350e proposition d’écriture créative imaginée par Pascal Perrat

Selon des témoins fourrageant parmi les soldes,
une mère de famille s’est faite incendier
en sortant d’une cabine d’essayage.
Un ego mal éteint serait à l’origine de l’incendie.
En effet…

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Chaque proposition d’écriture créative est une bataille contre la routine et l’endormissement de l’imagination. Un petit combat pour maintenir en vie l’enthousiasme d’imaginer, d’inventer, de créer.

19 Responses

  1. françoise dit :

    Selon des témoins fourrageant parmi les soldes,
    une mère de famille s’est faite incendier
    en sortant d’une cabine d’essayage.
    Un ego mal éteint serait à l’origine de l’incendie.
    En fait c’était son alter ego qui l’avait embrasée.
    Pourquoi ?
    Personne ne sut répondre à cette question
    Seuls les pompiers purent éteindre le feu ! Et quelle ne fut pas leur surprise que de constater qu’elle ne portait aucune trace visible : pas la moindre petite brûlure ou blessure.
    Ils crurent bon de demander l’avis d’un psychanalyste.
    Après quelques séances, celui-ci en conclut que, d’une part son ego et son alter ego ne faisaient pas bon ménage, et que,d’autre part, il semblerait qu’elle soit non-binaire.
    Ce diagnostic la perturba énormément. Celui-ci lui conseilla, dans un premier temps,d’alterner les jupes et les pantalons. Et c’est ainsi qu’on la vit sortir d’une cabine d’essayage avec un jean, le sourire aux lèvres.
    Pour l’instant elle continue ces séances chez le psychanalyste…..

  2. Malinconia dit :

    Soldes à tout prix !

    Branlebas de combat au 22 Faubourg Saint-Honoré. C’est là que je travaille depuis quelques années déjà.

    Je ne fais pas partie de l’équipe des vendeuses mais en vue de ces périodes de folie, tout le personnel, y compris celui des bureaux dont je suis est réquisitionné d’office, y’a pas à tortiller.

    J’ai toujours détesté travailler le samedi ou le dimanche, je dois être un peu trop socialo, mais chut, que l’on s’apercoive que vous ne votez pas pour Poumpoumpidou et vous êtes virée. D’ailleurs la propriétaire de cette firme historique ne se gêne pas pour vous demander à qui vous destinez votre bulletin. C’est comme ca que ca marche dans les « grandes maisons » du triangle d’or parisien. Enfin on ne va pas critiquer, une prime d’heures sup fait passer la pilule. Et puis, ca ne se produit que deux fois par an.

    Juste en face, il y a Hermès. Misère, la queue de ces dames pseudo chics qui viennent piétiner en avançant d’un pas tous les quarts d’heure pour le plaisir de se disputer un carré de soie ou un petit sac ‘Kelly’ (yes, Princesse oblige qui le porta). Je ne vous mens pas, la queue fait le tour du pâté, encore un peu et elle arrive à l’Elysée.
    Certes, on est un peu jaloux mais on sait fort bien que nombre d’entre elles, après avoir assez respiré le cuir, traverseront ensuite la rue pour venir chez nous pour une autre empoignade de chiffons de luxe.

    Les voilà les bourgeoises et fausses comtesses tellement excitées à l’idée de se payer pour une fois une griffe, une vraie. Où juste un parfum, des gants, une broche, de quoi rentrer chez soi la tête haute. C’est tout à coup la foule, la folie à tous les rayons, presque choquant dans une boutique d’habitude si fort tirée à quatre épingles.

    Tout à coup ma collègue Sylvianne me pousse du coude :

    – Regarde !

    Et je vois deux harpies se chamailler, se bousculer, se tirer les cheveux, c’est moi qui l’ai vu la première, non menteuse c’est moi. Elles s’arrachent une minuscule ‘chose’, en effet difficilement identifiable, un petit bout de tissu à la forme bizarre.

    Nous deux, on se marre, on est pliées de rire, on en passerait presque sous le comptoir. On sait ce que c’est !

    En effet cette saison le styliste, quoique plus très jeune, pas réputé pour être porté sur les femmes non plus, avait fait fort pour ce qu’il pensait devenir le clou de son défilé.

    Et voilà que la plus hargneuse emporte le morceau et d’un air vainqueur se tourne vers le miroir et … se l’enfile sur la tête.

    Et nous deux, pipi dans la culotte !

    La culotte ? Vous ne croyez pas si bien lire. L’idée ‘de génie’ du créateur avait été cette fois de clore son défilé, non pas par la mariée comme c’est la coutume, mais par une mannequine en tout petit, petit bikini (tout rebrodé de perles, ce qui allait de soie !)

    Vous pouvez rigoler, TOUT est vrai.

  3. Un jour de grande affluence, on vit une femme entre deux ages, les bras chargés de vêtements divers, entrer dans une des cabines d’essayage du grand magasin. Une scène anodine à laquelle nul ne prêta vraiment attention.
    Quelques minutes plus tard, elle ressortit vêtue d’une robe, se posta devant le miroir, et se mit à prendre des poses avantageuses, se tournant, se retournant pour gonfler le jupon, contemplant son reflet avec une complaisance outrée.
    Enfin elle disparut derrière le rideau de la cabine.
    Un peu plus tard, elle réapparut vêtue d’une combinaison pantalon parfaitement adaptée à son corps élancé. Même jeu devant le « conseiller des grâces », minauderies, sourires, déhanchements, envoi de baisers à son reflet…
    Un homme, qui attendait un peu plus loin que son épouse se décide sur la couleur d’une nappe, ne la quittait pas du regard. Intrigué par cette mise en scène, il se risqua à approcher de la cabine, l’air de rien, les mains dans les poches. Il avait été précédé d’autres badauds qui donnaient mal le change, feignaient de s’interesser à divers articles des étals tout en ne perdant pas de vue le manège de la femme.
    Celle-ci faisait semblant de ne pas s’en apercevoir. Sûre de ses atouts et de son attirance physique, elle redoublait au contraire les mimiques, les gestes lascifs, les contorsions, pour mieux mettre en valeur la beauté des toilettes exaltée par la perfection de son corps.
    Elle était plutôt grande, sans excès,, aux formes féminines épanouies, aux jambes longues et galbées, montées sur des talons très hauts. Elle pouvait avoir entre trente et quarante ans. Une longue chevelure rousse relevée sur le dessus de sa tête s’échappait en boucles rebelles sur sa nuque.
    Après la combinaison ce fut le tour d’une jupe courte avec un chemisier juste-au-corps. Et toujours le même scénario : passage dans la cabine, puis défilé complaisant devant le miroir. Assise sur un tabouret, jeux de jambes : je croise ; je décroise. Seule au monde, elle paraissait ne pas apercevoir les spectateurs qui s’amassaient au bord du salon d’essayage et la dévoraient des yeux.
    Et ce petit jeu, une tenue remplaçant l’ autre, dura ainsi un certain temps.
    Le cercle des admirateurs grossissait sans que la belle s’en soucie. Tous masculins. Envoutés, il ne bougeaient pas plus que statues
    Un deuxième cercle à l’arrière était formé par les épouses, qui, bras croisés, échangeaient entre elles des clins d’oeil de connivence à la vue de leurs mâles hypnotisés.
    Elles attendaient la fin du défilé de mode, patiemment.
    Alors la femme rousse disparut pour ne plus réapparaître.
    Les hommes sortirent lentement de leur léthargie, un sourire de béatitude aux lèvres, encore sous le charme, puis, prenant conscience du lieu où ils se trouvaient, pivotèrent pour chercher leur régulière.
    Celles-ci, postées derrière eux, n ‘émirent pas la moindre remontrance à leur encontre.
    Elles foncèrent toutes, d’un seul mouvement vers le rayon prêt à porter féminin du magasin.
    Un nuage de sauterelles fit table rase de tous les vêtements que la Belle avait exposé aux regards admiratifs de ces messieurs. Messieurs qui n’osèrent pas protester contre ces achats impulsifs après avoir cautionné la beauté des mêmes habits lors de la séance d’essayage. Et qui assistèrent, penauds et impuissants, au pillage de leurs comptes bancaires par des épouses revanchardes.
    Le magasin, lui, n’avait jamais fait d’aussi bonnes affaires. Et quand la belle femme rousse passa au guichet, le soir, elle reçut les félicitations du chef des ventes pour le succès de sa prestation, en même temps que le salaire convenu. L’opération marketing avait merveilleusement fonctionné.

  4. Michel Denis ROBERT dit :

    Gros titre dans le journal ce matin : « UN SUPER-MARCHE RAVAGE PAR UN INCENDIE !  »

    Selon Mademoiselle…, une des victimes de la catastrophe, un mégot mal éteint serait à l’origine de l’incendie. La nouvelle s’est propagée à la vitesse d’une formule un.

    Le fait divers a commencé aux abords d’un bac à farfouille où des vêtements de toutes sortes étaient exposés pour les soldes. Or, ce jour-là, comme d’habitude dans ce drugstore, les fins de séries dites « hauts de gamme » sont mélangées avec les articles considérés de gamme plus usuelle. Selon le PDG, c’est un processus qui favorise l’accession aux produits de luxe.

    Dès l’ouverture, une file de clientes attendait derrière la grille du magasin. Le début des hostilités provoquées par les soldes s’engagea à l’arrivée d’une femme élégante vêtue d’un boa en fourrure de vison. Tirée à quatre épingles, elle sortit d’une Lamborghini. A sa suite, deux minets gardes-du-corps, costumes sombres et chaussures vernis, l’encadraient. Forte de son escorte, la belle rejoignit, Ô surprise ! la tête en passant devant tout le monde. A ce moment, le rideau de derrière la grille s’ouvrit et la scène passa inaperçue, d’autant qu’elle entra par une porte dérobée.

    Quand la grille s’ouvrit, les clients se ruèrent vers la bonne affaire à portée de main. La belle, bénéficiant d’une avance, fut prise sur le fait, elle s’était déjà servie. Quand elle vit la foule arriver, elle replongea dans le bac pour ressortir un vêtement qu’elle avait pressenti. Une femme qui n’était autre que Mme…, témoin de la scène, s’était empressée, sans le savoir, de saisir le même vêtement par un pan. Il était enfoui sous un amas d’autres habits prestigieux. Quand ressortirent leurs mains croisées, elles se trouvèrent nez à nez.
    – C’est à moi ! dit l’une.
    – Non ! C’est à moi ! répondit l’autre.
    – Vous ne mettrez jamais ce boléro, on voit bien que vous êtes pauvre ! dit la femme au serpent. Le pugilat fut incertain pendant une ou deux minutes. Finalement, Mme… gagna son duel contre la formule un. Mme … disparut derrière le rideau de la cabine d’essayage. Et dans un souffle :
    – L’ego surdimensionné enflamme tout le monde ! cria-t-elle par-dessus le rideau de son isoloir.

    La coquette visée devint rouge écarlate et médita subtilement une surprise. Quand sa rivale sortit de la cabine, la miss, avec son briquet, mit le feu au boléro.

    – Les belles fringues ne sont pas faites pour les gens comme vous, dit-elle. Regardez ! Elle a mis le feu à son boléro pour que je ne l’ai pas. C’est elle qui l’a enflammé avec son mégot ! dit-elle, en s’adressant aux clientes et aux deux vigiles qui venaient d’arriver et qui n’en croyaient pas leurs yeux.

    Les deux belligérantes furent maîtrisées et furent priées de suivre les vigiles jusque dans une salle hors de la vue de la clientèle, où on leur demanda de vider leurs poches et leur sac.

    Le briquet incriminé fut confisqué, à récupérer au commissariat.

  5. Christine Macé dit :

    Jobert rejette méchamment le journal : juste bon pour les pommes de terre ! On voit bien que c’est l’été, les journaleux sont à la plage ; et sous prétexte de faire tourner les rotatives, ceux qui sont restés pour garder la boutique vous pondent des sujets qui valent même pas le papier et l’encre ! En témoigne celui qu’il vient de lire, intitulé « un jour de soldes très particulier »… Les soldes, Jobert s’y est laissé prendre une fois, et c’est bien la dernière !

    Ce jour-là, justement, il avait décidé de s’offrir une nouvelle cafetière. Faut savoir que Jobert sans son café du matin, c’est juste pas possible : un coup à foirer la journée. Quant à lui proposer une tasse de thé, à titre de compensation, pour une fois… n’y songez pas : de la pisse d’âne, qu’il vous cracherait au visage !
    Voilà donc notre bonhomme parti d’un pas alerte à la Samaritaine… puisque, s’il s’en réfère à ce qu’en dit la réclame à la radio, « on trouve tout à la Samar’ ! »
    Le printemps lézarde et le ciel mégote en gris-bleu. Mais tout peut encore s’améliorer, Jobert est confiant pour la suite qu’il sent en forme de promesse. La ville s’éveille lentement, la ménagère tout à ses époussetages et l’ouvrier accoudé au zinc devant un petit noir perco.
    Jobert hume cette bonne odeur de café et s’installe à la terrasse, en touriste de passage. Quand le loufiat se pointe avec sa tête en point d’interrogation – manifestement pas très éveillé du ciboulot – Jobert prend son temps avant de lui balancer, l’air du mec en goguette qui a de la tune : « un expresso… s’il vous plait ! » Pour un peu, il irait faire la causette avec la rombière assise à la table d’à côté… Manque de pot, un gus sur le trottoir d’en face lui fait des signes à tour de bras, pire que s’il venait de débarquer d’une croisière sur le Queen Mary ! Bon, c’est râpé pour cette fois. Mais Jobert s’en fout, heureux à la manière d’un premier communiant… puisqu’ il va aux soldes !

    Reprenant son chemin, il n’hésite pas à rejoindre le troupeau guidé par la fièvre acheteuse et qui file droit vers le Pont neuf, en face duquel se dresse l’imposant bâtiment art déco, lieu incontournable de la mode et du dernier chic parisien. Malgré une certaine modestie liée à ses origines paysannes – et sans doute un peu de pingrerie – Jobert ne dédaigne pas, occasionnellement, un brin d’ostentation ; sans jamais, toutefois, tomber dans la débauche ! Quoi de mieux que les soldes, au fond, pour concilier abondance et modération – et porte-monnaie, bien garder !

    Aux abords du magasin, impossible désormais d’échapper à la fascination de cette grande braderie relayée à coups d’affiches, banderoles et annonces haut-parlées qui invitent le chaland à saisir les bonnes affaires – en se délestant, du même coup, de quelques billets patiemment économisés.
    A peine les portes franchies, on est assailli par cette bruissante ruche : sus à l’abattage ! On se bouscule, on joue des coudes, on nage comme on peut au milieu de cette marée humaine qui tangue à droite et à gauche, à vous donner la gerbe !
    Les vendeuses, imperturbables dans leur petite robe noire à col blanc, tentent de garder le cap et de répondre patiemment aux mille sollicitations des acheteurs survoltés. En plus de l’effervescence, il flotte dans l’air un mélange de fragrances dont toutes ne sont pas issues du rayon parfumerie, loin s’en faut ! Pour échapper à la nausée, et un tantinet hagard, Jobert je jette dans la mêlée, direction l’ascenseur gardé par un liftier austère qui attend, imperturbable, la nouvelle cargaison de clients.

    Premier étage, dames, vêtements, lingerie, chaussures… Le gros de l’expédition s’extraie impatiemment.
    Deuxième étage, rayon messieurs. Un nouveau flot déguerpit, et déjà les portes se referment, mollement. On respire enfin.
    Après le troisième, dédié aux bambins, jeux et articles scolaires, l’ascenseur quasi désert s’élève mollement jusqu’au quatrième où l’on trouve « tout pour la maison, du sol au plafond ! »… La grille libère les derniers survivants de cette téméraire ascension et Jobert s’arrête un instant pour reprendre son souffle.
    Là, tout est feutré, presque silencieux. Une rassurante sensation d’apesanteur. Les acheteurs, moins nombreux, qu’on dirait triés sur le volet, ont ici tout loisir de faire tranquillement leur choix avant de héler la vendeuse, aux petits soins.
    Plus loin, au stand des appareils ménagers, c’est redevenu soudain plus animé, plus « populaire ». Jobert se faufile, s’excuse, tout en profitant – mine de rien – d’une promiscuité consentie par les circonstances, pour tâter un bout de fesse ou flirter avec un sein égaré sans risquer d’affoler les butineuses accaparées à dénicher la bonne affaire.
    Parvenu enfin à l’étalage des cafetières, il s’extasie devant les derniers modèles : entre les italiennes en alu et celles en métal émaillé, d’un bel orange vif avec une frisette noire dans le bas, le choix n’est pas simple. Jobert compare les étiquettes, analyse les rabais, jauge le poids, l’aspect pratique, va, revient. Une vendeuse qui a repéré l’indécis, propose ses conseils d’experte. Elle est mignonne, la brunette, tout miel et sucre, scotchée à ce consommateur béotien qui ne doit pas repartir les mains vides. Jobert se laisse gentiment mener par le bout du nez de la finaude, écoute, fait semblant de réfléchir, la laisse débiter son boniment, acquiesce. Tout en n’oubliant pas qu’il est venu pour acheter une cafetière, solide, maniable et pas trop chère ! Mais il la laisse dégoiser juste pour le plaisir de ce délicieux babillage.
    Quand brusquement une sirène stridente retentit : alerte, tout le monde dehors !… La minette et Jobert ont sursauté en même temps et il a bien failli laisser tomber la cafetière sur les souliers vernis de la demoiselle ! Déboussolée, la foule hurlante se rue vers les ascenseurs pris d’assaut. Ceux qui se voient refoulés dévalent les escaliers en s’interpellant : « le feu ? une femme… en sortant de la cabine d’essayage, paraît-il… »
    Non, ça c’est sûr, Jobert ne se laissera plus embarquer dans les soldes ! Avoir perdu du même coup l’opportunité d’un achat raisonnable et celle d’un rencart avec la vendeuse, ça fait un peu beaucoup !
    Pour la cafetière, il est finalement passé chez le quincailler du coin qui lui a fait une petite remise, tout en l’écoutant, médusé, raconter sa mésaventure tel un miraculé sorti d’un tremblement de terre.
    Alors revivre ça, écrit noir sur blanc dans le journal, c’est un peu fort de café !

    Bon dimanche, Christine

  6. Cetonie dit :

    Selon des témoins fourrageant parmi les soldes, une mère de famille s’est fait incendier en sortant d’une cabine d’essayage.
    Un ego mal éteint serait à l’origine de l’incendie.
    En effet, elle venait d’essayer une petite robe pas chère du tout qu’elle avait arrachée des mains d’une jeune fille encore toute estourbie de l’agression, et elle se pavanait en imaginant le succès qu’elle aurait à sa prochaine soirée, son aura personnelle l’emportant nettement sur le côté bon marché de la dite robe.
    Indifférents à ce qui se passait, ses enfants l’attendaient en tapotant énergiquement sur leurs smartphones, et ne réagirent pas à la bousculade provoquée par des clients mécontents, et inquiets de ce rayonnement inattendu : était-elle vraiment en train de prendre feu ? Au cas où, ils se jetèrent sur elle armés de différents textiles, tout ce qu’ils trouvèrent sous la main, et entreprirent d’étouffer le feu, comme font les pompiers avec des couvertures.
    Elle hurla alors, attirant l’attention de ses enfants qui levèrent la tête, la reconnurent au roux flamboyant de sa chevelure et se dirent, blasés « encore elle ! Il faut toujours qu’elle se fasse remarquer ! »
    D’incendie il n’y eut point, juste un gros tas de robes et de chemises fondues (l’Ego avait bien chauffé), et une belle pagaille. La dame s’en allait, outrée d’un tel manque d’égards, quand elle vit le gérant du magasin lui barrer le chemin :
    « C’est pas tout ça, ma p’tite dame, mais qui va me dédommager de tous ces vêtements bousillés ? »
    « Vous avez bien une assurance, non ? Débrouillez-vous avec elle ! »
    « Mais il me faut au moins vos coordonnées, ainsi que celles des témoins…. »
    « C’est ça, et vous en profiterez pour me dédommager aussi, je n’y suis pour rien dans ce qui est arrivé à vos vêtements, et j’ai été agressée par ces fous qui m’entouraient, je suis traumatisée, je vais de ce pas consulter mon avocat… »
    Les amateurs de soldes reprirent leur farfouille, les enfants suivirent leur mère la tête basse, et tout rentra dans l’ordre.
    Tout ? que nenni !
    L’Assurance trouva quelques bizarreries dans la description de l’incident, n’apprécia pas le ton utilisé par l’Avocat pour exiger des indemnités exorbitantes, refusa la conciliation et porta l’affaire au tribunal. Des experts furent désignés, qui pour la sécurité du magasin, qui pour la composition des vêtements qui avaient fondu, et qui encore pour apprécier l’état psychiatrique des uns et des autres. Alertés par l’attitude de la dame, ils approfondirent leurs recherches et découvrirent qu’un chercheur australien avait décrit ce comportement d’un Ego Explosif qui, s’il n’était pas contrôlé à temps, pouvait faire pas mal de dégâts, surtout dans une foule compacte comme celle d’un jour de soldes : il générait un véritable risque d’incendie.
    La dame fut donc condamnée pour n’avoir pas contrôlé son Ego quand elle l’avait senti s’échauffer, pour avoir mis en danger la vie de son entourage et pour les dégâts encourus par le magasin. S’y ajoutèrent des indemnités pour les émotions infligées aux uns et aux autres, ainsi que tous les frais d’expertise et de procès.
    Et tout ça, pour une malheureuse petite robe sans valeur qui n’avait rien fait, et surtout pas mérité qu’on lui jette même un coup d’œil!

  7. Blackrain dit :

    Parmi les fils Burnaout, « l’un Sandy », ou plutôt Marcel, aimait à se travestir. Il se perdait souvent dans les rayons pour femmes car il avait une orientation sexuelle particulière. Marcel n’avait honte de rien. Il disait souvent « Où y a du gêne, y a pas de plaisir ». Sa mère l’avait appelé madame « sans gêne », ou du moins pas le bon, lorsqu’il avait emprunté la « nappe au Léon » pour s’en faire une robe. En lui brûlait la flamme d’une femme dans un corps de pompier. Malgré ses hormones sensible, Marcel était musclé et avait pompier, bon œil.

    Il adorait faire les soldes avec sa mère, près de la mer, à Trans en Provence. Dès le lundi matin, après avoir joué à Cache Cache à C&A, Marcel conduisit sa maman chez Camaïeu. Les bras chargés de vêtements, Marcel pénétra dans la cabine d’essayage en masculin, il en ressortit en féminin, perruqué en blonde et maquillé en plus. La vendeuse, coincée derrière son comptoir et coincé derrière ses préjugés, s’offusqua de cette apparition. C’est sans chaleur et avec beaucoup de mépris qu’elle exigeât que le fils conducteur rende les armes, et surtout les vêtements à leur porte manteau. La mère ressentit un vague brûlante embraser son égo. Elle fumait. Comment, on s’en prenait au fruit de ses entrailles, on mettait des entraves à son Marcel. Elle prit feu et cause pour son fils, proposa à la glaciale vendeuse de mettre ses vêtement dans un lieu chaud et sombre, postérieur à leur départ. Mais qui embrase trop mal éteint. Au surplus de sa mévente, la vendeuse revêche s’enflamma à son tour et asséna un surcoup sur la note furie de son courroux et sur la tête de sa cliente, avec un manche de pioche. Mauvaise pioche pour elle. De fils en aiguille, Marcel lui planta son talon aiguille dans la joue. Cet ajout disgracieux déclencha l’embrasement des cordes vocales de l’intolérante et la fuite des Burnaout.

    Même sans maquillage en ce lieu, Marcel eut bientôt la peau lisse aux fesses pour rendre des comptes et surtout les vêtements empruntés.

  8. Camille dit :

    Selon des témoins fourrageant parmi les soldes,
    une mère de famille s’est faite incendier
    en sortant d’une cabine d’essayage.
    Un ego mal éteint serait à l’origine de l’incendie.
    En effet…

    En effet, cela faisait des mois que Mme Malaitinte se faisait soigner pour ego débordant. Elle n’avait que peu de moyens et y dépensait sa fortune. Depuis son divorce et la mort de ses deux enfants dans une tragique CHI (combustion humaine instantanée) conjointe – nous y reviendrons – elle s’éteignait peu à peu, alors que paradoxalement son ego prenait de l’assurance en s’embrasant un peu plus chaque jour. Revenons un instant sur la double CHI. Le phénomène de la CHI est extrêmement rare, mais encore plus rare est la CHI conjointe ou double CHI. En effet, de mémoire d’homme il n’est pas recensé de cas similaire (peut-être faudrait il interroger la mémoire des éléphants), où deux individus s’enflamment spontanément en synchronicité. Déjà donc depuis cette date, qui remontait à environ trois mois avant le tragique incident de la cabine d’essayage, Mme Malaitinte brûlait de désespoir. Il faut dire que son mari, pompier condamné à plusieurs reprises pour pyromanie délibérée, avait semble t il ignitié la dépression devenue chronique de sa femme, en la traitant régulièrement en public d’allumeuse. Le couple était aussi connu dans le quartier pour être fan de Johnny et pour jouer régulièrement la chanson « allumer le feu » très très fort au point que les voisins s’étaient plaint à plusieurs reprises. C’est ainsi que petit à petit, l’ego de Mme Malaitinte avait commencé à briller d’autant plus que son âme s’éteignait au fur et à mesure dans ce qu’était devenu un sombre foyer. Désespérée, Mme Malaitinte commença à consulter des spécialistes : Marabouts et voyantes en tous genres, (M. Obou du bou, spécialiste des guérisons à long terme, Mme Sissi Jevoitou, spécialiste de la vision éclairée), elle avait également consulté plusieurs coupeurs de feu bien entendu (M. Abdoulaye Sabrule, M. Mamassé Twècho). Il y en avait même un, qui n’a pas été identifié par la suite, qui lui avait déclaré sa flamme, se sentant comme « inexorablement attisé », lui avait il dit. Finalement, conseillée par une amie plus rationnelle, elle avait fini par voir un psychologue, « spécialiste en états d’égo ardent ». Malheureusement, cela n’a pas suffi, car c’est justement en sortant d’une séance chez ce psy, que Mme Malaitinte, pensant assouvir sa soif de consommation et calmer ainsi son ego, s’était mise à fourrager parmi les soldes. Selon les témoins, la cliente, voyant une robe rouge hyper sexy, s’était écriée « ah enfin tu vas pouvoir me traiter d’allumeuse » avant de rentrer dans la cabine et d’en ressortir en flammes.

  9. Grumpy dit :

    Josée sentant approcher lentement mais sûrement ses 35 ans décida qu’il était temps de se secouer un bon coup si elle voulait se recaser et ne pas se racornir définitivement en vieille fille. Pourtant elle se trouvait encore fraîche, sortait en boîte, faisait partie d’un groupe de rando et prenait grand soin de sa personne. Maintien impeccable, ni grosse ni maigre, ni trop grande ni trop petite, jolies jambes, traits réguliers, maquillage naturel, ongles manucurés, coiffure à la mode, coquette, rien n’y faisait : toujours seule…

    Elle ne pouvait même pas dire qu’elle ne faisait pas de bonnes rencontres puisque de rencontres, zéro.

    C’était la période des soldes. Elle était allée fourrager dans les bacs et les cintres de fringues sexy. Elle en était revenue bredouille, pas du tout douée pour le shopping et même elle le haïssait. Se disputer pour un soutien-gorge, faire la queue devant le rideau de la cabine d’essayage, limite se crêper le chignon avec une mégère pour un pull-over déformé et même pas à sa taille, trop peu pour elle.

    Tout de même, ces pancartes SOLDES -30 % -50 % -70 % saturant les vitrines des rues piétonnes lui donnèrent une idée. C’est bien connu, on trouve tout sur Internet et José y farfouillant avec doigté tomba rapido sur ce qu’elle cherchait. Elle passa une nuit à éplucher le site « Coeurs en Soldes », stupéfaite de voir qu’il y en avait autant au catalogue.

    Des jeunes, des vieux, des beaux, des moches, des chauves, des moustachus, des ventripotents, des culturistes, en revanche les cultivés étaient la denrée rare. Méfiante, elle scrutait méthodiquement chaque profil, éliminant petit à petit les trop beaux parleurs, les visiblement menteurs, les soi-disant célibataires & libres, les trop clinquants, les trop fauchés, les style Don Juan, les gigolos, les incultes et les donneurs de leçons, et bien sûr les dominateurs laissant deviner un lourd passé de machos. Elle écartait aussi les trop sportifs, elle n’aurait pas pu suivre, et ceux si vantards qu’il était vite vu que ni descriptif ni photo n’était les leurs.

    Son choix s’arrêta sur Jordan, beau black antillais (pourquoi pas ? Après tout on était en soldes d’été, pas en période de ‘blanc’.) 1,90 m, baraqué comme un basketteur. En fait il était vigile et à l’occasion convoyeur de fonds. Il avait tout pour plaire, des dents étincelantes « souriez Gibbs », un accent créole enjôleur, le rythme dans la peau et l’insouciance d’un oiseau des îles.

    Dès leur première rencontre, ça marcha comme sur des roulettes de jour comme de nuit, enfin restons discrets sur ce dernier point. Un seul défaut cependant : il était fumeur. Ça elle ne l’appréciait pas du tout, mais bon, si elle recommençait à bloquer sur ce genre de détail elle retomberait dans l’impasse où déjà plusieurs amoureux l’avaient abandonnée pour des exigences futiles. Elle décida donc de mettre de l’eau dans son vin.

    Longtemps ils vécurent heureux mais n’eurent pas le temps d’avoir beaucoup d’enfants : Jordan piqua du nez dans son oreiller alors qu’il fumait la cigarette réparatrice après leur nuit agitée. Jordan et Josée périrent carbonisés, pourtant c’était bien marqué sur le paquet : « FUMER TUE »

  10. Clémence dit :

    Selon des témoins fourrageant parmi les soldes, une mère de famille s’est faite incendier en sortant d’une cabine d’essayage.
    Un ego mal éteint serait à l’origine de l’incendie.
    En effet…

    Le fessier rondement calé dans un fauteuil de cuir, les pieds croisés sur le bureau et les mains derrière la tête, le commissaire était pensif. Son regard s’attardait sur les P.V. et les photos.
    Des déclarations faites sous le feu de l’action surgissait un lot d’incohérences. Il décida donc de reprendre l’affaire en main et tendit son bras droit.
    Premier tiroir, son petit livre blanc, son guide, son compagnon de toujours.
    Deuxième tiroir, un stylo réservoir.
    Troisième tiroir, une feuille de papier ministre.
    Il hésita quelques secondes, puis une écriture fluide coula sur les lignes. Contrairement au commissaire Adamsberg de Fred Vargas qui ne parvenait pas à mémoriser les noms des personnages, lui, il avait trouvé une parade. Il décrivait les faits et les protagonistes avec un style inimitable.

    Première page.
    Les témoins – souligné de deux traits parfaitement horizontaux- étaient classés avec minutie.
    Sexe et âge : selon la couleur et les nuances de leurs vêtements. Garance et cochenille les femmes, les mères et les filles. Indigo et pastel pour les hommes et les garçons.
    Profession, selon les époques historiques: Antiquité, Moyen-Age, Renaissances,Temps Agités…
    Une question  – souligné d’un trait ondulé – ces témoins, qu’avaient-ils à fourrager ? Il compléta d’une écriture plus serrée : « Fouiller avec des gestes dans tous les sens en mettant du désordre. » Étaient-ils à la recherche d’un petit plus, d’un petit haut, d’un surplis ou d’un pourpoint ?

    Point trop n’en faut pour être élégant, déclara-t-il en posant sa main en tête de la deuxième page.
    Mère de famille – souligné de deux traits parfaitement horizontaux –
    A qui appartient cette voix incendiaire mais non identifiée ayant porté une accusation gravement péjorative à l’encontre cette mère de famille ?
    Les pistes s’ouvraient en éventail. Chaque interstice, chaque intervalle, laissait libre cours aux sentiments exacerbés et émotions poussées à leur paroxysmes, sous forme de propos incendiaires.

    Le commissaire poussa un soupir. D’une écriture appliquée, il nota en haut de la troisième page :
    Soldes  – souligné en pointillé – masculin pluriel, à ne pas confondre avec solde, féminin singulier. Reprenant son style mnémotechnique, il nota : productions avec défauts : de forme, de style, d’équilibre, de cohérence, de concordance…
    Dans son élan épistolaire, il continua : fautes grammaticales, fautes d’orthographe, fautes de ponctuation, pléonasmes et pléthore d’adjectifs et d’adverbes ; phrases-boa.

    Phrase-boa ! Quelle audace ! Une parabole pour une phrase qui étouffe, époumone, asphyxie …Boa…oust, en cabine de verre…

    Mais c’est sûr, s’écria le commissaire ! C’est une évidence !

    Avec allégresse, il écrivit en haut de la quatrième page :
    Cabine : sens n°2 : Petite construction exiguë destinée à un usage précis.
    Précis, martela-t-il, en tapotant son Grevisse….Nous y voilà, l’intrigue est quasiment dénouée.
    – Messieurs, mesdames, vous me suivez ?
    – Piano, piano….
    – À petits pas ? C’est ainsi qu’il le faut, mille fois remettre l’ouvrage sur le métier…Reprenons donc!

    Sous le regard de témoins, une femme, mère de famille -si les petites pestes qui boudaient à côté d’elle lui appartiennent – vêtue comme un as de pique, coiffée à la va-comme-je-te-pousse et poussant une gueulante aux phonèmes et morphèmes nullement châtrés, était entrée dans une cabine d’essayage, sans la moindre fripe, sans les moindres fringues, sans le moindre cache-misère, en était ressortie, telle une déesse. Égérie de Chanel, Dior et Saint-Laurent.

    – Vous ne faites toujours pas le lien ? gronda le commissaire. Il faut donc vraiment tout vous expliquer…

    Une femme mal fagotée pénètre en cabine d’essayage…
    Traduction :
    Une phrase mal ficelée pénètre en cabine de correction…
    Pour l’une et l’autre, le style, la classe.
    A faire pâlir tous les égos.

    Le commissaire troqua son stylo réservoir contre un feutre rouge, glissa la feuille de papier ministre dans une chemise et nota :
    AFFAIRE CLASSÉE.

    © Clémence

  11. iris79 dit :

    Lorsqu’elle ouvrit le rideau, le sourire aux lèvres et plutôt fière de pouvoir annoncer à sa fille adolescente qui l’avait accompagnée qu’elle se trouvait plutôt jolie dans cette petite robe printanière, elle vit en lieu et place du visage et du regard encourageants de son enfant un phénomène étrange se produire. Toute empathie ou marque de bienveillance quittèrent ce doux minois qui n’avait même pas encore tout à fait quitté l’enfance et laissèrent place à un visage qui se décomposait et changeait de couleur. Il vira progressivement au pâle de la racine de ses cheveux jusqu’à la base de ses joues qui, il n’y a pas encore si longtemps encore étaient bien pleines puis le rosé pris soudain le chemin inverse jusqu’à virer au rouge écarlate. Ses yeux s’arrondirent formant une cible qui décochèrent des flèches acérées et la bouche qui se déformait déjà n’allait pas tarder à lâcher des mots qu’elles allaient regretter toutes les deux, l’une de prononcer, l’autre d’entendre…La mère ne connaissait que trop bien les excès de colère de sa fille. Mais elle ne s’attendait pas à ce qu’ils soient convoqués ici et maintenant, devant témoins qui plus est…

    -Mais ce n’est pas possible ! Tu ne m’avais jamais dit que cette robe te plaisait et que tu la voulais ! Cette robe n’est pas pour toi ! Tu es hideuse et ce n’est pas juste ! Cela fait des mois que je lorgne sur cette robe en passant tous les jours devant la vitrine, des semaines que je mets de l’argent de côté pour pouvoir me l’offrir, des jours que je fantasme sur l’effet que je vais faire en arrivant au lycée avec, que je savoure par avance ma victoire en imaginant les yeux envieux de mes copines et en une minute tu fous tout parterre !
    Et quelques secondes suffirent à faire de ce moment de détente et de complicité un fiasco…

  12. laurence noyer dit :

    Faut pas la chauffer Darkjane !
    Depuis qu’elle est à la solde de la mode.
    Tous ceux qui l’approchent attrapent une suée.
    Il leur en cuit.
    Ses trois agents, Caty, Margo et Michou tentent de tempérer sa fièvre acheteuse, ses achats enflammés.
    Elle met les boutiques à feu et à sang.
    C’est une incendiaire de la fringue, une pyromane de la nippe.
    Elle finira par se brûler les ailes !
    Mais elle n’en démord pas
    Cet argent qui lui brûle les doigts, elle le flambe !
    Même si elle doit se griller aux yeux de la loi.

    Accusée d’avoir incendiée une cliente à sa sortie d’une cabine d’essayage, l’inspecteur Cauchon lui a conseillé chaudement de quitter la ville de Rouen.

  13. durand dit :

    Selon des témoins fourrageant parmi les soldes, une mère de famille s’est faite incendier en sortant de la cabine d’essayage. Un ego mal éteint serait à l’origine de l’incendie.

    En fait, elle n’était pas vraiment sortie de la cabine d’essayage. Elle s’était écroulée, à peine réveillée, sortie d’un immense tas de vêtements dans lequel elle semblait s’être passablement vautrée.

    La montagne d’habits atteignait bien le mètre cinquante. Il y avait de tout, de tous les genres, de tous les styles, de toutes les tailles. Certains, probablement pas à son goût avaient été déchiré….même qu’elle aurait craché dedans, d’après un autre témoin.

     » Et pourquoi ce serait toujours les clients les premiers servis » marmonnait la dame…en tentant d’éviter les coups de sacs à main!

    « Mais pourkikesprend celle-là…et komment kelle est arrivé avant nous…j’étais la première à l’ouverture! »

    Le service de sécurité protégeant la pauvre dame l’entraîna jusqu’au bureau de la direction.

    Le directeur intervint: » Ben alors… Mne Lecointre, qu’est ce qui vous arrive ? »

    – Ah, Msieur Ledoux, faut m’excuser, hier, j’ai fêté mes 55ans….une journée de folle, avec ces soldes, en plus. Et les collègues, les jeunes, elles m’avaient fait goûter un mojito de trop. Et le mojito….c’est autre chose que ma crème de cassis…hein, entre nous…! Et je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai voulu essayer des habits qui de toute évidence ne pouvaient me convenir, à mon âge et… avec mon tour de taille….J’ai retourné tout le rayon….hein…Mr Ledoux….c’est pas bien ? Et puis après, pouf…je m’suis endormi….jusqu’à tout à l’heure…hein dites Mr Ledoux, c’est pas grave…pour une fois que je pouvais me servir la première ??

    – Ne vous inquiétez pas Mne Lecointre….on sait ce que c’est, toute une vie de chef de rayon, sans perspective d’avenir…de promotion….tout le monde ne peut pas avoir mes rela…pardon ma chance!
    On va vous programmer un petit stage de burnout…..et….pardon, non… non, il n’est pas indispensable de parler anglais pour participer à ce stage…..ne vous inquiétez pas…..Et…et je disais donc que nous allions vous mijoter un petit plan de retraite avancée…un petit tiers temps pour décompresser…et ensuite des vacances méritées avec votre vieille chatte…vous l’avez toujours votre chatte…ah elle s’est faite écrasée, la semaine passée….ah…j’suis vraiment désolé!

    Après une si longue carrière…un canari, vous savez…c’est bien aussi…oui, je sais….ça ne ronronne pas…mais ça chante, non…c’est gai quoi!

    Et vous le savez bien, Mne Lecointre, chez nous, vous serez toujours la bienvenue….jour de soldes ou hors soldes…si si…ne dites pas le contraire….je vous ai vu sourire.

    Nous vous présenterons, en avant-première notre nouveau rayon, celui dit du troisième âge…. car chez nous Mne Lecointre,c’est toujours « LE PRINTEMPS »

    • Camille dit :

      En effet, cela faisait des mois que Mme Malaitinte se faisait soigner pour ego débordant. Elle n’avait que peu de moyens et y dépensait sa fortune. Depuis son divorce et la mort de ses deux enfants dans une tragique CHI (combustion humaine instantanée) conjointe – nous y reviendrons – elle s’éteignait peu à peu, alors que paradoxalement son ego prenait de l’assurance en s’embrasant un peu plus chaque jour. Revenons un instant sur la double CHI. Le phénomène de la CHI est extrêmement rare, mais encore plus rare est la CHI conjointe ou double CHI. En effet, de mémoire d’homme il n’est pas recensé de cas similaire (peut-être faudrait il interroger la mémoire des éléphants), où deux individus s’enflamment spontanément en synchronicité. Déjà donc depuis cette date, qui remontait à environ trois mois avant le tragique incident de la cabine d’essayage, Mme Malaitinte brûlait de désespoir. Il faut dire que son mari, pompier condamné à plusieurs reprises pour pyromanie délibérée, avait semble t il ignitié la dépression devenue chronique de sa femme, en la traitant régulièrement en public d’allumeuse. Le couple était aussi connu dans le quartier pour être fan de Johnny et pour jouer régulièrement la chanson « allumer le feu » très très fort au point que les voisins s’étaient plaint à plusieurs reprises. C’est ainsi que petit à petit, l’ego de Mme Malaitinte avait commencé à briller d’autant plus que son âme s’éteignait au fur et à mesure dans ce qu’était devenu un sombre foyer. Désespérée, Mme Malaitinte commença à consulter des spécialistes : Marabouts et voyantes en tous genres, (M. Obou du bou, spécialiste des guérisons à long terme, Mme Sissi Jevoitou, spécialiste de la vision éclairée), elle avait également consulté plusieurs coupeurs de feu bien entendu (M. Abdoulaye Sabrule, M. Mamassé Twècho). Il y en avait même un, qui n’a pas été identifié par la suite, qui lui avait déclaré sa flamme, se sentant comme « inexorablement attisé », lui avait il dit. Finalement, conseillée par une amie plus rationnelle, elle avait fini par voir un psychologue, « spécialiste en états d’égo ardent ». Malheureusement, cela n’a pas suffi, car c’est justement en sortant d’une séance chez ce psy, que Mme Malaitinte, pensant assouvir sa soif de consommation et calmer ainsi son ego, s’était mise à fourrager parmi les soldes. Selon les témoins, la cliente, voyant une robe rouge hyper sexy, s’était écriée « ah enfin tu vas pouvoir me traiter d’allumeuse » avant de rentrer dans la cabine et d’en ressortir en flammes.

  14. LELEU Yvette dit :

    Selon des témoins fourrageant parmi les soldes, une mère de famille s’est faite incendier en sortant d’une cabine d’essayage. Un égo mal éteint serait à l’origine de l’incendie.
    En effet, à force de farfouillait dans les bacs de plus en plus en désordre, après avoir tirer avec vigueur sur un mal’heureux bout de chiffon ressemblant vaguement à un chemisier et s’en être tirer sans trop de dommage…une vieille dame s’en alla fort contente ne voyant pas le regard courroucé d’une jeune femme.
    Pourtant, celle-ci suivit la vieille femme et attendit qu’elle sorte de la cabine certaine qu’elle ne pourrait mettre ce petit chemisier qui était à sa taille à elle et, comme de faite, dépiter,la pauvre femme ressortie en laissant l’objet pendu sur un cintre.
    La jeune femme bondit dans la cabine et essaya à son tour pour pousser ensuite un juron bien senti, le chemisier était déchirer.
    Elle sortit en colère cherchant la vieille pour lui dire le fond de sa pensée. Voyant une vendeuse qui se tenait à l’écart de cette cohu-bohue démentielle elle lui montra l’objet. Il lui fut retirer des mains avec ces mots prononcer d’une voix fatiguée » ça arrive de plus en plus ces jours-ci, on y peu rien, cherchez autre chose. Ce sont les soldes, alors… »
    Bouillante de colère, elle se remit à farfouillée dans un bac ou des jupes et un mélange de haut lui faisait de l’oeil. Elle en trouva deux et elle allait prendre le dernier petit haut quand une main plus rapide s’en saisit, l’objet de sa convoitise s’en alla sous ses yeux noirs de rage.
    Se voir piquer ce petit haut par une mère de famille qui traînait ses deux mouflets derrière elle comme deux sacs de viande lui fit voir rouge.
    Elle bouscula tant et tant de personnes que soudainement des cris et insultes fusèrent. Elle n’en eut cure, sûr de son droit, elle fonça sur la mère de famille et là…ce fut la foire aux mots.
    On entendit un caquetage ravageur de mots plus ordurier les uns que les autres, des vêtements sortirent d’un bac et fondirent sur la pauvre femme et sa marmaille et les yeux pleins de larmes devant cette inondation, elle haussa ses épaules, elle avait fait de la boxe et quelques coups bien portés firent chanceler l’effrontée.
    Les enfants battaient des mains et poussaient des hourras, les autres farfouilleurs s’éclipsèrent ne voulant pas prendre de coups perdus.
    Les deux femmes s’écharpées menue pour un petit bout de chiffon à deux euros.
    Un homme se fit arbitre. Dignement, il expliqua que rien ne justifier ce débordement et…mal lui en prit, le pauvre!
    La jeune femme argua que ce haut était le bouquet de ses achats, la femme lui suggérant de revoir les couleurs eut droit de nouveau à un flot d’invectives triés sur le volet.
    La mère de famille voyant rouge à son tour, fonça sur la demoiselle qui brailla au » feu ».
    une débandade féroce en cris et hurlements fut la réaction à ce mot  » feu » en un clin d’oeil, le magasin fut ravagé.
    Le directeur attrapa les deux meneuses ou fouteuses de trouble et les garda jusqu’à ce que la police arrive.
    Bilan pour deux petits euros?
    Une amande de deux cent euros pour trouble et voie de fait sur personne. Deux jours pour aider les vendeuses mis sans participer à l’achat des soldes…Et le tout sous le regard goguenard d’un policier désigner pour les surveillée…la honte totale.
    Que sommes-nous donc? des viragos prêtes à tous pour un petit bout de chiffon mal taillé… ne valons-nous pas mieux que ça?
    A quand les soldes?
    y-l

  15. Camille dit :

    En effet, cela faisait des mois que Mme Malaitinte se faisait soigner pour ego débordant. Elle n’avait que peu de moyens et y dépensait sa fortune. Depuis son divorce et la mort de ses deux enfants dans une tragique CHI (combustion humaine instantanée) conjointe – nous y reviendrons – elle s’éteignait peu à peu, alors que paradoxalement son ego prenait de l’assurance en s’embrasant un peu plus chaque jour. Revenons un instant sur la double CHI. Le phénomène de la CHI est extrêmement rare, mais encore plus rare est la CHI conjointe ou double CHI. En effet, de mémoire d’homme il n’est pas recensé de cas similaire (peut-être faudrait il interroger la mémoire des éléphants), où deux individus s’enflamment spontanément en synchronicité. Déjà donc depuis cette date, qui remontait à environ trois mois avant le tragique incident de la cabine d’essayage, Mme Malaitinte brûlait de désespoir. Il faut dire que son mari, pompier condamné à plusieurs reprises pour pyromanie délibérée, avait semble t il ignitié la dépression devenue chronique de sa femme, en la traitant régulièrement en public d’allumeuse. Le couple était aussi connu dans le quartier pour être fan de Johnny et pour jouer régulièrement la chanson « allumer le feu » très très fort au point que les voisins s’étaient plaint à plusieurs reprises. C’est ainsi que petit à petit, l’ego de Mme Malaitinte avait commencé à briller d’autant plus que son âme s’éteignait au fur et à mesure dans ce qu’était devenu un sombre foyer. Désespérée, Mme Malaitinte commença à consulter des spécialistes : Marabouts et voyantes en tous genres, (M. Obou du bou, spécialiste des guérisons à long terme, Mme Sissi Jevoitou, spécialiste de la vision éclairée), elle avait également consulté plusieurs coupeurs de feu bien entendu (M. Abdoulaye Sabrule, M. Mamassé Twècho). Il y en avait même un, qui n’a pas été identifié par la suite, qui lui avait déclaré sa flamme, se sentant comme « inexorablement attisé », lui avait il dit. Finalement, conseillée par une amie plus rationnelle, elle avait fini par voir un psychologue, « spécialiste en états d’égo ardent ». Malheureusement, cela n’a pas suffi, car c’est justement en sortant d’une séance chez ce psy, que Mme Malaitinte, pensant assouvir sa soif de consommation et calmer ainsi son ego, s’était mise à fourrager parmi les soldes. Selon les témoins, la cliente, voyant une robe rouge hyper sexy, s’était écriée « ah enfin tu vas pouvoir me traiter d’allumeuse » avant de rentrer dans la cabine et d’en ressortir en flammes.

  16. Odile Zeller dit :

    Elle a mis le feu au rideau ! Une folle ! Arrêtez la ! La fille en rouge, toute rouge ! Oui celle qui est brûlée de coups de soleil. Une vraie folle ! Avec cette canicule … celle qui a essayé des pulls de ski, un anorak et des gants … du rouge que du rouge et en soldes … j’ai remonté les soldes d’hiver ! Y en avait pour une somme pas loin de 1000€ … tout est brûlé … je la connais, elle vient souvent, parle pas français… jamais elle a fait ca. Elle était normal, gentille, avec un petit garçon tout mignon… le rouge que du rouge !

    C’est pas elle, je te jure, le feu est parti de derrière. C’est vraiment pas elle … et les coups de soleil, elle en avait pas. Au contraire un joli teint pâle … je l’ai vu dans la glace mais avec tout ce rouge ça lui donnait bonne mine. Elle était contente, pas vrai.

    Oui. Elle m’a demandé de lui garder les vêtements à la caisse. Sur que c’est pas elle … et la femme la qui l’accusait, elle est où, celle la … ce serait pas elle avec son mégot … parce que la canadienne elle fume pas, elle déteste la cigarette….

    L’autre , c’est l’autre la folle au mégot .. oui Monsieur le gendarme.
    On la connaît, elle a mis le feu aux poubelles avec un mégot … ensuite une vraie furie. On dirait qu’elle voit rouge des qu’on lui parle …
    Comment elle s’appelle…. attendez Blanche Vermillon oui un truc comme ça une histoire de couleurs. Non Stéphanie, je rigole pas … oui la boutique un désastre avec la fumée
    Les vêtements rouges sous platsique et dans le tiroir… oui les rouges ? Sauvés ? Tant mieux … au moins la canadienne… je sais je sais … les comptes dans le rouge et tout nettoyer… on va y passer la nuit et dans le noir en plus. Le courant est coupé… bon on se prend un petit rouge pour se donner du punch ?

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