605e exercice d’écriture créative créé par Pascal Perrat

Exercice d'écriture très créative

J’ai horreur de sonner à 5 h, se dit le réveil-matin.

Enfin les vacances, se dit la maison, une fois ses occupants partis.

J’ai horreur des lotissements, se dit la pleine lune, ça ne fera jamais de belles ruines, pas même des vestiges. Quel désastre vu d’un astre.

Je les attends au tournant, se dit un lambeau de brume, juste une petite peur, pas plus. Il faut toujours s’entrainer avant d’être brouillard épais.

Inventez la suite en gardant la même forme narrative

Inspiré par une nouvelle de Etgar Keret, Un homme sans tête, Actes Sud

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33 Responses

  1. françoise dit :

    J’ai horreur de sonner à 5 h, se dit le réveil-matin et alors qu’il s’apprête à arrêter la sonnerie il tombe par terre et casse . Heureusement les occupants sont partis enfin en vacances m’a dit la maison.
    Tiens la lune est réveillée et dit qui’elle a horreur des lotissements ça ne fera jamais de belles ruines, pas même des vestiges. Quel désastre vu d’un astre.
    Le réveil matin ricane en pensant que quand la lune est pleine elle a tendance à divaguer
    Entendant tout ce verbiage le lambeau de brume se dit Je les attends au tournant, juste une petite peur, pas plus. Il faut toujours s’entrainer avant d’être brouillard épais.

  2. Mary Poppins dit :

    Quelle chance, je suis le premier paragraphe de la 605ème consigne d’écriture, donc c’est moi qui vais être le plus lu, se dit le premier paragraphe, tout fier de lui.

    Comme mon ami, le paragraphe numéro un, je suis composé de douze mots, se dit le deuxième paragraphe. C’est pour ça que nous nous entendons si bien et que nous formons un tandem de choc.

    Quelle poisse, d’être en troisième position, se dit le paragraphe suivant. Je n’ai aucune affinité avec les deux lignes qui sont au-dessus de moi. Quelle idée d’être aussi brèves ! Quelle ineptie ! Comment voulez-vous exprimer quelque chose d’intéressant avec seulement douze mots. C’est insensé !

    Avec mes 27 mots et mes deux phrases, je ressemble étonnamment au troisième paragraphe et je déteste moi aussi les deux premières lignes de cette consigne, se dit le paragraphe numéro quatre.
    J’ai peur que leur simplicité soit contagieuse et qu’au fil des jours je perde des mots. Ce qui serait insupportable. Ah, quel tracas ! J’y pense jour et nuit ! Je vais demander à l’auteur de rajouter cinq interlignes après le paragraphe numéro deux. Comme ça, je me sentirai plus en sécurité.

    J’en ai ras le pompon et ras le chignon, se dit le point final. Moi je voulais être un point intermédiaire et pas un point qui termine un texte. Je ne comprends pas pourquoi on m’a collé là. Si ça continue, je vais faire mes valises et partir à Tombouctou.

  3. Michele B.Beguin dit :

    J’ai horreur de sonner à 5 h, se dit le réveil-matin.
    Enfin les vacances, se dit la maison, une fois ses occupants partis.
    J’ai horreur des lotissements, se dit la pleine lune, ça ne fera jamais de belles ruines, pas même des vestiges. Quel désastre vu d’un astre.
    Je les attends au tournant, se dit un lambeau de brume, juste une petite peur, pas plus. Il faut toujours s’entrainer avant d’être brouillard épais.
    J’aime pas quand le coq fait grève le matin, son chant est mon lever de soleil, dit la poule rousse
    La voiture électrique qui part en vacances, se réjouit à l’idée d’une belle sieste, car faire la queue pour le rechargement de son énergie, pourrait durer des plombes
    Les bagages de l’avion bien empilés dans la soute, ont horreur de ne pas retrouver leur propriétaire et sont ravis d’apprendre que les systèmes de tri ont été complètement modifiés
    Le café préfère ceux qui mettent un sucre, car ainsi, il a droit à un massage gratuit de la petite cuillère
    J’aime l’hiver dit la neige, et moi le vent dit la chaleur
    Le jardin affectionne la pluie, surtout si elle apparaît la nuit et laisse le soleil faire son job la journée
    « Pourquoi s’embêtent ils à me préparer de l’eau sucré » se dit la guêpe « je ne vais pas tomber dans leur panneau »
    Le rouge gorge dit à la mésange « j’aime bien ce coin de terrasse, il y a toujours des boules graisse/céréales au menu »
    C’est le pied, pense le chat heureux depuis que sa maitresse a fait poser une chatière. Il peut sortir et rentrer à son aise.
    Le petit doigt de Paul suit, depuis 2 heures, la colonne de fourmis qui grimpe à l’arbre, et laisse tout tomber à l’appel tonitruant de Mamita «qui aime toujours les tartines au chocolat? »

  4. Urso dit :

    J’ai horreur de sonner à 5 h, se dit le réveil-matin.

    Enfin les vacances, se dit la maison, une fois ses occupants partis.

    J’ai horreur des lotissements, se dit la pleine lune, ça ne fera jamais de belles ruines, pas même des vestiges. Quel désastre vu d’un astre.

    Je les attends au tournant, se dit un lambeau de brume, juste une petite peur, pas plus. Il faut toujours s’entrainer avant d’être brouillard épais.

    Petite tartine de pain je n’aime pas que le matin on me barbouille de confiture, de beurre ou de chocolat Nutella.

    Trois pieds de cochon regardent avec envie la marmite dans laquelle ils vont bientôt plonger tout nus.

    Trois oreilles également de cochon écoutent de la musique classique, en préférant celles de Brahms et Ravel.

    Un couteau se chamaille avec une boîte de thon à l’huile d’olive ; il la surnomme Tata flingueuse.

    Du brouillard et de la brume, entrés par effraction dans une salle à manger, restent bouche bée devant un bébé dormant à poings fermés.

    Ah quelle galère de voir tous ces aigris qui n’ont rien compris à la vie – se dit le vieux pneu de camion qui somnole au fond du couloir de l’appartement.
    Hi hi fait celui-ci : pour me remonter le moral je retourne dans ma chambre écouter la chanson de Nino Ferrer : « Il pleut bergère ».
    Oh secours, oh secours !
    Sauve-qui-peut !
    J’ai chopé un long clou dans ma godasse.
    Vite se dit le pneu. Sans me changer, je fonce aux urgences … Vrooom, Vrooom.

  5. Michel-Denis Robert dit :

    J’ai horreur de sonner à 5 heures se dit le réveil matin. Enfin les vacances, se dit la maison, une fois les occupants partis. J’ai horreur des lotissements, se dit la pleine lune. Ca ne sera jamais de belles ruines, pas même des vestiges. Quel désastre vu d’un astre !
    Je les attends au tournant, se dit un lambeau de brume, juste une petite peur, pas plus. Il faut toujours s’entraîner avant d’être brouillard épais.
    L’humilité, l’humidité d’un brouillard qui s’est débrouillé pour prendre de l’ampleur, ça n’a jamais tué personne. Cette première idée m’est venue en sortant de mon lit ce matin. Encore que dans ce domaine, il est nécessaire de rester prudent ! Parce qu’on ne sait jamais ce qui peut se cacher derrière des gouttelettes en suspension dans l’air. Une ombre, un évènement qui changerait le monde, le cours d’une vie ou celui d’une journée.
    Ce jour-là, un chêne enraciné chez mon voisin s’est couché dans mon jardin. A-t-il profité du brouillard pour semer des embrouilles entre des gens de bonne compagnie ? Peut-être !
    Il a effleuré le dos mitoyen de la cahute en tôles du jardin de l’autre voisin, ne l’a même pas égratignée, l’a juste caressée de ses feuilles, cependant a complétement ratatiné mon poulailler.
    Prenant possession des lieux, il s’est installé comme un gros chat après avoir évaluer sa trajectoire, pile dans un chemin, entre la cabane et le grillage puis s’est confortablement endormi au milieu de mon potager créant ainsi une rencontre étrange entre les blanches nappes flottantes et son vert feuillage et j’eus le sentiment de leur connivence. Je les ai surpris en train de se répondre par vaguelettes légèrement portées par une douce brise.
    Surpris, j’ai découvert ce grand arbre, tombé du ciel, jonchant le sol, impressionnant de majesté. Il a visé juste. Avait-il calculé que ce poulailler ne servait à rien. Je n’en sais rien. En tout cas, il a des excuses, la tempête et la sécheresse ayant eu raison de sa robustesse.
    Allez vous plaindre contre un chêne qui fait de la discrimination. Pour quel motif ? Au péril de sa vie, en plus. Dans la fatalité de sa chute, il avait compris qu’existait une hiérarchie des besoins. Entre la bicoque et mon poulailler, il avait su choisir.
    L’humilité soit ! Il m’apprenait une leçon. Mais si tu es trop humble, on t’humilie encore plus et puis on t’oublie.
    En dévisageant les motivations de cet arbre, je me dis que si le réveil matin avait refuser de sonner, c’est, peut-être qu’il était aussi de la partie ?
    Alors je suis allé rendre visite à mon cher voisin, celui de la cabane. Il ne s’était aperçu de rien.

  6. Nadine de Bernardy dit :

    Merci Mijoroy pour votre commentaire.Il semble en effet bénéfique de voir les choses en rose plutôt qu’en gris ( souris ou pas )
    Bonne semaine à vous
    Nadine de Bernardy

  7. camomille dit :

    Ah non… Ce n’est plus possible !
    Et pourquoi pas le soleil qui veut faire la grasse mat’ et qui bloque l’arrivée du jour puisqu’on y est ?
    Je trouve que depuis que Pascal a entamé ses séances de remise en forme, il pète le feu et moi je ne peux plus le suivre.
    Je m’essouffle, je fatigue…
    – Pouce !
    Je m’en vais faire une petite sieste.
    Non… Mais !!!

  8. Françoise Rousseaux dit :

    J’ai horreur de sonner à 5 h, se dit le réveil-matin.

    Enfin les vacances, se dit la maison, une fois ses occupants partis.

    J’ai horreur des lotissements, se dit la pleine lune…

    Je les attends au tournant, se dit un lambeau de brume..

    Je déteste partir en vacances se dit le fils, je m’ennuie pendant tout le trajet ; et je ne peux même pas jouer sur mon téléphone, ça me donne envie de vomir quand je suis en voiture…

    Ah enfin, nous voilà sur la route se dit la mère je vais enfin pouvoir somnoler ; tous ces préparatifs m’ont épuisée

    Je déteste partir en vacances se dit le père, elle refuse de prendre le volant, sous prétexte que je suis exaspérant quand elle conduit. Tiens voilà, ça commence, des nappes de brouillard ; je suis obligé de ralentir, et après ce sera les bouchons sur l’autoroute..

    J’ai horreur de partir en vacances se dit le chat, me voilà enfermé dans cette horrible cage, et mes miaulements désespérés ne les attendrissent pas du tout, contrairement à d’habitude . Ils m’ont même menacé de m’abandonner au bord de la route ; je me vengerai, c’est promis …

    Pour eux, c’est les vacances mais pas pour moi se dit le GPS, c’est même là que je travaille le plus, et en plus on me fait des tas de reproches injustifiés.

    Moi ce que je déteste, c’est rester seul à la maison se dit le chien; là, je pars avec eux,alors je suis content. Regarde, Chat, la lune que tu aimes tant …

    Je déteste la lune, je vous déteste tous soupire le chat ; ma vengeance sera terrible..

    Sympa la lune avec le brouillard, se dit le fils, on se croirait dans un film d’épouvante ; il ne manque plus que les zombies…

    J’aimerais bien conduire quand il fera jour, se dit la mère, mais surtout qu’il se taise..

    Je lui proposerai de conduire dans un moment se dit le père, et j’irai dormir à l’arrière, comme ça je ne lui ferai aucune remarque…

    Moi aussi je déteste les vacances se dit la voiture, alors au prochain village, je leur fais le coup de la panne, de préférence juste devant un garage. Comme ça, tout le monde sera content, sauf la maison évidemment ! Tant pis pour elle, ça lui apprendra à me dire « Bonne route » d’un air goguenard !

  9. Avoires dit :

    « Je n’aime pas du tout quand on me lâche pour un clavier s’écrie le stylo. J’aime être emprisonné dans des doigts où je sens le sang circuler. J’aime quand on rature, biffe, corrige reprend des passages. Je vis. »
    « J ‘ai horreur quand on décide de sa passer de moi, le fidèle clavier qui ne crache pas, ne tombe pas en panne, écrit nettement, ne fait pas de fautes »
    Le stylo reprend la parole et la querelle est sans fin…
    « Je déteste entendre parler de moi au masculin » clame ESPECE excédée, accablée.
    « Et moi, j’en ai par-dessus la tête des RESILIENCE, EN CAPACITE DE, et autre PRECARITE débités par tous les verbeux de la radio et de la télé » s’indigne Larousse
    « Ah, vous avez raison ! enchaîne l’Académie française. Je ne supporte plus d’entendre parler des BLACK FRIDAY aux PACKAGINGS NEW LOOK, Maintenant, nous ne saurions terminer une année radiophonique ou télévisuelle sans les BEST OFF .; Quant à l’arrière-plan il n’existe plus que sous la forme d’un BACKGROUND.. Je n’oublie pas les FLYERS et autres HACKERS … »
    « Arrêtez s’il vous plaît ! tonne l’orchestre philharmonique. Nous, nous ne marchons qu’aux allegro, scherzo, pizzicati, andante, adagio… Vous n’en voulez donc plus ? »
    Ça suffit ! Hurla le modérateur.
    Aussitôt, les râleurs se réunirent en collectif pour faire entendre leurs voix et signèrent une pétition en ligne.
    Le gouvernement devrait examiner leurs revendications avant la fin du mandat présidentiel.

  10. 🐻 Luron'Ours dit :

    🐻ÉLUCUBRATIONS EN SOLDES

    J’ai acheté un stylo qui écrit tout seul, grossit le trait, on n’ y voit goutte. Toujours à la tâche, la plume le gratte, l’encrier se plaint. Le papier a perdu ses pieds. J’ai pris mon panard. La chaussette ne vaut pas 8 et demi car le cinéma italien fait écran.
    La botte me botte.
    La mer monte, j’achète…
    Les églises sont blanchies, les vaches avachies, les loups loupés, y a ma moto qu’a des ratés ! Mes méninges font le ménage, soumettent mes idées, les preuves les confondent. La folle du logis s’imagine en vacances !🐻

  11. 🐀 Souris verte dit :

    🐀 Le Savon s’écrit avec une majuscule parce que c’est un nom propre

    Le vieil hêtre se plaint de s’entendre rabâcher qu’il est dur de la feuille

    Un steak dur comme de la semelle est-ce qu’on dit une semaine dure comme un steak ?

    Le poisson rouge l’est pour laisser passer les verts ?

    Mon cher Pascal… Je cale ! Suis au pied du mur de mon imagination et je crains qu’il se sauve avec en courant.

    En un mot : ton prétexte me sèche je préfère un scotch ! 😰😱

  12. mijoroy dit :

    oh je note dans mon carnet des belles phrases celle sur la vérité. Elle est savoureuse 🙂

  13. mijoroy dit :

    Pour sa dernière année avant la retraite, Alphonsine secrétaire de son état, pour l’entreprise Machina Extrêma, ne savait plus où donner de la tête. La liste des doléances à Deus Homo Sapiens étaient de plus en plus nombreuses. Tous s’y mettaient depuis que le réveil mécanique était venu se plaindre non pas d’être réveillé tous les jours à cinq heures, mais d’avoir été remplacé par l’alarme du King Smartphone.
    La cuvette des WC se sentait humiliée de ne voir que des fesses toute la journée et de finir recluse parmi un tas d’immondices à la moindre défaillance.
    L’aspirateur agite un certificat médical, attestant que les poussières lui ont abîmé les poumons, il exige une reconversion en aquarium par exemple, mais refuse de finir à la déchetterie.
    Les poils de Miss Brosse à dents se révoltaient contre les restes d’aliments qu’ils délogeaient des dents mais restaient souvent coincés entre eux. Ils exigeaient d’être un shampooing doux à chaque brossage et une durée de vie plus longue que six mois. En parlant de poils, les poux étaient agacés d’être systématiquement gazés par Mademoiselle Rose. Ils demandaient son interdiction d’exercer, il y allait de la survie de leur espèce.
    Il y avait un tel tintouin dans la salle d’attente de Deus Homo Sapiens que le platane dû s’imposer pour exprimer son souhait d’être déplacé du lieu de l’autoroute, afin d’accueillir sous son ombrage des pique-niques bucoliques et romantiques plutôt que de ne rencontrer que des calandres de voitures. De plus souvent les dents de la tronçonneuse des pompiers lui cisaillaient l’épiderme. Il regrettaient les scarifications d’antan, où les amoureux gravaient leurs amour sur l’écorce de son tronc.
    Jusqu’à la lune qui se plaignait des lotissements bétonnés n’offrant pas des effets de lumière astronomiquement parlant aussi parfaits que les ruines.
    Le tourne disque et le gramophone firent pleurer tout le monde lorsqu’on découvrit quelles loques ils étaient devenus depuis l’avènement des playlists sur le King Smartphone et les grossistes comme Spotify, Deezer.
    La révolte des oubliés était en marche menait par la cabine téléphonique qui peinait à se déplacer tant elle était cabossée et rouillée de plusieurs années de jachère dans un terrain vague à se morfondre toute la journée de son inutilité.
    Quelle ne fut la surprise d’Alphonsine de voir arriver un groupe de retraités qui eux se plaignaient d’avoir été mis au placard dès la fin de leur activité. Tout juste bons pour les plus chanceux d’être gardes chiourmes.
    Deus Homo Sapiens écouta chacune des revendications et conclut qu’il était temps de stopper la production tous azimuts et crescendo. L’heure était venue de la reconversion. Il fallait allier le vintage voire le rétro avec les nouvelles tendances pour permettre à chacun de se sentir utile et apprécié. L’union était nécessaire face aux géants aux dents de requins, qui avaient un appétit monétaire féroce. Alphonsine était subjuguée par son patron. Elle, cette vieille fille de soixante-cinq au cœur sec de ces gens qui ont traversé tant d’épreuves et s’en sont sortis sans une once d’empathie ni la moindre émotion. Preuve que l’amour triomphe tôt au tard.

  14. Nadine de Bernardy dit :

    Je désire vraiment la pluie annonce l’arc en ciel, afin d’être photographié par des centaines d’oisifs qui se prennent pour des artistes.
    Je kife à donf la circulation routière en période de grands départs se dit la barrière de péage, pour voir de près les touristes tout pâles fuir la ville
    Je prise les petites flambées avoue la bûche, sachant que l’humidité de ce château va provoquer une fumée dense envahissant le salon Louis XV
    Je chéris de toute ma boule le thé brûlant qui va laisser ses feuilles chez moi, et dont il sera si difficile de se débarrasser
    J’idolâtre le soleil dit le parasol, quand il se cache derrière les nuages, alors qu’ils ont peiné à le transporter avec les bouées, les palmes, les serviettes de plage et le panier du pique nique
    J’affectionne les allergies en tout genre dit le mouchoir en papier, qui provoquent des crises de sternutations violentes me permettant de sortir de ma boîte
    Je veux toujours plus de temps perdu, de rendez vous ratés, d’attentes inutiles dit la montre de gousset qui n’a pas été remontée hier.

  15. LAFAURIE Alain dit :

    Ouf ! Se dit le pouf allégé du poids de la matrone callypige.
    J’ai horreur des surfeurs, se dit le rouleau. Je vais me les étaler en mode compresseur.
    Biche ô ma biche lorsque tu soulignes au crayon noir tes jolis yeux, chantonne le cerf-volant captif des rênes de son aimée.
    J’ai horreur des tempêtes, se dit l’anémomètre. À force de rafales je vais me mettre en grève.
    Pourquoi, se dit le hibou, quand je m’accouple, ne me trouve-t-on qu’au rayon X ?
    J’ai horreur de mes points noirs sur le dos. Comment Tu m’as fait, j’suis pas belle, dit la coccinelle. Pas la peine d’être surnommée la Bête à Bon Dieu !

  16. Quand le brouillard de brume devint brouillard épais, une vaste nuit s’étendit sur la terre, bien au-delà de 5h, et le réveil matin oublia de sonner.

    Inquiète, la maison que dérangeait ce seul bruit s’en alarma aussitôt, et, au fil des jours, en vint très vite à regretter ses occupants partis.

    Quant à la lune, elle avait beau se tordre le cou, elle n’y voyait RIEN. Si ce n’est un brouillard à couper au couteau. Elle s’agaça longtemps dessus, mais ses pâles mèches de lumière, quel qu’en fût le calibre, n’arrivaient pas à le percer.

    Le brouillard avait bétonné la surface de la Terre ! Il était si dense qu’aucune clarté ne pouvait le traverser. Aucun bruit en sortir. Aucune graine jaillir du sol. À tout cela, avaient succédé les ténèbres, le froid, le silence.

    Il eût fallu pour l’éviter que le cœur des hommes ne s’exerce pas à cultiver ce brouillard de brume. Que leur réveil, dès le matin, se fit joyeux. Que leur maison aime ses occupants. Et que la lune n’affectionne pas que les ruines et les vestiges.

  17. iris79 dit :

    J’ai horreur de sonner à 5 h, se dit le réveil-matin.

    Enfin les vacances, se dit la maison, une fois ses occupants partis.
    J’ai horreur des lotissements, se dit la pleine lune, ça ne fera jamais de belles ruines, pas même des vestiges. Quel désastre vu d’un astre.
    Je les attends au tournant, se dit un lambeau de brume, juste une petite peur, pas plus. Il faut toujours s’entraîner avant d’être brouillard épais.
    Je déteste les aspirateurs dit le tapis gris en laine, je crois que je vais enrouler quelques brins dans la brosse histoire qu’elle s’étrangle.
    J’adore la petite brise du matin dit le hamac sur la terrasse. Les parfums qui exhalent du jardin traversent mes fibres et me ravissent.
    J’ai en horreur l’odeur du savon noir marmonne le sot rouge de ménage. Son odeur tenace s’imprime dans mes parois, même parti j’ai l’impression qu’il me salit.
    Quel plaisir d’accueillir les rondeurs des petits enfants dans mes coussins moelleux s’extase le canapé en tissu élimé. J’aime la chaleur de leur petit corps qui aiment faire la sieste dans mes bras.
    Ah mon dieu que j’en ai marre de les voir ces fesses lourdes et opulentes qui malmènent mon assise grince la paille de la chaise en bout de table.
    Que j’ai hâte de les retrouver ces petites bûches de bois frétille l’insert au souvenir des bonnes flambées de l’hiver dernier.
    Que ce courant d’air m’exaspère soupire la porte du couloir qui n’a pas choisi de claquer au gré des envies de celui qui se faufile sans prévenir.
    Que j’aime la chaleur du soleil se dit le voilage derrière la fenêtre en ondulant sous les rayons de l’astre naissant.

  18. FANNY DUMOND dit :

    J’ai horreur de ces nuages qui me bouchent la vue sur la planète bleue, se dit le soleil.

    Vivement la fin de l’été pour qu’on n’ait plus le tournis, se disent les pales du ventilo.

    J’ai horreur de ces motos qui me défoncent et m’empêchent de respirer, se dit le chemin forestier.

    Vivement qu’elle arrête de nous tailler, se disent les crayons de couleur.

    J’ai horreur d’être dans ce soliflore, j’étais si bien dans mon jardin avec mes copines, se dit la rose.

    Vivement de retourner dans notre placard pour ne plus sentir ces odeurs de pieds, se disent les tongs, tandis que les snow-boots se disent : vivement de sortir de ce trou noir.

    J’ai horreur d’être impuissant et vivement que mes créatures, à qui j’ai pourtant donné la Raison, cessent toutes leurs folies, se dit le grand barbu, là-haut.

  19. Nouchka dit :

    L’effroi se dit qu’il le saisira quand, au bord de la paroi verticale, il craindra d’être attiré par le vide.
    Les fonds marins sont magnifiques de transparence et de couleurs mais se disent-ils, la profondeur de l’abîme entrainera la panique de certains nageurs.
    La cacophonie autour de la table familiale rend les échanges agressifs. Bienheureux, se dit-elle, ceux qui auront oublié leur prothèse auditive !
    Les arguments sortaient des bouches avant même que leur cerveau ne leur ait imposé quelque filtre que ce soit se dit-il.
    L’effluve du pet arrivera en premier au nez du plus jeune, aux récepteurs olfactifs innocents se dit le parfumeur.
    Les boules de naphtaline déposées entre les tissus sont efficaces contre les mythes mais rappellent à certains, se disent-elles, des senteurs d’Orient plaisantes et déplaisantes à la fois.
    Devoir mettre les doigts dans une matière visqueuse et gluante répulse nombre de personnes se disent le mucus et les glaires de tous types qui se satisfont d’être ainsi ignorés.
    Enfin, se disent les soieries et velours, avec la chaleur, tous ces doigts vont cesser de nous tripoter au profit des cotonnades et autres matières légères et naturelles.
    Le caramel dur apprécie la bouche des jeunes enfants et se dit avoir de la chance de n’être pas coincé entre les crochets d’un appareil dentaire où il risquerait de stagner et cohabiter avec d’autres aliments qu’il n’apprécie pas.
    J’ai horreur de cet exercice se dit l’ordinateur qui ne sait comment ordonner tous les éléments amoncelés et trouver une conclusion acceptable.

  20. durand marc dit :

    Ras le bol de leur lait qui déborde dit la casserole.
    Je vais me la couler douce susurre l’eau du robinet.
    Plus question de m’encombrer les poumons de leurs poussières éternue l’aspirateur
    Vont t’il me laisser longtemps boiter gémit le tabouret.
    Mûrir, enfin mûrir, rêvasse la pomme de douche.
    Il faut que ça sèche pleure le linge oublié.
    Non, n’insistez pas, l’ampoule de la cave est en grève.
    Marre de battre quotidiennement les oeufs manifeste le fouet.
    J’ai horreur des effusions de départ ricane le paillasson.
    Menteur, s’indigne le courant d’air tirant sur les rideaux.

    Je les attend au tournant menace le platane des vacances.

    Eh, déconne pas roucoulent les petites cuillères, ils n’ont pas encore remboursé le prêt de notre maison.

    • Humour et pragmatisme pour cette jolie conclusion 🙂

      • mijoroy dit :

        Pas mal vu la chute , très mercantile tout de même 🙂

        • durand marc dit :

          Chère Mijoroy: Je vous relaie le message que m’a transmis Ernest Bouilloire, président du FLOD, le front de libération des objets domestiques. « Madame, je ne doute pas que vous apportiez un maximum de soin et de respect pour vos objets usuels du quotidien. Mais pour avoir croisé dans ma vie moulte casserole cabossée et cramée, plus d’un aspirateur au bord de l’asphyxie, plus d’un tabouret ne méritant même pas une réparation minime, plusieurs ampoules anéanties sous les chiures de mouches et le gras du poêle à mazout….etc…etc…je me dois d’intervenir pour signaler tous ces abus et réclamer une législation adaptée ». Merci d’avance pour votre cimpréhension et votre soutien. Cordialement! Jean Marc Durand, un écrivant prenant grand soin de des mots usuels ou rares.😊😊

          • mijoroy dit :

            Ah Je suis ravie que cet Ernest Bouilloire témoigne un vif intérêt pour les objets vintage. Il y a toujours une façon de donner une seconde vie à un objet avec de l’imagination et de l’huile de coude 🙂 De surcroît prendre soin des mots endormis tels que crapoussins ou niguedouille ou la bande des gouliafres (gobichonner, bombancer, balatron…) carabistouille,foie de gigolette je vous souhaite un bon dimanche 🙂

  21. pakitapom dit :

    « J’ai horreur du printemps » dit l’hiver en fondant.

    « Je vais enfin prendre mon pied » fremit la chaussette ramollie, sentant se glsser en elle un membre musclé

    « Je les attends au tournant » se dit le dervichedevant les touristes reveur
    « encore une petite transe, et, sour leurs yeux ebahis, j’aurais disparu ! »

    « J’ai horreur des frimeurs » dit la vérité  « il ya toujours un moment ou se dégonfle le soufflé et cela me fait pitité »

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