581e exercice d’écriture très créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

Racontez une journée Dagobert

Ces exercices inédits d’écriture créative n’apprennent pas à écrire, ils enflamment l’imagination. Le but est de vous conduire vers les ressources imaginatives qui somnolent en vous. Après quoi, vous décidez de mener le projet d’écriture qui vous convient : nouvelles, roman, etc.

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58 réponses

  1. Urso dit :

    Racontez une journée Dagobert

    Ah ah ce matin ma copine elle a eu peur. Elle a vite fait le 15. Vous savez quoi !
    Je n’arrive plus à marcher … sur les pieds.
    Je suis devenu un gymnaste surdoué : je marche maintenant uniquement sur les mains.
    Ma copine s’est affolée. Elle ne reconnaît plus son homme de tous les jours. Son bipède du quotidien.
    Le Samu est vite arrivé. Les ambulanciers m’ont regardé attentivement.
    Ils m’ont annoncé : il n’a rien ce monsieur sauf qu’il n’arrive plus à se remettre sur les pieds. Le Samu est reparti. Il m’a laissé là avec ma copine complètement désemparée.

    – Ma chérie je l’ai dit 50 fois je n’arrive plus à marcher comme avant.
    – J’ai une idée me dit-elle. La mer n’est pas loin d’ici, on va y aller. Pour voir si en nageant …
    – En nageant quoi l’ai je coupé.
    Moi je reste ici. J’attends. Je vais attendre jusqu’à ce que le bon Dieu me fasse marcher correctement.
    – Ah tu crois ça me dit-elle. On peut patienter longtemps.
    – Allume la télé, on va voir ce qu’il y a !
    Et là Bataboum.
    Grosse stupéfaction. Les images télévisées étaient aussi à l’envers : un peu comme moi.

    Ma copine n’en pouvait plus. Elle se demandait ce qui se passait dans cette maison. Si celle-ci était devenue hantée.

    – Ah ah ça me revient lui dis-je.
    Ta grand-mère, oui c’est la faute de ta grand-mère.
    Hier soir je l’ai appelée. Elle m’a appris que ces temps-ci elle ne dormait pas bien. Que la nuit elle en profitait pour lire des bouquins sur le roi Dagobert.
    Moi je lui ai répondu que je trouvais ce roi fort ridicule avec sa calotte à l’envers.
    – Culotte me lança-t-elle. Ah ce que tu peux être niais.
    – Oui c’est ça la cause de mon état actuel, car je me suis bien moqué de ta grand-mère au téléphone.
    Ah ce que j’ai pu en rajouter aussi sur ce roi Dagobert. À tel point qu’elle m’a raccroché au nez.
    C’est donc ça la raison. Cet ancêtre de l’histoire il m’a jeté un sort.
    Oh que j’ai été bête.
    Il n’y a qu’une solution pour moi.
    Que je me mette à prier ce bon Dagobert le plus fort possible !

    Comme jamais de ma vie je me suis mis alors à prier : oh bon roi Dagobert ! Que vous êtes bon ! Vous êtes le plus grand de l’histoire de France, le plus grand de la Terre !

    Alors comme par magie je suis passé de la position verticale les mains au sol, à ma position habituelle.
    Ma chérie n’arrêtait pas de rire. Oh qu’elle était heureuse.
    Tu vois que le roi Dagobert il faut toujours en dire du bien.
    – Oui oui affirmais-je. C’est le plus grand des plus grands. Moi aussi j’étais joyeux.
    Je savais que dorénavant j’allais le prier jour et nuit ce crackObert.
    Ah que j’étais joyeux ce jour d’avoir retrouvé ma petite vie de bipède sur pattes …

  2. Pauchant Bernard dit :

    Racontez une journée Dagobert.

    Le Roi Dagobert
    A mis sa vie à l’envers.
    Le bon Saint Eloi
    Lui dit « O mon roi,
    C’est vraiment pas le bon côté ».
    « C’est vrai,
    Lui dit le roi,
    Je vais la remettre à l’endroit ».

    « Les gens sur terre
    Jettent l’argent en l’air.
    Toujours ils dépensent,
    S’en mettent plein la panse
    Sans aux pauvres penser.
    C’est bien vrai,
    Dit le roi,
    Il faut tout remettre à l’endroit ».

    « Les gens sur terre
    Toujours se font la guerre,
    Des insultes se lancent.
    Toujours la vengeance,
    Le pardon jamais.
    C’est bien vrai,
    Dit le roi,
    Il faut tout remettre à l’endroit ».

    « Les gens sur terre
    Empuantissent l’air,

    Assèchent les océans,
    Les prés et les champs,
    Vident les forêts.
    C’est bien vrai,
    Dit le roi
    Il faut tout remettre à l’endroit ».

    « Les gens sur terre
    Des autres n’ont rien à faire :
    Ils jalousent, ils méprisent.
    A l’envi, ils médisent.
    Ils ne savent pas aimer.
    C’est bien vrai,
    Dit le roi,
    Il faut tout remettre à l’endroit ».

    Le bon Saint Eloi,
    Lui dit « O mon roi,
    Jamais ne pensez
    Être seul à détenir la vérité,
    Pouvoir changer la terre,
    Seul, ne peut se faire.
    Donner la main, on doit
    Pour tout remettre à l’endroit ».

  3. Dominique PORHIEL dit :

    Dagobert

    Quand j’étais une petite fille, déjà dévoreuse de livres, Dagobert c’était le chien du Club des cinq !
    Ça au moins, c’est une référence !
    Parce que l’autre là, le Dagobert, celui dont tous les livres d’histoire(s) parlent, à part mettre sa culotte à l’envers, qu’est-ce qu’il a fait au juste ?
    Eh bien, je n’en sais rien ! Etait-il de ces rois fainéants ? Ou un belliqueux ? Sa trace dans l’histoire est quand même bien mince et sa chanson un peu … ridicule !
    Moi je trouve que Sonia Rykiel a fait beaucoup mieux que Dagobert en mettant les coutures apparentes, donc à l’envers ; enfin non, apparentes à l’endroit. Donc c’est quand même un peu comme si on mettait son vêtement à l’envers, vu que sur l’endroit , on dirait l’envers !
    Suis-je claire ?

  4. MALLERET dit :

    « Aujourd’hui dimanche, j’ai opté pour des œufs brouillés. Dans la matinée je vais refaire le parcours de golf, car cet après-midi il y a une compétition. Que je gagne ou perde peu importe, ce soir je dine avec des amis et nous finirons avec un bon cigare entre hommes. En fait, il y a plutôt autre chose dont je voudrais vous parler. Ce n’est pas une réponse à la proposition, mais c’est tellement plus attrayant que mes journées, même si elles sont bien remplies.

    Savez-vous pourquoi mes parents m’ont appelé Dagobert ?
    Parce que mon grand-père paternel, ethnologue à la retraite, s’est passionné pour notre arbre généalogique. De trouvaille en trouvaille, il s’est révélé que nous descendions du fameux roi mérovingien. Je me demande bien comment il a pu remonter si loin. Il est vrai que nous ne sommes pas de grands voyageurs dans la famille. Bref, s’ils avaient un garçon, mes parents fiers de cette lignée voulaient remettre au goût du jour cet ancêtre bien connu. Et bam ! manque de pot c’est moi qui suis arrivé !

    Je dois être le second de toutes les générations qui ont suivi à me prénommer ainsi.
    D’accord c’est prestigieux de descendre d’un roi. Seulement il faut assumer toute sa vie le sempiternel : « C’est le roi Dagobert qui a mis sa culotte à l’envers ».

    Si ce prénom m’a permis de ne jamais être confondu avec qui que ce soit. « la culotte à l’envers » n’a cessé de me poursuivre. J’ai cru devenir fou. Dès mon berceau, ma mère me chantait pour m’endormir…allez, vous savez bien !
    Petit je pleurais, ado j’enrageais, jeune adulte j’ai voulu changer de prénom, adulte j’ai trouvé la solution.

    Si je ne change pas quelque chose, je suis sûr que lorsque l’on me mettra en bière, il y aura encore quelqu’un pour y penser et avoir un fou rire. Alors c’est terminé.
    T E R M I N É, je pars en Écosse vivre en kilt !

    Épilogue. J’ai une femme de ménage qui met tous mes vêtements à l’envers pour les laver…

    Peggy Malleret 19 janv.2022

  5. Michel-denis Robert dit :

    Cette fois-ci, il était crucial de savoir comment je m’étais fait blouser à la boule. J’avais beau explorer mes fouilles dans tous les recoins, plus un kopek, j’étais à sec. Cette nouvelle ambiance zarbie, j’avais les crocs et moins de pèze que quand j’ai commencé à turbiner dans ce casino. Il faut dire qu’au départ, ce n’était pas le but de l’opération. Je m’étais fait contrôler, non pas pour gagner du fric mais pour infiltrer le milieu.

    Depuis deux jours, j’avais un cadavre sur les bras et je n’avais toujours pas le moindre indice, aucun mobile. Même pas l’ombre d’une touche. Ma mission avait mal commencé. Le keum de la caisse m’avait pris pour un keuf. Je ne sais qui l’avait rencardé. Je n’ai rien moufeté. J’ai laissé courir. Apparemment, je devais me glisser dans les pompes d’un quidam de la rue. C’est ce que je fis, mais le gonze me reluqua chelou pendant des plombes, alors que je zyeutais les clients. Je captais leurs tics et leurs tocs. Derrière mes verres opaques, je squattais les premières loges. A la brigade, on nous avait montrés, inculqués, enfoncer ça dans le crâne. Je l’avais cogité. La meilleure digression fut de me faire passer pour un dealer. Dès lors, j’eus beau jeu. Je signerais le caméléon. Et pour fêter Noël je me suis acheté un splendide starco et je grimai ma cheutron en plus des bacantes à la Clovis. Les Ray ban à l’italienne pour camoufler mes châsses avides. Un vrai loubard, pas caillera de banlieue mais genre gossebo style, aussi pour épater ma meuf.
    Le premier indice, je le trouverais, sûr, à partir de l’emploi du temps de notre victime jusqu’à ces 23 heures, horaire présumé du décès.
    Quand j’ouvris son casier, une feuille à cigarette scotchée sur une paroi attira mon oeil d’expert.
    Par transparence je lisais : « nely rima veca moura. »
    Quel langage étrange ! A partir de là, je remonterais le temps. Et je démontrerai que sa disparition n’est pas l’effet du hasard mais qu’elle a été planifiée.

  6. françoise dit :

    581/Racontez une journée Dagobert ?
    De quel Dagobert parle notre Prof ?
    du bon Roi Dagobert qu’a mis sa culotte à l’envers
    et que le grand Sant-Eloi lui remit à l’endroit ?
    Avait-il existé ? Je ne me souvenais pas l’avoir étudié en cours d’histoire
    J’allais sur google et y trouvais mon bonheur :
    Oui il aurait existé : le roi mérovingien Dagobert Ier (vers 600–639) et son principal conseiller, saint Éloi (vers 588–660), évêque de Noyon.
    Je vais imaginer une de ses journées :
    S’étant levé il mit
    – sa culotte à l’envers
    – son bel habit vert
    – deux bas cadets qui faisaient voir ses mollets
    -fit sa barbe et lava son menton
    – mit son manteau qu’on avait rallongé de deux doigts
    son chapeau qui le coiffait comme un cerf
    – partit à la chasse au pivert
    – après qu’on lui eût donné un sabre de bois
    – voulut s’embarquer pour la mer
    – saint Eloi l’en dissuada de peur d’entendre les badauds crier « le Roi boit »
    – trompé le grand saint Eloi l’en avisa« vous êtes cornu j’en suis convaincu »
    – c’est bon lui dit le roi mon père l’était avant moi »

    8 jours plus tard on nous rendit nos copies :
    je n’avais que 8/20 car j’étais hors-sujet : « je vous avais demandé de raconter
    une journée de Dagobert

    .

  7. Françoise - Gare du Nord dit :

    Ce jour-là, vendredi 13/11/13, tout alla de travers pour Dagobert.

    Il commença par se lever du pied gauche ce qui le mit de mauvaise humeur, boutonna sa chemise en mettant lundi avec mardi, enfila des chaussettes dépareillées, programma le micro-ondes sur 63 secondes au lieu de 36 et se brûla la langue, claqua la porte de son appartement en ayant pris les clés de la cave à la place de celles du logement

    A l’arrêt de bus, il se trompa, monta dans l’autobus 96 au lieu du 69 et, perdu dans la lecture de son livre, rata l’arrêt

    Au Tribunal de Grande Instance – il était greffier d’un juge d’instruction aux mœurs inversées – il se méprit à plusieurs reprises, inscrivant les mots :
    – « infirmer» au lieu de «confirmer»,
    – « décharge » au lieu « surcharge »,
    – « bénéfice » au lieu de « préjudice »,
    – « disparaître » au lieu de « comparaître »,
    – « inclusion » au lieu « d’exclusion »,
    – « libération «  au lieu « d’inculpation ».

    Ces erreurs causèrent la levée d’écrou, immédiate autant que stupéfiante, d’un baron de la drogue, assassin multi-récidiviste, pourtant lesté de charges accablantes

    Le week-end arriva enfin. Il avait prévu de partir deux jours à la campagne. Cette journée éprouvante l’avait épuisé et émoussé sa vigilance et, à un moment, il s’engagea à contre-sens sur l’échangeur de l’autoroute A19 à hauteur de Sens

    Sa journée ainsi que son existence s’achevèrent à 21h12, lorsque sa voiture s’encastra dans un 35 tonnes appartenant à la société de transports routiers Saint-Eloi

  8. Françoise Rousseaux dit :

    -Allô, Mamie, comment ça va ? Tu as passé une bonne journée ?

    – Oh, non, pas vraiment..Aujourd’hui, j’ai tout fait à l’envers !

    – Ah, bon !

    -Ça a commencé au petit déjeuner . Je n’arrivais pas à dévisser le couvercle du pot de confiture ; dix minutes pour m’apercevoir que j’essayais de tourner dans le mauvais sens !
    Et puis j’ai enfilé mon manteau à l’envers et je suis partie faire mes courses ; c’est en arrivant au magasin que j’ai remarqué que quelque chose clochait ! J’étais toute honteuse !
    Et ce n’est pas tout! Au passage en caisse, je n’ai pas pu payer en carte bancaire, car j’inversais les chiffres de mon code ! Je peux te dire que j’étais gênée !
    De retour à la maison, j’ai voulu rédiger un texte pour l’atelier écriture, et…j’ai commencé par la fin !
    Et aussi, j’ai mis la charrue avant les bœufs et je ne voyais que l’envers du décor !

    -Heu…Mamie..tu es sûre que ça va ?

    – Oh, mais à part ça, tout va bien. En fait, ça m’arrive de temps en temps, mais ne t’inquiète pas, ça ne dure pas. Dès demain, j’aurai de nouveau la tête à l’endroit !

  9. LURON'OURS dit :

    🐻 UNE JOURNÉE DAGOBERT

    Enfin, un jour non dédié ! Quasimodo… Oubliés les pépins, les paumés, les gras du bid, les mos du genou. C’était compter sans le hasard, un supplétif celui-là. Quand je mis mon jean, il était retourné. Une habitude que j’avais prise le soir pour faire mes poches. Qu’à cela ne tienne , je mettrai tout mon attirail à l’envers, du pull au chaussettes. Ainsi accoutré, je m’allais regarder dans la vitrine. Je ne me vis pas : le rideau de fer était baissé. Je m’accrochais aux tags, aux lettres géantes aux vaisseaux spatiaux et aux anneaux du serpent de mer. 🐻

  10. VERONIQUE dit :

    Comme tous les lundis matin, je saute dans ma voiture pour me rendre à mon travail à 8h.
    Elle démarre au quart de tour mais au lieu d’emprunter le sens unique, de ma rue elle fait volte-face.
    La voilà qui s’aventure à contre-sens et slalome entre les voitures, trottinettes et vélos. Je tente d’enclencher mon clignotant à droite… mais ma fiat tourne à gauche.
    Je deviens folle et me mets à lui parler :
    « Non mais arrête, ce n’est pas drôle, redonne-moi la main, je vais finir par être en retard.

    Furieuse elle accélère, entame des manoeuvres et cale devant un café que je ne connais pas.
    Ma portière s’ouvre vioolemment, m’incitant à descendre.

    La serveuse du café m’observe en état de sidération sur le trottoir et toque sur la vitrine.
    Téléphone pour vous ! Pour moi ? Mais je ne suis pas censée être là.
    Je ne suis plus en état de penser….
    Allo !???
    Bon, Julie j’ai réfléchis…. Je suis d’accord pour votre détravail.
    Pardon ? Mais M. Michel, de quoi me parlez-vous ? J’arrive dans 5 minutes au bureau pour animer la réunion avec nos gros clients. C’est important de décrocher ce contrat. Vous connaissez mon investissement sur ce projet.

    La blagueuse, je vous reconnais bien là… Vous jouez la montre et allait me faire faux bond, n’insistez pas, c’est mieux pour vous.

    Je ne le laisse pas poursuivre, reprends du poil de la bête et déclare sèchement : « J’arrive tout de suite », avant de raccrocher.

    Je sors comme une furie du bar : la serveuse me court après en me tendant un panier repas.
    Je la regarde ahurie et saisis le panier sans la remercier.

    Je saute à nouveau dans ma voiture, remets le contact, respire à fond et démarre en trombe direction mon bureau. Je me dis que c’est gagné, je suis tellement rapide que personne ne prend le dessus sur mes décisions, et je trace la route…

    Arrivée sur le parking, j’attrape mon ordinateur portable, tous mes dossiers et cours en prenant garde de ne pas me casser une cheville vu la hauteur de mes talons.

    Je salue tout le monde dans le hall et prends ma respiration en appuyant sur le bouton de l’ascenseur. Je regarde ma montre en attendant que les portes s’ouvrent. Juste 2 minutes de retard sur l’horaire de la réunion, il n’y a pas mort d’homme… Je m’engouffre dans l’ascenceur et appuie sur le 6ème étage. Les chiffres défilent …. Et l’ascenseur ne s’arrête pas au 6ème. Il poursuit sa montée jusqu’au 8ème… Je commence à me décomposer et peine à retrouver mon calme. J’appuie à nouveau sur le chiffre 6…. et me retrouve … dans le hall d’entrée, prête à craquer.

    Pour ne pas perdre la face je me râcle la gorge, et rejoins d’un pas militaire ma voiture.
    Je claque la porte, relâche la pression et fonds en larmes.
    Une fois mes esprits retrouvés, je démarre, et parle à nouveau à mon tableau de bord.
    Allez, emmène-moi où tu as décidé que je devais aller, je ne lutte plus…

    La voiture s’exécute et m’emmène, tranquillement, au bord de la mer.
    Elle se gare sous les pins et le coffre s’ouvre.
    Je m’extrais de la voiture et me retrouve devant une malle pleine d’affaires de plage, un plaid, une paire de tongs, des lunettes de soleil …. Et le fameux pique-nique du matin.

    Une table de pique-nique en bois me tend les bras…

    Cette journée est trop bizarre, il faut que je prévienne les miens. Je sors mon portable et appelle mon mari.

    Allo, il faut que je te parle, je vis un cauchemar depuis ce matin. Figure-toi ….
    « Que tu as foiré tes négociations ?
    « Non, je n’ai pas pu me rendre au boulot ce matin
    « Tu es malade ?
    « Non, à la plage…
    « Tu es folle, avec ce froid ?
    « Il fait très beau ici… c’est tellement étrange ce qui m’arrive.
    « Tu me raconteras tout ça ce soir, je file en réunion.
    « Oui, d’accord….

    Je sors mon tire-bouchon, vide quelques verres …. et la cuvée du Roi Dagobert 2022 me mets définitivement la tête à l’envers….

  11. christophe dit :

    Un vieil expert en droit
    A le cœur à l’envers
    En allant vers l’endroit
    Ou il dira en vers
    L’amour qu’il a envers
    La belle qui le rend vert
    Espérant qu’elle conçoive le même à son endroit.

  12. Maguelonne dit :

    Jean-Jean a passé une nuit torride avec Maryline. Hier après midi elle et son père ont rendu visite à la belle mère. Jean-Jean a bien essayé de rentrer le ventre et gonfler les pectoraux. « T’es un souillon, disparaît dans la souillarde » lui ont crié ses frères. De toute façon Jean-Jean est invisible depuis que son père a épousé cette mégère avec ses deux fils.
    Mais cette nuit c’était chaud bouillant avec Maryline.
    DRING…foutu réveil. Jean-Jean est en sueur, à poil dans ses draps défaits. Vite, il enfile le pantalon, à l’envers, la chemise sens devant derrière et les chaussettes dépareillées un peu douteuses et file préparer le petit déjeuner. D’abord il ne trouve pas le café, puis ne met qu’une dose au lieu des trois habituelles. Il met l’eau à bouillir et confond les herbes de Provence avec le thé. Il beurre les tartines à grands coups de saindoux.
    Ah cette Maryline, pour elle il marcherait sur les mains, en attendant il a la tête à l’envers. Il se prend les pieds dans le tapis et la belle doche reçoit le jus de chaussette sur sa belle robe de chambre rose poudré.
    Jean-Jean ploie sous les invectives.
    Refuge dans la souillarde et réflexions : il a définitivement la tête dans le sac et la journée sera épouvantable. Aux grands maux, les grands remèdes. Il siffle Fée Marraine qui loupe un peu son atterrissage. Mais plus de peur que de mal.
    « Marraine faut me transformer en chanteur à succès avec une guitare et une tesla ».
    « OK Accroche toi. ABRACADABRA ».
    « COA, COA mais COA c’est donc ? Je suis changé en vilain crapaud. Marraine ??? »
    « Ah je suis un peu rouillée. Maintenant je commande tout sur Amazon et je suis livrée en deux temps trois mouvements. Là y a un bug, un gros bug ».
    « COA COA faut me sortir de là. Et puis mes frères vont me piquer la tesla ».
    « Saperlipopette ! C’est de ta faute aussi. Tu m’appelle aux aurores. Mais moi je ne vaux rien avant quatorze heures ».
    « COA COA elle est bien bonne celle là ! Je devrais être chanteur célèbre, me voici crapaud et c’est ma faute ! Les bras m’en tombent ».
    « Je vais faire une petite sieste, manger un petit bout, réviser mes cours de magie et je reviens ».
    « COA COA Marraine t’as la tête fêlée. Y a urgence. COA c’est cette journée où on marche sur la tête ».

  13. Akpo dit :

    Dans une journée d’ Agobert c’est un peu le monde à l’envers, un univers à la Prevert:

    La droite remplace la gauche
    L’envers devient l’endroit
    Le début,  la fin
    Le jour, la nuit
    Lhiver, l’été
    Le matin, le soir
    La sortie,  l’entrée
    Les questions, les réponses ..
    Le dessus , le dessous tout est inversé               mélangé
    dans le désordre ,déboussolée j’en ai le tournis..
    .de quoi perdre son latin!

    Les horloges tournent en  sens inverse, les enfants travaillent les parents s’amusent
    Le dessert remplace l’entrée
    Le bonjour devient le bonsoir

    Les médecins deviennent  patients
    Les élèves les professeurs
    Les femmes les maris les maris les femmes
    ..Je reçois le courrier de mes voisins et mes voisins reçoivent le mien…
    Mon chef fait mon travail et moi je fais le sien…

    Et si c’était le monde à l’envers plus souvent ?

  14. CATHERINE M.S dit :

    Lundi matin Maud a switché
    Dès le réveil ça lui a pris
    En lieu et place d’un bonjour
    Ce fut un merci
    Alors que personne ne lui avait rien dit
    Elle a allumé des bougies
    Regardé tomber la pluie
    Fermé les volets
    Alors qu’il faisait déjà jour
    Enfilé sa chemise de nuit
    Pour aller travailler
    Avalé une pizza
    En guise d’un bon café
    Ébouriffé ses cheveux
    Au lieu de les coiffer

    Elle a pris le bus du retour
    Au lieu de celui de l’aller
    Rentrée chez elle, elle s’est pomponnée
    Maquillée, parfumée
    Pris un bon petit-déjeuner
    Juste avant d’aller se coucher
    S’est endormie
    Un peu avant midi
    Elle a rêvé qu’il faisait beau
    Qu’elle était à son bureau
    Dans sa robe fleurie
    Qu’elle traitait tous ses dossiers
    Avec célérité
    Que la journée avait filé …

    Et quand son mari l’a réveillée
    Elle lui a dit
    Bonjour mon amour
    Mais c’était le soir
    Elle ne voulait pas le croire
    Alors sans tarder il l’a accompagnée
    A l’Institut Dagobert
    Pour les gens qui pensent un peu à l’envers.

  15. Sylvianne Perrat dit :

    Je m’appelle Dagobert.
    Je suis né à l’envers. J’ai présenté mon joli petit fessier avant de montrer ma tête.
    Pas facile pour affronter la vie. Douleurs de ma mère, peurs de l’infirmière et stupeur de mon père.
    Cette arrivée dans le mauvais sens inaugurait une vie atypique. Le haut était pour moi le bas. Le bas se transformait en haut. Ma droite était à gauche et ma gauche était droitière.
    Quand les gens riaient, je pleurais et vice et versa.
    Quand ils dormaient, je vivais. Et recto verso.
    A 1 an, je voulus faire mes premiers pas, et inévitablement, je fis mes premières mains.
    Le roi des pieds au mur.
    Je parlais un charabia inversant toutes les syllabes.
    Ma vie devint vite sans dessus dessous. J’étais souvent mal culotté.
    Pour aller à l’école, je marchais à reculons. Sans le vouloir, je fis l’école buissonnière.
    La nature fut un lieu d’apprentissage indulgent. Les chauves-souris me comprenaient. Elles furent mes premières amies. Certains animaux vivaient comme moi la tête à l’envers. Aucun sarcasme des plantes, des fleurs… qui se plaisent la tête en bas.
    Un matin, je rencontrai un vieil homme bien vertical, il se présenta comme le bon Éloi.
    Il vit mon désarroi, mon cœur sans dessus dessous, ma tête mal orientée, mes pensées chamboulées. Et surtout, il vit ma culotte à l’envers !
    En une phrase puissante, il me demanda fermement de mettre ma culotte à l’endroit !
    En une seconde magique, ma culotte enfin bien mise, je fus sur pieds, ma tête en haut, les idées claires.
    Ma droite était à droite, ma gauche bien gauchère.
    J’étais debout !
    Je courus vers ma mère.

  16. Kyoto dit :

    C’est la fin du début.

    Ella, que chacun nommait Elle, jouait aux dominos à deux ans.
    A cinq ans Elle lisait et écrivait.
    A six ans Elle tricotait.
    Une maille à l’endroit. Une maille à l’envers.
    Un rang à l’endroit. Un rang à l’envers.
    Elle adorait.

    Elle se mit à écrire à l’envers, de droite à gauche.
    Sa mère criait.
    Son père souriait.
    Son jumeau Natan, que chacun nommait Natan, grâce au miroir, découvrait ses mots, ses phrases.
    Lui chuchotait « un jour, tu seras écrivain »

    Elle était douée, et pourtant elle confondait la droite avec la gauche, le rouge avec le vert, Bordeaux avec Marseille, l’endroit avec l’envers.
    Un jour, à l’école, lors d’une dictée, elle l’écrivit à l’envers.
    Sans méchanceté. Sans provocation. Elle s’ennuyait.
    Une claque à l’envers, une claque à l’endroit, pour son insolence.
    Ses camarades riaient en silence.

    Natan et Elle marchaient souvent sur les mains.
    Pour voir le monde à l’envers.
    Ils ne virent pas la voiture.
    Natan fut fauché.
    Le cœur du cœur de Elle fut touché. A jamais.

    Elle se mit à écrire avec frénésie.
    Pour Elle. Pour Lui.
    A l’envers.
    Pour rire.
    Pour ne pas pleurer.

    On disait d’Elle qu’elle n’était pas bien sa tête.
    Pour ne pas dire qu’Elle était folle.
    La folie, ça leur fait peur.
    Alors, ils ne disent pas le mot.

    Elle a décidé de rejoindre Natan.

    C’est le début de la fin.

    Elle va enfin voir l’envers du décor.

  17. Jean Marc Durand dit :

    Merci Laurence! Parler de soi, c’est encore éviter de dire trop de conneries dérangeantes sur les autres. C’est encore le sujet que je maîtrise le moins mal et j’approfondis mes connaissances tous les matins, après le chant du coq. Le texte n’est évidemment qu’un tissu de littérature, donc d’authentiques élucubrations à partir d’une réalité chancelante. Et ça, moi, ça me fait au moins sourire! Zut , j’ai vérifié, logorrhée, c’est le contraire. Qui, honnêtement ne se serait pas trompé ???

  18. Michèle B.Beguin dit :

    Le roitelet Dagobert se frottait les mains. Voilà 6 mois que son père Jacques le maudit lui avait cédé la couronne. Il lui avait fait jurer de réduire la population et il avait beaucoup d’idées maléfiques.
    Lingère pour l’Elysée et amie de la secrétaire du ministre de la santé, j’étais aux grandes loges pour entendre tout ce qui se tramait et j’écoutais aussi les réactions du peuple.
    Ce soir le crieur a appelé la population à l’écouter
    « Chers tous. Au nom du roitelet je vous annonce qu’à partir de demain vous allez inverser énormément de choses, comme…Non, ce sera la surprise… La liste sera déposée dans votre boite aux lettres à minuit »
    Rentrée chez moi je me suis posée la question. Inverser, ça veut dire quoi? Les filles vont devenir des garçons et vice versa, mon père sera ma mère? La gauche va devenir la droite? L’endroit deviendra l’envers? l’alphabet commencera par Z? L’hiver s’appellera l’été? va t’on conduire à reculons ? Mon N° de rue 328 va devenir 823? Va t’on dormir le jour et travailler la nuit? Allait-on faire cuire la recette avant même de l’avoir préparée ?
    Tout s’entrechoquait dans mes neurones
    Cela me paraissait complètement loufoque, comme toutes les choses qu’il nous a imposées depuis 6 mois, pire que son père déjà tordu de la république.
    22h, heure du coucher car demain, lever à 5h.
    Malgré l’incohérence récurante de toutes les propositions suggérées par le roitelet, je m’endormis paisiblement. Au réveil, douche et chocolat chaud en écoutant les infos.

    – Important carambolage au carrefour de la petite étoile. 10 voitures se sont heurtées pour défaut de priorité.
    – 10 personnes ont trouvé la mort lors du choc entre un bus transportant des ouvriers et un camion remorque. Le bus a été pulvérisé. Le chauffeur du camion en pleurs expliquait que depuis minuit, suite à la liste reçue, il avait priorité en arrivant de la gauche. Le journaliste expliqua le chamboulement découlant de ces quiproquos, les inversions n’étant pas bien expliquées. Est-ce uniquement le nom qui changeait ou la situation elle-même réellement inversée?…
    – Un homme est tombé sur le trottoir, en sortant de chez lui, n’arrivant pas à marcher avec ses chaussures à l’envers
    – Un enfant s’est retrouvé trempé n’ayant pas réussi à ouvrir sa braguette qui se trouvait derrière…
    – Une femme déambulait avec deux bonnets aux pieds et une paire de chaussures sur la tête

    Je me suis demandée dans quel monde de fous je me trouvais… Je suis allée chercher la liste déposée à minuit, elle comportait 5 pages que j’ai survolées avant de filer au boulot en la glissant dans mon sac. J’ai quitté mon garage avec vigilance et je suis partie vers la rue du paradis là où je bosse. Il pleuvait et certaines personnes se protégeaient avec le manche du parapluie. C’était l’été et quelques uns avaient mis bottes fourrées et parka. Tout me semblait farfelu, même les conversations de mes collègues qui parlaient à l’envers et marchaient, pour la plupart, à reculons.
    A 17h, épuisée, je décidais de rentrer chez moi pour prendre le temps de lire la liste de l’Elysée.
    Je m’étais engagée dans la rue fidélité quand je vis un camion foncer sur moi, il roulait dans le sens inverse de la circulation…effrayé, J’ai freiné de toutes mes forces et klaxonné autant que j’ai pu pour qu’il s’arrête
    ….et c’est mon réveil, au son très aigü, qui m’a sortie de mon cauchemar il affichait 7h et je compris soudainement que j’avais rêvé. Notre roitelet actuel ne s’appelait pas Dagobert et je n’étais pas sa lingère !!

  19. Alain Granger dit :

    Il se lève. Sa femme ne se réveille pas, comme d’habitude. Sur elle il remonte le drap, comme d’habitude. La veille au soir, Gomatrude a été rude. Elle lui a reproché de ne pas avoir la gaule. Il avait un pépin, « Le Bref ». Il la trouvait trop petite tout comme son territoire, la Gaule. Pourtant il l’a unifié et possède une partie de la Germanie. Il tourne en rond. Il se fait du souci. La division règne parmi son peuple : Les Frisons lui donnent des frissons, les Saxons ne pensent qu’à l’action, les Alamants sont alarmants, les Avars rechignent à l’impôt, et les habitants de la Saxe ne servent Ariens. Il petit-déjeune d’une modeste poularde et de poires au miel. Ensuite il convoque son ministre des finances en qui il a toute confiance. Saint Eloi, évêque de Noyon, entre dans la pièce et s’incline devant sa Majesté. Il s’aperçoit alors que le roi est mal culoté. Discrètement, il lui signale qu’il a mis sa culotte à l’envers. Alors, allant droit vers son cabinet de toilette, puis allant vers son porte manteau, il la défait pour la remettre à l’endroit. Il a échappé de peu à la défaite puisqu’il doit recevoir l’ambassadeur de l’empire byzantin. Machinalement, il joue avec son alliance avant de négocier celle qu’il compte nouer avec l’Empire contre les Lombards et les Wisigoths. Il dîne ensuite avec lui d’un pâté en croute d’oie, d’un civet de cerf à l’hypocras et de gaufres aux fruits cuits. Après une sieste très ronflée, il s’habille à nouveau pour inspecter son armée en compagnie de son auguste invité. Le bon Saint Eloi s’incline à nouveau devant lui. Découvrant son épée en fer, il lui conseille de la remplacer par une épée en bois car il s’était blessé lors de la revue précédente. Dagobert suit le conseil de son ministre avant de faire admirer à son hôte sa belle armée de mercenaires. Mais il est toujours sur les nerfs. Il décide alors de partir pour une chasse à cour. Quelques heures plus tard, Saint Eloi le retrouve tout essoufflé au sortir d’une futaie. Dagobert le remercie car son conseiller vient de mettre en fuite le gros lapin qui courrait après lui. Tous deux cheminent en direction du château de Clichy lorsqu’un groupe de voleurs se dresse devant eux. Dagobert se bat à tors et à travers. Le bon Saint Eloi lui dit qu’ainsi il va se faire tuer. Le roi l’en remercie et lui enjoint de se placer devant lui pour lui servir de bouclier. Ils arrivent au château à la nuit tombée. Une bonne soupe de champignons plus tard, le roi vat se coucher. Malgré les demandes de sa moitié, il est bien trop fatigué pour l’honorer. Il s’assoit dans son lit et s’endort aussitôt.

  20. Avoires dit :

    Racontez une journée Dagobert

    Pour ouam,nue nourjé Dagobert estune nourjé verlan.
    Tout est séverin. C’est complètement ouf, c’est ça comme.
    Le trom part à loncureu,  ou ne s’arrête ap à la rega. Renaud, joutour chébran laisse encore béton. Les meufs et les keufs sont tous trans .
    Les yeuvs, ass goleri ap : plus de chansons de Vournaza  plus de té sandan, c’est que du peura que diffusent les hauts-larpeurs.
    Une nourjé Dagobert est cheulou, ap blessipo, bref une vari nourjé de deumer. Enfin pourles yeuv, ap pour les neujeu : eux ils kiffent
    Vous l’aurez compris, une journée Dagobert est une journée zibarre.
    Mais…
    Cimer Scalpa roup ec jetsu ne ro !

    Cremponne qui roupa…

  21. Laurence Noyer dit :

    beau travail introspectif, loggorhée bien maitrisée
    quel emploi du temps!
    j’avais pensé à faire la même chose mais moi j’ai lu toute la journée ! mon texte aurait fait 2 lignes

  22. FANNY DUMOND dit :

    Comme d’habitude,
    – Je me couche enfin.
    – Je mets mon doux pyjama en pilou.
    – Je me brosse les dents et remarque qu’un détartrage s’impose.
    – Déçue, je ne m’attendais pas à cette fin et me dis que j’ai dû louper quelque chose et que j’aurais pu consacrer cette heure à consoler ma copine qui a toujours un nouveau tracas.
    – Impatiente de connaître l’épilogue, je me love dans mon canapé avec le bouquin entamé la veille.
    – Je mange ma soupe et mon omelette aux girolles que j’ai mises en bocaux l’été dernier.
    – Je me creuse la tête pour savoir quoi mettre au menu du dîner.
    – Je rentre, enfin, chez moi après avoir tourné un quart d’heure pour trouver une place de parking, hors zone-bleue.
    – Je passe l’après-midi à amadouer ce client furieux qui a investi mon bureau en me menaçant de porter plainte pour cause de travaux sabotés.
    – Je réponds aux peintres d’informer le patron qui a la manie de lésiner sur les matériaux.
    – Les ouvriers qui s’y trouvent m’expliquent qu’ils n’avaient pas assez de peinture et qu’ils n’ont passé qu’une seule couche sur la façade et que le client n’est pas content.
    – À midi, je me rends à la cafétéria de l’entreprise.
    – J’occupe ma matinée à taper des courriers et devis, à répondre au téléphone et à recevoir un couple de clients qui hésitent plus d’une heure sur la couleur de ses volets.
    – Je me coltine les bouchons sur l’autoroute en travaux depuis dix ans.
    – Pendant que mon véhicule se réchauffe, je me gèle les doigts à racler le pare-brise couvert de givre.
    – Je m’installe dans ma voiture qui tousse et rechigne à démarrer durant cinq minutes.
    – Pour me rendre au boulot, je manque de m’étaler sur une flaque d’eau verglacée.
    – J’enfile mon manteau et me passe autour du coup la grosse écharpe que j’ai tricotée à mes heures perdues.
    – J’enduis mes cils rebelles de mascara, puis j’applique une ombre à paupières raccord avec la couleur de mes yeux.
    – Je prends un bain délassant dans lequel j’ai versé ce baume acheté hier et qui dynamise, à coup sûr, la journée à venir.
    – Debout devant l’évier, je bois mon café brûlant en boudant la tartine beurre-confiture que ma tendre moitié m’a préparée avec amour.
    – Je remonte le drap, car j’ai la flemme de faire mon plumard, comme me l’a appris ma maman.
    – Je sors de mon lit après avoir tâtonné à la recherche de ce satané radio-réveil qui me fait sursauter depuis des années.
    « Il est 7 heures. Aujourd’hui, nous fêtons la Saint-Dagobert. Bonne journée à vous ! »
    – J’entends :

  23. iris79 dit :

    Ce fut une journée presque ordinaire. Mais tout fut dans le presque. Le réveil nous tira du lit en sursaut et quand je vis que le jour perçait à travers les rideaux je sus dans l’instant que c’était fichu ! Après avoir actionné la commande des volets, j’ouvris complètement les deux yeux sur mon réveil retourné, complètement à l’envers. Les filles avaient encore joué dans notre chambre en cachette et s’étaient minutieusement employées à tout dérégler ! Quand j’ouvris promptement les portes du placard et que je n’en reconnus plus l’intérieur même, la panique prit le dessus. Où se trouvaient mes chemises, mes pulls et tout le reste ? Par réflexe, j’écartais les portes de la partie de mon chéri (il était où déjà lui ? (Ah oui semaine au ski avec ses copains) Mais oui ! Les chipies avaient tout interverti ! Pas étonnant que j’ai eu largement le temps de travailler en silence au cours de cette grande soirée hier. J’étais tellement contente que mes filles jouent tranquillement, tellement fière ! Mais pauvre naïve ! Jusqu’où avaient-elles poussé le vice ? Je filais dans la salle de bain scrutant ma brosse à dents, reniflant le dentifrice. Je ronchonnais en courant dans tous les sens. J’allais chercher mes deux princesses les tirant du lit encore toutes chaudes comme les bonnes petites brioches que j’aimais leur faire pendant les vacances. Je les vis se retrouver l’une dans les bras de l’autre, ces deux là étaient sacrément complices, à la vie à la mort, pour le meilleur et pour le pire.
    Je pestais quand je vis qu’elles m’avaient retourné les manches de mon beau manteau dans l’entrée. Ça les fit rire en cascade alors qu’elles n’avaient même pas encore totalement émergé ! L’enfance détenait des secrets bien gardés. Je ne cessais de les tancer pour qu’elles se pressent et ne put réprimer un sourire quand je m’aperçus que le calendrier accroché au frigo indiquait août alors que le givre paralysait encore la fenêtre.
    Me croyant toujours à la bourre, je les implorais de se presser en me dirigeant vers la porte d’entrée. Quand je me retournais, je les vis hilares, leur manteau à l’envers sur leur pyjama qui baillait ! Je faillis faire une syncope et refoulait plusieurs réactions. « vous allez me rendre folles ! Vous n’allez pas sortir comme ça ? » Elles me firent « non, non » de la tête faisant s’emmêler leurs boucles blondes et rousses. « quoi non » leur assénais-je. « Pourquoi vous êtes habillées à l’envers ? » c’est la semaine Dagobert maman ! » dirent-elles en pouffant de leur sourire en château fort. « La semaine Dagobert ? Mais c’est quoi encore ce truc les f… ? Ah non les pestes ! On n’était pas lundi !
    Juste samedi!

  24. Nouchka dit :

    Comment savoir si, ce que nous vivons, est une journée Dagobert ?
    Entre les jours où rien ne se passe comme prévu ; les jours où vous avez l’impression de perdre la tête tant les évènements se chevauchent et s’entremêlent ; les jours où, de l’autre bout du monde, vous vous sentez petit et impuissant face aux tracasseries qui s’élèvent devant vous ; le jour où vous avez oublié une partie de votre tenue de scène et où vous devez vous produire sans la culotte ad hoc ; etc.
    Tous ces jours Dagobert hantent ensuite vos cauchemars pendant des années.
    Mais si le jour Dagobert s’associait à de merveilleux souvenirs de lecture ?
    Vous dire comment Enid Blyton a réussi à m’intéresser à la lecture à travers ses héros du Club des Cinq. Le lien avec Dagobert en est, le chien du même nom, personnage de l’autrice. Claude, autre héro, était ma préférée. L’intrépide fille, au prénom masculin-féminin, relevait toujours le gant, se montrait enthousiaste et courageuse à résoudre les énigmes que les quatre amis rencontraient. J’aurais tant aimé être des leurs…
    Peut-être certaines de leurs aventures étaient-elles comparables à « un jour Dagobert, un jour à l’envers » ? Honnêtement, mes souvenirs n’ont pas retenu le détail des intrigues. Ils me laissent cette impression de bonheur, de complétude que seuls les livres, associés à notre imagination, procurent.
    Une journée Dagobert est donc aussi, cette évasion de notre quotidien par la lecture, susceptible de nous mettre la tête à l’envers. Et parfois aussi, nos instants d’écriture quand ils réussissent à nous transporter loin de la pièce, de la chaise et de l’ordinateur sur lequel nous nous livrons.

  25. Laurence Noyer dit :

    La journée Dagobert des Clichés

    A peau de fleur
    A train de fond
    A une charnière d’époque
    Une fortune d’abri
    Borne sans admiration
    Feutrer l’ambiance
    Finir ses mois arrondis
    Avec un respect qui force l’enthousiasme
    Avec une satisfaction de grand sentiment
    Une pluie d’averse
    L’océan de l’azur
    Regarder du balai
    Battre le chaud pendant qu’il est fer
    Remords de bourré
    Glacer la brise
    Pister les brouilles
    Epauler son fusil chargé
    Chaque Dieu que jour fait
    Embûche semée de chemins
    Roche comme de l’eau claire
    Comme un tonnerre de coups
    Coupé le pied sous l’herbe
    Montre contre la course
    Dans le cyclone de l’œil
    Dans le complet le plus noir
    Imaginer tout ce que j’ai dépassé
    Baiser un dérobé
    Des jambes dans les fourmis
    Pantalon sur la couture du doigt
    Dure existence de fardeau
    Histoire d’empreint
    Fanfare en entrée
    Faire bois de tout feu
    Faire son monde dans l’entrée
    Le possible de tous les âges
    Le soleil de la brûlure
    Les heures de l’église égrenait les cloches
    Mon lit partageait ma femme
    Les nuages dans la tête
    Les épaules sur la tête
    L’enfer était devenu une vie
    Le droit semble avoir repris sa vie
    La raison de la voix
    Soupçonner de tout laver
    La confession sans bon Dieu
    Les pêcheurs de bonheur
    L’esprit s’installa dans son doute
    La révolte du feu
    La grande aventure du frisson
    Le guerrier du repos
    Le propriétaire du tour
    Pièce qui inonde la lumière
    Mes intimes les plus parties
    N’est plus que lui-même que de l’ombre
    Une fin sans nuit
    Désirs de tous les objets
    Argent aux reflets océan
    Qui s’enrichit paye ses dettes
    Baissant les murs, tête rasée
    Reprendre l’école du chemin
    Sa famille en linge sale
    Tirer le nez du ver
    Applaudissements de tonnerre
    Tourne en tête dans sa boucle
    Tous les corps de mes larmes
    Toute la solitude du poids
    Une porcelaine dans un magasin d’éléphant
    Un peu de brutes dans ce monde de douceur
    Un ciel fendait l’oiseau
    Un souffle à couper la beauté

  26. Antonio dit :

    Déjà, je me suis couché du mauvais pied, au petit matin. J’avais bu toute la nuit, certes, mais elle m’avait surtout planté à la sortie de la discothèque. Barbara, qu’elle m’a dit qu’elle s’appelait. Ça lui allait bien, elle avait les yeux couleurs rubis et une robe à plumes couleur de la nuit qui tournoyait autour de moi dans un bruissement de déhanchements torrides.

    On a dansé, on a bu, on a ri, un moment elle a posé ses lèvres sur ma joue, sa tête dans mon cou. C’est alors que je l’ai reconnue, surgissant du passé, elle m’était revenue. Que je croyais.

    D’un claquement de doigt, puis de porte, elle s’est envolée, dans un taxi, semblant crever le ciel qui venait d’enfiler son aube pour célébrer le nouveau jour. Je courais derrière, en vain, sous la pluie, puis, trempé, priais ce ciel qu’elle me revienne, à nouveau, un jour.

    Souviens-toi, Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest, aussi, ce jour-là. Quelle connerie la guerre. Puis le rêve s’est transformé en cauchemar, noyé au fond d’un vers de Prévert. Je me suis levé en sursaut, et en sueur, vers midi moins quart.

    J’ai pris une douche pour me remettre la tête à l’endroit et au travail. Mais rien n’y a fait, j’ai gardé la tête dans le cul toute la journée. Au bureau, chaque fois que j’ouvrais la bouche, je sentais que j’allais péter un câble. J’étais d’une humeur exécrable. Faut dire qu’à chaque négociation, on essayait de me la jouer à l’envers. Mais mon esprit était ailleurs.

    Je retrouvais Jacques au Rainbow Lounge. Il fallait qu’on y retourne, tous les soirs s’il fallait, il fallait que je la retrouve. Ce que l’on a fait, le soir-même. Quand elle a surgi, vers minuit, venant de nulle part, ou plutôt de sa place habituelle, sur un tabouret du comptoir.

    « Barbara ! » je l’appelais. Elle s’est retournée, m’a souri, sans avoir l’air de me reconnaître. Moi si avec ses yeux couleur rubis et sa même robe à plumes couleur de la nuit. Elle me dit :

    « Appelle-moi, comme tu veux, mon chou. On se voit après mon numéro, si tu veux bien m’offrir une coupe de champagne. »

    Je venais de prendre en pleine face l’envers du décor.

  27. Nadine de Bernardy dit :

    Cette nouvelle année est placée sous le signe de l’écologie positive.Ses 365 jours seront des journées à l’An Vert.
    Chaque citoyen à travers le monde se doit de planter,semer,bouturer,greffer,arroser,tailler.Tous les jours il devra se faire remarquer par une action tirant sur le vert.
    Epinard,salades,kiwis,orties,brocolis seront sur toutes les tables,arrosés de thé à la menthe,ou de sirop au même arôme.
    Tout citoyen entretiendra son petit lopin de gazon offert par le gouvernement.
    La mousse a envahi les murets,la fougère colonisé les allées.Les jardineries sont en rupture de conifères.
    Seul un petit bonhomme,isolé dans sa ferme au milieu de nulle part,ignorant de ce qui se passe,vit à son habitude.Dès qu’il entend son coq chanter,il va se coucher après avoir diné non sans avoir fait sa prière et enfilé ses pantoufles.

  28. Souris verte🐁 dit :

    Une sorte de Dagobert pour nous distraire

    🐀UN ÉNERGUMÈNE

    Chapeauté d’ un ‘Kangourou ‘ on l’appelle ‘ Eminence ‘ cet énergumène. On dit de lui – j’ai rencontré l’ ‘Eminence’, il avait encore le tête près du bonnet ! Suractif, cet épouvantail nous fait perdre la boule. Le roi du décrochez-moi ça a instauré sa mode d’été… D’une vieille chemise bien longue il arrache les manches qu’il enfile par les pieds pour faire bermuda, et du haut un polo.
    Mais alors ! Il n’y a pas de fond ? Le fond chez ‘Éminence’ est assez loin de ses préoccupations voire exclu de son vocabulaire !
    Quand il sort prendre l’air, s’il est arrêté pour indécence il se fait d’abord longuement expliquer le mot. Cette pédagogie donne lieu à de nombreuses gesticulations hilarantes créant des attroupements de gens qui se marrent. Ils lui miment : juste croiser les pans de chemise par en-dessous ! un simple nœud à cet endroit serait bienvenu en le cachant ! C’est le motif qui est distractif et les occasions de rire sont devenues si rares qu’après avoir été fui l’énergumène devient recherché.
    Maintenant on le salut parfois même on soulève son chapeau mais toujours on sourit, presque on le remercie d’exister dans sa loufoquerie. Lui répond, poli, en soulevant son ‘Kangourou’… 🐀

  29. camomille dit :

    – Moi Jeannette, je te le dis comme je le pense, Robert je ne le supporte plus.

    – Oh ! C’est quoi le problème Adrienne ?

    – Ben il n’arrête pas de me faire des reproches. Avant c’était de temps en temps, mais maintenant c’est tous les matins. Tu m’entends Jeannette, c’est tous les matins… tous les matins…

    – Mais qu’est-ce-qu’il te dit tous les matins ?

    – Tous les matins il me dit comme ça :
    « Je me lève
    Et je te bouscule
    Tu ne te réveilles pas
    Comme d’habitude… »
    Et là, il me tire la tronche et c’est parti pour toute la journée .
    Et le lendemain matin, il recommence.

    – Attends Jeannette, attends : tu me dis qu’il te dit qu’il se lève et qu’il te bouscule et que tu ne te réveilles pas comme d’habitude ? C’est bien ça qu’il te dit ?

    – Ben oui… C’est bien ça

    – Mais voyons Jeannette, il est là le problème !

    – Quoi ?

    – Mais Oui ! ton Robert, il fait les choses à l’envers voilà tout ! Faut le recentrer !

    – Explique Adrienne, explique ….

    – Voyons Jeannette, voyons… faut faire les choses dans l’ordre, comme mon Roger !

    – Et comment il fait le Roger ?

    – Roger, lui d’abord c’est le soir et pas le matin, déjà…

    – Ah !

    – Ensuite :
    Il se couche, puis il me bouscule, et comme je ne dors pas, ça ne me réveille pas !
    C’est tout ! Faut pas faire les choses à l’envers. c’est quand même pas compliqué à comprendre ?

    – Ah Ouais ! C’est pas bête !… C’est dommage qu’il soit mort !

    – Qui ?

    – Ben Claude François ! On aurait pu l’avertir qu’il faisait les choses à l’envers, le pauvre !

  30. Jean Marc Durand dit :

    Minuit: L’insomnie n’est pas un crime.

    23h30: Il est vraiment bien ce bouquin. Faudra que j’en parle à Pascal.

    23h: Quitte à ne pas dormir autant avancer ce bon bouquin. Les pages 72 et 73 sont vraiment bien vues.

    22h10: On peut ne pas rire du tout.

    22h: Ce comique ne m’a pas fait rire. Ou il est mauvais, où c’est moi, le chiant!

    21h: Question du comique: Est ce qu’une lesbienne sans seins est une omoplate ?

    20h30: Avant, regarder un dvd pour me détendre. Souvent un piège.

    20h: Je vais encore me coucher tôt. En fait, ce qu’on se dit ne pèse pas bien lourd.

    19h30: Ma soupe à la tomate avec des petits crôutons maison, ça convient bien à mon petit « régime ». Et le morçeau de gorgonzola sur cette tranche de pain beurrée demi sel, je me l’autorise.

    19h05: Un chat obèse, c’est comme du beurre breton sans sel, ça ne peut pas exister!

    19h00: Tous les chats sont bien rentrés. 1,2,3,4. Oui, ils sont tous là. Les bacs sont propres. Quelques croquettes pour la nuit, pas trop. Même chez les chats, l’obésité peut sévir. Or si l’obésité des jeunes amerloques élevés au hamburger (invention allemande, entre nous, Hitler devait en gaver ses troupes….ce qui ne devait pas aider à la mobilité des divisions,enfin je dis ça, je ne dis rien!) bref, foi de bavard, les jeunes amerloques enrobés… je m’en fous totalement, alors que l’obésité de mes chers félidés, je l’évite, d’abord pour leur bien-être général , et puis, je le reconnais, pour satisfaire mes exigences esthétiques particulières.

    18h02: Malgré ma bonne volonté, je n’ai toujours aucun pouvoir sur la tombée de la nuit. Donc, quand je prétends que nous ne sommes pas grand chose, je n’exagère pas tant que cela.

    18h:00 Surtout ne pas trop s’informer, se déformer, devenir réformé de l’information.

    17h00: Ecouté France Info pendant 1h en boucle. La boucle s’est resseré. En gros, un joueur de tennis a des difficultés à gagner des sous en Australie et des milliers de migrants ont du mal à survivre en Europe. L’un des problèmes sera résolu plus rapidement que l’autre. J’aère la maison.

    16h45: Un homme, dans la galerie marchande vendait des fauteuils relax. Lui était assis sur une chaise, certainement pour faire professionnel.

    16h35: Si pour certains, la vie est courte, pour moi, les queues à la caisse sont toujous trop longues.

    16h00: Petites courses au Supermarché. Les pommes calibrées m’ont regardé de travers, à cause de mes mauvaises pensées. Et pourtant, je sais très bien qu’elles n’y peuvent rien. J’ai encore entretenu mon petit jus paranoïaque, à saisir l’instant ou le produit au travers duquel l’enseigne allait tenter de m’escroquer.

    15h00: J’ai bien vérifié à quelle date, je devais sortir ma poubelle jaune, ce sera bien le 17/01/2022, au soir, avant que la nuit soit tombée.Non que je craigne de m’égarer dans mon impasse, mais quand le portail demeure ouvert, les courants d’air circulent trop vite!

    14h20: Je m’en doutais muscat vient de musc, substance brune secrétée par les glandes abdominales d’un petit cervidé mâle, voisin du chevrotain.

    14h10: Une bouteille explosée a toujours l’infâme tendance à produire 1 gros éclat, 3 moyens et 50 microscopiques. Les petits, c’est la galère pour les ramasser, un peu comme garer une galère dans un port romain un jour de marché aux poisons. Et le muscat, liquide collant et vicieux a la facheuse tendance à s’écouler sous le congélateur tout proche.

    14h00: En ouvrant mon frigidaire, une bouteille de muscat, partie liquide du panier de la mairie offert en fin d’année 2021, a explosé sur le carrelage. Certains iraient jusqu’à interpréter qu’il s’agit d’un message subliminal de mon frigo. Juste pour lutter contre un certain penchant à écrire sous paradis artificiel. Manque de Poe, je n’ai jamais abusé. Je fais la nique à mon frigo et règle l’étagère.Le muscat, de fait, c’est pas terrible. Et quand il est de Noël, en plus, il a un goût de foin et une odeur de lait pas frais.

    13h20: Presque, car il faut entretenir le doute. Mais pas forcément le cultiver. Disons une jardinière de côté, toujours, pas de culture intensive.

    13h00: Heure de la sieste. A l’heure où l’électrique devient à la mode, je recharge mes batteries. Je me reconnais à la pointe, car un quart d’heure m’est juste nécessaire pour une totale recharge. Le chat Patou, vautré sur moi, recharge lui son affectif par d’aimables câlins mi-sexuel mi-souvenir d’allaitement. Il ronronne comme une locomotive à vapeur attendant patiemment que tous les voyageurs de quatrième classe aient trouvé une place sur le toit d’un wagon. Un jour, j’ai cru que c’était Patou qui me rechargeait. Et puis j’en suis presque devenu convaincu.

    12h30: Vraiment bien cette salade.

    12h00: Dégusté ma salade maison. La simplicité a la saveur d’une évidence. 100grs de spaghetti al dente, 200grs de sauce tomate au basilic, 80 grs d’authentique feta en petits morçeaux, 1 échalote hachée, 1 tour de moulin à poivre. 30 minutes au frigo. C’est tout! Et hop, le soleil dans ma tête. Toujours 0° de l’autre côté de la fenêtre. Je ne sors quand même pas mon maillot de bain.

    11h 20: Réécouté le premier mouvement, l’adagio de la sonate pour violon et clavier BWV 1016 De JS Bach. Le temps s’est efectivement ralenti pendant 4’05.

    11h16: Une pensée émue pour tous ces gens qui ne voient pas passer le temps.

    11h00: Douché tard, car levé tard. Levé tard, car endormi tard. Endormi tard car levé tôt. Levé tôt car couché tard. Couché tard car levé tard.Et certains débattront des heures sur la logique des choses.

    10h30: Téléphoné à ma soeur qui devait être sous la douche. Elle n’a pas décroché la pomme.

    10h00: Transmis sur le site « Oiseaux des jardins » mes observations de l’heure précédente.

    9h45: Noté: 2 mésanges charbonnière, 2 mésanges bleu, 3 tourterelles, 8 moineaux domestique, 1 merlette. La cinquantaine d’étourneaux utilisant mon laurier comme dortoir sont déjé repartis. A 17h, ils seront là, ce soir. En ai trouvé 2, morts, au pied du laurier. Ca doit être comme la vie en hlm. La proximité aide à la propagation des maladies. A moins qu »un accident domestique. Ou le rejet du clan. Ou une fugue qui tourne mal. Dans certaines situations, les oiseaux songent ‘ils au suicide ? Ou tout simplement le vieil âge, la fatigue du voyage.

    9h00: Ouvert les volets (pas trop tôt). Donné du grain aux poules. Popaul, le coq mène bien son harem. Il est totalement hermétique au discours antimachisme. Les poules ronchonnent mais produisent. L’être humain est un un triste et sale copieur.

    8h30: Traîné devant mon ordinateur, voire si les amis de passage avaient apprécié mes dernières photos. Encouragé leur bon goût. Ignoré les ignorants. Arrosé ma bonne vielle mauvaise foi.

    8h00: J’avais changé de position et mon bas du dos m’a réveillé. Le soleil avait bien bouffé les brouillards des jours antérieurs. J’ai géré un petit vertige en m’asseyant. Tenir debout pour certains, c’est tout le temps le vertige. Moi, ça allait, la réalité n’était pas à la confrontation. Une routine apaisante s’est installé. Pas de questions inutiles du matin. J’ai descendu mon pot de chambre.

    4h00:Le coq n’a pas chanté que dans mon rêve.

    • Laurence Noyer dit :

      beau travail introspectif, loggorhée bien maitrisée
      quel emploi du temps!
      j’avais pensé faire la même chose mais moi j’ai lu toute la journée ! mon texte aurait fait 2 lignes

    • Perrat dit :

      Et sans doute la poésie logorrhéique de ces dernières années aura le même sort que les vers à l’aune du temps des bergeries (Aragon, Crève-cœur,1941, p. 76).

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