574e exercice d’écriture très créative créé par Pascal perrat

Exercice d'écriture très créative

Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.


Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

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19 Responses

  1. Urso dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.

    Ce midi mon voisin m’a apporté mon bilan de compétences.
    Rentrant de vacances, il l’a trouvé dans sa boîte aux lettres.

    Ah ce double-mètre comment a-t-il fait pour se tromper de destinataire. Quel bougre.
    De plus, il me propose de drôles de choses pour m’éclater dans la vie.

    D’abord sachant que je suis un peu sportif, il me conseille de faire de l’alpinisme, de préférence dans l’Himalaya.
    Il est fou ce mec. Je ne vais pas risquer ma peau pour ses beaux yeux.
    Et puis vous me voyez escalader des montagnes moi qui ai horreur du froid. Non et non je ne suivrai pas son conseil de casse-cou.

    Pour que je m’éclate dans la vie, il souhaite également que je parsème mon beau jardin d’une flopée de mines antipersonnelles.
    Il est vraiment dingue ce type.
    J’ai été appelé du contingent il y a bien longtemps de cela, mais ce n’est pas une raison pour que l’extérieur de mon pavillon contienne ces engins. Non et non, une telle ineptie je ne la ferai jamais.
    C’est trop dangereux et risqué.
    Si des amis viennent chez moi le week-end ; qu’ils se baladent dans le jardin pour admirer mes belles fleurs : vous voyez un peu le carnage que ça ferait. Et la menace de ces mines pour mes proches, il y a pensé ce rustre.

    Il suggère aussi qu’au petit déjeuner et au dîner, je mange une grande quantité de grenades. Il ne précise pas s’il s’agit de fruits ou de grenades pour la guerre.
    Non et non. Je ne veux pas de ça moi. Pas de violence.

    Les conseils de monsieur le Grand Hêtre sont tordus ; ils doivent être jetés à la poubelle !
    Heureusement que ma société a financé le bilan de compétences. Dans le cas contraire, je l’aurai enterré vivant ce monsieur Hêtre dans sa forêt de Fontainebleau.
    Certainement il a dû fumer de la moquette pour écrire de telles absurdités.

    M’éclater m’éclater, il y a mille manières de le faire avec plus de délicatesse … par exemple avec de la dynamite ou de la nitroglycérine.
    Souvenez-vous du livre et du film « le Salaire de la Peur », où des hommes, au risque de leur vie, conduisent des camions bourrés de cette saloperie de nitro.

    Ah ah, à la fin du bilan, vous savez quoi, il me demande de passer plus de temps sous la douche, car il a eu l’impression, lors des entretiens, que je ne sentais pas bon.
    Il ajoute qu’il s’est senti obligé de souvent aérer la pièce dans laquelle nous étions et de brûler de l’encens plus que de raison.
    Il divague. Oui, son destin c’est d’aller rapidement dans un hôpital pour les fous.

    Ah ah il est fort ce gars, car vous ne devinerez jamais.
    Moi mon nom c’est Le Gland de Toilette, Gaspard Le Gland de Toilette.
    Alors je crois qu’il me taquine, en voulant que je me lave un peu plus souvent à l’eau de pipi.
    Moi je veux rester moi-même : un adorable petit Gland de Toilette qui mange en ce moment des côtelettes d’agneau, avec des petites cacahuètes et une bonne piquette. Et qui prend de temps en temps la savonnette pour se décarcasser la petite barbichette.

  2. françoise dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.
    Que fais-tu en ce moment pendant tes loisirs ?
    Je lis  Shakespeare ! J’ai commencé Hamlet:les Capulet et les Montaigu . Si fj’ai bien compris pendant le repas de noces on leur a servi des faines et des glands. Ils n’en avaient jamais mangés, se sont bagarrés, puis étranglés et et sont tous morts !
    C’est une histoire de fous !
    Non de rois !
    Ëtre ou ne pas être ! là est la question !
    Grand hêtre vous comprenez tout et vous avez toujours raison
    Oui mais tu sais “La ténacité peut avoir raison de la raison elle-même ».” …
    Retourne te loger dans le sac d’où tu es sorti
    Oui vous avez encore raison Grand Maître, la nuit va tomber et je risque de me perdre
    et seul sur le chemin je risque d’être avalé par un cochon
    et ce serait pour moi une mort indigne

  3. Anne LE SAUX dit :

    Il était stressé. C’était la première fois et il tenait à peine debout tellement il tremblait. Un bilan de compétence : voilà le supplice qui l’attendait. Tout était dit dans la convocation puisque « compétence » était écrit au singulier. Pas d’illusion à avoir. On n’espérait pas plus de lui…

    Il arriva près du Grand Hêtre, son confident, son référent, son guide. Il retira sa casquette en signe de respect. Il garda les yeux baissés et, d’une voix mal assurée, entama son monologue.

    – Bonjour, Grand Hêtre. Je suis venu te consulter avant mon premier entretien de « Bilan de Compétence ». Je suis très inquiet et j’ai besoin de tes conseils, tes encouragements et ta bienveillance. Toi seul peux remplir ce rôle. Je te l’ai déjà dit, je suis de ta famille. Toute mon enfance, j’ai entendu « Tu t’y prends comme un gland », « On ne fera jamais rien de toi, tu ne vaux pas plus qu’un gland ». J’arrête la litanie, tu la connais déjà. Et cela me fait mal d’y repenser.
    – Bonjour Laurent. Tu es là pour recenser tes compétences. Alors, dis-moi.
    – Je crois que je suis sensible et altruiste. Mais tu sais bien que ce ne sont pas des qualités dans le milieu professionnel.
    – Je t’arrête. Le monde irait mieux s’il n’y avait que des gens comme toi. Continue.

    La conversation dura longtemps. Laurent repartit ragaillardi et confiant. Ils allaient voir de quoi un gland est capable ! Et désormais compétence ne s’écrirait plus jamais au singulier. Pour personne.

  4. Daliane dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.

    Cher Akène (votre deuxième prénom est quand même plus élégant que « Gland »),
    après étude de votre dossier, nous avons pu établir votre bilan de compétence. Sachez d’abord, Monsieur, que nous vous remercions pour cette démarche. C’est peu commun : un gland qui s’interroge sur le sens de sa vie.
    Monsieur, sachez ensuite que, étant donné votre condition, deux solutions se présentent à vous : vous allez finir ou bien dévoré par un spécimen plus ou moins imposant de Suidé ou encore par un de ces horribles et arrogants mammifères proliférants se supposant au sommet de la famille des Primates ; ou bien vous allez finir enterré vivant.
    Je sais qu’au premier abord, et quelque soit la solution, votre destin semble tragique. Et il l’est.
    Mais, mon cher Monsieur, j’ai l’immense honneur de vous dire que la tragédie raconte bien souvent les plus belles histoires.
    En effet, si vous êtes dévoré, vous aurez contribué à la perpétuité d’une espèce ! Car vous et vos congénères êtes d’une richesse rare. Vous répondez à beaucoup de besoins essentiels au fonctionnement de ce monde et peu de vous acolytes granulés peuvent en dire autant ! En effet, vous remplissez pratiquement toutes les cases : glucides, lipides, protéines, oligo-éléments ainsi que quelques vitamines du groupe B. Félicitations !
    Et si vous êtes enterrés, vous contribuerez à l’évolution de votre propre espèce et aurez rempli avec brio votre rôle premier de reproducteur. Là encore, toutes mes félicitations.
    Vous qui doutiez de vos compétences et du sens de votre vie, vous pouvez maintenant la remplir de joie et de bonheur en attendant sereinement votre sort.

    Mais, après tout, c’est à vous de voir… Je ne suis PAS votre père, je ne suis qu’un Grand Hêtre…

  5. A dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.

    Ton chêne tu quitteras
    Sous mon ombre tu vivras
    Rien tu ne feras
    Ton temps tu perdras
    Sinon
    Avec mes faînes tu joueras
    Chaque soir tu adoreras
    L’Hêtre Suprême qui est devant toi
    Non, ne t’offusque pas
    La modestie, c’est fini
    La Saint Glan-Glan adviendra
    Et tu t’y conformeras
    Advienne que pourra
    Les cochons te respecteront
    Ah ! Crénom de nom
    Tu verras comme c’est bon
    D’avoir changé de patron !

  6. Françoise Rousseaux dit :

    Il était une fois un gland intrépide ; au lieu de rester sagement sous le chêne qui l’avait enfanté, il partit à l’aventure, emporté par un écureuil qui le déposa au pied d’un tilleul et…l’oublia. Plus tard, il fut découvert par un second écureuil qui l’emmena et le déposa dans le creux d’une vieille souche. Il s ‘accorda un court repos, puis repartit ; d’écureuil en écureuil, il parvint jusqu’au grand Hêtre pourpre, l’arbre le plus sage de toute la région. Il souhaitait lui demander conseil avant de s’enterrer pour hiberner.
    – Bonjour, Ô grand Hêtre, je suis un petit gland qui doit choisir un endroit pour passer l’hiver et au printemps, peut-être germer..Que me conseilles-tu ? La forêt profonde ou la haie bocagère ?
    -Ni l’une ni l’autre, petit gland intrépide.
    -Ah bon ? Pourtant dans la forêt, je serais entouré par mes semblables ; connectés par nos réseaux souterrains, nous pourrions nous protéger mutuellement contre d’éventuelles agressions.
    -Certes, petit gland, mais hélas, vous ne pourrez pas vous protéger contre la tronçonneuse du bûcheron, qui, sans état d’âme vous abattra, selon les diktats de l’exploitation forestière.
    – Mais alors, la haie bocagère ? N’est-elle pas protégée ? Son utilité a été démontrée depuis des années : remparts contre les tempêtes, abris pour la bio-diversité..
    – Les tronçonneuses sévissent aussi dans les bocages ; les arbres empiètent sur les surfaces cultivables, et puis on peut revendre le bois, alors, on coupe et on recoupe !
    – Mais alors, je ne vais pouvoir m’implanter nulle part !
    – Rassure-toi, il existe encore quelques îlots, comme ici. Regarde autour de toi…Nous sommes dans un parc, le propriétaire des lieux nous protège, nous bichonne. Nous croissons, nous nous épanouissons en toute quiétude. D’ailleurs il y a encore de la place, alors si le coeur t’en dit…Mais n’attend pas trop longtemps avant de t’enterrer, car l’hiver arrive !

    Le gland a-t-il suivi les conseils du hêtre, ou bien est-il reparti vers d’autres horizons ? Nul ne le sait. En ce moment, le vent fait chanter les grands arbres du parc, et de temps à autre, un écureuil voltige dans les branchages dénudés par l’hiver. Dans quelques années, peut-être, il y aura un jeune chêne qui poussera. Et chaque automne, des petits glands intrépides joncheront le sol…

  7. Nadine de Bernardy dit :

    A mon éminent confrère et néanmoins ami,le vénérable Charme

    je souhaite adresser à votre attention le bilan de compétence demandé par un jeune gland afin de savoir si je peux le lui faire parvenir tel quel ou si vous estimez que des modifications s’avèrent nécessaires.

    Après moult constatations
    Ces conseils nous te donnons :
    Tu sers de nourriture aux cochons
    Ce pour quoi nous te remercions
    Petit gland soit fier de toi
    Tu es utile et beau à la fois
    De ton chêne au fond des bois
    Tu mûrit puis tu chois
    Afin que l’on puisse te ramasser
    Dans de grands sacs t’entasser
    Continue à progresser
    Sur ce chemin à avancer
    Suis le sentier de ton destin
    Qui a un jour rejoint le mien
    Tête haute avec les tiens
    Rejoins le Panthéon des glands sereins

    PS; si avec ça je ne lui ai pas restauré son ego
    je viens me pendre à vos rameaux

    Le Grand Hêtre

  8. Maguelonne dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétences auprès d’un Grand Hêtre qui avait gommé son Pr pour en faire un H. Ceci pour endormir la méfiance du client. Nous vivons une époque très compliquée. Faut faire gaffe à tout
    « Mon ami, à la lecture de ton bilan de compétences, j’en déduis que tu n’es qu’un petit glandeur. Mais petit gland peut devenir grand. Tu as du potentiel, je le sens.
    Aie confiance en toi. Assume.
    Lever tardif, grasse matinée, sieste à toute heure, contemplation, chaise longue à l’ombre d’un grand chêne….Ah, être un glandeur né. Pas donné à tout le monde.
    Sache qu’un bon glandeur en fait glander dix, et dix, puis dix encore. Et si tu es malin, car quand on glande c’est bien d’être intelligent, tu deviendras le Grand Prêtre de tes « supposés glandeurs ». Ils n’auront plus d’yeux et d’oreilles que pour toi. Faut, l’air de rien, savoir mener les troupes
    La glande est à toi, mon ami. Vive la glande. Cela fait deux cent euros payable en liquide. »
    Gland, stupéfait, aphasique, sort les billets.
    « Tu refermeras la porte derrière toi s’il te plaît. Et pourrais tu déposer ce plateau à l’office. Merci. »

  9. Alain Granger dit :

    Si tu es le fruit du chêne il ne faudra pas dormir sur le sable ou sur les feuilles mortes qui se ramassent à l’appel de l’automne. Tu risques alors de finir dans l’humus, dans la décomposition même si cela doit mettre de bonne humeur un sol qui en sera très fertile. Si tu as de l’ambition il faut que tu deviennes l’ami dont l’humain a besoin, un ami qui t’aura fait perdre ton astringence pour mieux le nourrir en cas de pénurie. Bien sûr tu auras l’impression de te faire rouler dans la farine mais tu seras utile à son alimentation. Tu lui auras souvent sauvé la vie. Malheureusement, il semble qu’aujourd’hui il ait changé d’avis pour te donner à manger aux cochons. Mais hier, les anciens étaient suffisamment agiles pour te faire cuire dans plusieurs eaux mêlées d’argile, afin que tu perdes ton tanin protecteur mais nocif pour eux. Ton goût s’adoucissait pour se nuancer entre châtaigne et noisette. Bien avant la Caisse d’Epargne, les écureuils et autres rongeurs te stockaient pour l’hiver. Les humains qui ramassaient des châtaignes ou des glands étaient mal considérés. Ils étaient, soi-disant, des fainéants qui ne cultivaient pas. On les prenait pour des glands, comme ils disaient, étrangers à la disette. Certains de ces détracteurs avançaient même que les Corses avaient importé des glands d’Eure, mais c’étaient surement de mauvaises langues, confortablement assis sur leurs tracteurs. En tout cas les guérisseuses t’utilisaient en tisane pour traiter les brûlures d’estomac, les hémorragies, l’inconsistance urinaire et même la tuberculose. En ces temps de retour à la nature tu as peut-être un avenir tout trouvé. Si tu es torréfié, on peut même faire de toi un bon café, sans caféine. Tu vois, on peut te tricoter de différentes manières lorsque tu retires ta cupule, un chapeau en guise de pull-over lorsque tu as un peu trop chaud.

    Si tu es au bout du pénis tu seras souvent désiré mais parfois plaisanté par quelques muqueuses engoncées dans leur tabou. Il te faudra être doux et ne pas t’innerver inutilement. Si tu tiens bien ton rôle tu seras érigé en totems phalliques à défaut d’être drôles. Tu seras alors bien jugé. A ce moment « on te dit latté » même si l’amour est loin du parquet. Tu écouteras ton plaisir dans le micro sillon de ton méat urinaire et tu en seras béat. Tu pourras devenir un roi mais si tu es trop bref, ce seras un pépin pour ta partenaire. Tu ne seras plus alors qu’un sir concis. Mais ne sois pas non plus trop timide car si tu baisses la tête, ce corps spongieux ne sera que l’éponge de tes regrets.

    Voilà quelques conseils que je te donne pour ton bien être, pour que tu ne sois plus sot, que tu viennes du chêne ou que tu ais rompu les chaînes du puceau.

  10. LURON'OURS🐻 dit :

    🐻LE HÊTRE ET LE GLAND
    Louis IX dans le bois de Vincennes tenait son lit sous un chêne. En Normandie, le Chêne d’Allouville s’en souviendrait. Issu d’une haute lignée depuis plus de 1000 ans, donne-t-il encore des glands ? Un tronc à sa base recueille les offrandes des pèlerins. Dans la forêt, il n’y a pas essence plus ancienne. Au milieu d’une clairière s’élève un hêtre, haut ! Qu’il est haut. Le jour, on le convoite, la nuit, on le vénère. Un sort le protège. Le cercle magique à ses pieds serait la ronde des fées. Un gland s’y aventure. Comment a-t-il pu rouler jusque sous sa ramure ? Oubli d’un geai peut-être, d’un écureuil sans doute, ou quelque déjection de plantigrades. Bref, il y est! Tous deux parlent de  »hasard et nécessité  ». Quand bien même la forêt serait réduite à ces deux entités, l’ermite pourra s’y recueillir, la poétesse méditer. Par l’entremise du roseau pensant, un arbre sera charpente, un autre échafaudage, dans l’île de la Cité. Pour toute éternité, à l’échelle de l’humanité.🐻

  11. Michèle B.Beguin dit :

    Depuis qu’il est tout petit, un jeune garçon malingre, était maladroit, bégayait, oubliait les mots, s’emmêlait les pieds trop souples et trébuchait souvent. Il était placé depuis sa plus tendre enfance dans un pensionnat pour orphelins.
    Ses oublis, ses erreurs, ses maladresses l’avait affublé, par ses camarades, du surnom de « Gland » ce qui l’attristait. Mais il grandissait en beauté, devenait un homme bien bâti, solide, et petit à petit trouva une certaine assurance.

    Un matin le directeur lui demanda de le suivre dans son bureau.
    « Tu viens d’avoir 18 ans, alors il est temps pour toi de retrouver ton père. Tu trouveras dans cette enveloppe tout ce qui te sera nécessaire pour ta recherche »

    Akène partir d’un pas sûr pour retrouver ses racines. En peu de temps il réussit à joindre ce père qui l’accueillit chez lui, près de la forêt.
    Un homme de très grande taille, d’une belle corpulence, vint vers lui en souriant et étendit ses grands bras pour l’enlacer, mais ce qui le surprit fut sa chevelure cramoisie.
    « Bonjour Akène. Je suis content de te voir si beau, si fort. Tu étais si petit quand tu as roulé à mes pieds. Je t’ai ramassé car tu étais si faible. Mais je ne suis pas ton père, juste celui qui a pris soin de toi.
    Tu as 18 ans, alors, nous allons faire le point sur tes compétences, ce que tu as appris, ce que tu es aujourd’hui. Tu es d’accord?
    « Oui, répondit Akène, intimidé »
    « Voici une feuille et un morceau de branche. Que peux-tu en faire? «
    Le jeune homme retourna les deux éléments, sortit son canif et en peu de temps construisit ce que sa créativité et son coeur lui avait dicté.
    « Explique-moi ce que tu as fait et ce que ces deux éléments t’inspirent »
    « J’ ai construite cette barque car je sais que les voyages forment les esprits, et avec le vent dans les voiles, elle peut aller loin. Le bois est un matériaux noble qui peut produire le papier, créer les toitures des maisons et aussi des meubles ainsi que chauffer les intérieurs. Il sent bon. Des arbres en nombre protègent les espaces du vent trop violent, peuvent devenir les lieux de vie de certains animaux et permettent aux amoureux d’inscrire leur initiales sur leur écorces.
    La feuille est le prolongement de ce bois d’arbre qui grandit, se modifie, change avec des racines de plus en plus fortes. Des feuilles qui conduisent aux fruits «

    L’homme lui sourit « Tu as un grand coeur, plein de vie et d’imagination. Tu es noble, comme l’ont été ton père et ton grand-père. Tu deviendras un grand chêne, fort et digne, comme tu commences à l’être. A côté je suis petit, je suis un hêtre pourpre, et ma taille pourra atteindre 15m, alors que la tienne sera plutôt de 30 mètres. Tu pourras vivre jusqu’à 500 ans et au delà, seul ou en groupe, selon ton choix.
    N’oublie jamais que pour un être humain avoir un chêne à ses abords est signe de force et de sécurité. Ton écorce et tes feuilles ont des vertus médicinales, et tes glands ont un goût de noisette.
    Tu vois comme tes compétences sont grandes en plus de celles que tu as construites dans ton coeur et ton esprit, durant ces 18 dernières années, et toute la puissance acquise pour grandit en beauté.
    Vas maintenant, tu as la force et le coeur. La vie t’appelle »

    Akène remercia l’homme en se serrant contre lui, et partit pour choisir son lieu de plantation.
    Il sait déjà que ce sera proche des humains pour cette synergie qu’il ressent profondément.

  12. Fanny Dumond dit :

    Grand Hêtre
    Docteur es faines
    30 ans de pratique

    Petit gland,

    Suite à notre entretien du mois dernier, j’ai grand plaisir à vous faire part de mes conclusions sur votre profil et je suis enchanté de vous donner les bonnes pistes pour vous éclater dans la vie.

    – Savoir être : je vous conseille de vous montrer davantage au lieu de rester caché sous les feuilles de votre chêne, pas celle de vigne, entendons-nous bien. Soignez votre apparence et prenez garde à conserver votre intégrité. Qui ira vous cueillir si vous avez perdu votre capsule ?

    – Savoir avoir : n’hésitez pas à vous bien vous vendre. Vous avez de réelles capacités qu’il vous faut mettre en avant, même si vous n’avez aucun diplôme. Le bagou vous fait défaut, alors n’hésitez pas à en rajouter lors de vos entretiens. 
     
    – Savoir faire : vu votre jeune âge, vous n’êtes qu’encore un gland de lait. Aussi, vous faudra-t-il vous exercer pour multiplier vos connaissances. Comme vous m’êtes sympathique, je tiens à votre disposition quelques adresses de ceux qui recrutent en CDD, voire pour une heure ou deux. 

    Le mieux pour vous, et pour la nature, serait de vous multiplier avant de finir en farine ou dans le groin d’un cochon. 

    Dans l’espoir que ces conseils vous seront utiles, je vous souhaite une belle vie.
     
    Bien à vous.

    Grand Hêtre

    P. J. : ma facture de 75 euros, à régler dès réception.

  13. Souris bleue 🐀 dit :

    🐀RÉACTION EN ‘CHÊNE
    Deux glands se rencontrent fortuitement
    Par ennui se prirent
    Elle devint én-Orme
    Naquirent de cette union des ‘ hêtres ‘ qui ne pensèrent qu’à ça ! Pas eu besoin de demander conseils ils surent faire, au point que certains à force d’efforts certains restèrent un ‘Peu-pliers’.

    Je demande pardon à tous pour cet étalage de fadaises mais le sujet m’a laissée sèche.🐀

  14. Dominique dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.

    Bon ! le rendez-vous chez WoodUse … je n’y croyais pas trop !
    La dernière fois, bof bof ! des recommandations éculées sur la vie en forêt, le lâcher prise et autres foutaises. En résumé, je n’y croyais pas trop.
    Surprise ! Déjà, le lieu de rendez-vous : non pas clairière B12 ou croisement H2 mais « à l’orée du levant » ! Plutôt sympa !
    Le Grand Hêtre avait dû lire Shakespeare car je le sentais un peu flageolant. Pas trop les racines sous terre mais la frondaison dans le vent. Pas très ancré, quoi ! C’est pourtant ce qu’on nous demande à nous les jeunots ! Soyez ancrés !
    Donc, l’ancêtre ébouriffé m’a regardé débouler devant lui, pas plus ému que ça ! ça tombait bien, moi non plus ! Je me sentais même d’humeur à lui river son écorce s’il tentait de me faire la morale.
    Mais non ! pas de morale !
    Il connaissait certainement la règle des trois « C ».
    C’est vieux comme le monde, mais ça marche assez bien. Je vous raconte le principe : pas de Critiques, pas de Conseils, que des Compliments !
    Et il m’assura donc que j’étais le plus joli gland qu’il avait jamais rencontré, le plus instruit et le plus poli.
    Que je n’avais certes pas à me soucier de mon avenir puisque Mélusine, Viviane et Morgane s’étaient assurément penchées sur ma naissance et m’avaient insufflé toute l’énergie et la vitalité dont j’aurai besoin au cours de ma longue vie ; puisque avait-il ajouté, je faisais partie du plan
    « 1 gland pour 100 ans »
    Trop fier !
    Et là, je me suis rappelé ce que disait mon père :
    « la graine se souvient de l’arbre qu’elle sera » !

  15. iris79 dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.

    -cher petit gland, aux vues des résultats de ton bilan, voici ce qui pourrait aider à devenir grand…

    -n’oublie jamais d’où tu viens
    -sois solidaire avec tes frères.
    -laisse toi porter juste ce qu’il faut par le bon vent qui t’emmène.
    -ne crains ni la pluie ni le gel
    -accepte la protection des feuilles tombées avant toi
    -laisse toi du temps avant de passer aux choses sérieuses
    -ne t’enterre pas trop vite dans ta vie d’adulte
    -profite du temps qui passe et apprend
    -respire l’humus, l’air vivifiant
    -éloigne toi un peu de l’endroit où tu es né
    -parcours le pays, souris à la vie et reviens pas très loin, quand tu seras prêt
    -gorge toi d’eau quand sera venu le moment
    -trouve toi une bonne terre nourricière
    -nourris toi de son histoire et écris la tienne.

  16. Antonio dit :

    Le maître n’avait toujours rien dit tandis que le fruit du vieux Chêne attendait comme on lui avait appris, sagement, à son pied.

    « Maître ? » osa-t-il murmurer au bout d’une heure. C’est qu’il ne voulait pas prendre racine avant de s’être éclaté un peu avant dans la vie. L’arbre centenaire bruissa alors quelques mots entre ses feuilles qui venaient d’avoir vent des recommandations du ciel.

    — Pour devenir grand, déploie tes ailes dans l’air du temps ».

    — Mais je n’ai pas d’aile, se désola le gland, étriqué dans sa coquille.

    — Si tu cherches bien au fond de toi, tu en trouveras, bruissa à nouveau la voix du maître. Quand on veut voler de ses propres ailes, on n’a pas d’autre choix. Va ! conclut-il avant de prendre congé.

    Le gland ne se voyait pas plus avancé quand il retourna, en coup de vent, au pied de son géniteur pour lui faire le compte-rendu de son entretien. Le vieux Chêne avait beau apprécier le grand sage de la forêt, mais il trouvait que ses recommandations étaient aussi caduques que ses vieilles feuilles.

    — Ah ! Et dire que ça se prend pour une huile qui éclaire le monde, ironisa-t-il. Ne reste pas planté là, comme un imbécile et va rouler ta bosse. Pas besoin d’aile pour prendre son pied. Ah ! ah ! Si je te racontais ma vie de gland. Allez oust !

    Le petit se résigna à quitter les siens et s’enfouit dans les bois, ronchonnant sous sa cuculle et rêvant d’ailes pour s’éclater dans l’air du temps. Quand il sentit une force le soulever d’un bond et l’élever sur le tronc d’un grand Hêtre pourpre. Il était porté par la gueule d’un écureuil à côté d’une petite faine.

    C’était grisant, une sensation de grand huit dans une fête foraine. De branche en branche, ils se rapprochaient du ciel. De grands oiseaux tournoyaient au-dessus des cimes des arbres, le soleil jouait à cache-cache avec les nuages, et le vent faisait valser les feuilles sur un rythme à trois temps.

    — Comment tu t’appelles ? elle lui demanda entre les cris de vertige.

    — Glandu de Chêneau, et toi ?

    — Fannie, juste Fannie. J’espère que l’on ne va pas se faire croquer tout de suite.

    Non, l’aventure dura huit jours et huit nuits, merveilleuses, avant qu’un sanglier ne déniche la cachette de l’écureuil.

  17. Kyoto dit :

    Excusez-moi, Grand Hêtre, avec tout le respect que j’ai pour vous, je vous avoue ne pas être surpris par l’étude de mon bilan de compétence. Je vous rappelle que je me suis prêté à cette expérience de bon cœur. Et cela m’a bien fait rigoler.

    Oui, je glande ! Et alors ? Je n’ai pas besoin de vos recommandations pour m’éclater dans ma petite vie de glandouilleur. Et vous devriez vous rapprocher de Grand Chêne, il vous dira tout le bien qu’il pense de moi.

    Oui, je suis Gland, et je le vaux bien. On ne fait pas de moi de la confiture et j’en suis tout confit. Mais quoiqu’il en soit, je ne passe pas inaperçu.

    Dans les villes, par exemple, moi et mes cousins, nous chutons, sans parachute, sur les trottoirs. La semaine dernière, une vieille femme, un peu aventureuse, s’est amusée à glisser sur le tapis éphémère que nous formions. Elle était hilare, jusqu’au moment, où elle a chuté. Malgré le col du fémur fracturé, elle en rit encore.

    Dans les forêts, nous sommes attendus avec impatience. Les sangliers, par exemple, nous dévorent avec une telle voracité que nous sommes bien heureux de les contenter. Vive les Bienheureux. Parfois, un ou plusieurs d’entre nous, après s’être bien éclatés, prennent racines. Un jour, ils deviendront Grands Chênes. Il faut bien remplacer les arbres morts. Vive la nature !

    Oui, je suis Gland et j’en suis fier ! Et si j’ai un conseil à vous donner, Grand Hêtre, laissez-nous glander.

  18. Laurence Noyer dit :

    Pour être un bon glandeur
    Ne faites pas de plan. Acceptez de vous perdre
    Ne prenez pas les grands chemins. Prolongez les petits sentiers
    Laissez trainer vos yeux. Regardez les détails
    Faites durer les pauses. Vagabondez
    Cueillez ce qui se présente. Devinez le dessous des feuilles
    Ecoutez la nature. Inventez-la
    Abandonnez vos projets. Continuez de flâner
    Soyez patient. Vous trouverez
    Amusez- vous. Sautez dans les flaques
    Etirez vos yeux. Au-delà de la canopée
    Rencontrez enfin le fruit de votre imagination
    Glandiose !

  19. Sylvianne Perrat dit :

    Désireux de faire le point, un gland vient de se prêter à un bilan de compétence près d’un Grand Hêtre. Rédigez les recommandations du maître pour l’aider à s’éclater dans la vie.
    J’ai étudié ton bilan de compétences. C’est plutôt un bilan d’incompétences ! Jusque-là, tu as glandé, tu as fureté de feuille en feuille, regardé les étoiles, joué avec les écureuils. Tu ne sais rien faire. Aucun diplôme. Aucune formation. Aucune ambition.
    Comment veux-tu devenir un grand arbre comme l’était ton père ? Et ton grand-père.
    Tu es superficiel. Tu restes à la surface des choses. Tu ne te poses jamais. Tu virevoltes comme un papillon. Il te faut creuser pour t‘enraciner.
    Quel sens donnes-tu à ta vie ? Nous devons travailler tous les deux sur ton objectif. Pourrir ou grandir ? Ou tu te poses quelque part, tu creuses et tu patientes jusqu’à l’enracinement et le déploiement. Ou tu continues à glander. À bayer aux corneilles et un jour tu seras sec, infertile.
    Aies confiance, nous sommes tous passés par-là. Une étape indispensable avant de s’éclater !
    Bientôt, tu verras tes feuilles s’épanouir, tu toucheras les nuages, flirteras avec les étoiles, joueras avec le vent.
    Mon petit, tu seras grand !

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