517exercice d’écriture créative imaginé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative
Créativité littéraire

Drame végétal dans un jardin public.
Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.
D’après…

Inventez la suite de cette proposition automnale


Naissance de cette idée

29 Responses

  1. Maïté P dit :

    « Le Petit Vivace »

    Rubrique – Faits d’hiver

    Drame végétal au parc Duden

    Chaque année, à cette même époque, nous sommes spectateurs d’événements tragiques qui bouleversent notre communauté. C’est le dixième événement de ce genre cette semaine et cette nuit encore cela s’est produit : « une feuille morte aurait entraîné plusieurs membres de sa famille dans sa chute ».

    Fleur Dubois pour le Petit Vivace

    Disparitions inquiétantes

    Alors qu’elles étaient en pleine migration vers le sud, un groupe de grues auraient disparu dans la zone de la vallée de la Gartempe. Ces grues faisaient parties du comité d’élite. Leur mission était de chercher une nouvelle voie, plus sûre, pour effectuer leur migration. Le chemin qu’elles ont emprunté n’avait jamais été exploré jusqu’alors.

    Mésange Champêtre pour le Petit Vivace

  2. soledad granger dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.

    D’après les bruits-sonnements, tintinabulements, plus légers qu’un murmure de clochettes, multiples feuilles, au formes si variées, sicelées, aux couleurs chatoyantes, jaunes dorés, oranges éclatants, rouges sombres ou vifs et celles brunes aussi, qui chacune perdrait ses couleurs un jour, mais profitaient encore pleinement de la vie…de toutes les espèces d’arbres qui avaient étaient plantées là, des années de cela.

    Dans ce jardin public où s’embrassaient les couples d’amoureux fugaces ou éternels, et tous de se foutre pas mal du regard oblique des passants coincés…ou bien s’enlaçaient, se pelotonnaient, se pelotaient sur l’herbe douce des pelouses interdites, dans les derniers rayons d’un été indien s’attardant tranquillement, tandis qu’un peu plus loin, quelques enfant s’amusaient à rouler en riant le long des pentes de grands talus…qu’une vielle dame lisait des livres, ses plus vieux amis et compagnons, à un analphabète (pourquoi bête dans ce mot ?) Découvrant la douceur d’une voix fanée et passionnée, partageant avec lui, bien plus jeune, son amour de la littératures, et lui émerveillé devant tant d’images surgissant, prenant formes et vie dans son esprit, qui sans être éduqué n’en était pas moins sensible et imaginatif…

    Dans ce parc public, une feuilles morte « aurait » entrainé deux membres de sa famille dans sa chute…

    C’est la feuille, la saison, le vent, c’est le temps ?
    Entrainé, entrainé, c’est vite dit, un chouia d’illusion de liberté, de grâce, de toutes façon les vaguelettes s’étaient déjà formées autour d’une aile de papillon, âme si peu incarnée…et la vie continuerait pour les autres.

    Il était juste temps, pour elle, sans doute,
    De tourbillonner sur un dernier air de valse, seule,
    De songer à toutes ces merveilles vécues, tous ces bons moments,
    D’ignorer délibérément la cruauté de la vie, de s’en foutre éperdument.

    Et de se perdre, dans l’arbre magique de Klimt…
    De disparaitre,
    Sans larmes, ni regrets,
    Car quelque part l’univers entier dansait, danserait,
    Mouvement , mouvements, chorégraphie mystérieuse dans le silence interstellaire.

    Que cela avait était écrit, bien avant,
    Et que si le sens échappait, l’essence s’épanouissait, elle.
    Juste une fragrance, imperceptible aux autres, à peine l’haleine d’un dernier soupir.

    Que d’aucuns railleraient, et alors ? Quelle importance ?

  3. Catherine B dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    C’était l’automne : un grand soleil, une brise légère, le flamboiement des arbres du parc.
    Une petite fourmi pleurait : elle était toute seule depuis la veille.
    D’après la coccinelle, une feuille morte aurait entraîné deux membres de sa famille dans sa chute.
    D’après l’araignée, un moineau aurait picoré les deux insectes.
    D’après le merle, c’est l’araignée qui aurait pris les deux fourmis dans sa toile.
    La petite fourmi pleurait.

  4. Urso dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.
    D’après la lune, au clair de la lune, mon ami Pierrot.
    Voilà ce qu’une feuille juste tombée d’un marronnier ne cesse de chanter. Passant à proximité, un petit escargot lui dit :
    – Et la feuille c’est joli ce que tu chantes !
    – Oui c’est joli mais je suis malheureuse : tu sais, je viens de tomber avec ma petite fille de cet arbre, et ne la voyant plus, je crois que le vent l’a emportée. Quelle misère, quelle misère, hou hou.
    Le gastéropode pressent la tristesse de la feuille mais il ne trouve pas les mots « bleus » pouvant la réconforter.
    Subitement la feuille s’écrie :
    – Quelle puanteur par ici !
    Ah ah fit l’escargot, tu es collée contre une crotte de chien.
    – Oh non fit la feuille il ne manque plus que ça. Elle s’aperçoit en effet qu’elle est sur un excrément.
    Puis, sa colère monte. Elle en veut à la lune. Car l’autre jour l’astre l’a rassurée : elle ne tomberait que dans plusieurs jours. Or, c’est l’inverse qui s’est produit, et en plus elle a chuté avec sa petite fille.
    Et la feuille crie tout fort, à tel point que l’escargot est fort surpris :
    Ah ! la prochaine fois que je te vois chère lune je vais te dire mon mécontentement !
    Alors l’escargot demande avec une petite voix :
    – La lune la lune, c’est quoi, c’est une bestiole ?
    Comme par magie, cette question fait retomber la colère de la feuille.
    Et avec douceur elle lui dit :
    – Oh non ce n’est pas du tout une bestiole. Comment te dire ? heu, c’est quelque chose qui se trouve dans le ciel et qui est toute ronde. Ah oui j’oublie, et en plus la nuit elle brille. Ça fait beaucoup hein.
    – Oui dit l’escargot, ha ha.
    – Tu sais qu’avec la lune des fois on se parle, et en retour elle m’envoie des messages. La nuit souvent je la regarde et je me dis – surtout lorsque elle est toute brillante – qu’elle est vraiment irremplaçable.
    La feuille veut enchainer avec les étoiles mais elle est interrompue par l’escargot :
    – Je suis heureux lança-t-il, heureux. Aujourd’hui, c’est un jour différent pour moi car j’ai appris un tas de choses, et cela grâce à toi petite feuille, et pour te remercier je vais te délivrer. Et de toutes ses forces, il réussit à la décoller de la crotte et l’amène dans un endroit qu’il connaît.
    Dans ce petit coin, notre feuille peut ainsi très tranquillement continuer sa vie, au sec et à l’abri du vent. Et très souvent elle s’entretient avec l’escargot, de la pluie et du beau temps, et aussi de sujets plus philosophiques.

  5. Françoise - Gare du Nord dit :

    Drame végétal dans un jardin public pourtant sans aucun charme. Une feuille morte aurait entraîné deux membres de sa famille dans sa chute.
    D’après, les fagots qui circulent, elle serait tombée d’un frêne et n’en serait pas restée là. Elle aurait tenté de convaincre les feuilles des autres arbres en leur tenant ce discours digne de nos plus grands poètes, d’Apollinaire à Verlaine en passant par Baudelaire.

    « Ecoutez-moi les filles. Le vent d’automne frissonne, le soleil pâlit, la nature expire et notre parc est en deuil. Les arbres bientôt seront dépouillés et spectraux. L’heure de notre trépas arrive. Je vous invite à faire taire les sanglots longs des violons de l’automne qui blessent nos cœurs d’une langueur monotone pour faire de l’automne la plus belle des saisons. Ne voulez-vous pas tomber en tournoyant et joncher le sol d’un tapis de feuillages aux multiples teintes, du jaune doré au rouge le plus plus brun ; un tapis aux odeurs boisées ou musquées de l’humus ; un tapis qui craque, crisse ou crépite sous les pas. »
    Mais elle n’essuya qu’affronts et rebuffades

    – « Pas question pour nous de nous laisser ramasser à la pelle et encore moins de nous faire piétiner et certainement pas de mourir!» s’insurge la feuille de laurier. « Nous voulons nous préserver pour la gloire du petit salé en particulier et du gastronomique  en général»
    – « Nous attendons notre visa pour le Canada. » s’excuse la feuille d’érable. « Là-bas, notre rousseur est appréciée et nous sommes emblématiques. Tu comprends, c’est pour la symbolique »-
    – « Non, nous ne voulons plus, rendre les routes glissantes et causer la mort d’automobilistes » se défend la feuille du platane. « Nous ne voulons plus être maléfiques »
    – « Arrête avec tes salades » la rabroue la feuille de chêne. « Tu es vraiment écotoxique et certainement pas poétique»
    – « Nous avons voué notre vie à la tisane » s’excuse la feuille d’aubépine. « Sais-tu que nous sommes antispasmodiques »
    – « Nous préférons attendre Noël » explique la feuille de houx. « Ce n’est pas seulement druidique, mais également christique »
    – « Quand à nous, nous attendons le 14 juillet » renchérit la feuille du peuplier. «Pour nous, c’est patriotique »
    – « Nous aussi nous préférons l’été. Maintenant, il fait trop froid » abonde la feuille de vigne. « Même si c’est impudique »
    – « Nous ne voulons plus travailler » s’insurge le bouleau. « Nous refusons tout ce qui est bolchevique »
    – « Nous préférons rejoindre notre arbre généalogique » se justifia la feuille du hêtre. « Que veux-tu !  C’est atavique »
    – « Nous sommes convoquées à une session de l’ONU » se défend la feuille d’olivier. « Pour nous, la priorité c’est le pacifique »
    – « Mais ce n’est pas l’heure. L’automne n’est pas encore arrivé » gémit, tout ensommeillée, la feuille de tilleul, ivre d’un abus d’infusion. « Laisse-moi dormir, de ta part, c’est sadique »
    – « Laisse tomber » la console la feuille du marronnier que l’on sent concernée. « Elle nous fait le coup tous les ans. Au lieu de reculer l’aiguille de sa montre, elle l’avance toujours d’une heure. Que veux-tu c’est systématique »

  6. Nouchka dit :

    ⁃ Vous avez su ce qui est arrivé chez les Verveine ?
    ⁃ De quoi voulez-vous parler ? Ont-ils des soucis ?
    ⁃ Oui, des soucis familiaux
    ⁃ Racontez, que leur arrive-t-il ?
    ⁃ Et bien l’autre jour, au jardin des Plantes, alors qu’ils étaient ensemble, à l’heure de la sieste, à leur place habituelle, leur fille cadette, de santé fragile, s’est décrochée de son rameau et est tombée sur sa mère qui se reposait sur le rameau inférieur.
    ⁃ Or vous savez, cette grosse fille, au lieu de se retenir, s’est écrasée de tout son poids sur sa mère… mais ce n’est pas le pire
    ⁃ Ah bon ?
    ⁃ En effet, la fille n’allait pas bien depuis qu’elle avait été barbouillée de pâte à tartiner aux spéculos par un enfant qui avait laissé tomber sa tartine sur le plant de verveine citronnée. Depuis, la fille respirait mal et, a chuté sur sa mère en rendant son dernier souffle. Du coup, la mère qui étouffait, a tenté de se dégager en agrippant son vieux compagnon. La texture visqueuse est ainsi passée de la fille à la mère puis au père produisant l’asphyxie de chacun d’eux.
    Le plus cocasse, si j’ose dire, est que l’herboriste qui faisait sa feuillette, a ramassé les feuilles mortes et collantes, et ramené le tout au magasin. Les quelques feuilles gluantes imbibées de cannelle, girofle, muscade et cardamome furent infusées dans l’eau chaude. Il en ressortit une composition inédite que l’herboriste a améliorée d’une dose d’alcool pour en assurer la conservation.
    Cette création a séduit son instigateur qui a tenté de reproduire son innovation, de multiples fois, malheureusement sans succès. Il s’est néanmoins vanté de sa recette et a, in fine, réussi à la faire réaliser par un laboratoire bien connu de Haute Loire.
    Comme quoi le malheur des uns fait, encore et toujours, le bonheur des autres.

  7. Anne Lonjaret dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.
    D’après…
    …..Sylver info c’était à la nuit tombée. Entre chiens et loups. Cette sorte de nomen’s land où l’oreille et l’oeil doivent se réhabituer.
    Mais là, lové dans le creux d’un arbre plus que centenaire, un petit d’homme s’était réfugié, comme appartenant à l’écorce même. Faisant corps avec cette dernière. Il demeurait comme au creux ancestral du ventre de La mère.
    Mais repassons plus terre à terre, sinon, comme à mon habitude je ne vais que trop user de métaphores philosophiques qui font des noeuds dans le cerveau.
    Cette petite famille de feuille dans le parc, il y en avait 3 membres. Ils sont tombés devant les yeux doucement avec le vent. Les yeux les regardent simplement tomber à terre. Délicatement des doigts les ramassent. Il y a 2 feuilles et un pince nez d’érable. De quoi simplement s’amuser. Cette petite trompe porte bien son nom. la voici qui se trouve légèrement entre ouverte et posée sur les ailes du nez. Les feuilles quant à elles se retrouvent sur les bords des yeux.
    Juste le plaisir simple de s’amuser avec avant que ces 3 membres ne se disloquent complètement avant l’hiver.

  8. pakitapom dit :

    Drame végétal dans un jardin public. Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute. D’après…la statue de pierre figée dans sa gangue de mousse mais, depuis toujours, très cancanière, une feuille déjà bien roussie aurait exhorté deux de ses copines à sauter le pas. Les jouvencelles encore tendres hésitaient, graciles funambules à leur branche par un fil retenues.
    Il y avait beau temps que la tornade rousse lorgnait la mousse et rêvait de s’y rouler mais seule, cela manquait d’attrait . Elle avait du bagout et sut donc, des réticences de ses copines, venir à bout . Avec le vent pour complice, elle eut tôt fait de les rendre à son caprice et elles plongèrent toutes trois vers d’aventureux abysses.
    Chacune à son rythme : la première va- t-en guerre, pressée, s’arracha en hâte à la branche qui tentait de la retenir et, en riant, s’élança dans le vent, impatiente, à l’humus déjà toute acquise . Passion et réflexion sont souvent en contradiction . Elle vola un moment, c’était grisant, puis s’écrasa, déjà, sans aucun éclat au milieu de la terre et des gravas abandonnés là.. Quelle déception !
    La seconde, qui n’avait d’autre don que celui de l’imitation, en bon mouton, fit de même . Timide et de peu d’éclat, déjà un peu piquetée de rouille et par les vers passablement grignotée, elle n’avait pas vraiment de personnalité et ne rêvait sûrement pas de liberté. Disparaître, se noyer parmi les autres dans le feuillage, surtout ne pas faire de vague. Tremblante, rongée d’inquiétude, imaginant le pire, elle ne résista pas au vent qui la poussait dans le sillage de la rouquine…Le cœur en vrille et l’estomac au bords des lèvres, les yeux fermés pour surtout ne rien voir .elle tomba d’un coup lourdement et les mâchoires voraces d’un escargot glouton furent les seules à assister a son enterrement.
    La troisième était fantasque, aimant se laisser surprendre alors quand elle aussi bascula dans les airs elle sourit doucement et se posa légère sur le vent . Le vent la trouva jolie et ce terrible Aquilon d’automne pour la faire sourire se fit Zéphyr. Pour ne pas la perdre trop vite, il l’emporta, tendre brise, vers les pays chauds . Elle s’émerveilla du voyage, des nuages et des vagues sur la mer . Elle appréciait tout ce qu’elle déecouvrait et, quand le vent la déposa sur le sable, coquette, elle fit un brin de toilette et se retrouva en robe de gala au milieu du Sahara…
    Une enfant nomade qui passait par là, en la voyant, se baissa, la ramassa avec autant de bonheur que si elle avait découvert un trésor et s’en vint la montrer à son père. L’ homme bleu prit la feuille couleur de vieux cuir tanné, la regarda longtemps , pensif. Puis , il en parcourut délicatement les nervures du bout des doigts . Ensuite, il demanda à son enfant d’ouvrir la main :
    « Regarde Naima, le cadeau que t’a fait le vent. Ta main est comme la feuille , traversée de nervures, ligne de vie, ligne de chance, ligne de coeur…Tout cela t’appartient et toi seule peut le mener à bien mais n’oublie jamais, enfant, si tu veux vivre longtemps, que la nature et toi ne faites qu’un et que sans elle, nous ne sommes rien. »

  9. Gregoriane dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille morte aurait entraîné deux membres de sa famille dans sa chute.

    D’après le coup de pinceau du peintre, c’est ce qu’il voulait laisser voir. Mais en regardant de plus près la peinture, ne serait-ce pas les bourrasques du vent qui seraient la cause de cette chute collégiale. Voulaient-elles parer le sol d’un bijou vermeil pour illuminer la toile ? Déposer à nos pieds les feux mourants du printemps de l’hiver, offrant çà et là des pourpres et ors ? « Drame végétal dans un jardin public ». Où est le drame ? Je ne le vois pas. En revanche, sur ce tableau, chaque couleur me fait frissonner. Je m’imagine marchant sur les chemins des bois, respirant les fragrances chaudes et capitonnées d’humus, de terre humide, de mousse, de feuilles séchées, d’essences subtiles de pins, de cèdres, d’arbres roux ; j’entends presque le murmure de la balade de l’automne, le crissement de mes pas sur le tapis de couleurs flamboyant ; je m’enivre de la symphonie silencieuse vibrant autour de moi, je m’enivre de toute cette lumière, de cet élixir de jouvence où les feuilles mortes donnent vie à la beauté.

  10. Mireille FLEURIET dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.
    D’après… « Brocéliande nouvelles », le journal de la forêt.

    Ce n’est pas une catastrophe et cela ne vaut pas la Une du journal.

    Feuille Rousse notre personnage et ses sœurs feuille Jaune et feuille Orange discutaient de concert, elles savaient qu’elles devaient bientôt quitter le vieux chêne qui entamait son streep tease annuel. Il les avait vu en bourgeons, grandir et au fil des saisons changer. Un vent plus fort vint interrompre leur conversation, en s’engouffrant dans les quelques feuilles qui persistaient à rester. Le vent gonflant ses poumons souffla si fort, que feuille Rousse se détacha la première de la branche, suivie par ses deux sœurs.

    Venez cria-t-elle en virevoltant dans les airs, telle une trapéziste un jour de Gala. Elle montait, descendait au gré du vent qui prenait un plaisir à les faire voler tels des oiseaux fantastiques. Rousse se sentait légère, légère, enivrée, saoulée par le vent, elle n’avait jamais senti un tel vertige. Sa vie allait se terminer sur un air de liberté. Ses sœurs avaient déjà atterri au sol sur le tas de feuilles que le jardinier avait préparé pour les brûler. Lorsqu’à son tour, elle glissa avec élégance, rejoindre ses sœurs et ses congénères.

    Le jardinier fut attiré par cette dernière, sa couleur rousse lumineuse, la faisait ressortir du lot.

    Toi, lui dit-il en la prenant délicatement dans sa main, je te garde pour mon Herbier.

    Et c’est ainsi, que Rousse commença une nouvelle vie…

    Quand vous vous promenez dans les bois, tendez l’oreille et écoutez, vous pourrez entendre la Forêt parler…

  11. iris79 dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.
    Cette feuille aurait délibérément accroché son frère et sa sœur pour les précipiter avec elle sur le sol alors qu’ils n’avaient pas encore revêtu leurs couleurs mortuaires.
    Cette information est à prendre à la légère, comme la brise qui les aurait portées pour les déposer plus que pour les faire chuter comme on voudrait nous le faire croire.
    En cette saison il n’est pas rare de voir ce genre de rumeurs. Chaque année, c’est la même chose. On scrute les feuilles des arbres voisins. Toutes veulent être la première à se détacher et rendre l’âme pour avoir les honneurs de la clameur de l’automne, avoir la chance d’être ramassé la première pour entendre les gens s’extasier sur sa couleur, être prise en photo, finir sur un tableau.
    Dommage que cette rumeur vienne gâcher le petit rituel annuel des habitants qui aiment, au cœur de ce petit parc de ville, s’adonner à leur petite routine tranquille, regarder le bal-let des feuilles d’or se mêler à celui des feuilles rouges, écouter le crissement des feuilles mortes qui craquent sous leurs pas, s’asseoir sur les bancs et regarder le soleil donner toutes ces lettres de noblesse à cette saison. Aucun des passants ne saurait dire quelle feuille avait donner le top départ de l’automne et l’attrait de cet endroit n’avait vraiment rien à voir avec cette fausse information ! Quand tous les arbres seraient nus aux portes de l’hiver, tout le monde aurait oublié de quel houppier cette fameuse feuille s’était échappée.
    Le vrai drame serait que, plus jamais, les feuilles ne puissent se disputer cette opportunité de s’échapper la première, de ne plus avoir de point de chute et ne plus pouvoir offrir ce spectacle de saison.
    Parce ce que ce que la première feuille tombée ne pouvait dire c’est qu’elle chuta sur une autre feuille, un tract parait-il, sur lequel on pouvait deviner dans l’encre diluée par la pluie tombée, « non au parking à la place du jardin public ! »

  12. Kyoto dit :

    Drame végétal dans un jardin public !
    Morte en jaunissant.
    Morte en rougissant.
    Ah ! La belle affaire ! Comme chante le Grand Jacques !
    Le destin de la feuille n’émeut personne, c’est écrit dans ses nervures.
    Ah ? Elle a entraîné dans sa chute deux membres de sa famille ?
    Ah ! La belle affaire !

    N’avez-vous pas vu leur chute ?
    Tout en couleurs.
    Tout en douceur.
    J’ai même entendu leurs rires.
    J’ai appris leurs jeux.
    J’ai ressenti leur espoir.
    Une autre vie peut-être ?

    Elles sont là, étendues sur la mousse humide,
    Lascives et confiantes.
    Elles ne craignent pas le chien et son pipi gratuit,
    Ni les souliers des piétineurs,
    Ni le râteau du jardinier, ni la déchetterie.
    Elles écoutent les histoires des fourmis,
    Des chenilles et tous leurs amis.

    Une voix, un rire !
    Le voilà. Il vient pour nous.
    Elles s’agitent, se tortillent,
    Demandent au soleil de les enluminer
    Pour qu’il ne voit qu’elles !
    Il a entendu leur rire.
    Il a entendu leur musique.

    Le petit enfant, encore tout innocent s’écrie :
    « Maman, Papa, les belles feuilles !
    Elles nous ressemblent ! »
    Sa main potelée les saisit délicatement.
    Un trésor contre son cœur !
    Elles écouteront les chagrins et les joies.
    Un trésor de la Nature
    Et de l’Esprit.

  13. françoise dit :

    Drame végétal dans un jardin public.
    Une feuille malade aurait entrainé deux membres de leur houppier dans sa chute.
    L’une d’elles, fâchée, lui demanda qui allait capter à leur place la lumière et remplir la fonction de photosynthèse ?
    Tu rigoles non ? Trois feuilles de plus, trois feuilles de moins ne changeront rien à l’affaire ! Regarde, près de nous, ce livre ouvert dont une feuille s’est envolée; tu crois que le lecteur va interrompre sa lecture pour autant ? Il ne s’en apercevra peut-être même pas.
    Tu ne connais vraiment rien à la littérature. Je me souviens qu’un jour alors qu’une maman lisait une histoire à ses enfants, à l’ombre de notre ramure, l’un d’eux lui dit  » Maman tu as sauté une page !  » 
    Ah bon !
    Tu connais cette citation : Les papillons ne sont que des feuilles envolées un jour de fête où la nature était en veine d’invention et de fécondité
    Tu confonds tout : ce n’est pas des feuilles envolées mais des fleurs envolées…
    Tu me gâches un peu plus ma journée avec cette réflexion acerbe
    Comme dit la chanson « çà ira mieux demain » mais peut-être « que tu as peur de demain, pourtant, hier est aussi dangereux». Je l’ai lu quelque part.
    Soudain, deux messieurs une chanson à la bouche les ramassèrent et les mirent à leur chapeau……..la première resta au sol et se sentit bien seule.
    Lecteur qui me lisez ne soyez pas triste d’autres feuilles viendront bien vite lui tenir compagnie.

  14. durand JEAN MARC dit :

    DRAME VEGETAL DANS UN JARDIN PUBLIC. UNE FEUILLE MORTE AURAIT ENTRAINE DEUX MEMBRES DE SA FAMILLE DANS SA CHUTE.

    D’après nos toutes dernières informations, le cas ne serait pas isolé. C’est pourquoi nous ouvrons cette page spéciale, en nous excusant auprès nos amis de l’Ovalie, du report de la transmission du match France/Luxembourg, dans le cadre du tournoi des 18 territoires 2051.

    Sont présents sur notre plateau pour en débattre, sans se battre, Mr Guy Tare, ancien ministre de la Culture, de l’Agriculture, codirecteur du festival « Les Betteraves Enchantées ». Egalement, de façon tout à fait exceptionnelle, vu ses larges obligations, Albert Bère, spécialiste de l’athéisme français, pamphlétaire actif et redouté, auteur entre autres du best-seller: « Dieu pour les nuls ». Nous attendons également l’imminente arrivée d’Hélène de Mouton, naturaliste reconnue, membre de la société des Beaux Arbres, aujourd’hui présente parmi nous au titre de fondatrice du mouvement: « Touche pas à ma branche ». Est déjà installé Mr Henri Card, maire d’un petit village du Sud, souhaitant partager son expérience de la chute des feuilles inadaptées dans son canton, l’amenant à exiger de l’Etat la reconnaissance en catastrophe naturelle pour toute sa communauté républicaine, travailleuse et vêtue dans les normes de la bienséance admise selon les bruits de la majorité qui n’en peut plus de se terrer. Madame Simone Veille, habitante de Neuilly sur Ardèche sera notre témoin innocent, notre avocat du Diable, notre tête à claques et je rappelle qu’il est interdit de l’insulter plus de douze fois par heure et jamais plus de deux intervenants à la fois. Pour terminer XD22Nl%, notre robot documentaliste, détecteur de fausses informations, chargé de contrôler les abus de mensonges et habilité à balancer une décharge électrique aux contrevenants. Voilà….tout est en place….

    Mais avant tout, UNE PAGE DEPUBLICITE……………………………………..Dentifrice………………………………………..marine nationale………………………………………….prostate…………………………………………petit déjeuner………………………………….hybride…………………………………toussaint……………………………………………masques………………………………………appareils auditifs…………………………..99%des bactéries…………………………………80% des femmes……………..biscottes………………….restez chez vous…………………………………….la meilleure mutuelle……l’eau de source….

    ET….PUBLICITE……………….liberté……………………….moins cher………………………plus cher……………………….cancer………………….lessive………………….eau de javel……………………………………pare-brise………………..prochaine série…………………………..spécial automne!

    Voilà, voila, à qui la parole …..??

    ATTENTION DERNIERE MINUTE: CHANGEMENT DE PROGRAMME, PRIORITE AU DIRECT. Nous sommes avec Anne Claire Fontaine parvenue sur place avant tout le monde, pour témoigner en LIVE de ce qu’il risque de se passer. Il s’agirait d’une passerelle, bousculée par un vent de 76km/h NNO comme on n’a jamais vu dans cette gorge oubliée des activités pastorales depuis un siècle et des vagabondages touristiques, depuis peu. Vous nous dites qu’elle va probablement tomber et que, horreur, un escargot, tentant vaillamment la traversée, se trouve coincé au milieu de la dite passerelle. Nous avons une pensée émue pour toute sa famille, ses proches, ses amis…et son banquier, me glisse-t-on, car aux dernières nouvelles , le gastéropode n’aurait pas encore remboursé la totalité du prêt engagé pour l’achat de sa nouvelle coquille. Des bruits auraient couru que le nommé Helix serait un étranger rentré illégalement, le 24 août 2050, dans les environs du col de Tende. De fait, après enquête, il s’agirait bien d’un authentique Bourguignon, tentant la première traversée Sud/Nord, de Marseille à Dunkerque. ALLO ANNE, ALLO ANNE….je vous reçois très mal! Vous dites que les pompiers seront bientôt sur place…et qu’un hélicoptère va….ALLO ANNE… ALLO ANNE….ALEAS… ALEAS…bon, excusez-nous, ce sont les aléas du direct, comme disait le cher technicien Emile Jactaest, avec qui j’ai travaillé de longues années…et qui a disparu… !

    Allons, allons, ne laissons pas l’émotion nous envahir et perturber nos capacités de réflexion…reprenons…reprenons, s’il vous plaît!

    Nous en étions à ??? Ah..oui..?? pardon ?? Ah oui, d’accord…Euh…eh bien, désolé, mes chers amis, et chères amies, mais la direction de la Chaîne ASSERV 22 m’avertit que le débat ne sera pas possible car il va bientôt être 17h, l’heure du couvre-feu télévisuel!

    Avec toutes nos excuses. Merci pour votre présence, merci pour votre participation, merci pour votre écoute, merci de nous rendre la combinaison étanche que nous vous avions juste prêté pour l’émission. Merci à toutes et tous, et les autres, pour votre attention, à demain, si vous le pouvez bien.

  15. Blanche dit :

    Le Bull d’Ose Air
    – J’te l’avais bien dit !
    – Quoi ma pervenche adorée ?
    – Qu’ils allaient nous nicker grave avec leurs pesticides …
    – oui je sais je sais
    Mais ! ….
    Toi être ma reine visionnaire
    c’est pour cela que je te kiffe grave tu sais grave de chez grave mon Amour de pervenchette adorée …
    – Oh mon Cheri mon p’tit tronc de charme …(l’arbre ok ! ) que j’aime entourer de mes tiges fleuries…
    – Oh! Ma petite pervenche que j’aime !
    Oh! Oh! Regarde un peu l’effet que tu me fais… … … … …

    Et tandis qu’ils s’affairaient à quelques contorsions et penetrations végétales le bull d’ose-air approcha du parc et Boris coupa le moteur

    Il aimait bien jouer avec son p….n de bull ce con … comme ça tu vois juste un bâtard d’Hitler …mais ciblé végétal …
    Ce mec là, Boris passait toutes ses heures de boulot à détruire, saccager, piller, guillotiner et repartait tout en JP
    ( Jouissance Perverse) d’autres jardins …

    SAUF que ce matin là… un gentil p’tit lutin malin s’approcha du bull sans faire de bruit et du bout pointu de son Layole rouge …creva avec un plaisir non dissimulé les 4 pneus Michelin- Good Year-Firestone ( pas de jaloux ok ! ) et murmura en souriant
    “ niqués graves le Boris et son bull” !!!

    Et ajouta “bonne journée à toutes et tous et surtout merci Pascal pour ses sublimes élans imaginatifs “ !

    Blanche Ziba

  16. RENATA dit :

    Drame végétal dans le monde de la cellulose .
    D’après Melle Gazette , cette Une était morte depuis longtemps :
    – Morte de moins de lecteurs et d’abonnés
    – Morte de ne plus éveiller d’intérêt
    – Morte de ne plus séduire
    – Morte de ne plus être touchée , pliée , dépliée , repliée
    – Morte de ne plus être glissée sous un bras
    – Morte de toutes ces mauvaises nouvelles qu’on lui imprime
    Elle devait se recycler !
    Un jour exceptionnel où elle est en main , elle profite d’une rafale de vent , s’envole et tombe dans une flaque d’eau , entrainant avec elle la page des sports et la page politique .
    Elle pense que c’est sa dernière actualité .
    Un artiste , en manque d’inspiration , errant dans le jardin public , les remarque et les ramasse .
    Il les modèle , les mélange , les marie à d’autres feuilles .
    Il façonne ainsi un magnifique arbre de vie , qui ne perdra jamais ses feuilles , lui .

  17. Blackrain dit :

    On découvre à la une de la feuille de chou de Nantes: « Drame dans un jardin public. Une feuille aurait entraîné les membres de sa famille dans sa chute ». La feuille vivait sans histoire sur l’un des peupliers d’un jardin public nantais. Ou du moins on le croyait. Il est vrai que sur son rameau, on disait qu’elle préférait commercialiser la chlorophylle, dans des conditions opaques, plutôt que se livrer à la photosynthèse comme les autres familles. Sa lignée était croyante, émanation d’une ligue Onès plus sectaire que d’autres branches de sa généalogie. La feuille avait, semblait-il une belle famille, unie, qui avait donné quatre bourgeons, trois garçons et une fille. Mais l’on peut plier sous le poids du mensonge. Sa chlorophylle se vendait male. Pour la feuille Dupont, ce n’était pas la joie. Son teint se jaunissait en ce début d’automne. Elle avait les limbes tristes. Plutôt que d’avouer ses difficultés et ses emprunts à sa femme, Dupont préféra tout cacher dans ses nervures. La sève circulait mal. Il se desséchait. Un matin de grand froid humide, la feuille décida de lâcher l’affaire. Mais plutôt que de laisser tomber, de choir seul en pleine déchéance, elle préféra entraîner toute sa famille dans sa chute. Ses enfants ne virent jamais le petit matin. On les retrouva avec leur mère, enterrés au pied de l’arbre, recouverts par le labour de la pluie, découpés en morceaux. Mais aucune trace de Dupont. Il s’était enflammé dans la voie de la destruction. Mais la feuille était-elle morte en ce mois d’octobre ? Les enquêteurs se le demandaient. Avait-elle prévu de survivre ? S’était-elle laissé emporter par le vent vers des cieux provençaux ? Le saurait-on un jour ? L’article ne répondait à aucune de ces questions.

  18. Maguelonne dit :

    Une feuille désespérée pleurait et criait. Née tardivement au printemps, et l’automne étant déjà là, elle avait subi de plein fouet le dérèglement climatique et se retrouvait brutalement toute desséchée. D’un coup elle passa du vert au marron bouseux.
    -Je n’ai pas eu mon habit d’automne avec ses mille reflets pourpres et or. Le vent n’a pas fait frémir mes tons d’ambres chatoyants. Personne n’a admiré mes rousseurs flamboyantes. Ça n’est pas juste. Pourquoi moi ? Je ne veux pas tomber, je ne lâcherai rien.
    -Mais ma fille, c’est la vie. Nous n’y pouvons rien. Accepte, abandonne toi. Je suis sûre que tu feras mieux l’année prochaine.
    -Ahh ! Regardez s’écria la grande sœur, regardez. Je n’en crois pas mes yeux !
    Cet automne étant particulièrement calme, les pleurs et cris de la jeune feuille avaient résonné très fort et attiré tous les médias qui n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent. Les meilleurs paparazzi s’étaient déplacés. Radio « je te saoûle » et radio. « je t’embrouille » avaient dépêché sur place leurs chroniqueurs les plus habiles.
    Télé « trifouille » et TV « cafouille » couvraient l’événement avec la ferme intention d’en faire un drame national, un drame à arracher les larmes des téléspectateurs, un drame tel qu’ils pourraient s’enorgueillir d’avoir été les premiers à lancer la cagnotte pour l’enterrement d’une jeune feuille partie trop tôt, trop vite, trop laide.
    Petite feuille réalisa que le pays entier la scrutait sous tous les angles. Elle se sentit tellement moche avec sa robe fripée, ses larmes et la morve qui coulaient, qu’elle décida de précipiter la fin. Elle commençait à décrocher quand une petite voix lui susurra à l’oreille « la célébrité, même pour un mauvais prétexte reste la célébrité ».
    Elle voulut se raccrocher aux branches mais ne réussit qu’à saisir sa mère et sa sœur qu’elle entraîna dans sa chute. Les deux sœurs hurlaient d’effroi, de colère, de dépit.
    -Mes enfants, du calme, nous tombons ensemble, nous hivernerons ensemble et reviendrons ensemble au beau mois d’avril dit la mère.
    – Petite mère, toujours aussi naïve !
    La pelle du cantonnier, oubliée au pied de l’arbre était prête à accueillir la famille feuille.Qui dit pelle du cantonnier, dit incinération et bye bye le prochain printemps. Dans l’émotion, les feuilles n’avaient rien vu, mais les journalistes, SI. Mais personne n’avait moufté. Du piment, du piment pour nos lecteurs et téléspectateurs, faut que ça buzz.
    À moins qu’un petit vent coquin envole au loin, et dépose sur un lit de mousse tendre notre famille feuilles.

  19. Antonio dit :

    D’après les premiers témoignages, il s’agirait d’un banal accident automnal. A Central Park, les cadavres gisaient par milliers sur le sol sans que cela n’émeuve le pékin new-yorkais qui foulait leurs corps moisis durant son footing matinal. Sauf Xi Qiong, un pékinois, court sur pattes qui lui servaient seulement à courir après les écureuils gris jusqu’aux pieds des arbres de Manhattan, hauts en couleurs, où les rongeurs lui échappaient.

    Le petit épagneul, d’une maîtresse portoricaine de quatre-vingt automnes, qui aimait lire dans le parc les œuvres de Pancol, s’était ému au pied de ce hêtre sans défense qui venait de perdre trois membres de sa famille d’un coup. Un sale coup.

    Le coupable n’était pas le vent, comme le stipulaient deux écureuils passant par là, cachant chacun une faîne sous son manteau, non. Il n’était pas encore levé. Il faisait la grasse matinée, comme souvent le dimanche matin.

    Le coup avait été porté par l’un d’eux justement, alors que Xi les suivait innocemment pour essayer de répondre à cette question qui intriguait sa maîtresse : pourquoi étaient-ils tristes le lundi ?

    Cela faisait des semaines qu’il enquêtait pour lever le mystère autour de ces petites bêtes vives et gracieuses pour qu’il avait de l’affection parce qu’elles lui ressemblaient un poil. Seulement, il en était arrivé à la conclusion que cette espèce d’animal était surtout tristement préoccupée à amasser et enfouir sous le tapis de feuilles mortes toujours plus de fruits à coque pour mieux les dealer l’hiver. Le lundi, comme les autres jours, d’ailleurs.

    Sauf que ce dimanche matin, le pékinois assista à un phénomène stupéfiant. Alors que sa maîtresse semblait plongée dans un chapitre capital, il fut entraîné malgré lui, jusqu’à un hêtre brun à grandes feuilles, adorable. Un des écureuils grimpa dessus, le second semblait faire le guet en bas. Le premier rongeur souffla quelque chose dans les branches des feuilles qui, vertes de peur, ne bronchèrent pas, bruissant un refus craintif à peine audible, dont Xi n’eut vent. Le second écureuil grimpa à son tour et fut plus menaçant, se jetant sur sa victime pour lui voler ce qu’elle cachait en dessous. Elle se débattit comme elle put mais se déchira de sa branche entraînant avec elle deux membres de sa famille dans sa chute. Trois jeunes pousses nées du redoux d’octobre, venaient d’être sacrifiées sur l’autel du trafic de coque.

    Xi avait tout vu. Mais que valait la parole d’un pékinois à Central Park, dans le monde de Trump ? Il savait désormais que les écureuils n’étaient pas plus tristes le lundi, ils étaient au mieux rongés par le remord de leurs crimes.

  20. camomille dit :

    Une feuille morte aurait entrainé deux membres de sa famille dans sa chute.
    D’après…VAR MATIN qui a recueilli le témoignage d’un enfant :

    – Oui M’sieur, je la regardais depuis un moment cette feuille, parce que je la trouvais très belle et que la maîtresse nous avait demandé de dessiner une feuille d’automne.
    – Elle était si belle que ça ?
    – Oh OUI M’sieur, c’était la plus belle et je la voulais comme modèle mais elle, elle ne voulait pas poser pour moi.
    – Pourquoi dis-tu ça Petit ?
    – Parce qu’elle m’a crié: va-t’en Petit, va-t’en… tu vois pas que tu me gènes ?
    – Ah ! Et alors ?
    – Alors je me suis caché derrière l’arbre d’en face pour continuer à la regarder tellement elle était belle… Si vous aviez vu ses couleurs M’sieur, on aurait dit un incendie avec tous ces rouges, tous ces oranges…
    – Et que s’est-il passé ensuite ?
    – Ensuite, et dès qu’elle a cru que plus personne ne l’observait, elle a sifflé comme pour lancer un signal à ses deux sœurs…
    – Oh Petit ! Tu vas un peu loin là !
    – Je vous assure M’sieur…. Elle a sifflé et a crié : « c’est bon les filles, on peut y aller, suivez moi » !
    – Vraiment?
    – OUI !… Alors, Ma feuille s’est détachée la première, et au passage, elle a entraîné ses deux petite sœurs. Elles se sont mises à voltiger en riant et en chantant : « YOU YOU ! !nous sommes libres, nous sommes libres » !
    et elles riaient, et elle riaient M’sieur et puis… et puis… elles ont disparu et je ne les ai plus vues….Je suis triste M’sieur.
    – Ah ! Comment t’appelles-tu Petit ?
    – Antoine M’sieur
    – Et que veux-tu faire plus tard ?
    – Aviateur M’sieur… Aviateur !

  21. Laurence Noyer dit :

    Suicide collectif

    Chaque année en automne, se joue la tragédie
    Un drame saisonnier, une mort annoncée
    Une volonté d’Hêtre dans un projet hardi
    D’une autodestruction savamment programmée

    Ça commence au printemps par la consommation
    Addictive et massive de manne chlorophylle
    Chaque arbre veut la voir tomber dans sa sébile
    Pour s’en alimenter, et sans modération

    Il y a tant de Charmes dans chaque fin d’été
    Comment imaginer que de cette insouciance
    Bientôt le dernier acte va devoir se jouer
    Et voir chaque tonnelle vidée de sa substance

    Accordant ses ramures à la couleur du deuil
    -Cuivrées et mordorées pour atteindre le ciel-
    La forêt résignée abandonne ses feuilles
    Car déjà les bourgeons sur les branches renaissent

  22. 😺 LURON'OURS dit :

    😸 IDYLLE
    Drame végétal : dans un jardin public, une feuille morte aurait entraîné deux membres de sa famille ( sans compter le chien) dans sa chute.
    D’après …
    Je portais les deux valises, elle, le baluchon. Le téléphone avait borné un peu plus loin vers une haie de peupliers où nous nous étions reposés. Du talus nous contemplions la rivière. J’avais rêvé ce moment, étendu avec mon amie en regardant l’eau. Elle était constitutive de la transparence du lieu, jouait avec le friselis de la ramure légère et le vent ondulait l’herbe verte de sa caresse.
    Toute fois c’était jour d’automne. Une feuille se détacha semblant entraîner ses voisines dans sa chute comme un acte prémédité, obéissant au cycle de la nature.
    Nous, nous y voyions une intentionnalité, celle de nous cacher à jamais le combiné avec la photo de nos délices sous un lit de feuilles. Brusquement nous nous trouvions dans un autre espace. Aujourd’hui cette scène s’est figée pour toujours comme dans un autre temps. Le chien demeurait immobile à nos côtés comme s’il sentait une frontière invisible. 😸

  23. Nadine de Bernardy dit :

    Le Petit Mauricien
    Edition du 27.10.20

    Drame végétal dans un jardin public:

    une feuille morte aurait entraîné deux membres de sa famille dans sa chute…

    Le Petit Mauricien
    Edition spéciale du soir:

    La feuille se CROYANT morte,aurait TENTE,en vain,de chuter avec deux de ses soeurs.Nous croyons nécessaire d’apporter cette rectification au vu des certaines réalités.
    Le jardin public étant situé dans l’émisphère Sud,à Pamplemousse très exactement,est planté d »espèces tropicales qui ne subissent quasiment pas les affres des saisons.

    La police locale de Port Louis enquête sérieusement pour découvrir celui ou celle qui aurait intérêt à faire courir ce bruit, sans doute destiné à attirer les touristes curieux d’un tel phénomène.
    Pour l’instant les recherches restent vaines,mais les soupçons se portent sur un membre influent du PDM.
    Les recherches sont encore au point mort,les mesures de surveillance ont été renforcées.Un policier posté derrière un arbre sur trois.Des bénévoles arpentant, l’air de rien,les allées du parc dans la journée.

    Quand à la pauvre feuille,après bien des efforts pour accomplir ce qu’elle croyait être sa destinée,elle s’est résignée à rester à sa place,consolée de sa déception par l’intérêt dont elle est l’objet,botanistes compris.

  24. 🐀 Souris verte dit :

    🍁🍂 UNE ŒUVRE D’ART

    Toute sa vie elle avait exercé son art dans la nature. Amie de la pluie et du vent elle cueillait, ramassait ce que ces éléments lui offraient. De ses doigts magiques Charlie, après leur avoir fait toilette et longuement caressés elle en tournait des abat-jours, des fresques, elle réchauffait les bois qui se laissaient tordre, les habillait de feuilles mordorées pour en faire des personnages . Les hommes souvent nus juste vêtus d’une feuille bien placée, les pommes de pin dans leurs atours de vigne vierge pourprée se faisaient duchesses ou fermières, .
    En un mot, elle était la nature et ne vivait que pour elle.
    À l’automne de sa vie, couchée dans son petit lit elle imaginait encore des décors, des fresques sur les murs blancs.
    Par ce bel après-midi de novembre en regardant part la fenêtre elle vit une jolie feuille dentelée dorée se coller sur le carreau, puis deux puis trois prenant les formes de personnes dont elle se rappelait bien, celles aujourd’hui disparues, celles qu’elle avait créés et d’autres… Les siens.

    Charlie émerveillée par ce tableau, dernier cadeau de sa nature comprit qu’Ils étaient venus la chercher.
    Elle ferma les yeux et dans un dernier sourire se laissa emporter s’imaginant dans un lit de feuilles… 🐀

    • Coriandre dit :

      Par un bel après-midi automnal, Capucine, rédactrice au journal « Maisons et jardins » se rend au jardin public des Feuillantines, emportant avec elle son livre préféré « Paroles de Jacques Prévert ». Elle en connaît par cœur les moindres rimes mais apprécie de s’y replonger après une semaine harassante.

      Assise sur un banc, elle feuillette son livre tout en se livrant à une méditation sur la beauté de la nature.

      Puis s’extrayant de sa lecture, elle balaie du regard les allées de ce beau jardin et aperçoit Juliette, la chanteuse du quartier, à la voix suave et ténébreuse qui entonne l’air des « Feuilles mortes ».

      Cette célèbre chanson chargée de nostalgie, replonge Capucine dans sa rêverie tout en l’invitant à contempler les jolies feuilles mortes aux couleurs chamarrées, joncher le sol.

      Soudain, au son de cet air nostalgique une belle feuille dorée de platane entraînant dans son mouvement de lévitation ses deux amies feuilles de marronnier, s’élève au dessus du sol pour se désagréger répandant ainsi sur le sol quelques miasmes.

      Ce refrain maintes et maintes fois écouté, a ravivé chez cette feuille à l’automne de sa vie, le souvenir de son amour de jeunesse perdu, un beau gland à l’allure d’un jeune éphèbe grec, provoquant ainsi ce funeste passage à l’acte.

      Capucine, médusée par ce spectacle, frissonna et rentra chez elle pour rédiger un article sur le drame végétal auquel elle venait d’assister ce qui donna :

      Drame végétal au jardin des Feuillantines,
      Une feuille de platane entraîne dans la morts deux de ses amies feuilles de marronnier suite à un chagrin d’amour non surmonté.

      Ce suicide collectif fera couler beaucoup de sève et toute la rédaction présente toutes ses sincères condoléances à leurs familles respectives,

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