquette il va amuser la galerie. Qu’en la voyant, les autres jours de la semaine qui sont presque en train de se taper dessus, vont enfin porter un regard sur lui.
    Rien ! Rien ! Ceux-ci continuent leurs discussions enflammées.

    Puis de ce sac il tire un sifflet avec lequel il siffle siffle comme une locomotive à vapeur. Rien ! Rien ! non plus. Aucune réaction de ses autres confrères. Aucun regard tourné vers lui.
    Les autres jours de la semaine restent cloîtrés dans leur monde étroit d’envie et de jalousie.

    Alors ! Alors ! Il fait mine d’appeler quelqu’un avec son téléphone portable.
    Et Superman arrive sans se presser.
    Ouais dimanche vient vite de revêtir un maillot sur lequel apparaît soudainement l’indescriptible Superman.
    Soudain quelque chose de magique se produit.
    Tous les regards se braquent sur ce maillot et le père dimanche qui le porte.
    Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi interrompent leur cirque.
    On ne parle plus que de dimanche : le grand, le super héros de la semaine, le vrai et le véritable Superman.
    Dimanche redevient celui qu’on regarde avec convoitise et jalousie.
    Alors quoi lance t-il ! Il faut que je mette un maillot avec Superman dessus pour qu’on s’intéresse de nouveau à ma pomme.

    « Euh ! Euh ! Firent les autres jours.
    Tu ne dois pas le prendre de cette manière,
    Tu te trompes mon cher,
    Tu te fais des idées,
    C’est toi dimanche le plus fort d’entre nous, Tu es le meilleur,
    Le plus valeureux,
    Le jour de la semaine ayant le plus de succès ».
    Dimanche entendant toutes ces paroles baisse un peu la tête et rougit.

    – Allez ! Allez ! Enchaine dimanche hyper heureux. Allons tous courir.
    Ha ! Ha ! Car dimanche ce n’est pas seulement le jour du seigneur c’est aussi le jour de la course à pied et du pastaga !
    Et ce jour là, on vit les sept jours de la semaine courir fièrement dans les rues du village.
    Et finir leur course chez Jojo, le patron du bar « Les jours heureux » où il offrit sa tournée de pastis à ces « lascars ».

  4. raymond dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi. Dimanche…
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    La ministre du Temps prend la parole : « Merci d’avoir répondu présent à cette réunion calendaire extraordinaire. Plusieurs d’entre vous sont en colère et ne sont plus satisfaits de leur position dans l’organisation de la semaine. Je suis ici pour vous écouter. Alors commençons : lundi, c’est à vous.

    — Merci, Madame la Ministre. Bien sûr, c’est encore à moi de commencer. Bref, passons !
    Comme vous le savez, les jours de la semaine, dans notre culture, tiennent leur appellation des noms de divinités de la mythologie romaine. Alors pourquoi, mon nom fait-il référence à la Lune ? Ma déesse de référence est Diane. Donc, j’aurais donc souhaité m’appeler Diandi. De plus, le nom de mes collègues fait référence au nom des planètes de notre système solaire. Pour ma part, je ne suis qu’un satellite, une prétendue portion de terre. Pour toutes ces raisons, je veux changer et prendre la place de mardi !

    — Et pourquoi pas un autre jour ? demande la ministre.

    __ Un jour à la fois, c’est déjà pas mal répond lundi.

    Mardi prend ensuite la parole:
    — Ma planète est Mars. Mon Dieu est celui des guerriers et de la violence. Moi, qui suis pacifique et non violent ! C’est un comble. Je n’en peux plus. Mercredi me conviendrait mieux.

    — J’ai bien noté dit la ministre. À vous, mercredi.

    — Ma planète est Mercure, un petit caillou aride, grillé par le Soleil. Pas folichon comme position ! Je suis le messager des Dieux. Mais, être larbin ne me convient plus du tout, je veux être un Dieu. Donc, jeudi m’irait parfaitement.

    — Ce qui ne va pas être facile, car si j’ai bien compris jeudi ne veut pas bouger, indique la Ministre.

    — Tout à fait, s’écrie jeudi. Je représente Jupiter. La plus grosse planète du système solaire et le maître des autres dieux. Je ne céderai jamais ma place ! J’espère que c’est clair pour tout le monde !

    — Calmez-vous, ordonne la Ministre. Vous ferez ce que je déciderai. À vous vendredi.

    — Ma planète est Vénus, la plus jolie et la plus brillante des planètes dans le ciel étoilé. Je suis la déesse de la beauté féminine et de l’amour. Alors pourquoi voudrais-je changer ? Je reste à ma place !

    — Très bien. Je vous comprends, avoue la Ministre en lançant un clin d’œil à vendredi. Je vous écoute samedi.

    — Mon nom symbolise Saturne, je suis la planète la plus belle du Système Solaire, n’en déplaise à Vénus. Mes anneaux sont fabuleux et exceptionnels ! Et, en tant que dieu du temps, la moindre des choses serait de me consulter avant tout changement. La place de dimanche ne me déplairait pas, je l’avoue. Mais, je suis bien où je suis.

    — Il ne reste plus qu’a écouter dimanche, lance la Ministre, bien contente de venir à bout de cette réunion.

    — Mon nom ne provient pas d’une planète. Mais, je règne sur tout ce petit monde. Je suis le jour du soleil, Sunday en anglais ! Je suis le seul jour de la semaine où l’on se repose. Tout le monde m’apprécie et m’aime. Personne ne veut me quitter pour rejoindre lundi. Alors non ! Je ne veux pas prendre sa place !

    — Très bien, dit la Ministre. Nous pouvons constater qu’une majorité des jours de la semaine ne veut pas bouger. Cela suffit pour ne pas changer l’ordre des choses. Et franchement, pensez-vous que la population aurait accepté ce chamboulement, alors qu’elle a déjà des difficultés à choisir entre le leurre d’été et le leurre d’hiver !

    Pour toutes ces raisons, il est acté que nous gardons l’ordre des jours de la semaine tel qu’il est depuis des siècles. La séance est close. Merci de regagner vos places.

    © Raymond Août 2026

  5. Nana fafo dit :

    Titre : Tu sais ce qu’il te dit le Dimanche ?
    Ronchonchon a trouvé une méthode infaillible pour retenir le prénom de ses 7 neveux et nièces, nains de leur état, alors il les a appelés “Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi et Dimanche”.
    À la réunion calendaire de cette semaine, il y a de l’organe vocal dans l’air. Les petits porcelets grouinent leur mécontentement.
    Lundi, le plus grand, en a ras la casquette de s’entendre dire qu’il est responsable des plus jeunes, il se sent mal aimé. Il aurait tellement voulu être un Mardi pour qu’on lui foute la paix. Personne n’aime le lundi de toute façon !
    Mercredi est un petit farceur, il passe son temps à faire des blagues à Jeudi : “Je suis ton père… Jedi !”.
    Vendredi est jaloux de Samedi, il doit finir toutes les corvées avant de retourner à la vie sauvage, alors que Samedi, lui, trouve toujours le moyen de se glander la nouille.
    Quant à Dimanche, le p’ti dernier, pour se faire entendre, il joue un blues de cochon intitulé “tu sais ce qu’il te dit le Dimanche ?”.
    A chaque réunion, c’est la même rengaine et Ronchonchon en a marre :
    “A partir de demain, vous serez : Atchoum, Simplet, Joyeux, Timide, Grincheux, Dormeur…”
    “et moi ?” Demande Dimanche…
    “Toi tu restes Dimanche, c’est le seul jour où je peux faire la graisse de la matinée !”

  6. Laurent. Baudinot dit :

    Ils sont tous là, à se disputer la bonne place, celle de l’autre bien sûr, et leur brouhaha est incessant.
    Lundi avance des arguments respectables, que mardi réfute légitimement en ajoutant que ‘’lorsque l’on a l’honneur d’ouvrir la semaine, on a la dignité, Monsieur, de respecter la confiance accordée pour tenir ce rôle’’.
    De son côté, vendredi est fatigué d’être le jour de l’épuisement hebdomadaire, celui que l’on a hâte de terminer, celui à écouter, tronquer de quelques minutes pour aller en WE (comme ils disent ! ). Ce à quoi samedi rétorque, dans un grand éclat de rire moqueur : ‘’tu n’as qu’a bien t’organiser et répartir consciencieusement ton travail, cela ira tout seul !’’
    Quant à jeudi, depuis 1972, il n’a toujours pas digéré qu’on lui ait volé sa journée des enfants, des jeux et des bêtises infantiles. Il ronchonne, râle, rouspète après mercredi, fait la tête à tout le monde et met de l’huile sur le feu de toutes les confrontations.
    Tout cela amuse bien dimanche de les voir s’invectiver. Lui reste le jour incontesté, où l’on mange tous ensemble, parfois avec les cousins et cousines. Le jour des balades à vélo, ou de la piscine ; de temps à autre d’un spectacle ou d’un zoo. En tout cas, le seul Jour, avec un grand J, qui commence par des croissants ou des pains au chocolat. Bref, le jour de la vraie vie en dehors du travail.
    Chamaillez vous, chamaillez vous, pendant ce temps-là je reste le jour des sourires partagés et de la joie collective.

    Dimanche (alias Laurent Baudinot)

  7. Françoise Rousseaux dit :

    A la dernière réunion calendaire
    Il y avait du rififi dans l’air
    Lundi avait très mal accueilli
    Les récriminations de Mardi
    Mercredi avait un sourire moqueur
    Qui ne présageait rien de bon
    Craignant d’être son souffre-douleur
    Jeudi se taisait et baissait le front
    Mais il saurait bien se venger
    Là, c’était promis, juré !
    Vendredi, mal à l’aise,
    Se tortillait sur sa chaise
    Quant à Samedi, il avait disparu
    Depuis la dernière fois, on ne le voyait plus !
    Dimanche soupirait, excédé
    C’était la même chose chaque été
    Pas moyen de leur faire entendre raison
    Ce n’était que farouches discussions
    Et nul ne voulait céder
    Il faudrait attendre la rentrée
    Pour qu’ils consentent à se calmer
    Alors dans les agendas on les verrait
    Paisibles et correctement rangés
    A cette pensée Dimanche souriait
    Vivement la fin des vacances !
    Mais chut ! Honni soit qui mal y pense…

  8. Nouchka dit :

    Dimanche refuse de s’exprimer. Il est fatigué, déçu de constater que sa place de leader lui a été ravi, depuis longtemps déjà, par Samedi.
    Historiquement dans cette partie du monde, le jour dit « du Seigneur » est le plus honoré. Penchons-nous sur la notion « d’honoré » se dit Dimanche. Que veut-elle dire en ce vingt et unième siècle ?
    Dimanche rumine dans son coin. C’est un fait : les églises se sont vidées, les repas de famille dominicaux sont devenus exceptionnels, les tenues endimanchées sont remplacées par des tenues décontractées…
    Toutes ces notions qui décrivaient l’éclat des us et coutumes du dimanche des siècles passés n’existent plus.
    Dimanche décide de quitter la réunion calendaire. Il se sent prêt à fomenter un coup d’éclat. Après tout, il n’a pas grand-chose à perdre !
    Afin d’enrichir sa réflexion, il dépose un encart sur plusieurs sites susceptibles de lui fournir des retours d’expérience sur son nom. Il cible les jeunes, les actifs et les retraités. Il porte tous ses espoirs sur les retraités qui ont connu les dimanches d’antan. Sur Face de Bouc, il propose : « Raconter vos souvenirs de Dimanche les plus marquants ».
     Annie lui rapporte ses joies d’aller les dimanches de printemps dans les bois autour de Paris avec parents et amis. Ils revenaient, le soir, les bras chargés de jonquilles, muguet ou châtaignes suivant la saison. Ce sont des souvenirs où se mêlent les odeurs de la nature, les parties de cache-cache et les chansons à tue-tête dans la voiture paternelle, au retour.
     Dominique, de son côté évoque les dimanches dans l’appartement de ses parents où, après le poulet rôti farci de petits raisins, elle retournait à ses devoirs de classe. En face de l’immeuble s’étendait le bois de Vincennes et chaque dimanche après-midi la musique diffusé par la Cipale, ce vélodrome légendaire, emplissait les bâtiments d’habitation alentour. Dominique avait horreur de cette musique qui lui rappelait que, quelques heures plus tard, ce serait la fin de ce jour de repos. Elle appréciait, par contre, le goûter dinatoire qui permettait de ne manger que ce qui lui plaisait et était disponible à la maison. Elle se régalait de la confiture d’abricot tartinée sur de la baguettes de gruau et trempée dans un bol de thé.
     Claude, de son côté garde d’excellents souvenirs de feuilletons comme Le Temps Des Copains, Les Cinq Dernières Minutes, Rintintin, Belphégor ou Thierry La Fronde qui n’étaient, cependant, pas spécialement diffusés le dimanche. Il évoque aussi les tenues vestimentaires qu’il convenait de ne tâcher ni froisser et qui l’empêchait de jouer comme souhaité à grimper dans les arbres ou à courir dans les chemins creux, souvent pleins de gadoue. Les jeux de société remplaçaient alors les délices du défoulement au grand air.
     X, Y et Z,…
    Les réponses sont nombreuses et diversifiées. Dimanche réalise qu’effectivement les temps et les époques passent et laissent de nombreuses traces positives et négatives. Mais il ne réussit à trouver l’angle qui lui permettrait de redorer son blason. Par contre, il ne veut plus assister à cette réunion calendaire indigeste. Il écrit en conséquence à l’ensemble de ses collègues ainsi qu’à la direction La Semaine, pour les informer de sa décision de boycott. Il ajoute que néanmoins, il appliquera scrupuleusement le règlement tel qu’il est défini à ce jour. Et toc !!!

  9. ourcqs dit :

    La réunion calendaire avait un ‘ordre du jour : décider qui présiderait la prochaine cession , ambiance orageuse, éruptive ..
    Lundi guignait la place de Mardi, Lune jalouse de Mars, l’astre calme qui rêvait d’en découdre.
    Mardi tenait bon, Mars ne recule devant personne, surtout devant un jour de la semaine.
    Mercredi filait déjà, Mercure n’attend jamais la fin d’une phrase, ni celle d’une réunion.
    Jeudi digérait mal l’entourloupe , Jupiter tonne, mais arrive toujours après le coup.
    Vendredi lorgnait Samedi , Vénus voulait plaire à tout le monde, même à son voisin de planning.
    Samedi rongeait son frein , Saturne, doyen amer, dévore ses ordres du jour comme il dévora ses enfants.
    Dimanche n’avait besoin de personne , il gardait le Soleil pour lui seul, inutile de convoiter ce qu’on possède déjà.
    est-il le président qu’on n’ose contredire, ou le seul jour qu’aucun autre ne convoite,’ car , inutile de conquérir ce qui commande déjà ??
    À la semaine prochaine, même jour, même heure, même impasse …

  10. MissKtie dit :

    Vendredi, celle du samedi,…
    chaque fois, c’était pareil et…. insuportable. De vrais gamins. Pas un pour rattraper l’autre… et quand je dis « rattraper », looooooool
    « Ben oui mais moi j’en ai marre d’être le dernier !! »
    « ça suffit Dimanche!Toi au moins, tu est le jour ou le seigneur est arrivé, le renouveau, le jour de repos… Mais tu croies quoi ? que c’est marrant d’être le Lundi ? »
    « Ho ça va Lundi… moi j’suis bien au milieu après tout »
    « oui ben toi au moins, tu n’est pas détesté par les travailleurs hein toi le roi des enfants, et des gateaux à 16h. Grace à toi ils ont une journée sans école alors arrète de pleurnicher »
    « Vous êtes pénibles tous… moi je dois supporter tous ceux qui n’ont pas eu le temps de faire leurs courses… Ils geignent, se plaignent…  »
    « Mais stooop ! que pensez vous qu’on ressente Moi, Jeudi et vendredi ? Le mardi, c’est mou, le jeudi n’est qu’un brouillon et le vendredi doit supporter les dossiers de dernière minute. vous vous plaignez toujours… et…  »
    Bon si ça continue je donne l’ordre de remettre la séance à une date ultérieure, le temps que vous réfléchissiez à ce que vous voulez vraiment !!
    Un silence boudeur s’installa. le grand calendrier les fixe l’un après l’autre. Son stylo martela la table… Toc, Toc, Toc…
    « Cest bon ? vous avez fini ? Bravo les génies, vous venez d’inventer la semaine. Au boulot maintenant !! »

  11. Rose Marie Huguet dit :

    La semaine tenait réunion. L’air était électrique, les jours étaient crispés. Ils se regardaient en chiens de faïence. Le plus détendu semblait Dimanche, mais il sentait qu’il n’était pas en odeur de sainteté.
    Il prit la parole. Mes chers confrères que se passe-t-il donc ? Je vois au-dessus de vous de sombres nuages noirs ne présageant rien de bon. Lundi, en tant que premier dans le calendrier, dis-nous ce qui te chagrine.

    Cher Dimanche, je ne suis pas le premier, c’est toi le premier jour. Des remaniements très anciens ont modifié l’ordre des choses pour plus de confort, mais à l’origine tu lançais la semaine. Peu importe, charge à moi de supporter les tronches en biais, les moqueries, les menaces d’extermination et j’en passe.

    Mais quelle chochotte, s’exclama Mardi. Tu ouvres le bal, on ne parle que de toi. Lundi par ci, Lundi par là. Tu fais la une, de quoi te plains tu ? Moi, rien, rien de rien. Mardi, journée raplapla. Dire que mon nom vient du Dieu des guerriers. Tu parles. Guerriers en guimauve, plutôt.

    Mais j’en ai rien à faire ! Je voudrais être peinard, comme toi. Et si on échangeait, qu’est-ce t’en penses ?

    Oh ! vous deux, vous allez la fermer s’écrièrent d’une même voix Vendredi et Jeudi.

    Elle est bien bonne s’esclaffa Lundi. Comme si vous étiez les plus heureux des jours à vos emplacements !
    Dis-moi cher Vendredi, ne biglerais-tu pas avec insistance Samedi ? Je me demande bien pourquoi d’ailleurs. Vendredi ! Je n’entends que ça du matin au soir. Ah ! vivement Vendredi ! A croire que tu es la journée la plus séduisante, le stimuli de la population.
    Et toi, Jeudi tu traines encore cette rancune héréditaire ? Vous vous êtes fait bouffer par Mercredi depuis des lustres et la pillule n’est pas encore passée ? Ben oui, il va falloir accepter. C’est plus toi le jour chéri des enfants.
    En définitive les plus heureux se sont Samedi et Dimanche, farniente et sourire banane.

    Tu crois ça, lança Samedi. C’est le grand rush, comme si c’était le dernier jour de la vie. Vite, se faire plaisir, pratiquer ses activités préférées, recevoir, être reçus. Aucun répit.

    Je partage ton avis, dégaina Dimanche. Mais contrairement à toi, moi j’ai droit à la lutte anti-stress, à la détente, au farniente, aux balades façon gastéropode jusqu’à ce que la lumière s’allume là-haut et que Lundi s’invite dans ma journée et finisse par me la pourrir.

    Mercredi, jusque là silencieux, prit la parole.
    Ne soyez pas stupides ! Réfléchissez un peu. Nous sommes une chaîne de 7 maillons indéboulonnables que cela vous plaise ou non.
    Alors faites en sorte de pimenter votre journée, tout le monde y trouvera son compte.
    Un exemple : A partir du lundi, il y a un homme, éveilleur d’idées, qui scrute les comportements, les choses les plus improbables qui de jour en jour vont alimenter son imagination pour faire naître une énigme à décortiquer par son fan club, lequel l’attend avec impatience et appréhension le samedi.
    Imaginez des yeux écarquillés, des bouches en O, des cerveaux en panne sèche, des mains moites qui pianotent sur un clavier espérant faire surgir des entrailles de l’imaginaire un texte à la hauteur de l’attente de l’éveilleur d’idées.
    Tout cela est rendu possible grâce à notre calendrier. Cet homme commence avec la tête dans la lune, puis il part en guerre, voyage, gouverne son esprit et avec amour peaufine le casse-tête. Arrive le temps de l’envoi et enfin il attend de voir si les lumières du fan club se sont allumées.
    Alors pas de désorganisation ! Chacun garde sa place, et en avant toutes !

  12. MICHEL-DENIS ROBERT dit :

    A la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi. Quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.

    — Il y a des jours !…
    — Quoi ? Il y a des jours ?
    — Hein !
    — Tu me regardes méchamment, et tu dis il y a des jours, en serrant les poings. Que t’ai-je fait ?
    En même temps, heureusement qu’il y a des jours !
    — T’inquiète, je pensais à autre chose.
    — Arrête ! j’ai vu dans tes yeux quelque chose de furibard.
    — C’est à cause de jeudi.
    — Il s’est passé quoi, jeudi, à la réunion ?
    — J’te raconte pas !
    — Ben si ! Raconte ! Ca me concerne même en premier !
    — Sous prétexte qu’il est en milieu de semaine, il voudrait être augmenté.
    — Pour quel motif ?
    — Parce qu’il dit qu’étant en milieu de semaine, il se sent obligé de surveiller tout le monde.
    — C’est nouveau ça !
    — C’est ce que je lui ai répondu. Tu sais ce qu’ils font le jeudi ? Ils jouent au scrabble ou des fois à la belote.
    — Ils ont gardé les habitudes de l’école.
    — Sauf que maintenant c’est changé. Il y a comme une concurrence entre le jeudi et le mercredi. Ils seraient prêts à se taper dessus pour une histoire de jeu.
    — Ah bon ! En même temps le jeu ça passe bien avec le jeudi.
    — Mais ce n’est pas qu’une histoire de jeu ou d’orthographe.
    — Plaît-il !
    — Ils veulent monter à 100 euros du point. Ils se bagarrent pour ça.
    — Quoi ? Tu ne vas me dire qu’ils jouent à l’argent !
    — Si mon pote !
    — Ah, c’est pour ça qu’ils veulent chambouler les plannings de la semaine.
    — Tu as tout compris. Comme les gains s’accumulent à partir du lundi, tu comprends ! Mais le lundi, plus que le mardi. Et ça créée des tensions.
    — Le samedi récupère tous les gains. Mais comme le litige dure depuis un moment. De plus, il manque des sous dans la caisse. Je me demande bien ce qu’ils font le vendredi.
    — Dimanche, tu sais qui j’ai vus ?
    — Non !
    — Ceux du jeudi et du mercredi dans une Lamborghini. Ils m’ont salué avec un grand sourire.

  13. thebault dit :

    Dimanche prit le temps de la réflexion, comme à son habitude. Il avait entendu les disputes de ses collègues, dans une écoute flottante et bienveillante. Le temps de se souvenir d’un repas de lui-même, un dimanche, au cours duquel la famille innova. Elle décida de servir les plats à l’envers, en commençant par le dessert jusqu’au hors-d’œuvre. Les plus anciens trouvèrent cela perturbant, mais les jeunes s’amusèrent beaucoup de cette inversion des valeurs.

    L’idée lui vint aussi rapidement qu’il avait pris le temps de la réflexion. Il déclara que l’ordre des jours de la semaine serait désormais inversé.

    Dimanche resterait à la même place, car il faut bien un point fixe. Le samedi prendrait sa suite, à la place du lundi ; le vendredi, à la place du mardi ; et ainsi de suite.

    Le lundi, qui d’habitude se plaignait d’être le premier jour d’une longue semaine de travail, se réjouit de débuter le congé de fin de semaine. Le mardi, qui se voyait courtisé par le lundi, passa derrière lui, et cela lui allait bien. Le mercredi eut peur du retour d’entourloupe du jeudi, désormais placé juste avant lui, mais ce dernier promit de ne pas chercher à se venger. Vendredi fut heureux de passer devant le samedi ; quant au jeudi, tout lui allait.

    Les jours s’écoulèrent harmonieusement pendant quelques semaines, sauf pour les humains, totalement désorientés.
    Les disputes entre les jours reprirent pourtant, jusqu’à ce que dimanche prenne une décision radicale :

    — Désormais, l’ordre des jours sera tiré au sort chaque semaine. C’est bon pour la créativité !

    En effet, plus aucun jour ne contesta sa place, mais l’humanité s’éteignit rapidement, rendue folle par ces changements incessants. Les jours n’eurent alors plus de raison d’être, et disparurent à leur tour.

  14. RENATA dit :

    Dimanche……..
    Face à cette cacophonie , son esprit s’envola .
    Il se souvint du jour de sa création et de cette hésitation quant il fut baptisé « DIMANCHE » .
    On lui avait prédit de grandes capacités d’adaptation et de métamorphose .
    Il n’avait pas compris à l’époque , mais , il s’était toujours senti différent des autres .
    Ce « Di » n’est pas à la bonne place !
    Il s’observa : dimanche , manchedi , dit manche ! dix Manches !
    Eurêka ! il va se recycler , changer d’identité sans toucher à la sonorité et jouer les 10 Manches .
    Dimanche …..S’est volatilisé de la réunion calendaire avant que l’orage n’éclate .
    Il se retroussa les Manches et suivi le chemin qui se présentait à lui :
    – Il se retrouva Manche de pioche pour aider au mieux les travailleurs à la petite semaine , le week-end il faisait la Manche pour arrondir leurs fins de mois .
    – Il fut Manche de robe d’avocats , n’hésitant pas aux effets de Manche face au j’accuse de tous ces « entourloupeurs »
    – Le plus inconfortable fut sa transformation en Manche à balai dans le cul de tous ces coincés qu’il réussit tout de même à débloquer .
    Jamais il ne fut un Manche dans ce qu’il entreprit .
    Son calendrier commençait à lui manquer , il se demandait qui avait remporté la Manche décisive .
    Mais , a t’il réellement envie d’y retourner ?
    « ça , c’est une autre paire de Manche »

    BON DIX MANCHES

  15. Gilaber dit :

    La ronde de l’envie

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air.

    Le lundi guignait la place du mardi. Le vendredi convoitait celle du samedi, tandis que le jeudi n’avait toujours pas digéré l’entourloupe du mercredi qui lui volait systématiquement la vedette. Quant au dimanche, bien qu’il eût autrefois ouvert la semaine, il ne tenait absolument pas à quitter sa place de bon dernier.

    Installé en bout de table, en véritable tour de contrôle, il tentait tant bien que mal de présider les débats.

    — À l’ordre du jour…

    Il n’eut pas le temps d’achever sa phrase.

    — J’en ai assez d’être le paillasson de la semaine ! s’emporta Lundi. On me piétine avant même le premier café. Je n’ai pas encore levé le soleil que les humains bâillent déjà en prononçant mon nom avec un air de condamnés.
    — Et moi ? ricana Mardi. Je suis transparent ! Essayez donc de citer un dicton sur le mardi… Rien ! On me traverse comme un rond-point.
    — Tu parles d’un privilège ! protesta aussitôt Mercredi. Les enfants m’adorent… leurs parents beaucoup moins ! Je passe mes journées à courir derrière des cartables, des sacs de sport, des violons, des tutus, des crampons… Les mères arrivent chez moi avec des cernes et me quittent sur les rotules. Je donnerais cher pour être Jeudi.
    — Ah non ! protesta Jeudi. Moi, j’ai un métier ingrat. Je fais tout le travail, et Vendredi récolte les applaudissements.
    — Tu crois vraiment que c’est une chance ? soupira Vendredi. Dès huit heures du matin, on me souhaite déjà une bonne soirée. Personne ne profite de moi ; je suis un simple vestibule du week-end !

    Samedi éclata de rire :
    — Venez donc passer une journée à ma place ! Je suis livreur, jardinier, plombier, déménageur, baby-sitter, peintre et parfois psychologue de couple… le tout bénévolement ! Vous appelez ça un week-end ?
    — Vous êtes vraiment de mauvaise foi ! répliqua Dimanche. Moi, je passe mes journées entre les déjeuners qui s’éternisent, les joggings, les matchs, les embouteillages du retour… Et, dès dix-sept heures, tout le monde répète : « Demain, c’est lundi ! » alors que je ne suis même pas terminé !

    La salle devint une véritable volière. Chacun parlait plus fort que son voisin. Les reproches fusaient dans tous les sens.

    Dimanche tapa de toutes ses forces avec son marteau de président :
    — Un peu d’ordre !

    À cet instant, le Calendrier entra dans la salle :
    — À ce rythme-là, ne soyez pas étonnés si les humains finissent par supprimer quelques jours fériés !

    Les sept jours baissèrent aussitôt la tête. Un lourd silence s’abattit sur l’assemblée.

    Après s’être raclé la gorge, Mardi hasarda :
    — Pourquoi ne pas échanger nos places ?

    Les sept jours se regardèrent.
    L’idée semblait excellente.
    Les sept jours échangèrent des sourires.

    Puis Lundi leva un doigt :
    — Et si… les humains continuaient à râler malgré tout ?

    Tous soufflèrent en même temps :
    — Ah non… il a encore plombé l’ambiance !

    Vendredi se redressa aussitôt :
    — Et si, pour une fois, Lundi avait raison ?

    Les autres se turent.

    Mercredi consulta sa montre :
    — Je demande une suspension de séance !
    — Déjà ? grogna Lundi.
    — Je dois accompagner deux enfants au judo, une au cours de danse, récupérer un violoncelle chez le luthier et assister à un entraînement de football.

    Vendredi leva les yeux au ciel :
    — Comme toujours… Môssieur est débordé !
    — Tu voudrais peut-être prendre ma place ?
    — Certainement pas ! répondit Vendredi. Moi, au moins, quand j’arrive, tout le monde est content !

    Le Calendrier leva les deux mains :
    — Je sais que chacun d’entre vous a une journée passablement chargée, mais avant de lever la séance, nous devons procéder au vote.
    Il consulta son registre :
    — Bien… ceux qui souhaitent changer de place lèvent la main.

    Les sept mains se levèrent.

    — Ceux qui souhaitent conserver leur place ?

    Les sept mains restèrent levées.

    Le Calendrier ôta lentement ses lunettes, les essuya avec un mouchoir, puis regarda successivement les sept visages.

    Un long silence s’installa.

    Enfin, il referma son registre :
    — Je prends acte de votre unanimité… et de votre parfaite contradiction.
    La séance est levée. L’ordre des jours est maintenu jusqu’à nouvel ordre.

    Au même instant, quelque part sur Terre, un réveil sonna.
    Une voix marmonna :
    — Oh non… déjà lundi !

    Lundi baissa la tête.
    Les six autres évitèrent soigneusement de croiser son regard.

  16. 🐻 Luron'Ours dit :

    818eY’A D’L’ORANGE DANS L’AIR
    À la réunion calendaire, le lundi revendique la place
    du mardi, c’est la guerre…on fait mars en carême ce qui signifie un décalage avant le mercredi des cendres :ce jour fait appel à son dieu
    tutélaire Mercure avec son pétase et ses roulettes aux pieds, on se voue aux tribunaux.
    Jeudi parlait d’entourloupes sans canuler. Vendredi et Samedi se chiffonnaient à qui serait le premier jour du week-end en parlant anglais comme des canards en se dandinant.
    Le gouvernement informé réunit une commission et des sous- commissions. Les flatteurs conviennent que Jupiter déciderait : supprimer les années bissextiles et rattraper en jours fériés tous les quinquennats et les heures perdues. Une fois de plus il fallait faire flèche de tout bois avant de discuter des quarks et des hadrons et de l’influence des particules élémentaires.🐻

  17. Avoires dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. La présidente, Dimanche, avait le plus grand mal à obtenir le silence pour que la réunion commence. Quand enfin, le calme s’installa parmi les rangs, elle annonça, solennellement :
    « Les lundis de Pâques et de Pentecôte ne bougent pas…
    Les premières chaises de l’assemblée frémirent
    -… Jusqu’à nouvel ordre poursuivit la présidente Dimanche.
    – Même les lundis au soleil demanda une petite voix
    – Il y a longtemps que Claude François est mort. Passons au mardi si vous le voulez bien.
    Rien de particulier à propose de ce jour, toujours en deuxième position, il faudrait faire un effort.
    – Mais , Présidente, nous sommes gras en hiver répondit un mardi un peu déconfit
    – Oui, une fois par an et en plus, tu n’es pas férié… Propose- nous quelque chose de plus actuel, un mardi maigre, par exemple. Bon, nous verrons cela une autre fois. Venons-en au mercredi . Ah ! Le mercredi…
    – Quoi le mercredi ? s’interposa le jour dit , vous voulez nous remettre au jeudi ?Non, non laissez-nous notre mercredi , s’il-vous-plaît Madame la présidente Dimanche.
    – Il ne me plaît point et je propose la semaine des quatre jeudis, une vieille coutume qu’il serait peut-être judicieux d’examiner lors d’ un prochain conseil. Qui vote pour ? »
    Les jeudis applaudirent, ils exultaient.
    « Et nous gardons l’Ascension, demanda l’un d’eux, jour férié ?
    – Taisez-vous, vous perturbez la réunion ! clama la présidente. À présent, occupons-nous du vendredi. Vous êtes un drôle de jour : frétillant devant le samedi, vous devenez noir en novembre !
    – Présidente, on aime être un Black Friday, c’est génial !Et puis, ce n’est qu’une fois par an, comme le mardi gras, non férié non plus
    – Pas férié pour le porte-monnaie en revanche  ! Que proposez-vous ?
    – D’une part, présidente, retenir le Vendredi Saint comme jour férié et créer la WW, répondit le porte-parole des vendredis.
    La quoi? proféra Dimanche
    La White Week, la Semaine Blanche. Une semaine de congés supplémentaire pour que tout le monde puisse partir au ski !
    Vous savez qu’il n’y a plus beaucoup de neige …quant au vendredi saint …
    Dimanche ne put plus placer un mot, l’assemblée calendaire se crêpait le chignon.

    • Gilaber dit :

      Hello Avoires, très jolie clin d’œil à Cloclo… j’avais le même en tête. L’ensemble du texte est génial, tu nous offres une belle joute entre les jours fériés et les jours de fêtes non chaumés. Bravo, c’est un plaisir de te lire.

      • Avoires dit :

        Salut Gilaber ! J’ai oublié de parler de Juliette Gréco qui haïssait les dimanches, du jeudi noir de 1929. C’est un sujet inépuisable.

  18. Maguelonne dit :

    Ces réunion calendaires cristallisent les désaccords. A chaque fois il y a de l’orage dans l’air, ou de l’eau dans le gaz. Comme vous voulez. Mais ils sont toujours prêts à s’étriper.
    En ce moment ce sont les jours de la semaine qui se tirent la bourre. Le lundi voudrait être le mardi tandis que le vendredi exige le samedi , le jeudi ne peut pas piffré le samedi et le dimanche râle pour râler.
    Mais il en va de même pour les saisons, pour les mois, pour la course du vent, pour l’horaire des marées, ect, ect…
    Ils se tapent dessus pour des détails qui n’ont pas de sens. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez . Écoute, discussion, compromis…sont des mots qu’ils ignorent. Des mots qui ont dû s’échapper du Larousse, lassés par tant de bêtise.
    Moi, dans mon coin, dans mon grand manteau noir, la capuche bien enfoncée sur la tête et la grande faux bien en mains, j’attends. J’attends et je rigole. Ils sont sourds, aveugles, idiots.
    J’attends la catastrophe qui ne manque jamais d’arriver. Et je fauche tous ces «  discutailleurs ». Ils n’ont plus qu’à manger les pissenlits par la racine.
    Le mot de la fin est pour moi. Je gagne toujours !

  19. gottlieb éléonore dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche…
    Oh ! encore une réunion pour rien ! j’en ai marre de tout ça, quel temps perdu, j’avais tant à faire, et mes invités qui vont arriver dans quelques heures, je ne suis même pas coiffée ! on est dimanche, normalement on est tranquille. Tout le monde était prévenu depuis une semaine, c’était déjà si compliqué de trouver une date pour que chacun puisse s’organiser. mais ! … mademoiselle Lundi n’était pas certaine de pouvoir se libérer, elle préférait mardi qui lui espérait une partie de pêche pour mercredi, madame Mercredi avait dit oui, vu qu’elle ne gardait pas ses petits-enfants ce jour-là. Pourtant Jeudi, toujours occupé par mille activités refusait d’encore une fois sacrifier son après-midi de belotte pour cette réunion qu’il jugeait inutile, Vendredi tapait du poing sur la table pour moi c’est samedi ou vous passerez de mon vote je ne peux pas me rendre libre avant Cette date ! bref chacun exposait ses empêchements et rien n’avançait. Le ciel passa du bleu clair au bleu foncé, puis au gris, les nuages se mirent à rouler en grondants de plus en plus fort. Tous les membres de cette association, qui organisait la manifestation pour la paix et l’amitié et l’entraide dans le village, reprirent leurs dossiers. Avant de partir ils se firent des petits signes et se dirent : à bientôt les amis passez une bonne semaine. Nous nous retrouverons pour mettre au point la date exacte de la fête ! c’est toujours le 18 juillet Alors d’accord !
    Tout le monde se sépara en bavardant et échangeant les maigres potins qui animent la vie des petits villages.

    • Thébault dit :

      Eléonore. Une question me brûle les lèvres. Gottlieb est il ton vrai patronyme ? Il n’y a eu Une 138 naissance à ce nom depuis 138 ans. Je me demande si tu as un lien de parenté avec le dessinateur de génie, héros de ma jeunesse ?

      • Golaber dit :

        Bonjour Thébault, je me suis posé la même question. Bon dimanche à toi.

      • gottlieb eleonore dit :

        non aucune parenté , mon mari Gilles Gottlieb était du même quartier à Paris mais c’est tout on nous le demande souvent mais non dommage d’autant plus que ma petite fille fait des études de dessin BD mais elle ce sera Murcia le nom de famille de mon gendre !

        • Nicolas Thébault dit :

          C’est quand même troublant 🙂 Ton mari qui habitait le même quartier. Ta petite fille qui se destine au métier de dessinatrice BD. Nous la suivrons sous le nom de Murcia, alors !

  20. Alain Granger dit :

    Comme il fait beau en ce premier jour de vacance, je passe mon lundi au soleil, écoutant Claude François à la radio, l’esprit dans la lune. Pourtant c’est un lundi noir car je viens de perdre mes économies en actions. Mais c’est pas la faute de la Banque, paraît-il. De toute façon le lundi c’est pas mon jour, je suis plutôt déprimé. Le week-end est terminé. Encore 5 jours à attendre le prochain. Il faut dire que mon boulot me fait chier. Agent de sécurité dans une grande surface. Moi, les femmes qui volent de la nourriture, je fais semblant de ne pas les voir et je perturbe le collègue pour qu’il ne fixe pas le retour caméras.

    Le lendemain ce n’est pas mardi gras mais je me lâche sur les lipides. Un bon MacDo qui dégouline de graisse. Hum ! Mon dieu que c’est bon ! Une barre de Mars termine ma planète déviation. Demain je ferai attention à nouveau à mon poids. Quelle galère !

    Mercredi, pour moi c’est le mercredi des cendres car ce jour là il m’est interdit de descendre prendre mes gosses pour les emmener au cinéma. Mercredi, le jour des enfants. Ben, moi, je ne verrai pas les miens. Leur mère les a pris en otage. Le Mercure a monté entre nous. Elle me fait payer une petite infidélité. Quelle garce ! Mes gamins, je les verrai la semaine des quatre jeudi.

    Jeudi. Putain, je dis que j’en ai marre ! J’invoque Jupiter en vain. Avant le Jeudi était le jeudi seins. Ma copine était libre le jeudi pour un rancard de 5 à 7. Mais j’ai rompu afin de reconquérir ma femme… en vain.

    Le vendredi je joue au Loto, surtout le vendredi 13. Il parait que ça porte chance. Mais pour moi, Niet ! Bernik ! Nada ! J’ai pas de bol ni aux jeux, ni avec les femmes. Vénus s’est tirée et n’est pas revenue.
    Moi, ce qui vient après le vendredi, ça me dit. La fièvre du samedi soir, c’est mon truc. En boite disco, Saturne autour du dance flore. Je me déhanche jusqu’au dimanche matin dans mes habits du dimanche. Personne ne me dit manche quand on me voit danser. Travolta peut aller se rhabiller face à mon habit de lumière.

    Le week-end je suis un autre homme, une vedette du moment qui se retrouvera tout de même seul des heures plus tard devant sa machine à laver Vedette. Là, je ne suis plus la vedette de personne. Alors j’attends que vienne le lundi au soleil, la plage et la vague qui m’emportera peut-être…

  21. iris79 dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche…
    Quant à lui, se pavanait tout intouchable qu’il était. Chômé il était, chômé il resterait ! Ce n’était pas négociable. Fort de son statut, il prenait un peu de haut ses camarades de la semaine. Pas une seconde il ne se crut menacé. Après tout, il était une véritable institution. Des messes au réunion de familles en passant par le repos dominical, il frimait dans son armure et affichait fièrement sa particule. Oui lui avait droit à son DI en tête contrairement aux autres qui se ressemblaient comme des moutons. Il pensa même à faire un putsch avec son ami le mercredi, son seul camarade fiable dans la comptine des jours. Ils avaient chacun une famille suffisamment grande pour fomenter un sacré coup et renverser la bronca qui grondait. Après un tas de réunions secrètes, ils parvinrent enfin à imposer la semaine des 4 mercredis et des 3 dimanches. Les enfants étaient aux anges ! Pas d’école et des vacances ! Les adultes étaient tous déboussolés, incapables de s’organiser et de savoir à quels saints se vouer. Cela fut une sacrée pagaille. Puis finalement un soulagement.
    Mais au bout de quelques temps, ils se surprirent à se dire que les lundis mardis jeudis et vendredis leurs manquaient. Leurs chamailleries mettaient du piquant à leur semaine. Après tout, ce n’était jamais méchant et leurs doléances plutôt justifiées ! Peut-être y-aurait-il un moyen de contenter tout le monde ? Il fallut étudier l’affaire. On convia donc l’agenda qui remit un peu d’ordre à tout ça !
    Le lendemain, non sans effort et quelques rancunes à enterrer, chacun avait repris sagement sa place. Mais c’est alors que l’on entendit au loin grogner les mois. Juillet n’en pouvait plus de crever de chaud et novembre de ne pas voir le jour. Ce conflit là promettait de durer…

  22. Béatrice PRIQUEL dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche…prit la peine d’écouter chacun avec toute la présence qu’il pouvait.
    Il comprit que lundi en avait marre d’avoir mauvaise presse, le « Comment tu vas ? comme un lundi ! » l’exaspérait au plus haut point, il se sentait triste, dévalorisé, voire rejeté. Lundi aurait tout fait pour échanger sa place. Tranquillement dimanche lui montra que l’état de décompression du dimanche se prolongeait même s’il n’était pas reconnu. Que tout dépendait du regard de la personne qui travaillait, si elle comparait son lundi à son dimanche, il était évident qu’elle focaliserait sur la liberté du dimanche et la contrainte du lundi et se sentirai oppressée. Alors que si elle regardait les possibilités de ce lundi, le début d’une nouvelle semaine, qu’allait-elle faire de ce moment ? initier un mouvement, une création ? Ce mouvement n’était-il pas là pour continuer sur sa lancée et créer plus chaque jour ? Lundi le regardait silencieusement d’un air niais. Il bougonna et il se calla dans un coin à l’écart.
    Vendredi avait suivi la scène. Il se dit que si pour lundi, sa colère n’était peut-être pas justifiée, pour lui elle l’était. Il voyait chacun courir à gauche, à droite, cherchant à boucler sa journée, déjà absorbé par les images du we. Tout était plus compliqué, il ne voyait que des personnes tendues, excitées, des erreurs en pagaille, le contraire de ce qu’il aurait aimé vivre. Dimanche lui intima l’ordre de se taire, de fermer les yeux, d’écouter le simple bruit de la vague de sa respiration, de descendre dans son cœur et là de revoir les images de la journée avec de nouveaux yeux, ceux du cœur.
    Au début, sa mimique dépitée montrait qu’il ne voyait rien. « Allez vendredi, continue, persiste ! Allez revois la jeune Estelle, qui a le cœur qui va déborder tellement elle est impatiente d’avoir fini pour sauter dans le train et retrouver son amoureux, tu le sens ce cœur plein ?». Vendredi sentait cette autre réalité, un sourire vint illuminer sa bouche. « Tu vois le père Jérôme, celui qui a 5 enfants à charge, il s’évertue à bosser comme un fou même jusque tard pour obtenir de son entreprise la reconnaissance qu’il ne se donne pas lui-même et qu’il ne croit pas mériter de sa famille. Tu le vois ce cœur gros ? vendredi est un jour de cœur, cœur à clore, cœur à vivre son bonheur. Ce n’est pas pour rien que c’est le jour du poisson dans les cantines, c’est faire maigre pour être en état d’accueillir tout avec le coeur. Vendredi paraissait apaisé.
    Ce qui n’était pas le cas de jeudi ! Virulent il l’était, il venait de s’imbiber d’alcool pour trouver le courage de s’exprimer, ses mots se percutaient avec bruit, voire dans le désordre, il n’était plus clair du tout. Il se sentait inexistant, inutile, lui aussi voulait donner sa place.
    Dimanche : « Oui, c’est vrai qu’il y a fort longtemps, jeudi était le jour des enfants. C’est mercredi qui en a hérité aujourd’hui. Ça ne sert à rien de lui chercher querelle, il n’y est pour rien. Qu’est-ce que ça te permet d’être et de recevoir, encore plus ? sais-tu qu’aujourd’hui, tu es le jour du Jédaille ?» Jeudi le regardait les 2 yeux en dehors des trous, la lèvre supérieure remontée en grimace, montrant ses dents jaunâtres : « Hein ? ».
    Dimanche prit jeudi par le bras : « Viens, je vais te faire faire le tour de la semaine ! » Au début, jeudi se rebella : « On ne me touche pas comme ça, Moi, Monsieur ! », puis pris par l’histoire racontée, il se laissa mener comme un enfant qui découvre. Il avait besoin que dimanche le prenne par la main, lui montre sa contribution de colibri qui participe au grand tout. Après un mercredi, comme une bouffée d’oxygène pour certains et par ricochet pour les autres, jeudi récoltait un nouveau souffle nourrissant car immergé dans le flow.
    Une fois calmé, jeudi réussit à aligner avec difficulté, mais non sans lucidité : « lundi : ini.tia.tion, mardi : concré.tisation, mercredi : bou.ffée d’oxygène, jeudi : nouveau souffle Jédaille, il me plait bien celui-là ! vend.redi : cœur, samedi : envies, en vie, dimanche : li.berté. C’est chouette, chacun a une place ! J’avais jamais vu les choses comme ça ! Vous me suivez samedi et dimanche ? qu’on s’en mette un petit coup derrière la cravate. Le bar à bières est ouvert et il y a match de rugby… »
    Rassemblés et reliés par cette vision commune, ils s’engouffrèrent tous les 7 dans le bar pittoresque du coin. Dans cet endroit facilitant, au style saloon, où la chaleur humaine et la simplicité suintaient de tous les murs de boiseries et des poutres brulées à la main, ils étaient disposés à ouvrir leurs yeux et leurs oreilles en plus grand que d’habitude.

  23. CATHERINE M.S dit :

    A la réunion calendaire
    L’orage est dans l’air
    Lundi guigne la place de mardi
    Si impatient
    De gagner du temps
    Vendredi, celle du samedi
    On comprend pourquoi
    C’est quand même une place de choix
    Jeudi jalouse mercredi
    Jour des enfants
    Et l’accuse d’être fainéant
    Quant à dimanche
    C’est une autre paire de manche
    Il s’accroche à son statut
    Enviable s’il en fut
    Alors il écoute ses voisins
    Sans trop faire le malin
    Juste un petit sourire en coin
    Pas question de se faire remarquer
    Ni de pérorer
    Les enjeux sont colossaux
    Grasse mat’, sieste, repos
    Il y va de sa santé
    Priorité à son confort douillet
    Les autres peuvent s’écharper
    Il n’en a que faire
    Et revendique son privilège
    Hebdomadaire
    Y toucher serait sacrilège
    La réunion touche à sa fin
    Il s’en sort haut la main
    Quand, soudain, le petit mercredi
    Sorti d’un trou de souris
    Prend la parole
    Et ose se moquer de lui
    Hilarité dans l’assemblée
    LOL
    Son statut serait-il en danger ???

  24. Ariane ADAM dit :

    A la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche… c’est moi.

    Çà y est c’est reparti!
    Pourquoi faut-il qu’ils envient toujours la place du voisin?
    Et que je te jalouse, et que je compare…
    Tenez: prenez le lundi, frustré qu’on le taxe de jour le plus morose de la semaine.
    Qu’est-ce qu’il trouve de plus joyeux au mardi, jour incolore, fourre-tout puisqu’on n’a rien prévu?
    Le jeudi : c’est quoi l’entourloupe du mercredi? Les turbulences d’un jour de congé scolaire et ses activités sport-loisirs créatifs- musique…?
    Venons-en au vendredi: « jour du poisson » bien entendu. Et alors? Il a quand même bénéficié de quelques faveurs: tenue et ambiance relax pour certains, un avant-goût du week-end!
    Samedi, il s »écrase, il n’oserait pas convoiter ma place du dimanche ou alors il devrait passer directement au lundi et là non merci!
    Vous me direz que pour moi, dimanche, c’est facile de critiquer. Vous le croyez vraiment?

    Allez, on y va pour les clichés: grasse matinée, déjeuner en famille, sieste et ballades…
    Allez dire çà à tous les métiers qui travaillent le dimanche et que vous ne voyez même pas.
    Et les courses que l’on fait parce que les commerces sont ouverts et que c’est bien pratique quand même, la paperasse en retard qu’on met à jour et finalement on ne cuisinera pas parce que c’est dimanche et qu’on a bien le droit de faire une pause… à dix huit heures!

    Vivement lundi qu’on reprenne le travail, mardi qu’on respire, les nouveaux films du mercredi, le jeudi pas si mal après tout et le vendredi avec le week-end en perspective que l’on vivra du mieux que l’on pourra.

    Carpe diem…

  25. camomille dit :

    Bref, c’était le bordel !

    Le président essaya d’argumenter :
    – Cessez vos enfantillages,
    Que chacun reprenne sa place et que l’ordre règne !

    Le silence se réinstalla mais :
    Lundi pinça mardi qui pinça mercredi qui pinça… etc… jusqu’à Dimanche.
    – Mais on ne touche pas à DIMANCHE !
    DIMANCHE est sacré !
    DIMANCHE est intouchable !

    – Ta gueule dimanche ! Sans nous tu n’existerait pas !

    Et lundi lui explosa la tête à coups de poing.
    – C’était plus fort que moi ! (justifia-t-il)

    Le président fit tinter sa clochette frénétiquement,
    Il leva les yeux aux ciel puis déclara solennellement :
    – Nous remettons cette séance à demain !

    – Mais demain c’est dimanche ! dit quelqu’un, et dimanche…

  26. Nadine de BERNARDY dit :

    La réunion était caniculaire, l’orage menaçait, chacun guignait la place de l’autre.
    Dimanche, imperturbable, les écoutait sûr de lui, sachant sa place de jour du seigneur inattaquable .
    Au bout d’une demi heure de ce brouhaha il élevât la voix.
    Ecoutez moi vous autres , je vais régler vos différents de manière à ce que personne ne soit lésé. Je vous ai concocté un organigramme qui devrait vous satisfaire.
    Nous commencerons par un mois de trente jours pour vous faciliter la tâche.
    Du premier au 5, lundi permutera avec au mardi tandis que mercredi ira à la place de vendredi, samedi remontera au jeudi qui viendra se placer juste avant moi
    Du 6 au 10 mardi ira à vendredi qui sera le lundi, lui même déplacé au jeudi si bien que mercredi échangera avec samedi
    Du 11 au 15 samedi et lundi permuteront, mercredi et jeudi feront un aller et retour tandis que vendredi et mardi échangeront tranquillement leur place….
    Tandis que dimanche continuait d’exposer son planning, les autre jours ouvraient de grands yeux en se grattant la tête : comment allaient ils retenir tout ça ?
    Voyant venir les questions, le jour du seigneur leur promis à chacun un organigramme clair et détaillé qu’ils devraient suivre à la lettre sous peine de se retrouver à deux sur le même jour si bien que la semaine se verrait amputée d’une journée.
    C’est pas très compliqué mes amis non? De toute façon vous n’avez pas le choix, c’est ça où vous restez à votre place définitivement.
    Ils quittèrent la réunion un peu perplexes, attendant avec curiosité de vivre ce ballet qui allait en désarçonner plus d’un.

  27. Jean Marc Durand dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche aurait aimé s’étaler au-delà des 24h autorisées par on ne sait plus quelle loi. Un sacré foutoir de voisinage.

    Grand bien leur fasse !

    Paulette entrouvrit la fenêtre. Un oiseau noir picorait son ennui d’habiter là, dans la haie, d’y entretenir trois œufs, entre la poubelle grise et la jaune. L’orage était bien dans l’air. Après six jours de canicule, Paulette ne pouvait qu’espérer. Quoi au juste ? Juste que tous les jours ne se ressemblent pas trop, comme les petits pots de confiture en plastique. Fraise, abricot, abricot, fraise.

    Elle ramassa son chemisier qui séchait au balcon. Il n’existait plus de jour de lessive. La machine trop grande pour elle seule stockait les torchons. La porte baillait son inutilité. Plus de programme rapide, sensible, plus de blanc, plus de couleurs.

    Paulette observa son calendrier. Elle scruta les croix correspondant aux rendez-vous passés, aux rendez-vous manqués. La bible des projets avortés datait de l’an passé mais elle ne s’en était pas aperçue.

    Elle passa un coup de balai entre les pieds de la chaise. Les miettes de la veille s’y étaient entassées. Miettes de pain, de biscottes, de biscuits, elle ne savait plus très bien quelle tartine, quel petit Lu trempé dans de l’eau chaude au goût d’un ailleurs imaginé. On pouvait paraît-il, boire aussi le thé glacé ?? Pourquoi pas.

    Les jours continuaient à se chamailler dans sa tête. A quatre-vingt-dix ans, ça l’emmerdait clairement, cette lutte bâtarde de soi-disant pouvoirs sur les choses du temps.

    Elle s’installa sur sa chaise, ramassa la peluche de chat qui traînait par terre, la caressa tendrement. Quand on lui appuyait sur le ventre, l’animal produisait un meow ou un miao très asiatique.

    Elle espérait que les piles allaient encore tenir, un wagon, un petit train de jours.

    Grise dans sa cuisine presque vide, autour des rails d’un vieux tiroir, elle jouait au garde barrière du temps.

  28. Sylvianne Perrat dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air. Le lundi guignait la place du mardi. Vendredi, celle du samedi, quant au jeudi, il n’avait pas digéré l’entourloupe du mercredi.
    Dimanche teignait en maître. Il avait été institué par Dieu lui-même ! Le jour du Seigneur regardait de haut les « petits » jours se disputer pour la meilleure place. Personne ne pouvait le déloger. Personne n’avait le droit de travailler en ce jour sacré. Il était fait pour prier, s’agenouiller, méditer ! Les autres jours de la racaille… pour les
    En ce dimanche, les cloches sonnaient, les curés donnaient l’hostie, les boulangers leurs pâtisseries. Un jour de quasi paix.
    Lundi attendait son tour et il entendrait : « ca va ? Comme un lundi ! « 

  29. 🐁Souris verte dit :

    818e..AU RAPPORT
    Le rendez-vous du samedi soir qui d’habitude de passe assez joyeusement avait été gâché par l’humeur des ‘ qotidiens ‘.
    Ils se sont dit de tout… nous on s’en ficherait mais pour faire le marché c’est pas commode. Nous c’est sacro-saint : le dimanche c’est la grande toilette et le pouleton et le vendredi c’est poisson.. c’est établi et il n’y a pas à sortir de là. Déjà Henri le quatrième lavait la poule mais après l’avoir laver, il la bouffait !.
    Alors vous comprenez bien que si Lundi commence à taper sur la gueule à vendredi on va où nous pour faire nos courses ?.. C’est sûr ça remet beaucoup de chose en question. Je vous prends par exemple la Tante Georgette qu’a plus de dents … pour manger j’entends parce que celle qu’elle a contre l’humanité, celle-la est bien accrochée… donc la Georgette c’est le vendredi qu’elle vient manger à cause du poisson.. notez bien qu’on trouve toute l’année du poisson carré en forme d’éponge comme elle dit : y’a pas d’arrête…
    Non ! ils faut qu’ils se rabibochent ces sept là parce que ça va trop loin… y’a trop de choses en jeu. C’est le panier de la ménagère qui est remis en question, on ne peut pas laisser passer ça. Et imaginez que Décembre veuille se mettre au printemps ! Ce serait Noël au balcon et Pâques aux tisons.🐁

  30. Françoise - Gare du Nord dit :

    À la réunion calendaire, l’orage était dans l’air.

    Le lundi guignait la place du mardi car il était las de cette mauvaise réputation : morose, les gents à la triste mine à l’idée de reprendre le travail, des arrêts de travail abusifs et infondés, cette réponse idiote « Comme un lundi » à cette question tout aussi stupide «Comment vas-tu ?»

    Le mardi voulait être mercredi car c’était le jour le plus tendre de la semaine, la journée du temps partiel pour les mamans, la journée sans école pour les enfants… et les enseignants.

    Le mercredi, malgré ce qui a été écrit plus haut, louchait, envieux, sur le jeudi. Il était épuisé par les cris des gamins, la fatigue des mères de famille qui, entre autres, se transformaient en chauffeur pour emmener les garçons au tennis ou au football et les filles à la danse ou au cours de guitare.

    Le jeudi enviait la place du vendredi car c’était le jour le plus sympathique de la semaine de travail. Dans certaines sociétés, le « friday wear » était toléré, un certain relâchement était admis…

    Vendredi, louchait sur celle du samedi, car c’était ENFIN le week-end tant attendu

    Samedi aurait souhaité être dimanche, un vrai jour de repos et non une journée passée dans les files d’attente des supermarchés, les lessives, le bricolage, le jardinage, le ménage etc…

    Et dimanche, me direz-vous ? Et bien comme ses 6 camarades, dimanche aspirait, exténué par les déjeuners familiaux, la messe dominicale, les footings dans les bois…

    Ce fut une belle échauffourée, cris, chantages de démission ou menaces der renvoi etc…

    Une réunion qui n’aboutit à rien. On se mit d’accord pour un statu quo

    De toute façon, il fallait libérer la salle. 12 personnes , animés par les mêmes frustrations et les mêmes revendications, attendaient leur tour dans le couloir. Ils s’appelaient Janvier, Février, Mars etc…

    • 🐁Souris verte dit :

      Il y en a beaucoup de réunions qui finissent sur statu quo.. il a son strapontin réservé près de l’entrée qui fait sortie aussi ! J’aime bien votre texte Françoise Gare du Nord.🐁

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