664e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative
© S.Mouton-Perrat

Répondez à une lettre que vous n’avez jamais reçu.


Ce sont les vacances, je me permets de deviser librement avec vous 😉

Ce petit exercice est une contrainte.

L’expérience m’a montré que les participants à mes stages aiment beaucoup ce genre d’exercice. Ils se comportent comme les amateurs de dictées, la difficulté les stimule.

La plupart des individus redoublent d’imagination et d’ingéniosité quand il s’agit de contourner les règles qu’ils jugent trop contraignantes.

« Toute contrainte m’est grâce », Léonard de Vinci.
Si la créativité est synonyme de liberté, de nombreux artistes considèrent les contraintes comme une puissante motivation pour créer.

Une dictée n’est-elle pas une contrainte ?
Chaque année, des milliers de personnes se pressent volontairement dans les concours de dictées. Il s’agit pourtant de ne pas commettre de faute dans un texte où les embûches sont diaboliques. L’engouement des adultes pour ces dictées tient au plaisir de deviner ou tenter de se souvenir comment écrire ces mots choisis pour piéger les meilleurs.

Georges Perec s’imposait de nombreuses contraintes d’écriture, telle La disparition, par exemple, dans laquelle la lettre (e) est totalement absente.
Une grande partie de son oeuvre joue avec la langue française.

Si vous aimez ce genre d’exercice vous en trouvez 90 et bien d’autres dans ce livre publié en 2021

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24 réponses

  1. Valérie Jacquin dit :

    Tu n’attends pas de mes nouvelles, alors je m’empresse de t’en donner suite à ta lettre que je n’ai jamais reçue. Elle ne m’est jamais parvenue. Ni hier, ni avant hier. Tu ne l’as sûrement jamais expédiée et je dois dire que les service postaux sont aujourd’hui bien plus fiables qu’avant. Alors cela ne m’étonne pas. Je me dis souvent que le temps que tu ne passes pas à m’écrire est précieux et que chacun de tes mots silencieux est imprimé à jamais. Je sais bien lire entre les lignes et je décèle dans tes non dits de nombreuses interrogations. Toutes ces questions que tu laisses en suspens me permettent de t’apporter toutes les réponses que tu n’attends pas. Ne sois pas trop impatient de finir cette lettre, la fin te délivrera de l’ennui dans lequel elle t’a mis. Tu pourras ensuite la jeter, comme tu la fais avec les précédentes. Peut-être as-tu préféré les brûler ? Ce que je préférerai, puisque le feu exprime tout ce qu’elles contiennent. De les savoir se consumer entre tes mains me procurent la joie dont ton absence me prive. Tu me demandes de continuer à ne pas t’écrire. Mais comment pourrai-je cesser de me comporter comme celle qui ne comprend rien. J’ai toute ma tête et tu ne pourras pas me faire croire le contraire de ce que tu ne penses pas. Je ne vais pas plus m’attarder aujourd’hui, je voulais juste que tu saches que je ne vais pas bien et que de ne jamais te lire me procure un sentiment d’espoir que tu ne connais pas. Dans l’attente de ne jamais recevoir de réponse de ta part, je nous souhaite une belle semaine prochaine et je me réjouis déjà de mon prochain courrier et de celui que tu ne m’enverras pas.

  2. Urso dit :

    Répondez à une lettre que vous n’avez jamais reçu.

    Cher monsieur ou madame Panzani,

    Je te remercie pour toutes les pâtes que tu m’a offertes.
    J’en ai mangé et remangé.
    Avant je crois que c’était ton grand-père et bien avant l’arrière grand-père.
    Oui j’en ai profité de ces pâtes.

    D’origine italienne de père brésilien et de mère australienne j’ai donc comme tu le vois vécu en Italie.
    Ah ce n’est pas le pays où les pâtes manquent.
    On en mange presque à toutes les sauces, et même midi et soir.

    Ah ah je t’ai fait une blague mes parents sont tous les deux italiens.
    C’est pour te faire marcher que je t’ai dit que maman était australienne et papa brésilien.
    Voilà mon cher, ma chère, encore merci pour toute cette armada de pâtes.
    Que grâce à toi j’ai pu manger.

    Maintenant paraît-il que je suis au crépuscule de ma vie.
    On m’a mis dans un bourbier de maison de retraite.
    Ce matin à ma grande joie voyant sans doute que j’ai un nom macaroni on m’a ramené des pâtes dans mon lit.
    Avec croissants et brioches.
    Oh oh des fois j’ai l’impression d’être dans un palace 10 étoiles.

    Oh non mon vieux, c’est tout le contraire.
    J’aime bien parler en donnant la version à l’envers et celle à l’endroit.
    Ici dans cette p. de maison de retraite je me sens très triste.
    En plus je n’ai pas du tout envie de moisir ici.
    Un jour ou l’autre je vais me faire la belle ah ah.
    Me casser d’ici quoi avant que je ne casse la pipe.

    Je ne reverrai plus ma chère cuisinière !
    Oui celle qui bosse à la cuisine.
    Elle est jolie elle est mignonne.
    Elle ressemble de près à ma première fiancée.
    C’est elle qui me fait des pâtes matin et soir.
    L’autre jour sais-tu elle m’a fait des pâtes « alphabet ».
    Comme chez ma maman lorsque j’étais petit.
    Des pâtes lettres.
    Ah j’en passais du temps avec ces pâtes lettres.
    Maintenant au crépuscule de ma vie j’en fais de même.

    Je les regarde ces lettres je les contemple et après un certain temps je les mange.
    A B C D e f g h i j ….
    Ah que c’est sympa de manger des pâtes lettres.
    Manger des pâtes alphabet des pâtes lettres c’est kif kif bourricot.

    Alors en les voyant et revoyant ces pâtes j’ai eu cette idée folle folle, ou pas du tout, cette idée peut-être fade, sans sel, sans poivre.
    Cette idée de t’écrire, cher monsieur Panzani, chère madame Panzani.
    Pour toutes les pâtes que j’ai mangées dans ma vie. Hi hi.

    Vive les pâtes d’Italie hi hi. Les pâtes
    « alphabet » et tutti quanti.
    Au fait adieu Toto, paix à ton âme.
    Toi aussi tu devais être un gros mangeur de pâtes.

    Pâtes pâtes alphabet alphabet, au revoir monsieur madame Panzani.

    Tiens tiens ma belle cuisinière qui apporte des pâtes des pâtes aux champignons…

    **

    -Chauffeur si t’es champion appuie appuie sur le champignon.
    Allez fiston fonce. Qu’on s’éloigne vite de cette p. de maison de retraite.
    Oh non j’ai oublié ma belle cuisinière.
    -Ah non papy, on va pas faire marche arrière.
    Cette nana elle est bien trop jeune pour toi.
    Tu es presque centenaire.
    -Alors tant pis fiston. Allons boire un petit coup au bistrot du coin.
    Avant que les poulets déboulent sur nous …

  3. françois dit :

    664/Répondez à une lettre que vous n’avez jamais reçue.
    Tiens il doit être 13H car Le facteur arrive . Dans sa main quelques lettres qu’il dispose dans diverses boîtes aux lettres. Moi, à part des courriers des diverses administrations (impôts, etc) je ne reçois jamais rien et pour chasser toute amertume je me dis : pas de courrier, pas de facture à payer.
    Et puis, allez savoir pourquoi, j’ai eu envie brusquement de répondre à une lettre qu’un facteur imaginaire aurait déposé dans ma boîte aux lettres :
    Chère Amie,
    Quel plaisir d’avoir de vos nouvelles ! Il y a si longtemps (2O ans environ) !
    Quavez-vous fait pendant ces années ? Avez-vous fondé une famille, fait des enfants, voyagé , écrit ? je me souviens vous avoir vu noircir pendant des heures des pages entières avec votre stylo Montblanc qu’un Ami cher vous avait offert. A l’époque vous étiez fan de Jean-Paul Sartre, de Simone de Beauvoir, de Jean Cau (vous l’aviez accompagné à une corrida (j’en frémis encore).
    Je peux vous l’avouer maintenant : j’ai été très amoureux de vous mais je ne faisais pas le poids (hélas j’ai bien grossi depuis).
    Sait-on jamais, au dos de cette page je vous mets mon adresse : J.Mathieu, poste restante, 83230 Bormes les Mimosas

  4. mary poppins dit :

    Monsieur le Directeur des Biscottes Cracottes,

    Je pensais recevoir votre courrier la semaine dernière, mais je n’ai rien eu. Ce midi encore, je suis allé ouvrir ma boîte aux lettres qui était vide, désespérément vide.

    Que se passe-t-il ? Votre missive s’est-elle perdue dans les labyrinthes, ô combien mystérieux, de la Poste ? S’agit-il, pour la énième fois, d’une lamentable erreur informatique ? Souhaitez-vous faire durer le suspense de façon délibérée ?

    Les questions s’entrechoquent dans ma tête et je suis obligé de prendre plusieurs Dolipranes par jour pour tenir. Cette attente est vraiment interminable !

    Peut-être n’aimez-vous pas envoyer un chèque par voie postale et préférez-vous effectuer un virement bancaire ? Vous avez bien raison, dans ce genre d’affaire, on n’est jamais trop prudent.

    Dans ce cas, je vous envoie, en pièce jointe, mon nouveau RIB. En effet, pour anticiper les choses et vous faciliter la tâche, j’ai ouvert un deuxième compte bancaire, de façon discrète, au Crédit Agricole de Saint-Julien-sur-Tartiflette. C’est un petit village très calme, situé dans le Cantal. Vous pourrez y verser l’argent anonymement, en toute sécurité.

    Mais, monsieur le Directeur, vous vous demandez sûrement pourquoi je vous réclame cette somme avec autant d’insistance. Eh bien, c’est très simple. Il y a six semaines, rappelez-vous, j’ai participé au grand jeu-concours que vous avez organisé et qui s’intitulait : « Soyez loufoques ! Soyez rock ! Croquez des Cracottes ! »

    Ce concours se terminait il y a neuf jours par un tirage au sort et c’est moi qui suis l’heureux gagnant du premier prix. Oui, vous avez bien lu : « C’est moi ».

    Et comment se fait-il que je sois au courant, alors que je n’ai eu absolument aucune nouvelle de votre part à ce sujet ? Tout simplement, parce que le jour du tirage au sort, j’ai eu un flash, un énorme flash. Une sorte de vision cosmique pour laquelle aucun doute n’est envisageable.

    Oui, Monsieur le Directeur des Biscottes Cracottes, oui, je sais de façon certaine que je suis le super gagnant. Vous pouvez donc, comme prévu, me verser les trois millions d’euros.

    Sachant que vous dirigez une grande entreprise nationale, sérieuse et honnête, dont la réputation n’est plus à faire, j’attends une réponse de votre part dans les heures qui viennent !

    Je compte sur vous !

  5. Anne LE SAUX dit :

    Cher Monsieur,
    Votre lettre m’a laissée dubitative… Je ne sais quoi en penser. A vrai dire, vos propos ne sont pas explicites, c’est le moins que l’on puisse dire.
    J’ai longuement réfléchi avant de vous répondre. Je ne sais comment aborder le sujet puisque je n’en ai pas perçu la teneur.
    Bref, votre lettre reste une énigme. L’avez-vous écrite à l’encre invisible ?
    Il est vrai que notre dernière entrevue a été houleuse et s’est soldée par un désaccord et une mauvaise humeur partagée. Mauvaise foi aussi sans doute…
    J’ai la sensation que notre échange se poursuit sur la même tonalité. Je ne sais d’ailleurs si je vais vous envoyer cette missive. Pourtant, je vous l’affirme, je vous ai répondu.
    Votre dévouée
    Sandra

  6. Kyoto dit :

    Le téléphone sonne. Je décroche.
    – Allo, c’est moâ.
    – C’est moi aussi ! C’est incroyable cette coïncidence !
    – J’ai dit trois mots et tu es aussitôt désagréable !
    – Excusez-moi Monsieur Moâ, mais je ne vous connais pas !
    – Laisse-moi te poser une question ?
    – Il y a quelque chose à gagner ?
    – NON ! Pourquoi n’as-tu pas répondu à ma lettre ?
    – Quelle lettre ?
    – Tu sais bien quelle lettre !
    – Vous m’ennuyez Monsieur Moâ. Je ne vous dis pas à bientôt.
    Je raccroche illico.

    Quelle idiot ce mec ! Bien sûr que j’ai reconnu sa voix ! A sa façon de dire Moi ! Mais comment veut-il que je réponde à une lettre que je n’ai pas reçue !
    Je vais essayer !

    Cher Monsieur Moâ,

    Je vous confirme que je n’ai reçu aucune lettre de vous. Sinon, je vous l’aurais réexpédiée si toutefois vous aviez noté votre adresse au dos de l’enveloppe.
    Je vous confirme que je ne vous connais pas. Pour connaître les gens il faut les estimer, voire les aimer.
    Et si j’avais eu ce genre de sentiments à votre égard, je m’en souviendrais. A moins que cet épisode soit parti dans les oubliettes. Ce qui m’étonnerait quand même car j’ai une excellente mémoire.
    Je suis un peu désolée pour vous. Ecrire une lettre qui s’égare, s’apparente à un traumatisme psychologique violent ! Il va falloir vous soigner ! Cela va durer pendant des années !
    Je suis un peu triste aussi. Vu que vous vous êtes trompé de destinataire, je pense que vous êtes en présence d’une déficience intellectuelle grave. Mais je ne suis pas certaine que cela se soigne !
    Pauvre Monsieur Moâ.
    Comme je ne connais pas votre adresse, je vais adresser ce courrier au Père Noël. Je suis certaine qu’il saura vous trouver !
    Bon courage à vous Monsieur Moâ.

    Voilà, j’ai fait ma bonne action. Dieu me le rendra.

    Moâ.
    Moi.
    Emoi.

  7. Michele B.Beguin dit :

    Après avoir bien réfléchi, je décidais de prendre la plume. Les mots dansaient dans ma tête.

    Même si je ne l’avais pas trouvé dans ma boite, j’ai quand même lu, il y a 2 nuits, en rêve, la lettre d’un homme inconnu.

    Comme elle m’avait plu !

    Comme ses mots étaient forts et tendres !

    ils coulaient en moi comme une source nourrissante, rafraichissante et caressante.

    Devant la feuille blanche, je me suis mise à sourire en pensant « je vais répondre à une lettre que je n’ai pas reçue, et à un homme que je ne connais pas »

    Cette situation cocasse me mit en joie, en posant le premier mot.

    « Cher inconnu. Durant mon sommeil j’ai lu les mots que vous m’aviez adressés. Je n’en croyais pas mes yeux devant tant de justesse à mon égard. Votre prose a touché mon coeur. Je ne sais pas à quoi vous ressemblez, et pourtant une complicité s’est installé entre nous à la lecture. Je me suis allée jusqu’à me demander si vous aviez réussi à lire ma bouteille à la mer, déposée dans ma boite secrète, qui était adressée à mon amoureux inconnu. Votre lettre nocturne, ressemble si fort à la réponse que je souhaitais recevoir.

    Si c’est le cas je pense que vous pourrez lire celle-ci, aussi, que je vais déposer dans mon lieu secret. Au delà de la matière nous serons réunis à jamais par les mots partagés et les sentiments offerts et reçus.

    J’ai hâte d’aller dormir pour plonger dans votre courrier d’amour.

    A bientôt mon bel inconnu »

  8. eleonore gottlieb dit :

    Répondez à une lettre que vous n’avez jamais reçu.
    Je n’ai vraiment pas envie d’écrire. Rien ne vient, c’est le désert. Toujours la même histoire, la même promesse. Donne-moi des nouvelles, raconte-moi ta vie, j’aime tellement écrire je répondrai.
    Avec tant de bonheur, les mots sont comme des fleurs offertes, des caresses pour l’âme sensible des amis.
    Tu vois je suis un peu triste. Je m’énerve, peut être as-tu répondu ? peut être cette lettre c’est -elle égaré dans la sacoche du facteur ? Peut-être a-t-elle dérivée, IL y a eu des gros orages ces derniers temps, l’eau l’a-t-elle emportée dans un dédale de ruissellement, peut-être est-elle coincée entre deux cailloux qui la retienne.
    Tu sais ma tendresse pour toi. Je ne peux pas imaginer que tu n’es pas trouvé un peu de temps pour écrire…
    Ou alors … tu es partie en voyage… un grand et long voyage au-delà des océans, au-delà des nuages, au-delà des ailleurs.
    Peut-être …
    Je vais continuer à t’écrire, à t’envoyer des nouvelles ; d’agréables nouvelles en mousseline de soie, douces et chaleureuses, tu sais comme moi aussi j’aime choisir de belles images et les lancer dans les souffles du vent.
    Je vais t’écrire avec de l’encre de baisers, avec de l’encre de caresses.
    Tous les matins dans un souffle léger je t’enverrais des mots d’amour. Ils t’arriveront portés par des papillons bleus
    Ma sœur.

  9. Catherine M.S dit :

    Mais pourquoi ne m’avoir rien dit ?
    Ou rien écrit ?
    Même un SMS aurait suffi
    J’aurais compris
    J’aurais bien aimé
    Même si j’avais deviné
    C’est quand vous l’avez prononcé
    Mon prénom
    Presque chuchoté
    Que ma propre voix a blanchi
    Ma main a tremblé
    C’était comme un cri
    Étouffé
    Comme un demi-secret
    Soufflé à mi-voix
    Je n’en revenais pas
    Vous aviez osé

    J’étais dans la rue
    Je me sentais un peu perdue
    Le téléphone à l’oreille
    Sous un chapeau
    A l’abri du soleil
    Mon prénom
    Quelle soudaine intimité
    Un lien, une union
    Non, non, pas une illusion
    Mais bien la réalité
    Il vous reste juste une étape à franchir
    Ce sera de m’écrire
    Je vous envoie ici
    La réponse au pli
    Que vous ne m’avez pas adressé
    J’attends votre billet.

  10. – Buongiorno !

    Ma qué, tou ne m’as toujours répondu à ma question. Si ou no, veux-tou venir rejoindre notré listé ?

    Nous né sommes qué 21 et nous né pouvons pas laisser ces fanc… de franceses nous dominer encore une fois.

    Mamma mia ! Tou sais que li padré ne décolère pas depouis le but de Wiltord dans les dernièrs secondes lors de la Finalé dé l’Euro 2000

    Nous n’en avons qué 21 contre 26 pour eux. Viens nous rejoindre. Viens agrandir notre famiglia, jé té promets l’avventura, la dolce vita. Tou seras la bellissima parmi toutes les autres qui ne sont que de bravas raggazas

    Grazie mille si tou dis SI.
    Ciao et tutto bene

    Umberto ECO
    Président de l’AILJAI : Association pour l’Introduction de la Lettre J dans l’Alphabet Italien

    Note du traducteur :
    Ne voulant pas être en reste dans la lutte fratricide qui, depuis des siècles , oppose autant qu’elle unit les nations française et italienne, d’autres associations se sont créées :

    AILWAI : Association pour l’Introduction de la Lettre K dans l’Alphabet italien
    AILWAI : Association pour l’Introduction de la Lettre W dans l’Alphabet italien
    AILXAI : Association pour l’Introduction de la Lettre X dans l’Alphabet italien
    AILYAI : Association pour l’Introduction de la Lettre Y dans l’Alphabet italien

  11. 🐻 Luron'Ours dit :

    AÉROPHAGIE 🐻

    Très cher correspondant, par la présente j’ai l’honneur de ne pas accuser réception de votre dernier courrier. Je ne doute pas que, comme vous y mettez tout votre cœur, vous ne l’ayiez dûment composté. La collection de timbres est l’un de mes hobbies. J’apprécie également la gastronomie. Le dernier pigeon voyageur en a fait les frais. Je n’y ai rajouté que les petits pois. Je vous joins son empennage, peut-être ce gouvernail vous rendra-t-il l’usage de la plume et le sens de l’orientation. Quant à moi, je vous promets de ne plus manger le ‘lfacteur », un vieux cheval de retour. Le nôtre est un fada qui se prend… Mais pour qui se prend t-il ? Dans son palais idéal, oriental, il y abrite ses fantasmes ! Comme Ingres, le peintre violoniste, ne voit-il que le dos voluptueux d’une hétaïre à la colonne vertébrale sur numéraire… Comme vous le constatez, je ne vous en veux pas et même plus…
    Un timbré 🐻

  12. Patricia dit :

    Tu vois, je suis tout de même revenu dans ta ville. Pourtant, c’est une ville sans intérêt, une ville minière comme il en a tant poussé il y a plus de 100 ans, une de ces villes grises où il ne se passe jamais rien, où l’on n’attend même pas le lendemain.

    Mais il fallait que je revienne. Je devais revenir. Au moins une dernière fois. Pour te parler, pour te dire.

    Ah, Hélène, si tu savais comme j’ai attendu, attendu, que tu m’écrives, depuis que je l’ai quittée, cette ville.

    J’y étais arrivé par hasard, Mais au fait, peut-on venir ici par hasard ? Et je t’avais rencontrée, toi, marchant à pas vifs dans ces ruelles grises. Puis le bal, nos regards croisés, notre trouble. J’aurais presque fini par l’aimer, ta petite ville grise. Oui, je l’aurais aimée.
    Mais j’étais l’étranger. Et même toi, de moi, tu t’es détournée. Les autres, je pouvais comprendre, mais toi ?
    Tu étais si jeune…

    Alors, je suis parti. Je t’ai laissée dans ta petite ville grise, dans ta petite vie grise. Et puis j’ai erré de par les villes, plus ou moins grandes, plus ou moins grises.

    Et voilà que mes pas m’ont ramené vers toi.
    Et voilà que tout ce que je vois de toi, à présent, c’est une photo toute grise, sur une pierre tombale. Tout aussi grise.
    Peut-être trop tôt il y a 20 ans, trop tard, maintenant.

    Adieu Hélène.
    Tu vois, je ne reviendrai plus dans ta ville.

  13. Jean Marc Durand dit :

    Cher(e) toi !

    Oui, je sais, j’ai trop tardé à répondre à cette lettre que tu ne m’avais pas envoyée. Et je comprends que tu aies cessé de répondre aux courriers que moi-même je n’ai pas eu le courage de t’écrire. La vie passe vite et quand tu y rajoutes des mots, ça rallonge un peu plus les attentes. Et depuis, je n’espérais plus grand-chose, de ta part, comme de la mienne. La vie est ainsi défaite que chacun se croise sans prendre le temps de le perdre. Eternels croisements, rond points des circulations, flux des vacances, petites huttes des amours provisoires.

    On se trompe trop souvent. On se regarde dans le blanc des yeux, ça rissole sur les bords comme l’œuf dans sa poêle. On s’imagine, un bon mélange, une omelette bien baveuse aux herbes de l’été. Mais c’est vite tout sec, sous le soleil. Ça croque vite sous la dent dure de l’illusion. Ça se noie dans les vagues de bière, les mousses des marées. On entasse les fleurs desséchées des photos entre les pages d’un livre dont on ne voudra jamais connaître la fin. On se cuisine la bouillabaisse de l’amour, potage de poissons rouges et ses tartines de patience. On filtre le bouillon. On survit aux étés, on rame sur Terre, on ne se jette pas dans le premier canal venu.

    Le gros avantage de nos non rencontres est que nous n’aurons pas de briques de courriers rose et bleu à brûler.

    Et cet hiver encore, je me réchaufferai les mains en nous écrivant.

  14. 🐀 Souris verte dit :

    664/répondez a une lettre que vous n’avez jamais reçue.

    DEPUIS LE TEMPS
    Bonjour Émile
    J’ai toujours pas r’çu les photos des enfants que tu devais m’envoyer y a bien dix ans de ça.
    Mais j’t’y mets un courrier tout’d’même maintenant qu’j’écris, j’ai besoin m’y raccrocher. J’te mets ma nouvelle adresse ça viendra plus vite.
    Ça leur fait quel âge maintenant aux deux loupiots ? Voyons, à l’époque la p’tite avait huit ans et le gamin cinq ou six non ? Une petite rouquine flamboyante et le garçon éclaboussé de taches de soleil. Des beaux gosses qu’on a fait là mais c’est pas bien Émile de me tenir à l’écart, non c’est pas bien. Ça fait cinq piges que j’suis sortie de cabane et je m’suis achetée une conduite. Là bas j’ai appris à faire un tas de choses c’est qu’ça rigolait pas. Fallait apprendre à tout… A écrire, à compter… A ben oui l’Émile, j’t’ai pas dit mais j’sais lire aussi…
    Alors prends-en d’autres des photos et avec mets-y un mot avec mon Emile, car tous les autres y comptent pas, c’était pour t’faire enrager…
    Ta Jeannette Café du coin sur la place des condamnés. 🐀

  15. fouret dit :

    Par ou commencer ? J’avais tellement espéré ce moment… Ce moment ou j’aurai pris la plume pour répondre à ton courrier et apporter des réponses à tes questions. Et au lieu de celà, je me retrouve face à cette feuille sans même savoir vraiment ce que je vais te dire. Est-ce que finalement tu as écrit ce fameux courrier que tu m’avais promis ? s’est-il perdu ou bien as tu mis de coté toutes ces questions qui te hantaient et que tu n’osais pas poser ? Chaque jour j’ai guetté le facteur le coeur battant… Chaque jour j’ai ouvert la boite… chaque jour j’ai imaginé des dizaines de questions que tu aurais pu poser et des dizaines de réponses que je devrais écrire aujourd’hui mais hélas, la boite reste vide. J’avoue que celà me blesse mais il me plait de croire que ce courrier n’est que perdu ou pas encore écrit… auquel cas, vite vite ! empresse toi de le faire et de poster cette lettre.

  16. Grumpy dit :

    Certains ont souvent le tafanari calé entre deux chaises. Moi, c’est pas pareil : tous les samedis, je suis coincé entre2lettres.

    Si encore c’en était une que j’envoie et qui part où je veux, ça irait. J’ai beau la rédiger avec soin, elle s’envole, fait semblant de filer à la recherche du poteau sur lequel est clouée la boîte destinataire et puis plus rien. Elle était bien timbrée pourtant, c’est peut-être pour ça ?

    Deux jours après, la voilà qui revient avec la mention «retour à l’envoyeur, n’habite pas à l’adresse indiquée»

    Le facteur m’a dit qu’il en avait marre de faire des aller-retours inutiles, je lui rétorque que l’espoir fait vivre, et que c’est justement lui qui me tient, lui et un peu d’eau fraîche, et que je continuerai jusqu’à ce qu’il parte en retraite, et que s’il n’est pas content c’est pareil…

    Et j’ajoute, uniquement dans mon fort intérieur, «sûr que lui c’est pas à l’eau fraîche qu’il pédale. Et s’il me faisait ça par vengeance parce que je ne lui jamais proposé le petit coup de sec qui redonne ardeur aux mollets …»

    Testard, il réplique : D’abord, vous envoyez des lettres et on ne vous répond jamais

    Sur quoi je lui dis : Et ce ne serait pas vous par hasard qui me retournez la lettre pour ne pas avoir à pédaler jusqu’à destination sous prétexte que ça monte ?

    Voilà une bonne idée qu’il me répond, je n’y avais pas pensé, depuis des années que je tourne et vire pour rien …

    Les choses ont changé depuis ces vaines querelles, ma lettre du samedi n’est plus jamais revenue, je reçois même des réponses dès le lundi.

    Et pourquoi ? Comment ? La Poste a équipé le facteur d’une rutilante 4L jaune.
    Je ne devrais pas, mais depuis, je fais comme celui qui m’écrit, je lui paie un coup à boire.

  17. Alain Granger dit :

    Puisque tu ne m’as pas écrit, je vais tout de même y répondre. Tu ne me dis pas que je suis l’homme de ta vie mais je sais que tu le penses. Je te comprends. Je suis modeste et ne me mets jamais en avant. J’attends toujours que tu prennes l’initiative avant de faire quoi que ce soit.

    Tu ne me dis pas que je te manque mais derrière ton silence respectueux et discret, je sais que tu réclames ma présence. Je l’entends dans mon cœur. Il ne bat que pour nos ébats et nos débats, même s’ils sont parfois houleux. Il vaut mieux une bonne explication qu’une mauvaise indifférence. Quant à nos ébats, même si tu as souvent mal à la tête, je sais que ta peau les réclame avec envie.

    Puisque tu ne me donnes pas des nouvelles de tes parents, chez qui tu viens de partir, je crois, je n’hésite pas à t’en demander. Tu sais que j’adore ton père, surtout lorsqu’il s’absente pour ses affaires. Tu sais aussi que je suis à l’écoute de ses conseilles, surtout lorsqu’ils portent sur ma façon de gérer mon entreprise. Généralement, il me les donne en les comparant aux bons chiffres de la sienne. Quant à ta mère, sa soupe au chou me manque déjà. Quand on allait la voir ensemble, je la sentais en pénétrant dans son quartier auvergnat. Me manquent également ses allusions fréquentes à ton ex mari, le gendre modèle, parait-il. Elles n’ont jamais manqué de stimuler mon goût de la compétition.

    Je sais que tu viens juste de partir mais si tu as déjà envie de venir me retrouver, surtout n’hésite pas. Je saurai écouter à nouveau les doléances que tu me rabâchais depuis des mois. Je les ai peut-être mal écoutées et surtout mal interprétées. Je pense qu’un nouvel examen me permettra d’apprécier la justesse de certaines d’entre elles.

    Je te laisse. Les copains ont déjà dévalisé les bières du frigo. Ils m’attendent pour partir au match. C’est moi qui les emmène, comme d’habitude. Au fait, je n’ai pas eu le temps de faire la vaisselle et encore moins de laver le linge. Aussi, si tu arrives avant la fin de l’après-midi, tu serais gentille d’y remédier.

    Je t’embrasse,
    Ton Alain, celui qui sait pertinemment que tu te sens inutile sans lui.

  18. camomille dit :

    Mon très cher Auguste, mon aimé,

    Je n’ai pas reçu ta lettre lundi comme à l’accoutumée.
    L’acheminement du courrier devient compliqué n’est-ce-pas ?
    Tu devais sûrement me raconter votre avancée vers l’ennemie et tu devais aussi m’écrire ton amour pour moi et pour le bébé qui est dans mon ventre.
    Ne te fais pas de souci.
    Nous allons bien tous les deux.
    Fais bien attention à toi….

    Mon très cher Auguste, mon aimé,
    Je n’ai toujours pas reçu ta lettre.
    Notre bébé est né.
    C’est un fils Auguste, c’est un fils ! Il te ressemble !

    Putain de guerre.

  19. Nouchka dit :

    Mon amour,
     
    Non, je commence mal…, je crois que jamais nous ne nous sommes interpelés en employant le possessif. Quant aux mots « amour ou chéri », nous les considérions superficiels ou extravagants. Alors je reprends,
     
    Grand Serpe,
     
    C’est ainsi que te surnommait ton père, je crois, faisant allusion à ta constitution longiligne.
    J’ai longtemps espéré recevoir quelques nouvelles après ton absence de réponse au téléphone. Mais je sais maintenant que tout courrier était impossible.
    Pourtant, j’aimais trouver inopinément tes petits mots d’amour dissimulés dans mon linge, mes affaires personnelles de toilette ou au fond de l’une de mes chaussures. Ils étaient des signes du désir que nous entretenions l’un pour l’autre en dépit des années de vie côte à côte.
    Maintenant, quinze ans après ta mise en terre, tu ne te préoccupes pas de ce que nous devenons.  
    Sache néanmoins que j’ai laissé la maison à notre fils et à sa petite famille. Tu as un second petit-fils, qui ressemble, me semble-t-il, à notre fils. Aujourd’hui même, son grand frère part dans les Alpes animer une colonie de vacances. Leur mère s’est reconvertie dans l’enseignement. Elle a eu bien des échos de ta notoriété dans le secteur.
    De mon côté, j’ai réalisé ce que nous avions imaginé ensemble. Je suis installée dans la région de mes ancêtres. Ma sœur vit également dans la même ville que moi.
    Le compagnon qui partage ma vie actuelle est différent de toi, bien sûr, mais il est attentionné comme tu pouvais l’être, ce que j’apprécie énormément.
    Après ton départ, j’ai vaincu les complexes que je faisais vis-à-vis et toi et d’Antoine en ce qui concerne les disciplines artistiques.
    Je trouve maintenant plaisir à écrire de petits billets, à chanter avec ou sans mes amis choristes et j’aimerais m’essayer à la peinture. Je reconnais à deux de mes amies de réels talents dans ces domaines. Elles donnent les conseils utiles à la débutante que je suis.

    Je ne te demande pas de tes nouvelles. Tu ne croyais pas à la poursuite d’une quelconque existence après la mort, aussi le présent écrit ne te parviendra-t-il pas. J’aurais pourtant voulu te dire combien les trente six ans partagés avec toi, depuis le jour où Antoine nous a présenté l’un à l’autre, ont été des années riches dont j’entretiens et me nourris des souvenirs.
    Je t’aime Grand Serpe

  20. FANNY DUMOND dit :

    – Société Raptout. Je vous appelle, car malgré notre lettre, vous n’avez toujours pas payé votre ha…choir-tran…cheur, commandé sur notre site, qui râpe le fromage et tran…che tous les lég…umes, débite un type en ânonnant son texte.

    – Tout d’abord, Bonjour Monsieur. Permettez-moi de vous informer que je n’ai pas l’honneur de connaître votre société, que je ne commande JAMAIS rien en ligne, surtout pas votre bidule, car ma vieille râpe me donne, encore, entière satisfaction et que j’en reçois tellement des courriers sibyllins que je n’y prête pas attention. 

    – Faut lire courrier, sinon ennuis gros justice. 

    – Attendez, je regarde…, effectivement, je le vois, je l’avais envoyé valdinguer  dans les tentatives d’hameçonnage, sans l’ouvrir.

    – Vous payer 249 euros ! pontifie le gars.

    – Quoi ! En plus de ça, vous êtes des voleurs, des bandits de grands chemins. À ce prix-là, je pourrais m’en payer une trentaine. Je pense que c’est vous qui allez en avoir des gros ennuis. Et pour info, j’ai encore ma bonne vieille boîte aux lettres pour recevoir un courrier ou un facteur pour m’apporter un recommandé. Les paroles s’envolent et les écrits restent. En outre, figurez-vous que je ne parviens pas à déchiffrer votre sabire. C’est un chef-d’œuvre dans le genre, je vais l’encadrer. Vendriez-vous, par hasard, des décodeurs de langage SMS, de fautes de grammaire, de syntaxe et autres joyeusetés ? 

    – Moi, pas comprendre quoi, vous dites. Moi, faire juste mon travail, pas en France.

    – J’avais cru comprendre. Bon courage à vous !

  21. iris79 dit :

    Répondez à une lettre que vous n’avez jamais reçue

    Cher Paul,

    Je prends ma plume et mon courage à deux mains aujourd’hui pour répondre à ta lettre que je n’ai jamais reçue. Pendant des mois, j’ai attendu fébrilement qu’elle arrive pourtant. J’étais persuadée que tu allais faire un geste, revenir sur les mots blessants que tu m’avais adressés lors de notre dernière rencontre. Oui j’ai cru que tu avais cheminé et qu’avec du recul, tu prendrais conscience de l’injustice de tes propos. Je pensais compter pour toi, je croyais naïvement que notre histoire avait vraiment existé. Je dois cesser d’y croire et me résoudre à accepter que je n’ai été qu’une passade, un divertissement. Le plus dur pour moi est peut-être d’accepter que j’aie pu croire en quelque chose de beau plus que le fait que je n’existe plus du tout pour toi. Comment peut-on se méprendre à ce point ? L’amour est aveugle dit-on. Il faut croire qu’il anesthésie aussi.
    SI je t’écris aujourd’hui, c’est que je suis enfin guérie. J’ai trop attendue ta lettre et me suis promis de ne plus rien attendre de toi. Je m’offre même ce cadeau de te rayer de ma vie à tout jamais. Je renonce en toute légèreté à me précipiter vers la boite aux lettres pour y trouver tes écrits. J’ai tellement voulu et craint en même temps cette possibilité de trouver des nouvelles de toi, des mots tracés de ta main fine que j’aimais tant prendre dans la mienne. Je retrouve ma dignité dans la volonté de ne plus vouloir te lire. Alors ne réponds surtout pas à cette dernière missive. Mais quelque chose me dit que tu le l’aurais pas fait.
    Je vais brûler cette lettre que tu ne recevras pas. Je ne te ferai pas le plaisir de mes tourments qui partent ici en cendre en même temps que ton souvenir.

    A jamais Marie

  22. Nadine de Bernardy dit :

    Ah! une réponse à cette fichue lettre que je n’ai jamais écrite, par pure paresse, manque d’idée, de timbre et de destinataire.
    Je ne voulais rien dire, je n’avais pas envie de sortir ma plume , j’avais mieux à faire. C’était il y a longtemps, quand je n’étais encore qu’une jeune sirène écervelée.
    Quelques décennies plus tard, ayant retrouvé forme humaine, je me promenais sur une plage déserte, quand je vis cette bouteille, un message glissé dedans. Je la reconnue à sa couleur réglementaire, au cachet de la poste maritime.
    Si l’expéditeur croyait que j’allais la lire, y répondre, il se fourvoyait,. Je la déposais sur l’étagère avec les quarante sept autres.

  23. Laurence Noyer dit :

    Madame,
    Je me pe-mets de vous éc-i-e, pa-ce que sans vous, la vie devient illisible
    je suis obligée de vous –emplace- par des ti-ets
    ce qui, au jou- le jou-, n’est pas t-ès p-atique
    je ne suis pas aussi douée que Pe-ec, qui, génialement, a éc-it « La dispa-ition »
    et l’- dans la vie, c’est p-imo-dial !
    sans -, on meu-t
    sans -, on souff-e
    Dispa-ition des éoliennes, et des pneus.
    Plus de t-ompettes, de cla-inettes, de t-ombones
    Le petit bal de Bou-vil est définitivement pe-du,
    Il en est de même aussi lo-sque je pa-le, c’est -isible
    Quand pa- exemple je dis, « je do-s su- le dos » ou « pas t-op tôt »
    Pe-sonne ne comp-end
    C’est un d-ame, madame, mes mots sont mo-ts
    Alo-s
    -evenez dans ma vie avant que je pe-de la –aison
    En attendant
    Je p-ends l’- de la b-ise pour vous emb-asse-

    Vincent Zèle

  24. mijoroy dit :

    Saint-Malo 19 août 2023.
    Chère Paulette,
    Après un temps de réflexion, j’ai cherché dans ma mémoire de cinquantenaire trébuchante, qui tu étais et surtout quel lien nous avions eu. C’est en voyant la coupure de journal jointe à ta lettre, que j’ai pu retrouver le chemin du lycée lorsque nous étions au Lycée Lapérouse. Grâce à toi je me suis souvenue de l’odeur et du goût des croque-monsieur du Pam-Pam, ce snack en face du lycée où les garçons jouaient au baby-foot alors que nous les filles nous affrontions au flipper. À chaque « game over », la perdante payait sa tournée de milk shakes vanille. J’ai revu notre professeur d’espagnol qui maudissait les fabricants de cigarettes. « Encore une beauté féminine de perdue », maugréait-il. Alors que notre prof de français, adorait se pencher au balcon pour humer de la cour de récréation l’odeur de tabac depuis qu’elle avait arrêté de fumer pour son époux atteint d’un cancer. Sont revenus à mes oreilles les fausses notes du clan des A, les seuls garçons de notre classe de terminale A4, lorsque nous chantions la Marseillaise dans la cour à la veille du 14 juillet. (Alain, André, Antoine, Amaury, Alexandre et Adrien). Oui nous, nous n’étions pas en vacances d’été en juillet et août. Pour nous l’année scolaire commençait en Mars et finissait le 15 décembre. Qu’est-ce qu’on a pu rire de cette coïncidence du clan des A ! Nous nous sommes toujours demandé si cela avait été voulu ou non, et personne à la vie scolaire n’a pu nous répondre ou voulu. Même le jour du monôme du Bac, la conseillère pédagogique n’avait pas moufté et avait eu droit à la farine et aux œufs, la tête haute. En te lisant, j’ai beaucoup ri lorsque tu m’as narré l’anecdote des pneus dégonflés pour le 1 er avril pour tous les profs que nous n’aimions pas. Et la fois en cours de sciences, lorsque le prof a demandé à Catherine comment prouver que le poisson rouge dans l’aquarium se servait de ses nageoires pour s’équilibrer, et qu’elle ni une, ni deux, s’est saisie de sa paire de ciseaux, et vlan, qu’elle lui a sectionné une nageoire. La réflexion de Manu : « Ah bin, m’sieur j’crois qu’il est mourut v’to poisson maintenant ». Est-ce que tu te rappelles, Zoé, notre excellente prof d’histoire /géo, mais d’apparence plus que douteuse, le cheveux gras et gris , un parfum de tabac froid dès 8h00 le matin, toujours habillée avec des djellabas dix fois trop grands pour elle, qui ne devait pas faire plus de 42kilos toute mouillée, même du haut son mètre quarante ? Moi je me souviens de ce jour où elle est entrée dans la classe, elle devait sortir des toilettes, sa liquette était restée coincée dans l’élastique sans doute de sa culotte, et un morceau de papier toilette pendait. Nous n’avions pas pu nous empêcher de pouffer et de faire circuler des petits avions de papier sur lesquels nous écrivions nos pensées du moment dès qu’elle avait le dos tourné. Hélas, elle avait attrapé au vol celui de Marc et découvert qu’elle était la risée de tous. Immédiatement elle avait mis sa main sur son fessier, et attraper le papier wc. Vexée, humiliée, nous avions eu droit illico à une interro écrite sur la dernière leçon, plus 4heures de colle pour toute la classe, bien sûr le samedi pour bien ennuyé nos parents, et forcément recevoir une autre punition. Elle avait l’art de nous apprendre le respect, cette Zoé. Plus personne de toute l’année ne s’est avisé de se moquer d’elle.
    Je te remercie de m’avoir fait revivre l’espace de ta lettre cette époque où nous étions heureux sans le savoir. Que dirais-tu de se revoir pour échanger d’autres anecdotes ? je te laisse mon numéro de téléphone. Appelle-moi. (79 83 03)

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